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cle d'observations (PI. HD : on remarquera que le sujet B présente des nombres d'hémokonies plus élevés que le sujet À : ce dernier était atteint au moment des expériences de troubles gastro-intestinaux légers, or dans une autre partie de notre travail nous montrons l'influence de ces troubles sur la variation du nombre des hémokonies.
Les résultats obtenus avec des quantités iscdynamiques d'aliments confirment donc ceux observés avec des quantités égales en poids et les uns Comme les au-
tres montrent que c’est surtout la graisse qui influe D
sur le nombre des hémokonies.
= Mais comment la graisse alimentaire arrive-t-elle à se retrouver dans le sang sous forme d’hémokonies ? La question du passage de la graisse à travers la tunique intestinale n’est pas encore définitivement élucidée ; à côté de la théorie de l’osmose, on peut rappeler le processus envisagé par le Professeur agrégé Jousset (Humeurs opalescentes de l'organisme, 1907) : il pourrait y avoir englobement des particules de graisse émulsionnée par des expansions sarcodiques des cellules de l’épithelium ou par des éléments migrateurs comme les leucocytes.
Le professeur Gley (Physiologie, 1910) admet aussi le transport par les leucocytes, peut-être des peptones et d’autres matières, en tout cas du fer et de Ja graisse
absorbés. Le docteur Comandon signale égaiement
l'intervention possible des globules blancs dans la di-
gestion des graisses.
‘ Le leucocvte, outre son rôle dans la phagocylose, en
va
aurait donc un autre, tout aussi important, dans la digestion. : FPE
À l'appui de cette théorie, signalons les recherches du professeur agrégé Wallich et de Levaditi sur les cor puscules du colostrum (Annales de l’Institut Pasteur, 1905) : ces corpuscules, dont l’origine est soit épitheliale, soit leucocytaire, renferment des gouttelettes de graisse ; en outre, au moment de la montée laiteuse et quand la lactation s'arrête définitivement chez la femme, on remarque dans le lait de nombreux leucocytes, polynucléaires pour la plupart, qui semblent être des agents de résorption : ils se chargent en effet de globules de graisse. Nous avons nous-mmême observé ces faits à l’ultra-microscope.
Etant donné le rôle que l’on attribue au pancréas dans la saponification des graisses, nous avons voulu voir si une oblitération des canaux excréteurs de cet organe pouvait influer sur le nombre des hémokonies.
Nous avons pris un chien ; nous lui avons sectionné entre deux ligatures le canal de Wirsung et le canal pancréalique accessoire pour empêcher la perméabilité de se rétablir : les voies biliaires furent laissées in-
tactes. Nous avons examiné avant et après cette Opéralion comment variaient les hémokonies après ingeslion d’une même quantité de matières grasses : cette expérience fût faite à l’Institut Pasteur, dans le labo: raloire de M. Delzenne, avec l’aide du docteur Pozerski, que nous remercions de son obligeance.
Le chien choisi pesait 15 kilogs : avant l’opération on lui fit absorber, après diète préalable, 250 gr. de
beurre avec un peu de pain ; les us de l'examen du sang furent les suivanis
Examen d'hémokonies avant le repas...... n° 2 Examen d'hémokonies 4 h. après le repas Has Examen d'hémokonies 2 h. après le repas n°15 Examen d’hémokonies 3 h. après le repas onG,E Examen d'hémokonies 4 h. après le repas nr Examen d’'hémokonies 5 h. après le repas n° 6 &
Si les hémokonies augmentent ici un peu lentement, cela tient sans doute à ce que chez le chien les aliments séjournent dans l'estomac deux fois plus longtemps que chez l'homme.
Le chien fut opéré quelques jours après dans d’excellentes conditions, les suites furent normales et pendant ce temps la graisse fut, autant que possible, éliminée de l'alimentation. Un jour cependant on ne donna à l'animal que du lait et ses matières, bien moulées, furent blanches et recouvertes de graisse.
Dix jours après l'opération le chien était revenu à un état satisfaisant : après diète préalable, on lui fit de nouveau absorber 250 gr. de beurre avec un peu de pain et l'examen du sang fut le suivant :
Examen d'hémokonies avant le repas...... EM NE Examen d’hémokonies 1 h. après le repas n° 3 4 Examen d'hémokonies 2 h. après le repas n°,5,% Examen d'hémokonies 3 h. après le ‘repas n°10 Examen d’hémokonies 4 h. après le repas n° 6#
Ces résultats sont sensiblement identiques aux pré-
cédents.
RTE
Quatre heures après le repas, le chien fut sa-*
crifié : à l’autopsie le pancréas, atrophié, offrait la consistance dure d’un néoplasme et les chylifères étaient en pleine lactescence. Cette dernière constatation vint donc confirmer ce qu'avait fait prévoir l'examen des hémokonies, une certaine quantité de graisse avait passé à travers la tunique intestinale.
Or, pour que les graisses puissent pénétrer dans les vaisseaux, il paraît nécessaire à beaucoup d'auteurs qu'elles soient transformées en glycérine et en acides gras : le suc pancréatique dédoublant les graisses en même temps qu’il les émulsionne, comment dans notre expérience les matières grasses ont-elles pu être absorbées ? Diverses explications peuvent en être fournies " |
1° D'après certains auteurs, les glandes du grand culde-sac de l’estomac secrètent un ferment qui dédouble les graisses et il ne s’agit pas là d’un ferment refluant du duodénum (Prof. Roger, Digestion et Nutrition, 26° leçon). I] est vrai de dire que celte opinion a été combattue, notamment par Boldireff qui pense, au contraire, qu'il s’agit là d’un reflux du sue pancréatique, reflux favorisé par l'absorption des graisses.
2° Le suc intestinal contient aussi une lipase : quand on empêche le suc pancréatique du chien d'arriver dans le duodénum, plus de 40 % de la graisse du lait est néanmoins saponifiée (Gley, Physiologie). Quant à l’action des microbes intestinaux, elle paraît peu importante.
3° Lenz ayant lié l'intestin en aval de canaux pan-
NS
Joue
créatiques a constaté la lactescence des chylifères après
< injection de graisse dans une anse intestinale ; il se
produirait un phénomène de suppléance : le pancréas continuerait à élaborer de la lipase après la ligature de ses canaux excréteurs el ce ferment arrivérait aux glandes intestinales par l'intermédiaire de la circulation ne Roger, ibidem).
° La graisse simplement émulsionnée par la bile Ro la muqueuse intestinale sans être ‘dédoublée : mais la question est très controversée.
On pourrait objecter à notre expérience que la quantité de graisse ingérée est trop considér able et qu'en en donnant beaucoup moins au chien on aurait peut-être rendu plus appréciable l'insuffisance pancréatique. Nous nous proposons d'ailleurs d'élucider plus tard
cette question. |
Nous avons également recherché la teneur du sérum en hémokonies : le sang du chien fut centrifugé et le sérum contenait le n° 7 d’hémokonies, nombre supérieur à celui trouvé dans-le: plasma. Après nouvelle centrifugation du sérum seul, une goutte de celui-ci, prélevée dans la couche tout à fait [RD RUE du tube, contenait lé n° 8 d’hémokonies, alors qu ‘une autre goutte, prise trois centimètres au-dessous de la surfa-
ce, ne renfermait que le n° 5 d'hémokonies. Ces dernières ont done une très faible densité et ceci None en-
core à l'appui de leur nature graisseuse.
V4 Nous avons enfin cherché ce que devenaient les hé-
mokonies pendant la diète
Me Re
A cet effet deux sujets absorbèrent le matin un re-.
pas composé pour chacun de deux œufs coque, de pain, de beurre, de café additionné d’un demi-litre de lait ; puis l'examen de leur sang fut fait d'heure en heure jusqu'au soir, sans qu'ils eussent ingéré quoi que ce fût pendant ce laps de temps.
Voici les résultats obtenus
Examen d'hémokonies
Sujet A Sujet B Avant:le. repas: 122000 HU 18 1 heure après le repas... n°Hs n° 4 2 heures après le repas... n° 4 ne 3 heures après le repas... | ne n° 5 # 4 heures après le repas... : n° 5 n°9 + 5 heures après le repas... NS HS 6 heures après le repas... SUR NE n°44 7 heures après le repas... n° 3 n° 8 heures après le repas..... n° 3 n° 3 4 9 heures après le repas... nie n°:3 10 heures après le repas... nie n° 2 4 11 heures après le repas... n° 14 ne
Les deux courbes suivantes résument ces résultats et la même remarque est à faire que plus haut pour le supetiA (PAIN).
Des observations furent également effectuées sur des pelits rats nourris de pain et de lait : nous les avons aussi mis à l’inanition en faisant, à partir de ce mo-
ment et d'heure en heure, la numération de leurs hé-
mokonies. Les résultats obtenus sur deux d’entre eux, qui schématisent nos différentes constatations, sont les
suivants :