‹ Étude sur les hémokoniesChapitre 40 sur 47 · VAE · texte numérisé non relu

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marche qui se fait au moyen de pseudopodes lancés en avant et dans lesquels viennent s’amasser les granulations, mais nous avons vu certains leucocytes s'étendre, sous l’action de la chaleur, sur des distances, considérables, s’étirer, le pseudopode, rempli de granulations en effervescence, n'étant plus relié au reste que par un pont d’une ténuité extrême donnant l’impression d’une rupture facile ; nous avons observé des petits amas isolés de granulations en essaim paraissant bien être des ilots détachés des leucocytes. Ces phénomènes n'apparaissaient d’ailleurs qu'après un certain temps d'exposition à la chaleur (5 à 30 minutes).

Dans les préparations chauffées de sang de nouveauné, nous avons vu très distinctement des granulations quitter isolément certains globules rouges porteurs d'hémokonies que nous décrirons plus tard ; nous avons également vu quelques granulations intra-leucocylaires quitter isolément leur cellule : les autres semblaient vouloir s'échapper, mais élaient retenues par une sorte d'attraction ou butaient contre la membrane périphérique.

Ces constatations ont été faites à diverses reprises, non seulement par nous, mais aussi par d’autres observaleurs el se sont répétées pour les leucocytes dans des préparations de sang d’adulte chauffées, quoique d'une façon moins nette. NAME

Ces faits paraissent donc confirmer l'hypothèse que nous avons déjà émise : la chaleur semble amener « in vitro » une modification des éléments figurés du sang : des fragments de globules rouges et blancs désagrégés,

des granulations intra-cellulaires peuvent ainsi se trouver mises en liberté dans le plasma : ces dernières peuvent donc, et nous insistons sur ce fait, sous certaines conditions, quitter le leucocÿte. |

d) Influence des rayons X sur le nombre des hémo konies.

} D'après Beaujard (la Radiothérapie dans les leucémies, 1905) on sait que les rayons X provoquent chez l'animal une polynucléose immédiate et passagère, suivie de leucopénie par destruction globulaire.

Le docteur Beaujard nous äyant accueilli dans son service avec une obligeance dont nous lui sommes très reconnaissant, nous avons soumis deux lots, chacun de trois petits rats non alimentés, à Faction des rayons X afin ‘de voir si à la destruction leucocytaire correspon-: drait une augmentation du nombre des granulationt libres du sang.

Les six petits rats, présentant le n° > d'hémokonies, furent exposés pendänt quarante minutes à 4 unités H à une distance de © m 25 ; leur sang fut examiné au bout d’une demi-heure, puis d'heure en heure pendant douze heures et le lendemain toute la journée, en continuant le jeûne.

Len? 2 d'hémokonies se maintint, mais en somme

aucune augmentation vraiment appréciable ne fût constatée.

Pensant qu'une seule exposition aux rayons X était peut-être insuffisante, nous avons repris ces recherches, cette fois sur un lapin : cet animal peut être unique-

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ment nourri avec dés légumes et, comme nous l'avons dit, ne présente en ce cas qu'un nombre très peu élevé d'hémokonies ; toute augmentation tenant aux hémokonies de provenance alimentaire put être ainsi évitée. Le lapin choisi présentait avant son exposition aux rayons À le n° 1 1/2 d'hémokonies, avec 7.600 globules blancs et 5.460.000 globules rouges. REA On l’exposa d'abord pendant cinq jours à 4 unités H, 25 minutes chaque jour, à une distance de o m. 28 : le nombre de ses hémokonies ne varia pas.

Pendant les trois jours suivants, il fut placé, 45 minutes chaque jour, à o m. 23 : aucune variation encore dans le nombre de ses hémokonies, avec une baisse des globules blancs à 3.600 et 5.000 000 de globules rouges. Pendant les trois jours suivants, les séances furent .de une heure par jour à o m. 23 : le onzième jour, les hémokonies atteignirent le n° > 1/2, avec Soo globules blanes et 5.230.000 globules rouges. Les globules blancs en petit nombre qui avaient gardé leur forme semblaient vidés en partie de leurs granulations, celles qui restaient apparaissaient plus grosses, comme si plusieurs s'étaient soudées en une seule ‘et les mouvements amiboïdes provoqués par la chaleur chez ces globules blancs étaient bien plus lents, le mouvement de trémulation des granulations était très peu accentué. D'autres globules blancs apparaissaient en traînées de dégénérescence et des fragments agelomérés, à granulations soudées, paraissant bien être de provenance leucocytaire, se voyaient isolés de place en place. L'animal mourut le douzième jour. |

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Des expositions répétées aux rayons X finirent donc par amener une augmentation du nombre des hémokonies, qu'il est logique d'attribuer, d’après-ce qui précède, à des produits de désagrégation globulaire et à des granulations intra-leucocytaires. Cette augmentation n'est pas considérable, il est vrai : peut-être les granulations libres émanées des globules blancs sontelles en majeure partie dissoutes ou phagocytées avant d'être observées, mais rien ne permet de W'affirmer ;/on peut néanmoins penser que ces granulations peuvent être mises en liberté dans le plasma, où elles se relrone vent en petite quantité.

e) Variation du nombre des hémokonies sous l’influence de modifications de la concentration moléculaire et de l'addition de certaines substances. |

Rappelons que Stokes et Weggefarth ont étudié l’action sur le sang de l’eau alcoolisée et de l’aride acétique à différentes concentrations ; ils ont observé des mou- vements amiboïdes des leucocytes, une trémulation de leurs granulations, avec peut-être aussi la mise en liberté de quelques-unes d’entre elles ; le plasma sanguin était devenu plus riche en hémokonies. Nous avons repris ces observations en les complétant.

Nous avons étudié l’effet sur le sang d'un change-

ment de concentration moléculaire en faisant agir

Un sérum hypotonique, ° L'eau distillée pure.

(Nous avons également fait des essais avec un sérum

hypertonique, mais les résultats obtenus ne sont pas assez concluants pour qu'il en soit fait état). Puis nous avons recherché l’action :

3° De l’eau distillée alcoolisée, 4° Des acides et des bases, 5° De la peptone.

Pour y parvenir, nous avons mélangé intimement dans une pipette volumes égaux de sang et de subsjance employée et c’est une goutte de ce mélange qu' était examinée suivant notre technique ordinaire: Cette série d'observations fut effectuée sur le sang d'un sujet normal.

5° Avec un sérum hypotonique (solution de Naci ‘à 3 pour mille) les oranulations intra-leucocytaires sont animées d’un vif mouvement, paraissent plus espacées dans ‘la cellule : au bout d’un-certain temps, quelques-unes ont semblé la quitter.

»° Avec l'eau distillée pure on observe de suite une vive trémulation des granulations dans les leucoçytes, dont les mouvements amiboïdes sont prononcés.

3° En additionnant d'eau distillée d'alcool à 90°, à 1%et ‘2%, ces mêmes phénomènes se reproduisent en S'accentuant, à des concentrations plus élevées ils vont en diminuant et beaucoup de leucocytes arrivent niême à avoir leurs granulations fixes.

Cependant, en employant l'eau distillée contenant 10% d'alcool, nous avons pu voir distinctement un assez grand nombre de granulations très mobiles quitter les globules blancs, soit isolénient, soit par groupes: quelques-unes de ces cellules se sont même vidées en

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partie sous nos yeux. Le nombre des granulations libres était augmenté dans le plasma (fig. 15 et 16).

z Leucocyte en marche etilots leucocytaires détachés (i)

Fig. 15

Leucocyte laissant échapper scs granulations.

F Fig. 16

LS

Trois heures après, dans une préparation soustraite à l’action de la chaleur, tous les leucocytes élaiént aux

di quarts “ de granulations.

ALTIDEC et à 5 % les globules pians étaient figés.

4° Acide sulfuri ique.

A2%et au-dessus, tous les éléments sont détruits. La

A 1%, les éléments cellulaires sont seulement figés. A 4 % et: à 1/4 % les leucocytes ont. des mouvements amiboïdes très prononcés et se. déforment beaucoup ; leurs su

nulations remuent activement. | À 1j8 % et à 1/16 % les granulations intra-leucocytaires sont

en vive effervescence, quelques-unes deviennent nettement libres. Au bout de plusieurs heures, dans une préparation tenue à l'abri de la chaleur, les granulations intracellulaires remuent encore et s'espacent et les leucocytes en contiennent beaucoup moins.

Dans ces derniers cas, le nombre des granulations li-

bres augmente dans le plasma.

Acide azotique.

À 4:% 44 pet 1/4 les éléments. cellulaires sont figés. #€ À 1/8 %: trémulation des granulations.

À 1/16 % et à 1/32 % vive trémulation des. granulations,

mouvements amiboïdes rapides et déformations accentuées

des leucocytes qui paraissent contenir moins de eranulations. | À 1/64 % la trémulation des granulations est plus vive encore, les granulations sont bien espacées entre elles.

Ici encore le nombre des granulations libres augmente et il semble bien que quelques-unes des granulations intra-cellulaires sont mises en liberté.

Acide acétique.

À 2 % les globules blancs sont figés.

A 1 % des pseudopodes se séparent de certains leucocytes avec sept à huit granulations à leur intérieur ; quelques granulations quittent isolément d’autres globules blancs.

A 1/4 %,à 4 %, à 1/16 %, les granulations intra-cellulaires sont en vif mouvement, quelques-unes sont mises en liberté ; on remarque en outre des ilots libres de granulations de pro-' venance leucocytaire et des essaims de granulations libres autour de certains globules blancs. |

Le nombre des granulations libres du sang additionné est toujours plus considérable.

Acide oxalique.

A1 %,à & % tous les éléments sont figés, moins cependant avec la seconde concentration.

À 1/4 %, à 1/8 %, trémulation vive des granulations intraleucocytaires, mouvements amiboïdes des leucocytes. Plusieurs heures après, la préparation ayant été soustraite à l'action de la chaleur, les mouvements de trémulation granulaire subsistent mais plus lents, les leucocytes sont immobiles et semblent pour la plupart à peu près vidés de granulations. On observe des groupes isolés de granulations et une augmentation très sensible du nombre des granulations libres en même temps qu’une identité d'aspect de beaucoup d’entre elles avec les granulations intra-leucocytaires.

À 1/16 % les mêmes phénomènes sont moins accentués.

Potasse.

A 2 % et au-dessus tous les éléments sont dissociés. . A 1 % les granulations ont un très léger mouvement de trémulation.

À 1/2 % légère trémulation granulaire. On voit très nettement un pseudopode rempli de granulations s'étirer en longueur, le pédicule se rompre et l'îlot être mis en liberté.

A 1/4 %, 1/8 %, 1/16 %, trémulation 8 cranulaire plus accentuée et mouvements amiboïdes plus prononcés.

À 1/32 % les granulations ont de vifs mouvements de trémulation, quelques-unes s’échappent des leucocytes soit en îlots, qui étaient primitivement des pseudopodes en bourgeons, soit individuellement. 4

A 1/64 % mêmes phénomènes ; quelques heures après, toujours en évitant la chaleur, de grosses granulations sont ob- - servées en essaim, libres, autour de globules blancs désagrégés. pe

Il y a toujours augmentation du nombre des granulations libres dans le sang.

Soude.

À 2 % et au-dessus, destruction des éléments cellulaires.

A 1 % la destruction est moins complète ; la membrane périphérique des leucocytes paraît détruite, leurs granulations, immobiles, sont nettement séparées entre elles tout en restant TA |

À 1/2 %, 1/4 %, 1/8 %, 1/46 %, 1/32 %, la trémulation des granulations pas de plus en des active et les mouvements amiboïdes des leucocytes s’accusent de plus en plus à mesure que la concentration diminue. a

À 1/64 % et à 1/128 % mêmes phénomènes mais moins accentués. Quatre heures après, dans la préparation laissée à l'abri de la chaleur, quelques leucocytes ont des granulations animées de mouvements lents, mais la plupart d'entre eux sont vides.

Le sang contient aussi un nombre plus élevé de granulations libres.

Il résulte de cette quatrième catégorie d'observations que c’est plutôt avec les solutions assez étendues d’acides et de bases (1/8 à 1/32 % en moyenne) que la tré-

.mulation des granulations intra-cellulaires est la plus

vive, que les mouvements amiboïdes des leucocytes sont les plus accentués et que la mise en liberté de leurs granulations est la plus manifeste.

5° On sait qu’en ajoutant de la peptone au sang, ce dernier devient incoagulable et que les leucocytes se détruisent rapidement en libérant deux ferments, dont l’un, coagulant, est retenu par le foie et dont l’autre, anti-coagulant, n'est pas arrêté par cet organe. Nous avons voulu voir si à celle leucolyse correspondrait une augmentation du nombre des hémokonies. Le D’ Pozerski a bien voulu nous fournir l’occasion de prélever, à l'Institut Pasteur, du sang sur un chien afin d'observer «in vitro » et «in vivo » l’action de la peptone.

Le chien pesait r2 kilogs, élait à jeun depuis 36 heures el présentait le n° r 1/2 d’hémokonies. Une prise de sang fut faite dans la carotide et ce sang fut additionné, «in vitro », d'une quantité égale d’une solution de peptone à 10 % dans de l’eau salée à 9,2 pour mille, isotonique au plasma du chien, afin d'éviter la leucolyse qu'aurait pu produire un sérum non isotonique. See

Une goutte de ce sang prélèvée cinq minutes après la peptonisation contenait déjà le n° 2 1/2 d'hémokonies et de nombreux fragmentg et îlots leucocytaires.

Les granulations étaient en effervescence dans les leucocytes, ces derniers n'avaient pas de mouvements

amiboïdes, mais se désagrégeaient et se vidaient aussi peu à peu ; on voyait distinctement la mise en liberté de granulations. Cette leucolyse a été suivie pour ainsi dire par étapes.

. Nous avons ensuite cherché l’effet de la peptonisation in vivo » : une certaine quantité de la solution peplonée fut injectée dans une veine et après une courte période d'agitation, le chien sendormit. Un quart d'heure après un prélèvement de sang fut fait dans la carotide.

Le sang examiné présentait à n° 4 d’'hémokonies et les leucocytes avaient à peu près complètement disparu. Or il y a au sujet de cette disparition deux opinions : les uns croient à la simple émigration des globules blancs, les autres croient à une leucolyse. Les faits ci-dessus sont bien en faveur de cette dernière hypothèse. ù

La leucolyse a donc amené ici une augmentation rapide du nombre des hémokonies et nous avons encore pu voir la mise en liberté successive des granulations intra-leucocytaires.

De l'ensemble de ce paragraphe il ressort que l’abandon du leucocyte par quelques-unes de ses granulations, que Stokes et Weggefarth ne croient que vraisemblable dans ces conditions, est absolument démontré : il est notamment manifeste avec l’eau distillée alcoolisée à 10 % et sous l’action de la peptone.

Mais on dit considérer ce fait comme se produisant dans des conditions spéciales, la plupart du temps, en effet, les granulations prêtes à s'échapper restent rete-

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