‹ Étude sur les hôpitaux d'isolement en AngleterreChapitre 3 sur 69 · PARIS LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE · texte numérisé non relu

PARIS LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE

19, RUE HAUTEKEUILLE, 19,

(Près le boulevard Saint- Germain).

M. JULES ROGHARD

Inspecteur général du service de santé de la marine, Membre de V Académie de Médecine, Grand-Officier de la Légion-

d'Honneur.

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Les auteurs dédient respectueusement cette étude au savant hygiéniste qui a si puissamment contribué en France aux progrès de la Médecine publique.

PRÉFACE

L'attention des pouvoirs publics a récemment été éveillée en France, grâce aux efforts de nos hygiénistes, sur l'importance, et même sur l'absolue nécessité de l'isolement des malades atteints d'affections contagieuses. Les théories récentes sur la transmission des germes, les discussions si concluantes qui ont occupé l'Académie de médecine et la Société de médecine publique, les enseignements si précis de la statistique ont démontré jusqu'à l'évidence que la plupart des maladies infectieuses peuvent être prévenues ou atténuées par des mesures générales d'hygiène et de prophylaxie.

Parmi ces mesures, l'isolement du malade est la seule dont futilité soit aujourd'hui reconnue et incontestée ; les médecins les plus sceptiques admettent que le varioleux est moins dangereux lorsqu'on l'isole que lorqu'il est maintenu dans un milieu aggloméré.

Quel est le médecin qui soutiendrait qu'on peut impunément laisser un varioleux dans une école, dans une salle commune d'hôpital, ou dans une cité ouvrière ?

PREFACE

Ce qui est universellement admis pour la variole est bien près de l'être pour les autres maladies infectieuses, telles que la scarlatine, la rougeole, le choléra et même lafièvre typhoïde.

L'étude que nous soumettons aujourd'hui aux hygiénistes français porte presque uniquement sur la variole. En limitant ainsi notre sujet, nous avons voulu nous mettre à l'abri des objections théoriques en présentant des faits bien établis, déjà sanctionnés par une pratique de plusieurs années dans un pays voisin. Il est bien évident que ce qui sera démontré vrai pour cette affection aura bien des chances d'être admis pour les autres maladies infectieuses reconnues transmissibles. C'est ainsi, du reste, que nous avons donné quelques aperçus relatifs au choléra et même à la phthisie.

L'Angleterre est la seule nation qui puisse nous fournir aujourd'hui un enseignement sanctionné par l'expérience.

Nous avons, en effet, constaté l'existence dans ce pays de près de 200 établissements consacrés exclusivement à l'isolement des maladies contagieuses et principalement à la variole. Nos voisins n'ont reculé devant aucune dépense et nous n'hésitons pas à dire qu'ils ont été les premiers à marcher résolument dans cette voie. Aussi pouvons-nous aujourd'hui profiter des leçons de leur expérience et même éviter les erreurs et les tâtonnement? inévitables au début de l'application de toute méthode nouvelle.

Après plusieurs voyages et séjours prolongés dans le pays, nous nous sommes rendu compte aussi exactement que possible du fonctionnement du système, et l'étude que nous présentons, si elle n'a pas le mérite de l'originalité, a tout au moins celui de l'exactitude la plus rigoureuse.

Nous avons visité la plupart des hôpitaux d'isolement anglais et nous reproduisons les plans de presque tous les établis-

PREFACE

sements construits pendant ces dix dernières années. Nous avons pensé ainsi fournir des documents utiles à l'administralion française, qui semble se décider aujourd'hui à suivre l'impulsion des hygiénistes en créant dans les grands centres des hôpitaux d'isolement pour les varioleux.

A côté des grands établissements de la métropole, nous avons cru devoir donner la description des hôpitaux de province destinés à recevoir un nombre restreint de malades et dont les plans nous ont été fournis par M, Thorne Thorne. L'ouvrage remarquable, publié il y a trois ans par cet éminent hygiéniste, contient des documents qui nous ont été de la plus grande utilité pour la publication de ce travail.

C'est le principe de la solidarité sociale qui a poussé nos voisins d'outre-Manche dans cette voie de progrès. De même les individus s'associent contre l'incendie, de même les communes ont tenu à s'assurer contre la variole en construisant des hôpitaux d'infectieux. Dans certaines petites villes, on a bâti des hôpitaux qui n'ont été que rarement utilisés ; dans quelques unes, l'hôpital n'a abrité qu'un seul varioleux pendant l'année. Devons-nous en conclure que l'établissement était inutile? Non certainement, car en isolant à grands frais le varioleux unique, on a probablement empêché la diffusion de l'épidémie dans une ville où elle aurait fait plusieurs centaines de victimes. Il y a donc eu pour la communauté une économie incontestable.

Bien des raisons nous portent à croire que l'isolement des infectieux rendrait en France les mêmes services s'il était rigoureusement appliqué. Il y a dans cette voie beaucoup à faire, car non seulement il n'existe chez nous aucun hôpital spécial d'infectieux, mais encore beaucoup d'établissements hospitaliers reçoivent des varioleux qui sont confondus dans des salles communes avec d'autres malades.

PRÉFACE

Nous avons donc lieu d'espérer que cette étude pourra de nouveau appeler l'attention des hygiénistes et leur fournir quelques indications pratiques sur les mesures qui seraient immédiatement applicables en France. S'il en était ainsi, nous nous considérerions comme amplement récompensés de nos efforts.

ÉTUDE SUR ŒS HOPITAUX DISOLEIENT

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