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moyen d'un fourneau ou autrement, il était d'avis qu'il fallait : 1° maintenir dans toutes les parties de la chambre une haute température, dans certaines limites connues, et pendant ce temps, être certain que la chaleur pénétrait parfaitement jusque dans l'intérieur des objets mauvais conducteurs : 2° qu'un courant d'air chaud passât constamment à travers la chambre ; 3° que le degré de chaleur fût poussé le plus loin possible, et 4° qu'en ce qui regarde la chaleur, l'appareil devait être réglé automatiquement.
Une étuve ayant été construite, d'après ces données, des expériences furent faites pour fixer la plus haute température à laquelle pouvaient être soumis certains objets pendant plusieurs heures, sans être altérés ; le résultat fut le suivant : Aucun des objets ayant,selon toute apparence, besoin d'être désinfectés ne sont détériorés pour avoir été exposés plusieurs fois pendant un laps de temps variant de quatre heures à huit heures à une température de 120°. Mais quand on dépasse 128^ il y a grand danger d'altérer certains objets, les tissus de laine plus que les tissus de coton. Des expériences ont été faites aussi pour s'assurer que la chaleur avait pénétré les objets : on a reconnu que des variations se sont produites selon l'épaisseur et l'état hygrométrique des objets.
Pour obtenir une température de 120° au centre d'un oreiller ou d'un matelas, le B^ Ransom a trouvé qu'il fallait maintenir la température entre 118 et 122 pendant 8 heures environ (1).
MM. Goddard et Massey, d'après le J)^ Ransom, ont construit un appareil en 1872 au Général Hospital, à Nottingham, et en 1876 un autre, à peu près semblable avec certains perfectionnements.
Ce dernier consiste en une chambre de fer cubique mesurant 1™80 sur 1^50 et 1™50 de hauteur; elle est enfermée dans une enveloppe de bois avec 0^12 de feutre placé entre le bois et le fer ; sur un des côtés de la chambre en contrebas se trouve le «fourneau », dans lequel on brûle du gaz ne produisant pas de fumée, au moyen d'un grand brûleur annulaire à gaz.
(1) Nous nous permettrons de mettre en doute l'exactitude de ces résultats, à moins qu'on n'ait eu affaire à des pièces humides. La chaleur sèche ne saurait produire des effets aussi satisfaisants.
Ce brûleur est contenu dans un tube circulaire, en fer fondu, à double enveloppe, tronqué à sa base, et muni, sur les côtés, de toiles métalliques à travers lesquelles passe l'air. Les produits de la combustion mêlés à l'air chauffé passent par un tuyau horizontal adapté au plancher de la chambre dans laquelle ils entrent en traversant des plaques de fer perforées. La dimension des trous de ces plaques a été calculée de façon à assurer une égale distribution d'air chaud, dans toutes les parties de la chambre, en tenant compte de la dilatation et des frottements.— Par un tuyau extérieur pourvu d'un aspirateur pour régulariser la force du courant à travers la chambre, s'échappe l'air chauffé. Des thermomètres fixés dans les tuyaux intérieurs et extérieurs indiquent la température des courants qui entrent et qui sortent et aussi les températures maxima et minima de l'air passant à travers la chambre.
L'entrée du gaz dans le fourneau est contrôlée par un compteur à pression et par un régulateur à mercure automatique. Ce dernier forme une des particularités de l'appareil, car il a pour objet d'arrêter ou d'activer l'arrivée du gaz, à mesure que la température de la chambre s'élève ou s'abaisse. D'après le D'' Ransom, le régulateur une fois mis à une température donnée, la chaleur peut sans aucune surveillance être maintenue pendant une période presque indéfinie « sans varier de de plus de 2"».
Même, cette variation p6ut être évitée, disent MM. Goddard et Massey, au moyen d'un « compteur à gaz » comme on en fait maintenant.
Grâce à cette disposition, unequantité de gaz suffisante passe toujours dans le fourneau pour maintenir la température voulue, mais la consommation est strictement limitée à ce qui est absolument nécessaire pour obtenir ce résultat. De cette façon il n'y a aucune perte de combustible.
Pour éteindre les allumettes qui auraient pu prendre feu, cachées dans les poches et doublures des vêtements, on a pris des précautions particulières. Elles consistent en une chaîne qui, au moyen d'un poids qui est fixe, tient ouvert un robinet placé sur le trajet du tuyau à gaz. Cette chaîne est pourvue
d'un anneau fusible à 150° : lorsque la température atteint ce chiffre, elle occasionne la fermeture instantanée du robinet. Comme signal, le même mécanisme met une sonnerie en mouvement, de façon â* avertir le gardien de l'étuve.
La chambre contient des tringles sur lesquelles on place les matelas ou sur lesquels on suspend, à l'aide de barres transversales, les divers objets, tels que couvertures, draps, etc. On peut aussi y placer des paniers contenant des objets d'habillement.
Le « poste de désinfection », appartenant à la municipalité deNottingham, est située sur les terrains du Garden Hospitdl. Elle consiste en une cour de 30 mètres sur 12 entourée d'un mur en briques et contenant le bâtiment où est l'étuve, deux hangars et un fourneau pour la destruction des objets infectés. Le bâtiment où est l'étuve occupe le centre de cette cour qui est divisée en deux parties par un mur passant de chaque côté du bâtiment où se trouve l'étuve et allant au mur qui borde la cour. Chaque section delà cour a une entrée particu ■ lière pour les voitures et un hangar pour remiser une charrette. Une section ainsi qu'une charrette sont réservées pour la réception des objets infectés, et une deuxième section avec charrette également le sent pour les objets purifiés. Le fourneau destiné à brûler les objets qui ne valent pas la peine de passer à l'étuve, est situé dans la portion de lacour réservée aux objets infectés.
L'étuve est solidement bâtie en briques et mesure 4 m. 20 de long sur 2 m. 10 de large; elle est bien éclairée, et ventilée, et a une porte d'entrée à chaque bout. Le bâtiment est partagé en deux parties égales au moyen d'un mur s'élevant jusqu'au plafond. Les chambres sont munies de râteliers pour disposer des couvertures, habits, etc., une chambre, étant réservée pour les objets contaminés, l'autre pour les objets désinfectés, L'étuve est pourvue de portes donnant sur les chambres dételle façon que celles qui conduisent à la partie où se trouvent les objets désinfectés ne peuvent pas s'ouvrir avant que les autres ne soient fermées. Les objets infectés sont ainsi placés dans l'étuve venant d'une cham bre, et repris de l'étuve pour être portés
dans l'autre chambre, l'étuve elle-même formant le seul moyen de communication directe entre les deux divisions du bâtiment. Cependant, dans le mur mitoyen, il y aunepetite fenêtre vitrée.
Cette installation fonctionne depuis 1876, et le D^ Seaton, nous apprend que 18,000 objets y ont été traités.
Dans les commencements on chauffait à 122° c, le thermomètre intérieur marquant 124° c. et l'extérieur 120", mais depuis ces dernières années, elle a été portée à 127''-128o à l'intérieur et à 2" ou 3° degrés de moins à l'extérieur, afin de pénétrer plus rapidement certains objets tels que matelas et oreillers. A ce sujet, le I)"" Seaton écrivait en 1877 : « Jamais les objets n'ont été détériorés, môme après avoir subi de nombreuses opérations : la faible altération de la literie ne mérite pas d'être mentionnée. »
Depuis lors, cependant, à deux reprises différentes, des objets ont été brûlés et complètement détruits.
On croit ces accidents dus à des allumettes laissées par inadvertance dans les habits (1) ou peut-être au défaut de fusibilité de l'anneau dont nous avons parlé. Ces accidents remontent à plus de deux ans, et parmi les objets qui ont été soumis depuis au procédé de l'étuvage, il y avait des robes de soie, de satin, de velours, de grenadine, des laines, des fourrures, des caoutchoucs, des garnitures en tissus divers, des plumes, etc.. Le D' Seaton a fréquemment examiné les objets soumis à l'étuve, et, bien que ces objets aient pu se trouver en contact avec les parois de fer des chambres, on n'a vu qu'une seule fois une robe de satin blanc endommagée par la fusion des perles fausses de la garniture.
En 1880, 4,906 objets furent désinfectés : ils comprenaient des matelas au nombre de 220, 204 lits, 351 traversins et oreillers, 224 couvertures. 365 habits, 168 pantalons, 54 tapis, 43 courte-pointes et700 livres.
(1) Aujourd'hui, toutes les poches sont retournées, et si elles ont des trous, les doublures sont examinées pour voir si des allumettes ne s'y seraient pas glissées ; cela arrive fréquemment dans les pardessus et les «ilels.
Des expériences répétées faites sous la surveillance du D'' Seaton, ont montré que quand on ne s'est pas servi récemment de l'étuve, il faut de 6 heures 1/2 à 7 heures 1/2 pour élever la température de la chambre intérieure à 122°.
La quantité de gaz nécessaire est de 136 m. 50, ou au taux de 19 mètres 50 par heure ; le prix du gaz à Nottingham étant de 3 fr. 10 c. par 300 mètres cubes, le coût est de 1 fr. 85 c.
A 1220, il faut de 7 heures 1/2 à 8 heures et de 147 à 156 mètres cubes de gaz pour qu'une chaleur de 122° pénètre au centre d'un oreiller de plume. Généralement les objets sont laissés en place pendant 8 à 10 heures ; l'employé chauffe l'étuve le soir à 127° environ et dispose le régulateur automatique de façon à ce que cette température se maintienne jusqu'au lendemain.
Le « poste de désinfection », sans compter le terrain qui appartient à la corporation, est revenu â 16,250 fr.
On a trouvé que le bâtiment dans lequel l'étuve est placée est d'une largeur inutile du côté où les objets qui ont été désinfectés sont placés, en attendant leur départ; il sera bon de tenir compte de cette observation pour les installations à faire dans l'avenir.
L'étuve est confiée à la garde d'un employé qui passe la moitié de son temps à un travail administratif au Garden- Hospital. Cet employé reçoit 2,600 fr. par an : il est aidé par un homme qui reçoit 500 fr. par an et dont le travail consiste à rendre les objets désinfectés à leurs propriétaires.
Le total des dépenses de l'établissement pendant l'année qui se terminait à mars 1881, alors que 5,000 objets environ avaient passé par l'étuve ou avaient été détruits, était :
Appointements 2.600.»»
Gaz 432.20
Location d'un cheval 436.40
Divers 1.50
Les personnes à qui leur état de fortune le permet, payent pour la désinfection de leurs vêtements, etc., une somme de 22 fr. par étuve pleine. Pendant les trois dernières années, la
LuTAUD et HoGG, hâpifaitx dUsolement, 8.
somme moyenne reçue annuellement a été de 702 fr. Mais la municipalité est devenue de moins en moins exigeante pour ces payements quand ils ne sont pas volontaires, et dans le cours de l'année qui se terminait à mars 1881, le montant n'a atteint que 525 fr. environ. Remarquons qu'une étuve semblable fonctionne à l'hôpital général de Nottingham depuis