‹ Étude sur les hôpitaux d'isolement en AngleterreChapitre 39 sur 69 · HOPITAL DE PENDI^E · texte numérisé non relu

HOPITAL DE PENDI^E

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ÉTUDH SUR LES HOPITAUX d'iSOLEMENT. 121

Dans le corridor donnent plusieurs autres pièces, telles que une salle de réception particulière pour les fiévreux, située près de la salle de médecin, une salle à manger générale pour les infirmières et une salle à manger séparée pour celles qui sont employées à la salle des fièvres contagieuses.

Construction de la salle pour les fièvres contagieuses.

La salle pour les fièvres est à tous les points de vue semblable aux cinq autres. C'est un bâtiment à un seul étage, ayant ses murs extérieurs comme ses murs creux, de 0'^45 d'épaisseur ; sa longueur est de 30 m., sa largeur, de 8 m. et sa hauteur de 4 m.

Le toit est plat et tout ce qui pourrait permettre à la poussière de s'accumuler est soigneusement évité.

Lumière, chauffage et ventilation.

Les murs sont revêtus de ciment de Paros. Les planchers sont en chêne bien joints, sans fentes. Il y a 13 fenêtres dans chacun des murs opposés. Au bout de la salle une porte s'ouvre dans le corridor et à l'autre bout, il y a deux fenêtres et une grande porte à coulisse avec des panneaux vitrés, s'ouvrant sur une véranda. Les fenêtres sont toutes composées de deux châssis mobiles et d'un châssis situé au-dessus, lequel s'ouvre en dedans. Ils commencent à une hauteur de 1 m, au-dessus du plancher et s'élèvent jusqu'à 0^45 du plafond.

De chaque côté de la salle sont 12 ventilateurs «Shéringham» situés à 0'^30 au-dessous du plafond.

Des bouches à air s'ouvrent au niveau du sol sous chaque lit. Deux tuyaux de cheminée avec des conduits à air occupent le centre de la salle.

Ils sont à environ 9 m. l'un de l'autre et à l'^ôO de chaque extrémité de la salle. Dans chacune d'elles brûlent deux foyers ouverts ; un appareil spécial fournit l'air dans les salles par des moyens mécaniques ; deux ventilateurs de l'^iS sur 0"30 sont situés près du plafond. Il y a 26 lits dans la salle : 13 de chaque côté. Après avoir fait la part des conduits, etc., chaque enfant a environ 9 mètres carrés de surface de plancher et 46 mètres cubes.

La ventilation des salles a lieu au moyen d'un ventilateur à éventail qui amène de l'air pur par un manchon s'ouvrant dans chaque salle à l'^BO au-dessus du sol.

Pendant neuf mois de l'année l'air, avant d'arriver dans les salles, est chauffé par le contact de tuyaux à vapeur.

Dépendances des salles.

En dehors des salles, mais y ayant accès, on voit d'un côté un lavabo et une salle de bains, et de l'autre côté, des cabinets d'aisances et des conduits d'écoulement pour les salles. Tout cela est aussi très bien ventilé et chacun de ces endroits est séparé de la salle elle-même par une antichambre pourvue de m-oyens de ventilation produisant des courants d'air.

Le drainage a lieu par des égouts de la ville ; il n'y a aucune communication directe entre l'intérieur du bâtiment et les conduits.

Admission de malades.

Pendant les quatre années qui ont précédé décembre 1880, le nombre total des cas de maladies contagieuses admis à cet hôpital a été comme il suit : tous venaient de Manchester, excepté quelques-uns provenant du district de Salford en

Fièvre

« Fièvres »

Date»

scarlatine.

Rougeole.

diverses.

La plupart des malades sont envoyés à l'hôpital par le dispensaire de Manchester, dans une ambulance appartenant à l'institution. D'autres cependant sont envoyés directement par la corporation de Manchester, qui contribue pour 5.000 fr. par an aux frais de l'hôpital.

Visiteurs.

Un parent ou un ami peut venir visiter les malades deux fois par semaine tant dans la salle de contagieux que dans les salles générales. Bien des personnes, cependant, ne profitent pas de ce privilège, parce qu'elles savent qu'elles pourraient être atteintes et puis aussi parce qu'il y a une communication télégraphique entre l'hôpital et le dispensaire de" Manchester où l'on peut avoir des nouvelles des malades. Des renseignements spéciaux ont été recueillis sur deux points principaux à Pendlebury. Le premier porte sur les moyens de chauffage et de ventilation ; le second, sur l'emploi d'un hôpital général recevant des cas de maladies contagieuses.

Chauffage et ventilation

Dans les mois de janvier et de février 1880 quelques expériences sérieuses ont été faites par le docteur Angus Smith en vue d'apprécier l'efficacité du chauffage et de la ventilation des salles. On avait constaté que pendant les mois d'hiver, lorsque les vasistas en nombre suffisant pour assurer une bonne aération, étaient laissés ouverts, la température des salles descendait au-dessous de la moyenne indispensable. La salle qui servait aux expériences ressemblait en tous points aux salles de fiévreux, sauf que, étant située un peu plus loin de la bouche d'air, l'air chaud qu'elle recevait n'était pas à une température aussi élevée que celle de cette dernière ; toutefois, mêmes dimensions, même nombre de fenêtres, mêmes moyens de chauffage et de ventilation. Pendant le cours des expériences, les quatre foyers à feu nu étaient tous allumés.

La salle était à ce moment occupée par 30 malades et le ventilateur fournissait 93 m. cubes d'air à une température variant de 50° c. à 69° c. par heure. La salle a une capacité de 1,204 mètres cubes; ainsi l'air était renouvelé toutes les 80 minutes même quand les portes étaient tenues fermées. Il convient de remarquer que la salle occupée habituellement reçoit 308 mètres cubes d'air en plus. Le tableau suivant résume un nombre considérable d'expériences faites à différents points de la salle, aux deux côtés et au centre, et à une hau teur variant de 0'"90 à l'»80 au-dessus du plancher.

Trois châssis des fenêtres de chaque côté de la salle étant abaissés avec une température de 3" c. à l'extérieur et 17* c. dans le corridor de la salle, la proportion d'acide carbonique par million départies d'air et la température enregistrée ont fourni les chiffres suivants :

Acide carbonique par millions de parties. Température.

Côté gauche De 319 à 661 De 10° à Wo

Centre De S"/? à 710 De 12° à 15°

Côté droit De 512 à 561 De 9° à 10°

D'autre part, voici les résultats avec une température de 3° c. en dehors de Thôpital et de 10° c. dans le corridor de la salle, et quand toutes les fenêtres de la salle étaient tenues fermées depuis 18 heures, la porte seule s"ouvrant et se fermant à de fréquents intervalles ;

Acide carbonique par millions de parties. Température.

Côté gauche De 625 à 700 De 16» à 17°

Centre De 521 à 684 De 16° à 20°

Côté droit De 609 à 736 De 16°8 à 2C°

Ainsi, quand les six fenêtres étaient ouvertes, les côtés des salles où les lits sont rangés étaient dans de bonnes conditions en ce qui concerne l'acide carbonique, mais moins favorables au point de vue de la température. Quand, en fermant les fenêtres, et avec un air extérieur plus chaud, la température des parois des salles se trouvait élevée à 15° c, la quantité d'acide carbonique répandue dans les parties des salles, éloignées des prises d'air était excessive ; les infirmières s'étaient plaintes de la qualité de Kair qui devenait étouffant et désagréable toutes les fois que le montant d'acide carbonique était à G44, pourvu que la température de la salle approchât de 15° c. résultat, qui, d'après l'opinion du Docteur Angus Smith, était dû à cette circonstance que la température élevée augmente l'évaporation et amène une recrudescence d'exhalaisons émises par les malades. Il concluait que les éventails à ventilation ne maintiennent pas l'air des salles à un degré suffisant de pureté et qu'il faut qu'un supplément d'air soit fourni par

les fenêtres. La difficulté est d'obtenir une température assez élevée dans les salles pendant les mois les plus froids, avec un certain nombre de fenêtres ouvertes pour les besoins de la ventilation ; il faut dire que le chiffre total de la surface des fenêtres, dans chaque salle, est de 111 mètres carrés, soit 92 cent, carrés (un pied carré) pour chaque 78 déc. cubes (35 pieds cubes). Ces chiffres indiquent clairement que la surface refroidissante est exceptionnellement grande.

Admission des fiévreux dans les hôpitaux généraux.

2° L'hôpital de Pendlebury étant construit d'après les principes modernes, et étant soumis à une administration rigoureuse, il est intéressant de savoir avec certitude si l'emploi des pavillons des salles pour des maladies contagieuses avait propagé ces mêmes maladies. Les explications nécessaires pour pouvoir se former une opinion à cet égard ont été fournies par les autorités de l'hôpital et par le service médical.

Le quartier des fièvres contagieuses, ainsi qu'on l'a déjà dit, est un des deux pavillons ouvrant sur le corridor central à son point le plus éloigné du bâtiment de l'administration ; le pavillon opposé est employé comme dortoir pour les infirmières et les aides.

Une porte, située dans l'antichambre au belvédère, sépare ces deux parties du reste de l'hôpital, et il y a aussi des portes qui divisent les corridors conduisant de l'antichambre à chacune des salles. Il est de règle que ces portes et celles des salles ellesmêmes soient toujours tenues fermées. Il y a aussi une blanchisserie séparée pour les fiévreux et un puissant appareil à désinfection. Il est fabriqué par MM. Goddard et Massey, de Nottingham.

Les fiévreux, en allant de la salle de réception à la salle qui leur est assignée, ne passent pas à moins de 13 mètres 50 des salles occupées par les autres malades. Ils se promènent pendant les récréations dans un endroit spécial ; ils ont des infirmières et domestiques spéciaux. Les médecins et la directrice sont les seules personnes qui, venant des autres par-

lies de l'établissement, soient autorisées à pénétrer dans leur salle, et afin de limiter les communications, un téléphone a été établi entre cette salle et l'administration.

Les aliments sont portés à l'antichambre ou vestibule, situé à l'extrémité de la salle, et y sont reçus par une des infirmières spéciales. Ces gardes doivent cependant passer près du bâtiment de l'administration pour arriver à leur salle à manger particulière, et elles couchent aussi dans cette même partie. La fille de salle réside aussi dans le même corps de logis, mais elle a une chambre séparée et elle est ainsi ou du moins doit être sans communication avec les autres domestiques.

Malgré ces dernières conditions, et bien que les gardes ordinaires doivent passer deux fois par jour au moins à travers l'antichambre ou le vestibule qui conduit à la salle des fiévreux pour aller à leurs dortoirs ou pour en sortir, il serait difficile, en admettant la plus stricte surveillance exercée sur le personnel des différents services pour empêcher des communications, de trouver un hôpital général où la réception de cas contagieux soit soumise à une règle plus sévère dans le but d'éviter tout contact, et il n'y en a probablement aucun où les précautions concernant les malades soient mieux prises. Dans ces circonstances, nous nous sommes procuré des détails quant aux résultats actuels qui ont suivi l'admission des fiévreux à l'hôpital.

Dans le tableau suivant donnant les faits qui se sont passés pendant les quatre années 1877-1880, on n'a pas indiqué les cas qui pouvaient faire supposer que la maladie avait été contractée avant l'admission ou qui laissaient quelque doute sur la nature de la maladie que l'on supposait avoir été contractée. Deux cas de fièvre typhoïde que l'on a pensé avoir été prise pendant que les malades étaient à l'hôpital sont laissés aussi en dehors du compte fait.

En 1877, le montant des malades en traitement, par mois, dans l'hôpital entier était de 70 et les admissions totales de 560. Pendant cette année, 18 malades dans les salles ordinaires contractèrent la fièvre scarlatine et 3 dont un qui avait été enlevé de la salle des fiévreux, après avoir été atteint de la fièvre scarlatine, fut pris de la rougeole. Six malades qui étaient en

traitement pour la rougeole eurent la fièvre scarlatine. Quatre des cas de scarlatine furent mortels.

En 1878, le nombre de malades par mois, dans l'hôpital entier, était de 90 ; l'admission totale s'éleva à 901 malades.

Pendant l'année, 14 malades dans les salles ordinaires contractèrent la fièvre scarlatine, et trois la rougeole. Huit malades en traitement pour la rougeole prirent la scarlatine, et un qui y avait été amené quand il avait eu la rougeole, fut frappé plus tard de la fièvre scarlatine.

Ce malade et quatre autres moururent de cette dernière maladie.

En 1879, le nombre des malades par mois dans l'hôpital entier était de 92 et le nombre total des admissions de 858. Pendant cette année, 12 malades en traitement dans les salles ordinaires contractèrent la fièvre scarlatine et 3 la rougeole. Ces trois malades, cependant, crurent devoir cette maladie à un garçon qui vint les voir pendant la période d'incubation de la rougeole : il en avait été atteint au dehors. Trois malades en traitement pour la rougeole eurent la fièvre scarlatine. Un de ces derniers et deux autres scarlatineux moururent. Depuis le commencement de cette année un registre a été tenu pour savoir le chiffre des maladies contagieuses parmi les infirmières, et nous voyons que, en 1879, quatre sur un total de 30 sœurs et gardes non occupées dans la salle de la fièvre, contractèrent la fièvre scarlatine : un des 12 malades qui fut saisi par cette affection dans une des salles ordinaires, l'avait probablement gagnée d'une des infirmières.

En 1880, le nombre de malades par mois dans l'hôpital était de 95 et 840 malades furent admis. Dans cette année 12 malades des salles ordinaires contractèrent la fièvre scarlatine et quatre la rougeole. Trois malades en traitement pour la rougeole Contractèrent la fièvre scarlatine, et 4 en traitement pour la fièvre scarlatine contractèrent la rougeole. Six des malades ayant la fièvre scarlatine, y compris deux qui avaient été admis pour la rougeole, moururent. Pendant cette année, une garde qui avait été employée dans une salle, contracta la fièvre scarlatine.

En réunissant les faits ci-dessus, il vient à la pensée que 1° les mesures d'isolement capables de préserver les adultes de la

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scarlatine et de la rougeole seront insuffisantes pour les enfants qui sont spécialement susceptibles d'être contagionnés ; et 2" que ces maladies sont facilement transmises par les visiteurs aux jeunes malades.

En réfléchissant cependant à toutes les considérations que soulève un pareil sujet, on ne peut regarder comme favorable de traiter la scarlatine et la rougeole dans cet hôpital général, ou de traiter ces deux maladies dans une seule et même salle.

Sur 72 cas dans lesquels les malades des salles générales avaient contracté une fièvre contagieuse pendant qu'ils étaient à l'hôpital, nous nous sommes informés au sujet des dernières salles qu'ils occupaient. Nous voudrions rappeler ici ce fait que toutes les salles générales ont les mêmes dimensions et renferment le même nombre de lits, et généralement parlant, on peut supposer que ceux qui les occupaient étaient aussi nombreux et aussi accessibles à la contagion. Ceci étant donné, l'intensité de l'infection de la fièvre, atteignant des salles à des distances différentes d'un centre pourrait se mesurer par le nombre des attaques à chaque distance ; et secondement on pourrait établir quelque rapport entre plusieurs distances.

Examinons donc les faits.

Mesurant les distances entre la salle des fiévreux et les autres salles comme étant en droite ligne entre les centres des murs adjacents les plus rapprochés, nous voyons que sur les 72 malades cités :

20 étaient logés à 2' '"50 des salles

13 » à 64'»50 des fiévreux;

Ainsi, toutes les salles générales ont souffert, mais il est évident qu'il n'existe aucun rapport entre le nombre des malades atteints et la distance à laquelle ils étaient de la salle des fiévreux.

D'après les renseignements qui nous ont été fournis, dans 51 cas intérieurs de scarlatine s'étant déclarés chez des malades

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des salles générales, les intervalles suivants ont été notés entre l'admission et la date à laquelle ils ont contracté cette affection :

Dans 11 cas, l'intervalle était de 5 à 7 jours :

— 9 cas, l'attaque eut lieu pendant la 2" semaine ;

Dans 1 cas, l'attaque eut lieu pendant la 18« —

On n'a pu se procurer les mêmes renseignements que pour 7 cas de rougeole :

Dans 1 cas, l'intervalle était de 14 jours ;

— 1 cas, l'attaque eut lieu pendant la 2° semaine ;

— 1 - ]le

Montant total de V isolement pour laville de Manchester.

Groupant ensemble tous les cas de maladies contagieuses traitées dans l'hôpital de Pendlebury, pour enfants malades, et dans le MonsallHospital, avec la mortalité totale des maladies spécifiées dans laville de Manchester, on peut voir dans quelle mesure lïsolement a été pratiqué pendant les trois années de 1878 à 1880. Remarquons, cependant, qu'en dehors des 20 malades payants, reçus annuellement dans le Monsall Hospital,

LuTAUD et HoGG, hôpitaux d'' isolement. 9.

il se peut que quelques-uns aient été reçus de districts sanitaires autres que Manchester,

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