‹ Étude sur les hôpitaux d'isolement en AngleterreChapitre 47 sur 69 · DU TRANSPORT DES INFECTIEUX ET DES BLESSÉS · texte numérisé non relu

DU TRANSPORT DES INFECTIEUX ET DES BLESSÉS

Le service du transport des infectieux vient d'être réorganisé et mérite une courte description.

Antérieurement à 18S1, les bureaux de bienfaisance {Board of guardians) étaient chargés de ce soin, et pour cela on se contentait, à défaut de la voiture de l'iiôpital, de louer un véhicule quelconque. 11 n'en est plus de même aujourd'hui. Une loi spéciale a confié ce service au Conseil Métropolitain : dans ce but, il est autorisé à lever une contribution proportionnelle sur les contribuables. Un nombre de voitures d'ambulance suffisant ont été acquises et des pontons installés sur les rives de la Tamise, à l'effet d'embarquer les malades sur les vapeurs spéciaux qui font le service entre la ville et les hôpitaux flottants dont nous avons parlé.

Voici comment les choses se passent dans la pratique. Aussitôt que l'agent du Bureau de Bienfaisance ou le médecin sanitaire {médical officer of health) est informé de l'existence d'un cas de fièvre contagieuse, il télégraphie ou téléphone au bureau du Conseil (37, Norfolli Street), pour l'en instruire. Celui-ci donne aussitôt des ordres par téléphone au chef du dépôt de voitures d'ambulance le plus voisin du lieu où se trouve le malade et une de celles-ci, accompagnée d'une infirmière, est, en moins de cinq minutes, dirigée à l'adresse qui lui a été désignée.

Arrivée chez le malade, ses parents ou ses amis sont informés où il va être conduit, et reçoivent en même temps un exemplaire du règlement concernant les visites, etc. Si le cas a été diagnostiqué par le médecin traitant comme hénin, le patient est dirigé directement sur le ponton le plus proche à

destination des hôpitaux flottants: si au contraire le cas est grave, il est immédiatement transporté à un des hôpitaux spéciaux du Conseil.

Toutefois, lorsque ces derniers étaient combles, on a parfois dû recourir aux hôpitaux flottants et même au camp de Darenth pour pouvoir satisfaire aux besoins actuels.

Une fois rendu à l'hôpital, le malade est examiné par le médecin de service et une note est sur l'heure adressée aux parents ou aux amis : ils recevront désormais un bulletin journalier, si le cas est grave, avec tous les détails qu'ils peuvent désirer ; cette mesure a surtout pour but d'éviter les visites et par conséquent d'empêcher que des individus sains ne se mettent en contact avec les hasards d'une contagion possible.

Nous avons visité le dépôt de London Fields ; en voici une courte description :

Les voitures à un cheval ou à deux chevaux à volonté (1) sont chauffées et très confortables. Le malade est couché sur un brancard qui repose sur un matelas à air. Elles sont construites de façon à donner place à une infirmière, ainsi qu'à un infirmier, dans le cas où il s'agit du transport d'un adulte.

Sur le parcours, tout risque de contagion est soigneusement évité.

La désinfection de la voiture et des objets qui s'y trouvent est pratiquée à l'hôpital même, au moyen d'un lavage à grande eau.

Du 14 juillet 1881 au 31 mai 1884, il a été ainsi effectué G, 690 transports qui se décomposent comme suit :

A l'hôpital flottant 812

A l'hôpital de l'Est 4578

A l'hôpital du Sud-Est 325

A l'hôpital du Sud-Ouest 255

A l'hôpital de l'Ouest 51

A l'hôpital du Nord-Ouest .... 664

A l'hôpital Plaistord 5

M.Robinson, directeur de la Station d'ambulance du district

(1) Tous les chevaux sont loués ; un certain nombre à l'année, d'autres restent à l'écurie à la disposition du dépôt, mais ne sont payés que lorsqu'on les utilise. L'entrepreneur a la nourriture à sa charge : le harnais appartient au dépôt.

Est, qui a bien voulu nous donner ces détails, nous a appris qu'on avait transporté en outre :

De l'hôpital de l'Est à l'hôpital flottant : 1209 malades.

De l'hôpital du Nord-Ouest à l'hôpital flottant : 5 malades.

Il a été de plus chargé de ramener chez elles les personnes sorties guéries de l'hôpital de l'Est au nombre de 719 et du camp de Darenth au nombre de 359.

Les voitures dont on se sert reviennent à 2,500 francs. Les roues sont entourées de caoutchouc et elles paraissent fort bien suspendues : elles sont fabriquées par The A lexandra Carriage Works, 12, Long Acre.

Dépôts des voitures d'ambulance.

Londres compte en ce moment trois dépôts de voitures, comprenant en tout une soixantaine de véhicules.

Le plus important est celui de London F ields ou de l'Est, qui dessert les districts situés au nord de la Tamise, ainsi que l'hôpital d'Homerton.

Puis viennent le dépôt de New-Cross ou du Sud-Est, à proximité de l'hôpital du Sud-Est desservant les districts du sud de la Tamise, les hôpitaux du Sud-Est et du Sud-Ouest.

Enfin, le dépôt deFuIham ou de l'Ouest, placé sur un terrain attenant à l'hôpital de l'Ouest, dessert tous les districts au nord de la Tamise, et l'hôpital de l'Ouest (1).

Ajoutons, pour être complets, que le dépôt de London Fields va être incessamment transporté dans des constructions élevées sur les dépendances de l'hôpital d'Homerton : les dépenses de cette installation reviendront à 300,000 francs. De cette façon, tous les dépôts seront situés sur le terrain même et dans le voisinage immédiat des hôpitaux d'isolement du Conseil Métropolitain, ou encore de l'hôpital ponton à destination des hôpitaux flottants et du camp de Darenth. — Afin d'épargner aux malades un trop long trajet, le Conseil a échelonné sur les rives de la Tamise, plusieurs points d'embarquement (Wandsworth, Rotherhithe, Blackwall et Fulham), dont on pourra reconnaître la position en consultant le plan ci-annexé.

(1) Les frais de construction, (le matériel et d'entretien de ces dépôts se sont élevés jusqu'en 1885, à 500,000 francs.

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Règlement du Conseil Métropolitain, concernant les dépôts de voitures d'ambulance.

Lorsque les dépôts seront installés dans les dépendances d'un hôpital d'infectieux, ils devront en être complètement distincts et avoir une entrée, des bâtiments, etc., à part.

Ils seront reliés téléphoniquement avec le bureau central du Conseil où devront être adressées toutes les demandes de transports de malades : celui-ci fera parvenir aux dépôts les instructions nécessaires.

Les voitures seront construites d'après un modèle uniforme.

Avant de rentrer au dépôt, la voiture sera complètement désinfectée à l'hôpital même où elle aura transporté un malade.

En aucun cas, le même véhicule ne devra servir à des fiévreux et à des varioleux.

Les infirmières chargées de veiller sur les malades seront prises à l'hôpital le plus voisin : elles accompagneront les malades jus'];u'à destination et la voiture les reconduira à leur hôpital avant de retourner au dépôt.

Chacun des dépôts de voitures d'ambulance comprendra :

Logement et bureau du directeur ;

Vestiaire, remises, écuries, sellerie, forge ;

Chambre de désinfection ;

Buanderie, cuisine, réfectoires, offices, dortoirs, bains etlavabos.

Le personnel se composera de :

Un directeur responsable du service ;

Un employé au téléphone ;

Un surveillant chef des écuries ;

De cochers, palefreniers, cuisinières, femmes décharge, infirmières, blanchisseuses et employés divers.

Le dépôt d'un hôpital destiné au traitement d'une seule catégorie de malades ou fiévreux divers devra loger des infirmières spéciales pour les malades atteints d'affections d'une autre nature que celles soignées au dit liôpital.

11 est interdit aux cochers, sous peine de renvoi immédiat, de s'arrêter ou de s'attarder en route.

Tous les employés seront pourvus de vêtements d'uniforme pour le service :

Ils devront en changer lorsqu'ils sortiront en vertu d'un congé .

Déplus, les infirmières, lorsqu'elles accompagneront les voitures, seront munies d'un surtout qui sera désinfecté à l'hôpital où le malade aura été conduit en même temps que la voiture d'ambulance.

Enfin, il est formellement recommandé à tous les employés d'observer scrupuleusement les instructions détaillées qui leur sont données àchacun individuellement.

Nous pouvons ajouter que ces recommandations sont suivies à la lettre et que la surveillance s'exerce de la façon la plus efficace. On y a tenu la main avec d'autant plus de soin que les faits de contagion survenus dans les premiers temps avaient pu être attribués à des conducteurs qui s'étaient arrêtés devant des débits de boisson et à la négligence des infirmières. Il n'en est plus ainsi aujourd'hui, et le transport des infectieux s'opère avec toute la sécurité que les habitants sont en droit d'exiger de l'administration.

Transport des contagieux à Bruxelles (1).

A Bruxelles, le Bureau d'hygiène a disposé, dans un abri de la cour de la maison qu'il occupe, une voiture spécialement affectée au transport à l'hôpital des malades atteints d'affections contagieuses. C'est une forte voiture à quatre roues, pouvant être traînée par un seul cheval et au besoin par deux chevaux, lorsque le mauvais temps le rend nécessaire pour la traction sur les pentes si raides de certaines rues de Bruxelles. Cettevoiture ressemble, à l'extérieur, à ce qu'on appelle en France un petit omnibus de famille ; elle porte sur ses faces de grandes glaces en verre dépoli et n'a aucune indication particulière qui pourrait la signaler trop évidemment à l'attention publique. L'intérieur, tout en bois verni, sans aucune tenture, est disposé pour recevoir un cadre-hamac portatif, mobile, bien suspendu, pivotant sur son axe, ou un fauteuil

(I) Ces dispositions lé.gislatives concernanlla Belgique et celles qae nous reproduisons plus loin concernant plusieurs États étrangers sont extraites de l'important ouvrage du D' A. J. Martin, intitulé: n Etude sur l'administration sanitaire civile en France et à l'étranger ». Paris G. Masson, 1884.

également portatif, ou bien quatre strapontins mobiles ; elle peut aussi recevoir des cadavres en repliant tout son contenu sur les parois. Des tiroirs, à la partie inférieure, peuvent contenir les bardes à désinfecter, provenant du malade et de sa literie. Divers compartiments s'ouvrant par le dessus renferment les boîtes nécessaires aux premiers secours et à la désinfection immédiate. Le marcbepied est disposé de telle sorte que personne ne puisse y monter lorsque la portière est fermée. Le prix de cette voiture est de 2,200 francs, celui du hamac de 88 francs ; le fauteuil coûte 50 francs. Il faut remarquer qu'aucune étoffe n'entre dans leur confection ; le tout est en bois et rotin.

Dès que la notification d'un transport à opérer parvient au Bureau d'hygiène — et l'on sait avec quelle promptitude ces notifications se font à Bruxelles — un agent va requérir la première voiture de louage qu'il rencontre et l'amène dans la cour du bureau ; là, le cocher est tenu de dételer son cheval, de l'atteler à la voiture spéciale et d'aller faire sa course ; à son retour, il réattelle son cheval à sa propre voiture et reçoit le prix du temps pendant lequel il a été employé. Le service d'hygiène évite de cette façon la dépense d'un ou deux chevaux, d'un cocher, le loyer d'une écurie. La voiture est, bien entendu, désinfectée après chaque transport contagieux.

Règlement sur le transport de personnes atteintes de maladies contagieuses ou transmissibles à Bruxelles.

Le règlement ci-après, en date du 21 mars 1881, fait connaître au public les conditions auxquelles le transport des contagieux est assujetti à Bruxelles :

Le conseil communal, considérant que le transport par les voitures publiques de personnes atteintes de maladies contagieuses ou transmissibles constitue un danger réel pour la population, et qu'il est urgent de prendre des mesures pour y obvier ; vu l'article 3, n" 5, de la loi du 16-24 août 1790, qui confie à la vigilance et à l'autorité des administrations communales le soin de prévenir les épidémies : vu l'article 78 de la loi du 30 mars 1836 ;

Ordonne : Art. le^ Il est défendu de faire usage de voitures publiques, de voitures de louage, de remise, de place, pour le

transport des personnes atteintes de maladies contagieuses ou transmissibles.

Art. 2. Lorsqu'un cocher de voiture publique sera requis de conduire une personne malade, il devra se faire délivrer au préalable une attestation médicale constatant que cette personne n'est pas atteinte d'une maladie contagieuse ou transmissible.

Art. 3. Les maladies réputées contagieuses ou transmissibles sont : le choléra, la fièvre typhoïde, la variole, la scarlatine, la rougeole et la diphthérie.

Art. 4. Le transport des personnes atteintes de l'une de ces maladies s'effectuera au moyen de voitures spéciales exclusivement destinées à cet usage par l'administration communale.

Art. 5. Lorsqu'une personne atteinte d'affection contagieuse ou transmissible devra être transportée d'un lieu à un autre, le commissaire de police de la division requerra la voiture spéciale, sur la production d'une déclaration médicale indiquant la nature de la maladie.

Après chaque transport, la voiture spéciale sera désinfectée au moyen des procédés recommandés par le service d'hygiène et sous sa surveillance.

Art. 6. Les frais de transport par la voiture spéciale sont à la charge de ceux pour qui elle aura été employée ou de l'administration des hospices et secours s'il s'agit d'indigents. Ces frais seront calculés sur le prix du tarif des voitures de place augmenté de 50 % .

Art. 7. Toute voiture, quelle qu'elle soit, qui, en contravention à la présente ordonnance, aura servi au transport d'une personne atteinte de maladie contagieuse ou transmissible, sera soumise à une désinfection immédiate et complète.

Art. 8, Les infractions aux dispositions qui précèdent seront punies de peines de police, sans préjudice des mesures que l'autorité locale croirait devoir prendre ou prescrire dans l'intérêt de la salubrité publique. .

Transports des blessés.

L'intérêt que cette question a excité dernièrement à Paris nous a engagé à poursuivre notre enquête de ce côté, bien qu'elle fût un peu en dehors du cadre que nous nous étions tracé.

ÉTDDE SUR LES HOPITAUX d'iSOLEMENT. 159

Il nous a semblé que le sujet était assez important peur légitimer les quelques lignes que nous allons lui consacrer et qui trouveront naturellement leur place à la suite de notre description du transport des infectieux.

C'est une société privée, (St-John's Ambulance Association), qui paraît, jusqu'à présent, avoir résolu, avec le plus de succès, le problème qui consiste à donner aux blessés de la rue les soins immédiats nécessaires. Dans ce but elle a déposé dans certains postes de police, soit à ses frais, soit en utilisant les ressources d'autres associations charitables, des civières montées sur un léger chariot à deux roues, et qu'une seule personne peut facilement manœuvrer. Lorsqu'il se produit un accident, le pohceman, après avoir transporté le blessé en lieu sûr, va chercher la civière, y place le malade et le conduit ainsi soit à son domicile,soit à l'hôpital le plus voisin. Voilà comment les choses se passent le plus souvent. Ce système n'est pas encore généralisé dans la métropole anglaise, et il arrive encore souvent que l'agent de la police, ne sachant que faire de son blessé, hèle une voiture et le conduit à l'hôpital ; mais l'habitude, qui consiste en France à imposer aux pharmaciens la garde des blessés, n'existe pas en Angleterre.

L'avantage de la civière, c'est qu'un seul homme peut la manœuvrer à l'aise et la pousser sans fatigue pendant un très long trajet. Le malade y est on ne peut plus confortablement couché : bien suspendue, elle n'éprouve aucune secousse. quelle que soit l'inégalité du terrain ; enfin, dans les rues les plus encombrées de Londres, le public s'éloigne avec respect devant la croix rouge bien en évidence sur les côtés et à l'extrémité du brancard.

Modèle de M. J. Fui'ley, de l'association hospitalière de St-Jaande Jérusalem.

Non seulement nous nous sommes rendu compte des avantages de ce procédé de transport, examinant en détail la civière et le chariot que nous avons manœuvres, mais encore nous en avons fait l'acquisition grâce aux fonds qu'une société de secours aux blessés, l'Union des Femmes de France, avait bien voulu mettre à notre disposition. Il existe donc un modèle de ce branca,rd roulant au siège de l'Union des Femines de France 29, rue de la Chaussée-d'Antin,à la disposition des intéressés.

Modèle du D'' Armstrong, médecin sanitaire à Newcastlo-Upon-Tyne (Henry Angus et C", constructeurs).

Voici comment nous comprendrions le service des blessés à Paris. A notre avis il serait complètement organisé le jour où dans chaque poste de police se trouverait une civière à chariot. On sait qu'il est d'usage de transporter dans une pharmacie toutes les victimes d'un accident indistinctement: il est fort rare qu'un blessé arrive à rhôpital ou chez lui sans y avoir passé. Or, la grande difficulté aujourd'hui, — nous en parlons avec une certaine expérience, — consiste dans la nécessité de trouver deux hommes, commissionnairesou personnes debonne volonté (cela est plus rare encore), pour se charger du transport du brancard que l'on a été requérir au poste de police, à l'hôpital ou au poste de secours. Il s'écoule souvent plusieurs heures avant que ce résultat ne soit atteint. Deux porteurs sont enfin amenés auprès du malade qui, nous n'en doutons pas, a reçu les meilleurs soins de la part du pharmacien et du médecin (lorsqu'il aura été possible d'en trouver un juste à point). Ces porteurs, dénués des connaissances les plus élémentaires au point de vue du maniement des blessés, le chargent sur le

brancard tant bien que mal et ce ne sera pas sans lui faire subir bien des cahots et des souffrances évitables qu'ils le remettront enfm à l'interne de garde ou aux soins de ses parents.

Si au contraire tous les postes de quartier étaient munis de la civière (1) que nous préconisons ou de tout autre modèle analogue, ces inconvénients disparaîtraient : une fois le blessé chez le pharmacien, le gardien de la paix amènerait en hâte la civière et en quelques minutes le malade serait en route pour le lieu où il doit recevoir des secours efficaces. Dans bien des cas, le véhicule pourrait aller le chercher sur le lieu même de l'accident sans qu'il soit nécessaire de lui faire subir d'autre déplacement.

Instruction» médicales aux agents de la force publique.

A Londres, les policemen sont instruits comme des infirmiers militaires à reconnaître les accidents les plus usuels et à en apprécier la gravité (hémorrhagies, fractures) ; ils ont appris à juger approximativement si l'état du malade exige une intervention immédiate ou des soins moins pressés. Les cours auxquels ils assistent ont surtout pour but de les prémunir contre toute intervention intempestive, comme de leur enseigner dans quels cas ils peuvent agir utilement. Nous croyons savoir que des leçons de ce genre sont professés aux gardiens de la paix : sinon il serait facile d'avoir recours au corps enseignant de l'Union des Femmes de France, citée il y a un instant, pour combler cette lacune (2).

Il est essentiel qu'un gardien sache distinguer une apoplexie d'une ivresse alcoolique, une hémorrhagie artérielle d'un écoulement de sang veineux ; les secours à donner aux asphyxiés, noyés, etc., enfin et surtout, les pratiques dont il faut s'abstenir.

En résumé :

Le transport des malades et des blessés exige :

(1) La civière avec son chariot coûte à Londres 11 livres sterling', c'est-à-dire 275 fr. environ. 11 n'est pas douteux qu'on ne puisse, en modifiant certains détails coûteux, la disposer à meilleur compte.

(2) Des cours publics et gratuits sont professés tous les ans, de janvier à mai, par des médecins et des pharmaciens membres de l'Union dans 17 arrondissements.

LuTiiUD et UoGG, hôpitaux d^ isolement. ii.

162 ÉTUDE SDR LES HÔPITAUX d'iSOLEMENT.

1° Pour les malades, l'installation d'un ou de plusieurs dépôts de voitures d'ambulance à un cheval ou à deux chevaux qui seraient mises gratuitement à la disposition du public, sur la réquisition du maire ou du commissaire de police. Ce service tel qu'il existait l'an dernier à l'Hôtel-Dieu au moment où l'on craignait les progrès de l'épidémie cholérique, serait placé sous la direction de l'administration de l'Assistance publique. Il faudrait que, comme à Londres, ces voitures accompagnées d'une infirmière et, dans le cas de malade adulte, d'un infirmier, fussent toujours prêt à marcher au premier appel.

La mesure n'aurait aucun résultat si elle n'était largement portée à la connaissance du public. Par la même occasion il conviendrait de revenir de nouveau sur les dangers de contagion auxquels donnent lieu l'emploi des voitures publiques par les contagieux.

2° Pour les blessés de la rue : Que chaque poste de pohce soit muni d'une civière à chariot dont il aurait la garde et l'entretien, au lieu et place du brancard actuel. Un gardien dé la paix serait en tout temps spécialement affecté au service de la civière.

Ce service serait singulièrement facilité et complété si tous les pharmaciens étaient rehés téléphoniquement au poste.

Dans le cas de sinistre grave, les voitures d'ambulance et les civières se prêteraient un mutuel concours et formeraient ainsi un système de secours en état de répondre à toutes les éventualités.

Il y aurait lieu peut-être de généraliser les services que les civières seraient appelées à rendre, et de rattacher cette organisation au système du transport des malades dans les hôpitaux.

Nous voudrions en faire bénéficier non seulement les blessés recueillis sur la voie publique, mais encore les malades indigents, non infectieux, dont le transport eût été déclaré urgent par le commissaire de police.

Actuellement le malade indigent qui veut aller à l'hôpital a recours aux voitures de place et se fait conduire cY l'établissement le plus rapproché où il est souvent refusé faute de place. Il commence alors un pèlerinage d'hôpital à hôpital qui peut

se prolonger bien avant dans la journée sans donner de résultat.

H nous est arrivé souvent de voir des malades gravement atteints rentrer chez eux exténués à 2 h. de l'après-midi, après avoir frappé inutilement aux portes de plusieurs établissements hospitaliers.

Ne pourrait-on pas relier téléphoniquement chaque commissariat de police avec le bureau central des hôpitaux ? Lorsque le commissaire de police a jugé nécessaire le transport d'un malade, d'après l'attestation d'un médecin, il s'informe d'un établissement où il peut être reçu immédiatement et assure le transport de l'individu, soit à l'aide des civières, soit par les voitures spéciales d'ambulances s'il s'agit d'un infectieux.

Nous ne donnons là qu'une indication, persuadés que l'administration saura en tirer le meilleur parti.

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