CHAPITRE VII
DE l'iNFLUE>'CE des HÔPITAUX SPÉCIAUX SUR LE VOISINAGE ET SUR LA LÉTOALITÉ EX GENERAL.
Il nous paraît intéressant de citer quelques opinions relativement à rinfluence des hôpitaux d'infectieux sur la léthalité de leur voisinage. .
Il est difficile de discerner celle qui est le plus en faveur parmi les hommes spéciaux : dans le public, au contraire, cesétabhssements inspirent une crainte universellement partagée.
Dès leur ouverture, il s'est toujours élevé un toile général de la part des habitants et des propriétaires d'alentour ; aussi le conseil des asiles métropolitains a-t-il dû soutenir un nombre considérable de procès.
Aujourd'hui, grâce à des transactions et à de grands sacri- Gces pécuniaires, les poursuites judiciaires contre cette administration se sont ralenties : mais on peut dire que toutes les attaques légalement permises ont été épuisées contre elle.
Les réclamations se firent jour pour la première fois lors de l'inauguration de l'hôpital de Fulham, en 1871.
"Une épidémie de variole décimait alors la ville de Londres et l'encombrement excessif de l'établissement, créé d'hier, agencé à la hâte, justifiâtes craintes qu'il avait fait naître. L'affection se propagea en effet dans les environs de l'hôpital avec une intensité inquiétante.
Ces faits furent déférés aux tribunaux, et ceux-ci ordonnèrent que certaines restrictions fussent observées à l'avenir. La question est aujourd'hui tranchée et le nombre de varioleux par hôpital est limité au chiffre de 50.
A la requête de la partie demanderesse, M. W. H. Power,
dès le début de son rapport (1), manifeste une conviction très arrêtée; pour lui, la nocuité de Thùpital F'ulham est indéniable.
Ses statistiques semblent lui donner raison, quoiqu'il s'agisse d'un hôpital éloigné de plus de 150 mètres de toute habitation.
Après avoir cherché vainement les causes de propagation dans un défaut de précaution, M. Power est forcé de supposer qu'elle est due à une influence atmosphérique de nature inconnue, à la dissémination des germes, etc.
Voici ses conclusions :
En temps d'épidémie, les cas de variole se sont montrés plus fréquents dans le voisinage de l'hôpital qu'en tout autre endroit.
La proportion des habitations atteintes a diminué à mesure qu'elles étaient plus éloignées de l'hôpital. Cette proportion s'est montrée très constante.
Les habitations se trouvant surles voies conduisant à l'hôpital n'ont pas plus souffert que celles situées dans d'autres .Heux par rapport à lui.
Il y a une connexité remarquable entre la recrudescence de variole dans le voisinage et les usages auxquels l'hôpital a été employé. Cette relation ne s'est pas manifestée pendant qu'il ne renfermait que des convalescents .
L'apparition d'un grand nombre de cas de variole dans les maisons situées autour de l'hôpital a toujours été constatée lors même que les admissions étaient descendues au minimum.
La fréquence des cas a augmenté en raison du nombre des malades.
En comparant les diverses épidémies, on remarque un rapport constant et graduel entre le nombre de malades traités à l'hôpital et les cas de variole se produisant dans les environs.
Au contraire, le B' Gollie, de l'hôpital d'Homerton, depuis vingt ans qu'il fréquente les vanoleux,ne peut citer aucun fait de nature à lui faire supposer que ce dernier hôpital aurait servi de cause à la contagion, et cependant, pendant cette pé-
(1) De l'influence (le l'hùpital Fulham sur la mortalité du voisinage, {HospitaVs commission, p. 369}. Spottiswood, London, 1882.
riode il a soigné plus de 20,000 malades (1). Ses collègues des autres établissements placés sous la direction du conseil des asiles partagent son avis à de rares exceptions près.
II nous a fait remarquer le peu de distance (12°» environ) qui sépare les fenêtres du pavillon de varioIeuxd'Homerton,de l'infirmerie d'un Work House voisin. La variole ne s'est jamais déclarée dans ce dernier établissement, quoique les fenêtres des deux constructions soient constamment ouvertes.
Il faut avouer que les adversaires de la transmission par l'air des germes infectieux peuvent tirer de ce fait, appuyé sur une expérience de dix années, un argument singulièrement concluant.
Quant aux fièvres transmissibles, le D"' Shirley Murphy, médecin du London Fever Hospital, a déposé devant la commission du gouvernement que les habitants n'ont jamais souffert de ce voisinage. Il a fait remarquer que l'hôpital n'est séparé des constructions que par un espace de 7 à 10 m. et qu'on y traite annuellement de 300 à 500 typhiques,scarlatineux et fiévreux.
Le D^" Thorne également fournit de puissants arguments en faveur de l'innocuité des hôpitaux spéciaux, à la condition d'observer rigoureusement les prescriptions recommandées. Son enquête a surtout porté sur la province.
A Newcastle-on-Tyne, l'hôpital avoisine un quartier populeux et misérable : de 1877 à 1879, on y a traité 33 scarlatines, 37 typhus et 48 fièvres typhoïdes ; il ne s'est cependant produit aucun cas de contagion dans cette population, qui compte 632 âmes.
(1) Nombre de malades atteints de variole admis dans quelques hôpitaux depuis leur ouverture jusqu'au 31 décembre 1881.
Nom de l'hôpital.
Date d'ouverture.
Nombre de malades.
Stockwell (variole)
31 janv. 1871
Stockwell (variole)
6 mars 1871
Homerlon (variole)
février 1871
Homerton (fièvre)
15 février 1871
Hamstead
de déc. 1870 à sa fermeture en 1879
Fulham
10 mars 1877
Deptford
mars 1877