‹ Étude sur les hôpitaux d'isolement en AngleterreChapitre 49 sur 69 · convalescents · texte numérisé non relu

convalescents

Vaisseau l'Atlas.

14 juiUet 1881

A Sumberlancl, l'hôpital est entouré d'habitations : en 1878, on ne constata que 4 cas de scarlatine, 1 de typhus et 1 de dothienentliérie, sur une population de 1.200 habitants agglomérés dans un rayon de 200 mètres.

Dans une petite rue qui mène à l'hôpital et qui compte 309 habitants, il ne se produisit que 2 cas de scarlatine, et pourtant cette année-là on traita 31 cas de scarlatine, 50 de typhus et 10 d'entérite.

A Warrington, de juillet 1879 à fin 1881, on ne constata, dans la population d'environ 1.100 habitants qui avoisine l'hôpital, que 3 cas de scarlatine; cependant, cet établissement avait reçu 282 scarlatineux.

Des faits qui précèdent, on a conclu que la moyenne des cas de transmission pour la population éloignée de l'hôpital était de 10.2 et pour le voisinage de 2.8.

Quant à la question de la transmission de la variole, elle n'est pas encore complètement résolue.

A la vérité, on a bien constaté quelques cas de transmission à Maidstone et à Stocldon, mais ils avaient été occasionnés par l'exposition dans un jardin sur le bord d'un sentier de la voiture d'ambulance et de la literie.

Avec quelques précautions, on aurait facilement pu éviter ces faits. Ainsi à Leeds (House of recovery), à une distance de 10 à 75 mètres des habitations, on traita dans le courant d'une année 118 varioleux, et on ne constata néanmoins aucun cas de transmission.

A l'hôpital de Nottingham, 234 varioleux furent admis en 1872; le résultat fut le même qu'à Leeds, quoique les fenêtres de l'hôpital ne fussent espacées de celles des voisins que de 14 mètres.

La lumière est donc loin d'être faite sur cette importante question ; mais, si dans l'état actuel delà science, il serait téméraire de vouloir résoudre le problème, celle-ci dispose néanmoins de données suffisantes pour restreindre dans une grande mesure les ravages de la contagion.

Isoler les malades atteints d'affections qui se propagent par contact, détruire ou désinfecter les produits (déjections, vomissements, déchets épidermiques, etc.) capables de contaminer

les individus sains, voilà, jusqu'à présent, les indications qui s'imposent avec évidence.

Comment et dans quelle mesure les appliquer dans la pratique hospitalière?

A notre avis, l'isolement des infectieux ne saurait être surveillé avec trop de soin : personnel spécial à chaque variété de malades ; désinfection minutieuse des vêtements, de la literie, etc. ; limitation du nombre des visiteurs, précautions relatives aux fournisseurs en évitant avec soin tout contact avec le dehors, telles sont, nous semble-t-il, les principales règles qui doivent présider à l'organisation des hôpitaux spéciaux.

Quant au nombre de varioleux à admettre dans chaque établissement qui leur serait affecté, nous croyons, d'accord en cela avec les hommes les plus compétents de l'Angleterre, qu'il serait bon et désirable de le limiter à 30 ou à 50, malgré le surcroît de dépense qu'occasionnerait ce système, et de le compléter par des baraquements toujours prêts en cas d'épidémie. En effet, la variole n'apparaît qu'à certaines époques et n'a pas la constance de la plupart des maladies contagieuses dites zymotiques. En Angleterre, la mortalité annuelle 0/000 par variole a oscillé entre 56 et 2.544 ; pour les autres maladies infectieuses, elle a seulement varié de 11.76 à 17.46 0/000.

Enfin, nous ne saurions trop recommander les asiles de convalescence et l'organisation d'un système de transport rapide aa moyen de voitures d'ambulance toujours prêtes à marcher, considérant que c'est là un des meilleurs moyens d'empêcher la propagation de se produire, sans oublier la désinfection des locaux occupés par ces malades.

Nous ne saurions mieux terminer l'exposition de cette question qu'en donnant les conclusions du conseil de Flnstitut sanitaire de Grande-Bretagne, relative au traitement hospitalier des malades atteints d'affections transmissibles.

1. Le conseil est d'avis que les cas de variole et de fièvre contagieuse doivent être isolés dans l'intérêt de chacun et de tous.

2. Les hôpitaux de varioleux devraient être distincts des hôpitaux affectés aux fiévreux.

3. Pour les varioleux, on doit donner la préférence à de petits hôpitaux, à un seul étage, séparés les uns des autres le plus possible, entourés d'une « zone sanitaire » étendue : cette

zone devrait mesurer 33 '" de tous côtés. Le tout enclos de murs ou d'une palissade.

Les grands hôpitaux de varioleux ont des inconvénients dans les centres populeux ; ils deviendraient inutiles si l'on créait des asiles de convalescence à une certaine distance de ces centres.

Il est plus facile d'assurer l'exécution scrupuleuse des mesures sanitaires dans un établissement de dimension restreinte quejdans un vaste hôpital. Un petit nombre de malades est moins susceptible de devenir un foyer d'infection pour le voisinage.

4. Les varioleux devraient être placés dans des chambres séparées ; ou, en cas de besoin, dans des salles ne contenant que 8 lits au plus.

5. Afin d'assurer l'uniformité et la régularité des mesures, il est désirable que l'administration des hôpitaux de varioleux soit réunie entre les mains d'une seule autorité centrale et non pas confiée aux autorités locales des districts ou paroisses.

6. Il devrait y avoir des médecins sanitaires spéciaux chargés de l'inspection de ce genre d'hôpitaux. Les médecins attachés à chacun d'eux veilleraient à ce que les décisions de ces derniers fussent exécutées.

7. L'autorité aurait le droit de pourvoir à l'installation des malades payants.

8. Les hôpitaux de variole existants devraient être interdits, à moins qu'ils ne fussent établis conformément aux présentes prescriptions.

9. Bien qu'il soit désirable que des hôpitaux soient réservés à chaque maladie transmissible, cela est surtout nécessaire pour la variole. Mais, en tout cas, il faut éviter de traiter deux maladies différentes dans la même salle.

10. Les hospices de convalescence, sous la direction de l'ad ministration centrale, devraient être mis à la disposition de tous les malades traités dans les hôpitaux, chaque maladie étant isolée. Ces hospices devraient être à la campagne. Mais là où ce terrain est difficile à obtenir, on pourrait installer des radeaux ou des ambulances flottantes sur la Tamise.

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