‹ Étude sur les hôpitaux d'isolement en AngleterreChapitre 63 sur 69 · CONCLUSIONS GENERALES · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS GENERALES

Il nous a paru utile de condenser en quelques conclusions précises les faits et les théories exposés dans les chapitres qui précèdent. Nous avons eu surtout en vue les applications qui pourraient être faites en France, des systèmes d'isolement employés en Angleterre, en tenant compte de la différence des milieux et en profitant non seulement de l'expérience de nos voisins, mais encore des erreurs qu'ils ont pu commettre. Il est incontestable, en effet, que l'Angleterre a marché pendant plusieurs années en tâtonnant, et que ce n'est que récemment qu'elle est arrivée à des résultats par des mesures vraiment pratiques.il suffirait, pour justifier cette assertion, de parler des tentes du camp de Darenth pour les convalescents varioleux (voyez pages 146 et 150) qui ont été abandonnées après deux années d'essais comme présentant plus d'inconvénients que d'avantages.

Les propositions qui suivent peuvent donc être considérées comme un aperçu pratique des mesures qui pourraient être immédiatement appliquées dans notre pays.

Pourquoi il faut un hôpital spécial.

La règle dont on ne doit jamais se départir consiste à localiser les grandes maladies contagieuses de manière à rendre impossible leur propagation, non seulement au dehors, mais aussi aux habitants de l'hôpital.

Il ne faut pas oublier qu'un devoir étroit s'impose aux autorités ayant la charge des secours hospitaliers : c'est de préserver de tout contage les malades qui se sont confiés à leurs soins.

Tous les sentiments d'humanité se révoltent à la pensée qu'un malade, atteint peut-être légèrement et venu à l'hôpital pour être guéri, tombe victime de sa confiance dans la prévoyance de l'administration et soit frappé d'une maladie parfois mortelle là où il n'était venu que dans l'espoir de retrouver la santé.

C'est de cette façon qu'à Paris il se produit plus de 400 cas d'affections contagieuses par an, et ce chiffre est assez criant pour légitimer nos doléances (voir la statistique municipale, page 22).

J^ropagation de Vinfection au dehors.

Quant à la propagation au dehors due à l'hôpital spécial, l'expérience acquise en Angleterre n'a pas permis encore d'arriver à des conclusions définitives (voir page 164).

Dans les enquêtes judiciaires, les commissaires ont accumulé des preuves contradictoires ayant également les apparences de faits évidents : aussi bien serait-il téméraire de prendre parti dès maintenant. Mais le simple bon sens prescrit d'éviter le voisinage de lieux densement habités.

Conditions de sécurité.

Nous ne reviendrons pas sur les précautions dont il convient d'entourer l'entrée et la sortie des fournisseurs, des personnes en visite, ainsi que sur les pratiques de désinfection. — Nous nous sommes suffisamment appesantis sur ces points dont les Anglais sont particulièrement soucieux.

Asiles de convalescence pour infectieux.

Un hôpital de convalescence s'impose peut-être avec autant de force que l'hôpital d'aigus : c'est une annexe indispensable pour les villes où les malades sont nombreux et qui rend les plus grands services.

La variole, la scarlatine, la rougeole, c'est-à-dire les affections à desquamation exigent une quarantaine qu'il n'est guère possible d'imposer entre les murs d'un hôpital ordinaire.

ÉTUDE SUR LUS HOPITAUX d'iSOLEMENT. 205

Ces maisons de convalescence peuvent, sans inconvénients, être situées à une certaine distance, dans la campagne.

L'infectieux en voie de guérison est capable de s apporter un assez long trajet, et son éloignement du centre est à tous égards avantageux.

Nous allons entrer dans quelques détails en traitant des dispositions qui sembleraientpouvoir être appliquées dèr, à présent en France et plus particulièrement à Paris et dans les grandes villes.

Grandes villes.

Dans les villes, l'hôpital d'isolement doit contenir un nombre de lits calculé d'après le chiffre et la population : en Angleterre, on s'est arrêté à une moyenne de l lit par 1,000 habitants.

Cette évaluation n'a nécessairement rien de rigoureux: mais il sera toujours facile, en consultant les statisti([ue3 locales, d'arriver à la connaissance exacte des besoins d'un lieu donné.

Emplacement.

11 est à désirer que cet hôpital soit placé en dehors des centres populeux, mais dans un endroit facilement abordable.

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