V. Les hôpitaux spéciaux pour phthisiques en France
L'administration de l'Assistance publique n'a point encore à Paris d'hôpital spécial pour les phthisiques. Outre ceux de ses malades qu'elle admet temporairement et pendant l'état aigu dans ses hôpitaux généraux, l'Assistance publique a affecté aux a malades chroniques ^ l'hôpital Laënnec et Vhopital des Mariniers (1). Les phthisiques y trouvent environ 400 lits, mais où ils ne sont admis que provisoirement, au même titre que les autres « chroniques », et sans qu'il soit institué pour eux de traitement spécial à leur maladie.
Nous croyons savoir qu'un projet esta l'étude auprès de l'Administration des hôpitaux pour fonder à Arcachon un hôpital spécial pour phthisiques, qui contiendrait environ 400 lits.
A l'heure actuelle, ce n'est encore qu'un projet. Pendant qu'on discute sur la valeur de l'hospitalisation des phthisiques dans le Midi, sur les moyens de résoudre les difficultés qui se rattachent à cette question— difficultés insurmontables quand il s'agit des ouvriers ou des indigents — pendant que l'on op-
(1) Voyez Lutaud et Hogg, Note sur l'hôpital des Mariniers {Ann. d'hyg. maiieSô, t. XIII, p. 415.)
pose les climats chauds aux climats froids, la pureté de l'air à l'élévation de la température, les influences maritimes, Méditerranée ou Océan, aux influences des altitudes, l'air sec à une atmosphère d'un état hygrométrique élevé, voici que la question est entrée dans le domaine des faits : les faits eux aussi sont des arguments, et non des moins éloquents.
Ouvrir dans le Midi ou sur les hauteurs alpestres des Smiitoria pour les enfants scrofuleux ou tuberculeux d'origine, qu'on laissera pendant des années sous les excellentes influences d'un climat fortifiant et d'une hygiène appropriée, c'est une tentative des plus recommandables : un Berck Méridional est très désirable. On peut même étendre ce bienfait à quelques adultes.
Une société protestante a fondé et entretient à Menton, un hôpital payant pour les institutrices de tous les pays ; elle a obtenu d'excellents résultats. A quelques kilomètres de Cauterets, à Argelès, la veuve d'un de nos honorables confrères, le D'Douillard, s'occupe avec un zèle et une charité des plus éclairés, de la direction d'un asile pour les enfants de phthisiques.
Mais le traitement des adultes phthisiques des grandes villes, ouvriers ou indigents, ne peut être facilement institué à grande distance. Ceux qui, dans une pensée généreuse, ont cru possible d'hospitaliser dans le Midi les phthisiques, ouvriers ou indigents des grandes villes du nord ou du centre de la France, et de les faire profiter des conditions qui semblent si bien réussir pour les malades des classes aisées, ont bientôt dû reconnaître l'impossibilité de traiter si loin de chez eux, ces malades ainsi transplantés. Que des malades riches, pouvant passer chaque hiver dans un climat qui les affranchit de tout accident, et ne quittant d'excellentes conditions hygiéniques à Cannes ou à Menton, que pour en retrouver de semblables chez eux, soient améliorés par ce régime, on le conçoit. Mais cela n'est pas applicable à des malades condamnés, après une saison passée dans le Midi, à n'y plus revenir, s'ils ne peuvent cesser tout travail, et exposés fatalement à trouver, en rentrant chez eux, ces mêmes conditions anti-hygiéniques qui avaient favorisé leur maladie et qui vont l'aggraver. Plus d'une expérience a prouvé la réalité de ces craintes. L'hôpital spécial créé par M. Gouin, à Cannes, n'aurait-il pas rendu plus de ser-
ETUDE SUR LES HOPITAUX D ISOLEMENT. 2io
vices à la population ouvrière des usines de ce grand industriel, si le charitable fondateur l'avait ouvert moins loin de l'atelier et de la famille?
C'est auprès des malades, c'est à une faible distance de leurs ateliers, qu'il faut placer l'hôpital spécial.
Une société charitable a fondé, le 19 mars 1880, à Villepinte (Seineet-Oise), à une demi-heure de Paris, un hôpital destiné à recevoir et à soigner les jeunes filles poitrinaires. Situé au milieu d'un vaste parc de 11 hectares, cet hôpital, un ancien château transformé pour cette nouvelle destination, ne contient encore que 130 lits, lies constructions importantes en cours d'exécution, spécialement disposées pour le traitement des phthisiques, comprenant de nombreux services, des salles d'inhalation, des laboratoires, un vaste jardin d'hiver servant de promenoir, etc., permettront, l'année prochaine, d'élever à 20O le nombre de lits de cet hôpital spécial.
Un comité médical (1), présidé par M. le D' H. Guéneau de Mussy, a la haute direction des services médicaux et hygiéniques de l'hôpital de Villepinte.
Depuis la fondation, 1237 malades françaises et 12 de nationalités étrangères y ont été hospitalisées.
Dans l'année 188 i, 362 malades y ont été traitées ; en outre, 2180 malades externes ont reçu des consultations et les médicaments prescrits. Les consultations ont lieu trois fois par semaine, 17, rue de la Tour-d'Auvergne, dans la maison des sœurs de Marie-Auxiliatrice, qui fournit le personnel dévoué auquel sont confiées les malades de Villepinte.
Il y a à Villepinte deux sections complètement distinctes et habitant deux bâtiments tout à fait isolés, tant par leurs dispositions matérielles qu'au point de vue du personnel : la section des adultes et la section des enfants.
Dans la section des adultes, on pratique l'isolement absolu des malades en observation, des anémiques, et des différents degrés de la maladie confirmée.
La section des enfants est composée d'enfants nés de parents phthisiques, 104 jeunes sujets de 3 à 15 ans y ont été soi-
(1) Le comité médical de l'hôpital de Viliepinle est composé de MM. H. Guénoaa de Mussy, président; Grancher, vice-président; Riant, secrétaire général ; Blaclic, Cadier, Gouel, Hervé de Lavaur, Huchard. Labbé (Léon), Lefèvre, Michel Dansac, Ollivicr (Auguste).
LuTAUD et IIoGG, hôpitaux d^isolement. i5.
griés depuis l'ouverture de cette fondation. Une hygiène spéciale règle la journée et le régime de ces enfants, à l'effet de prévenir le développement de la tare héréditaire.
La charité privée assure les ressources nécessaires à tous ces services, et à l'extension de cet établissement. La science étudie toutes les questions d'hygiène soulevées par l'hospitalisation des phthisiques et la prévention de la tuberculose. Secrétaire général du Comité médical de cet hôpital, nous nous réservons d'entrer plus tard dans le détail du fonctionnement hygiénique et médical de Viilepinte^ et dans l'exposé scientifique des résultats obtenus. Pour aujourd'hui, nous nous bornons à informer le public médical et les hygiénistes que, depuis cinq ans, une solution pratique a été donnée à la question du traitement des phthisiques, dans un hôpital spécial, situé au voisinage de Paris, et ouvert aux malades de la grande ville. C'est une bonne fortune pour la science camme pour l'humaliité.
ANNEXE IL Un hôpital d'isolement pour les cholériq.ues a Paris.
Vllôpîtal des Mariniers,
Dès l'apparition du choléra à Paris en 1883, l'administration de l'Assistance Publique, en vue de parer à toutes les éventualités, se Mta d'élever les constructions connues sous le nom d'Hôpital des Mariniers.
Cet établissement est particulièrement intéressant en ce qu'il constitue le premier essai d'un hôpital spécialement destiné aux infectieux. On sait que plusieurs hygiénistes ont entrepris une campagne en faveur de l'isolement complet des malades atteints d'affections contagieuses ; ils ont commencé par réclamer des salles spéciales, puis des pavillons, et, poussant leur système plus loin, demandent aujourd'hui, en s'appuyant sur ce qui se passe à l'étranger, la création d'hôpitaux exclusivement affectés au traitement de la variole, de la scarlatine, de la diphthérie, etc.
En Angleterre, les résultats obtenus depuis une dizaine d'années par les Infections diseases hospitals dans les grandes villes et les cottage hospitals dans les comtés où l'on ne reçoit que les maladies contagieuses et transmissibles paraissent donner raison aux partisans de Tisolement complet. Il faut dire qu'ils sont surtout utilisés pour la variole et la scarlatine (scarlet fever)^ deux affections singulièrement meurtrières de l'autre côté d,u détroit;
M. Brelet, le sympathique Secrétaire Grénéral de l'Assistance pubhque, a bien voulu nous fournir quelques renseignements sur cet établissement dont voici la description :
L'hôpital dit des Mariniers, construit en prévision du choléra de 1883, dans des conditions exceptionnelles de célérité, occupe un des points les mieux exposés de Paris, dans un quartier du XÏV arrondissement, auquel est resté le nom de Plaisance.
Il se développe sur un terrain qui appartient à l'Assistance P'ubUque, et dont la superficie dépasse 27,000 mètres carrés.
228 ÉTUDE suii LES hôhtaux d'isolement.
Il est composé de trois parties principales ou groupes :
!• Au centre, le bâtiment des malades, de forme rectangulaire, long de 125 mètres et large de 75 mètres, qui s'étend le long du chemin de fer de ceinture ;
2° A l'Est, sur la rue Didot, un bâtiment en U qui contient les services administratifs ;
3° A l'Ouest, derrière le bâtiment des malades, deux bâtiments carrés, de 31 mètres de côté, séparés par une voie centrale de 10 mètres de largeur, et destinés aux services généraux.
L'entrée principale, par la rue Didot, conduit d'abord au bâtiment d'administration, qui est composé d'un corps central et de deux ailes ; le corps central est occupé par la loge du concierge, les bureaux et une salle d'attente. L'aile de gauche contient le service des consultations ; celle de droite, les salles de garde de médecine et de pharmacie.
Le bâtiment des malades affecte la forme d'un rectangle, embrassant une vaste cour, dans laquelle sont élevés quatre pavillons de 20 mètres de longueur, qui sont perpendiculaires et contigus, deux par deux, à un des grands côtés du rectangle.
Chaque pavillon contient 20 lits. Les petits côtés du rectangle comprennent également quatre salles de 20 lits reliées par des bâtiments formant avant-corps et renfermant des salles de 6 lits, et, en outre, des cabinets pour les médecins, des bureaux pour les surveillantes, des vestiaires, des magasins, etc..
Les grands côtés du rectangle sont partagés en deux parties dans le sens de leur longueur. La partie intérieure, qui donne sur les cours, est formée d'un couloir de 125 niètres dé long Sur 2 de large, sur lequel ouvrent deux des pavillons delà cour et, en outre, les divers services disséminés dans la partie extérieure, services qui comprennent des salles à 2 et à 6 lits, des water-closets, des lavabos, salles de bains, offices, vestiaires, bureaux de surveillance, etc..
La cour intérieure est divisée en compartiments qui forment les préaux des malades.
Les bâtiments des services généraux situés au delà du côté occidental du rectangle, rerferment, celui de droite, la phar-
marcie, la cuisine et les magasins ; celui de gauche, la lingerie, la buanderie, et le service des morts.
Le niveau du sol destiné à recevoir le bâtiment des malades est en contre-bas de la rue Didot, la seule voie sur laquelle il était possible d'établir l'entrée de l'hôpital. Cette circonstance, jointe à la condition qui imposait l'urgence dans l'exécution des travaux, ne permettait pas d'entreprendre les remblais qui auraient été nécessaires pour le nivellement du sol. La difficulté a été éludée au moyen de dispositions qui donnent à une partie des bâtiments l'aspect de constructions sur pilotis. Ces bâtiments, consistant en baraques faites de bois et de briques, sont supportés par des poteaux en fer ou en bois, dont la hauteur dépasse de 50 centimètres le niveau du sol de la rue avec le bâtiment d'administration; des escaliers établissent la communication entre les divers bâtiments.
Les bâtiments des services généraux, qui ont à supporter des charges considérables, et autour desquels les voitures doivent pouvoir circuler, ont leurs fondements dans le sol naturel.
Le nombre actuel des lits est de 200.
Mentionnons, enfin, les travaux exécutés pour le traitement et l'écoulement à l'égout des matières et eaux vannes provenant de l'hôpital.
Appareil à coction. — Disons maintenant quelques mots de l'appareil destiné à la purification, par la chaleur, des déjections et eaux vannes sortant du dit hôpital, avant leur déversement à l'égout public.
Ce n'est pas une crémation, mais une élévation de température portée à 120 degrés centigrades, à laquelle sont soumises les eaux et les matières qu'elles entraînent avec elles, de façon à détruire tous les germes organiques et à les rendre inoffensifs.
L'opération se fait en vase clos, et réchauffement a lieu au moyen de la vapeur provenant d'une chaudière voisine.
Les eaux préalablement emmagasinées dans une fosse en maçonnerie étanche y sont aspirées par le vide produit dans l'appareil par la condensation de la vapeur, puis refoulées, après avoir été élevées à la température convenable et refroidies par une addition d'eau pure, dans un second réservoir
dit : de chasse, fonctionnant automatiquement, à des intervalles réguliers, à l'aide d'un siphon, et déversant son contenu dans une conduite qui les porte à l'égout.
L'appareil a été établi par la Société des anciens Etablissements Cail, 15, quai de Grenelle, à Paris.
11 ne présente d'ailleurs rien de particulièrement nouveau et fonctionne à la manière des appareils employés dans l'industrie sous le nom de monte-jus.
Son application à la puriflcation des eaux vannes est combinée avec la suppression complète de toute fosse d'aisances fixe ou mobile, et avec les dispositions adoptées par le service d'assainissement de la Seine pour la réalisation du Tout à l'égout.
Les bâtiments de l'hôpital des mariniers édifiés en moins de six semaines ne sauraient être considérés autrement que comme des constructions provisoires. Les murs et cloisons, en effet, ne paraissent pas en état de fournir aux malades un abri permanent soit en été, soit en hiver. Si le chauffage de pièces dont les parois sont en carreaux déplâtres ou en planches simples est un problème difficile à résoudre, la question devient autrement ardue lorsqu'il s'agit de les soustraire àl'action du soleil. Les poêles en terre vernissée qu'on a installés nous semblent en tout cas insuffisants pour élever la température à un degré voulu : les poêles en fonte de la Compagnie du gaz, que tout le monde connaît pour les avoir vus dans les bureaux de la Compagnie des omnibus, seraient à coup sur préférables. Le petit nombre déjà employé a dû d'ailleurs lever tous les doutes à cet égard ; mais, encore une fois, avec des cloisons aussi faibles, il n'est pas aisé d'entretenir la chaleur des salles sans sacrifier en grande partie leur aération. Une fenêtre ouverte, et voilà tout le bénéfice du poêle perdu en quelques minutes : de même si le feu vient à s'éteindre, pendant la nuit par exemple.
Cet été, pour rafraîchir les salles, on a imaginé de suspendre, à l'extérieur, des paillassons et de les arroser à la pompe. L'expédient a donné de médiocres résultats : on pourrait à la rigueur soit abriter les pavillons entiers sous des vélums, soit abaisser des toiles fixées au faîte et soutenues par des supports plantés en terre à quelque distance pour permettre à l'air de circuler librement. Cela équivaudrait au système des parois
ÉTUDE sua LES HÔPITAUX D'ISOLEMENT. 231
doubles auquel il faut toujours revenir lorsqu'il s'agit de constructions en cloisons de faible épaisseur. Que l'intervalle soit comblé avec une substance quelconque ou emprisonne une couche d'air, il est indispensable de soustraire l'espace intérieur aux variations atmosphériques par des procédés moins sommaires que ceux employés à l'hôpital des Mariniers. A la vérité, de simples tentes avec doubles toiles mériteraient la préférence sur des constructions de ce genre. Nous avons vu, près de Londres, en plein été, une cinquantaine de tentes dites Marquises à 30 lits chacune, installées par les soins de l'administration hospitalière pour recevoir les varioleux convalescents : elles étaient fort habitables et l'on nous a assuré qu'elles se chauffaient facilement en hiver.
Nous ne terminerons pas sans regretter la proximité fâcheuse qui existe entre la buanderie et la salle des morts : c'est un rapprochement qu'il eût été désirable d'éviter et qui choque singulièrement dans un établissement où toutes les précautions contre la contagion veulent avoir été respectées.
En effet, le souci de la désinfection des vêtements, du linge, du matériel, se manifeste par d'excellentes mesures : elle est assurée par des chaudières chauffées à la vapeur, une salle pour désinfecter au soufre et enfin par le nouvel appareil décocteur destiné celui-là à la coction des matières de vidange et aux polluées en général. Nous n'en dirons qu'une chose, c'est qu'il revient à 60 fr. par jour : peut-être est-ce un peu cher peur les services qu'il rend, à moins bien entendu qu'il ne s'agisse de déjections de cholériques. Mais il ne faut pas oublier que l'hôpital des Mariniers ayant été construit pour le traitement des cholériques, cette disposition était absolument justifiée. Nous ne formulons nos réserves sur l'utilité du décocteur qu'en ce qui concerne les infectieux, tels que varioleux, scarlatineux, etc.
On sera quitte pour faire du décocteur un appareil à désinfection par la vapeur, le seul ajourd'hui qui paraisse répondre aux besoins.
En somme, nous ne saurions trop louer la conception d'un hôpital dans le genre des Mariniers. Nous souhaitons qu'il soit promptement mis à l'abri de tout reproche et notre espoir est d'autant plus réalisable qu'il peut s'appuyer sur le talent de l'habile architecte de l'administration, M. Grandjaquet, et du
constructeur, M. Pombla ; nous le répétons, ce qui nous semble défectueux doit être mis sur le compte de la hâte extrême qu'il a fallu déployer : dresser les plans et édifier des constructions aussi vastes et ingénieusement agencées constitue un véritable tour de force, et la perfection dans ces conditions ne saurait raisonnablement être atteinte.
Le point à retenir, c'est qu'il existe aujourd'hui à Paris un établissement admirablement approprié à l'isolement des infectieux; reste à en tirer le parti le plus avantageux, et l'administration hospitalière, nous en avons la conviction, n'y faillira pas.
ANNEXE ni
flOPlTAL DE WiNCHMORE HiLL
Pour convalescents de fièvres infectieuses,
Le Conseil Métropolitain de Londres fait construire en ce moment, à 14 kilomètres de Londres, un vaste hôpital divisé en pavillons, sur un emplacement appelé Winchmore Hill, voisin de la ville d'Enfield.
Il est destiné aux seuls convalescents de maladies fébriles évacués des hôpitaux situés au nord de Londres, ceux du sud étant dirigés sur les hôpitaux flottants de Long Reach.
Le terrain couvre un espace de 17 hectares environ, à une altitude de 90 mètres au-dessus des plateaux environnants : des bois l'entourent de presque tous les côtés et l'emplacement a été choisi loin de toute habitation.
L'ensemble se compose de 16 pavillons à 32 lits et un vaste bâtiment pour l'administration. Chaque pavillon, de deux salles,dispose d'une superficie de 400 mètres carrés environ et peut être considéré comme remplissant toutes les conditions d'un petit hôpital par lui-même. On y voit, en effet, des promenoirs, des réfectoires, des salles de bains, deux chambres pour l'infirmière et la fille de salle, ainsi qu'une petite cuisine ou plutôt une tisanerie, les repas étant préparés par la cuisine du bâtiment de l'administration et envoyés à chacun des pavillons au moyen de wagonnets spéciaux; mais à la rigueur elle pourrait suffire atout le service, avec les offices et les garde-manger dont elle est pourvue.
Les murs, en ciment poli dans les salles, sont en briques vernissées dans les salles de bains, les lavabos, les cabinets, les cages d'escalier et les couloirs.
La ventilation se fait naturellement, c'est-à-dire que l'on n'a employé aucun système spécial. On s'est borné à ménager un nombre suffisant d'ouvertures, soit dans les murs, soit aux plafonds, de manière à assurer un échange continuel.
La canalisation des eaux se fendant directement dans les égoutsde la ville d'Enfield est installée de façon à permettre de la visiter facilement sur tous son parcours : toutes les eaux provenant de l'hôpital sont mélangées automatiquement avec de l'acide phénique, avant de s'écouler dans les égouts : une chasse d'eau les nettoie automatiquement également, plusieurs fois par jour.
Au rez-de-chaussée des bâtiments de l'administration se trouvent les buanderies, blanchisseries, les offices, les cuisines: les appartements du médecin résident, de la directrice, de l'administrateur et des deux surveillantes : de plus, on y voit les bureaux, les réfectoires du personnel et des infirmières qui ne sont pas de service.
Au premier et au second sont installées les chambres à cou^ cher des infirmières et des servantes.
Une salle mortuaire avec une pièce pour les autopsies, une petite loge pour le portier et une maisonnette pour les jardiniers, enfin une construction pouvant recevoir quatre chevaux et deux voitures d'ambulance, complètent l'établissement.
Nous eussions voulu nous étendre davantage sur les détails de cette installation qui fait le plus grand honneur aux habiles architectes, MM. Pennington et Bridgen, de Manchester et de Londres, qui l'ont conçue.
Malheureusement les documents nous sont parvenus à la dernière heure, et ce n'est qu'en plaçant cette rapide description parmi les annexes qu'il nous a été permis de la donner.
Disons encore que l'hôpital de Winchmore Hill, prêt à être habité et en comprenant le prix d'achat du terrain, reviendra à 2,500,000 fr., c'est-à-dire à moins de 5,000 fr. par lit.
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HOPITAL m NORD A LONDRES
Préface 8
Introduction 17
Epidémies de variole 18
Conseil des asiles métropolitains à Londres 18
Traitement général des "varioleux 19
Matériel d'ambulance 20
Hôpitaux spéciaux, hôpitaux flottants 21
Isolement 21
Transport des malades 25
Traitement des convalescents 25