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et même de la philosophie, surtout en morale. La foi nouvelle, qui dans les hautes régions dela pensée s’est alliée à la sagesse grecque, s’est aussi assimilée plus d’un élément des croyances païennes. N’était-il pas intéressant deremonter jusqu'aux sources les plus pures, de saisir ces antiques conceptions religieuses sur Île vif, avant leur dégénérescenge ? Ne comprendra-t-on pas ainsi plus facilement l'influence qu’elles ont pu avoir plus tard sur le christianisme ?
Deux conceptions nous paraissent fondamentales, celle de la loi et celle de Dieu. Nous ne croyons pas qu'aucun penseur grec, au moins avant Eschyle, les ait conçues avec plus de clarté quelui. Plus nous avons pénétré dans l’étude des textes, plus elles nous ont apparu nettes et précises. Dans un premier chapitre, nous avons cherché à les définir le plus clairement possible. Après avoir ainsi considéré la loi et les dieux dans leur essence, il fallait les suivre dans leur action sur le monde. (est ici, croyonsnous, que se révèle le mieux, ce que nous osons appeler, :es préoccupations apologétiques de notre auteur. Le grand scandale de la mythologie venait d’éclater. Théognis avait ouvert la plaie saignante par où devait s'échapper la vie même de l'antique légende. Il fallait montrer que les dieux n'étaient ni immoraux, ni arbitraires mais saints et justes. But facile à atteindre, puisqu'il n’y avait qu'à s’en tenir rigoureusement à la vraie notion grecque de la divinité. Que les dieux ne fassent qu'appliquer strictement la loi, et on ne pourra rien leur reprocher. Nous avons été frappé de voir la logique avec laquelle Eschyle a Su maintenir ce point de vue si essentiellement grec.
Mais l’homme, quelle est sa place dans l’ensemble des
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conceptions de notre auteur? Une étude un peu attentive des textes nous a convaincu qu’on ne peut séparer les idées religieuses de notre auteur de ses idées morales. C'est même là un trait qui le distingue des penseurs de la fin du cinquième siècle. Aussi avons-nous intitulé cette partie de notre travail, la morale religieuse. L'analyse de ces notions si importantes, que les Grecs désignaient par les termes de aid et de %%p, nous la révèle tout entière. Vient ensuite la question du châtiment divin et de la mesure de liberté que notre auteur laisse à l’homme. Nous ne croyons pas devoir insister sur cette partie de notre sujet après le travail remarquable de M. Hild: Les démons dans la religion et la littérature grecque. S'inspirant des bons travaux allemands, il montre à quoise réduit le prétendu fatalisme d’Eschyle. Nul ne pourra désormais parler d'Eschyle sans tenir compte du chapitre que M. Hild consacre à cette question. Enfin, quelques pages sur les divinités chthoniennes et l’état des morts terminent notre travail.
Les personnes qui ont étudié ces matières savent combien estriche la littérature du sujet. Otfried Müller a donné une grande impulsion à l’étude de la religion grecque et a suscité des travaux comme ceux de Welker ou de Nægelsbach. En France, nous possédons l’ouvrage de M. Alfred Maury et celui de M. Decharme. Nous n'avons pu profiter de ces admirables travaux dans une mesure aussi large que nous l’aurions voulu. Nous avons surtout mis à profit des travaux plus spéciaux. M. Ménard, dans son livre sur la morale avant les philosophes, d’un style si littéraire, nous paraît avoir fort bien exposé l’idée de la loi,
C’est à l'ouvrage de M. Girard sur le sentiment religieux