RESTE
Pour linfection fœtale, il est évident que, plus elle se produira à une époque avancée de la grossesse, plus le fœtus aur: de chances de pouvoir lutter contre les microbes ou de résister à l'action des toxines.
Le genre auquel appartient la maladie du père ou de la mère est le second des facteurs exerçant leur action sur le produit de ecnception. Il nous faudrait, pour être complet, passer en revue
toute la pathologie, et voir l'influence que peut avoir chaque maladie. Qu'il nous suflise de dire qu’on peut les diviser, au point de vue qui nous intéresse, en maladies non infectieuses et maladies infectieuses.
Les maladies non infectieuses se subdivisent à leur tour en affections toxiques, et non toxiques : les premières, le saturnisme, l'alcoolisme, auxquelles il faut ajouter les états diathésiques, diabète, goutte, rhumatisme, agissent sur les éléments formateurs, spermatozoide et ovule, et les frappeat dans leur constitution intime et surtout dans leur vitalité; les affections non toxiques, comme la chloro-anémie, agissent à la façon du surmenage, des privations, de la misère physiologique, c’est-à-dire donnent lieu à l'expulsion avant terme, quelquefois même à terme, d’un enfant faible, malingre (1), mais sain et capable de vivre et de s’accroître s’il est placé dans de bonnes conditions de nourriture et d'hygiène (2).
Quant aux maladies infectieuses, c’est surtout au cours de la grossesse qu’elles peuvent agir et que nous aurons à les envisager.
Des deux facteurs que nous venons de voir découle le troisième, qui n’est autre que le mode d’action des maladies des générateurs sur le produit de conception. Cette action se manifeste sous deux formes : l’ënfection et lintoxicalion, ayant
(1) C’est l’enfant-afaignée, ainsi que le professeur Pinard appelle les rejetons des albuminuriques.
(25 Les accoucheurs d'autrefois cherchaient, en soumettant la mère à un régime débilitant, à diminuer le volume de l’enfant dans les cas de rétrécissement du bassin.
De
chacune un effet un peu différent suivant qu’elle se produit au moment de la conception (infection ou intoxication ovulaire), ou durant la période d'incubation (infection ou intoxication fœtale).
S'il s’agit, tout d’abord, d'infection véritable, 1l y a transport des germes eux-mêmes par le spermatozoïde ou l’ovule— infection . ovulaire — ou passage de ces germes à travers le placenta — infection fœtale.
Dans le premier cas (infection ovulaire), la mort du produit de conception survient en général dès le premier mois de la gestation ; il est expulsé dans un délai plus ou moins rapide, sous la forme d’un œuf clair, résultant de la résorption de l'embryon dans le liquide amniotique. |
Dans le second cas (infection fœtale), le passage direct des microbes de la mère au fœtus peut tuer celui-ci ën utero; il sera alors expulsé au bout d’un certain temps, momifié s’il est mort du troisième au cinquième mois, macéré s’il a succombé plus tard. Mais elle peut également amener lexpulsion avant terme d’un enfant vivant qui subira le sort des prématurés atteints de maladies infectieuses contractées avant leur sortie de l’œuf (1).
Lorsque des produits toxiques, microbiens ou autres, ont
agi sur l'œuf préformé (intoxication ovulaire), celui-ci ne meurt pas fatalement : il peut se développer ; toutefois, il arrive souvent qu'à un moment donné, les organes de l'embryon ou du fœtus, frappés de dégénérescence, cessent de s’accroître, entraînant la mort du produit de conception. Cette action toxique ne s’exerce pas toujours sur toutes les cellules de l'organisme embryonnaire, elle peut ne porter que sur certaines parties du corps, sur certains
(1) « Toute maladie, quelle qu’elle soit, est susceptible de retentir sur le fœtus de plusieurs mauières: 1° en troublant son évolution (avortement ou accouchement prématuré); Z° en amenant la mort ; 3° en empêchant le développement normal de ses organes ; 4 en l’affaihlissant, diminuant ainsi sa résistance organique » (LoP. Infections maternelles ; de leur influence sur la santé du fœtus. Gazette des hôpitauæ, 1898).
Voir le chapitre sur les infections intra-utérines.