DE QUELQUES MOYENS PROPRES A LUTTER CONTRE L'INFECTION
Nous sommes à peu près désarmés pour aider les prématurés à lutter contre l'infection. Aussi, devons-nous faire tous nos efforts pour la prévenir. Nous avons pour cela en notre possession un certain nombre de moyens prophylactiques réalisant la défense des portes d'entrée et empêchant même le voisinage des microbes. Ces moyens relèvent, pour la plupart, de l'hygiène.
Parlant des voies de pénétration des germes, nous les avons divisées en quatre principales : la peau, l’ombilic, les voies diges” tives, les voies respiratoires. a
Les soins de la peau, consistant en bains ou lavages quotidiens, empêchent les staphylocoques de se fixer dans l’épiderme dont le séjour leur est généralement facilité par la desquamation très prononcée chez les prématurés. Ces bains peuvent être donnés avec de l’eau bouillie naturelle, ou additionnée d'amidon. De plus, il est bon, lorsque les enfants présentent de l’érythème fessier, de leur donner, chaque fois qu’on les change, un bain de siège à l’amidon dans lequel on met une petite quan- tité de liqueur de Van Swieten. Ils seront ensuite poudrés avec un mélange de deux parties de tale pour une partie d'acide borique auquel on peut ajouter, si l’on veut, un peu de sous-nitrate de bismuth. Si l'enfant venait à présenter la
moindre petite plaie, ulcération, bulle pemphigoïde, il faudrait immédiatement la recouvrir d’un pansement. occlusif,
La chute du cordon est généralement plus tardive chez les prématurés que chez les enfants à terme : les recherches que nous avons faites à ce sujet portent sur 120 enfants et nous donnent une moyenne de 7 jours (exactement 6,82): Pendant ee septénaire, le pansement de l’ombilic devra être l’objet de soins particuliers. Voici comment nous procédons : durant cette période, nous nous abstenons de donner aux enfants des bains généraux ; le pansement ombilical est très simplement fait avec un fragment de coton hydrophile, au milieu duquel on perce un
orifice pour laisser passer le cordon, et dont on rabat ensuite les .
bords de chaque côté, de telle sorte que le cordon se trouve ainsi complètement protégé. Tous les matins, cordon et sillon ombilical sont nettoyés avec un petit tampon de coton hydrophile trempé dans une solution de sublimé à un deux millième et le pansement est renouvelé. Nous croyons qu’en procédant ainsi, si le pansement est fait par des personnes soigneuses, avec des mains propres, les enfants seront mis à l’abri des infections ombilicales, que nous avons vues avec une excessive rareté chez les prématurés des Enfants-Assistés.
Le meilleur moyen prophylactique de l'infection des voies :
digestives est évidemment l’allaitement au sein. Si l'enfant est incapable de teter, il faut veiller à ce que la nourrice qui lui trait directement le lait dans la bouche ait les mains absolument propres ; et, si l’on a recours à la cuiller, et mieux au verre, ou
encore au gavage, avoir soin que tous les objets dont on se sert.
soient désinfectés et bouillis d’une façon rigoureuse. Si à cette surveillance de l’allaitement on joint des lavages d'estomac et d’intestin, dès que l’enfant présente les moindres
troubles digestifs ou un peu de muguet, on évitera à peu près
sûrement les infections digestives, tout au moins présentant de la gravité.
Quant à la prophylaxie des infections respiratoires, elle est