‹ Etude sur les infections chez le prématuréChapitre 40 sur 44 · PSN S EP CRT CP EN PTS SON PEER PR TE · texte numérisé non relu

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Lacie à alé dits

plus difficile à réaliser, car on ne peut évidemment modifier, s’il est contaminé, l’air que respirent ces enfants. Aussi l’organisation idéale nous semble-t-elle être celle que M. Hutinel a réalisée aux Enfants - Assistés : la Nourricerie, le pavillon réservé aux prématurés, construit au milieu des jardins, avec salles d'isolement pour les malades. Mais qu'il nous soit encore permis d’insister, bien que nous l’ayons déjà fait à plusieurs reprises au cours de cette thèse, sur l'emploi excessivement restreint de la couveuse.

Nous avons déjà énoncé les règles posées par nous et notre maître, le professeur Hutinel. Nous sommes persuadé que nous devons la plus grande part de nos succès et notre faible mortalité (15,4 p. 100 chez les enfants prématurés de 1,000 gr. à 2,000 gr.) à ce que nous sortons nos prématurés de couveuse dès qu'ils ont 37°, et même plus tôt s'ils sont malades, et quel que soit leur poids.

Nous les faisons vivre alors dans des pièces bien aérées, nullement surchauffées, et nous les mettons dans le jardin dès que le temps le permet, les soumettant ainsi à une vérible cure de sanatorium, qui leur réussit à merveille. Et si nous voulions encore une preuve de l'excellence de ce traitement par l'air, nous la trouverions dans ce fait que les quelques décès qui noircissent notre statistique se sont toujours produits pendant la mauvaise saison, pendant l'hiver, époque à laquelle nous étions dans l'impossibilité de donner à nos prématurés une aération suffisante. Dès que les beaux jours apparaissent et qu'ils peuvent être mis dans le jardin la plus grande partie de la journée, la mortalité cesse comme par enchantement. À

A ces soins, qui relèvent de l'hygiène, il faut ajouter un moyen thérapeutique dont nous faisons grand usage et qui nous donne les meilleurs résultats : ce sont les injections de sérum artificiel. Nous nous guidons, pour leur usage, sur la courbe ‘des poids : dès qu'un prématuré à diminué ou qu'il est resté stationnaire pendant quarante-huit heures, nous lui faisons une

injection de 30 centim. cubes par jour, et si cette injection a produit l'effet attendu, c’est-à-dire l'augmentation du poids, nous la cessons au bout de trois jours. pers

Ces injections sont faites avec toutes les conditions d’asepsie désirables, et nous n'avons jamais eu le moindre accident à relater. Nous nous servons pour cela d’une seringue de Roux stérilisée, et 30 centim. cubes sont injectés en deux fois, 15 centim. cubes le matin et 15 centim. cubes le soir. L’injection est faite dans le tissu cellulaire de la région interscapulaire, et la solution employée est au titre de 7 p. 1000. Tous les autres procédés ou liquides que nous avons employés nous ont toujours donné des résultats inférieurs, qu'il s'agisse d’injections de sérum de

Chéron, de sérum de lait, d'huile stérilisée ou de sérum en lavements.

Ces injections sont parfois d’une véritable indication pronostique : par exemple, lorsqu'au bout de trois jours elles ont été sans résultat, le pronostic est grave; il en est de même lorsqu'après avoir augmenté de poids sous cette influence pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures, l’enfant baisse de nouveau, malgré la continuation des injections de sérum.

Quant à l’action sur la température, nous devons en dire un mot : ilest des cas où, en même temps que le poids, elle s'élève lentement et progressivement ; il n’y alors qu’à se louer de l'effet produit. Mais il est d’autres cas où l'injection a pour résultat de provoquer une ascension brusque de la température, véritable réaction fébrile comparable à celle que M. Hutinel a signalée chez les enfants plus âgés en puissance d’hérédité tuberculeuse, et qu’il a pensé pouvoir être, dans certains cas, un moyen de diagnostic égal à celui que donne la tuberculine qui détermine une réaction analogue. Sans vouloir rien préjuger de ces faits, nous pensons que nous ne devons pas les passer. sous silence, car ils pourront avoir un intérêt clinique le jour où l'effet des injections de sérum artificiel sera plus exactement connu.

Nous avons dit que l’action prolongée desinjections de sérum pouvait avoir certains inconvénients ; voici ce que nous avons constaté à ce sujet : ayant, chez un certain nombre de préma: turés qui recevaient quotidiennement 30 centim. cubes de sérum artificiel, étudié les modifications qui pouvaient se produire du côté des éléments figurés du sang, nous avons vu que, si le nombre des leucocytes n’était pas sensiblement modifié, il n’en était pas de même des globules rouges dont la diminution se fait d’une façon progressive, créant chez les prématurés un véritable état d’anémie. La cessation du sérum a pour résultat de faire alors remonter le taux de ces globules, mais d’une façon très lente. Ë

Quelles sont, maintenant, nos ressources thérapeutiques lorsque l’énfant est manifestement infecté ? |

Les bains chauds, quelquefois sinapisés, sont employés comme révulsifs généraux, et répétés deux et trois fois par jour suivant l’état hypothermique. On y joint quelquefois des cataplasmes sinapisés lorsqu'il existe une localisation pulmonaire.

Que l'enfant aït ou non des troubles digestifs, on lui fait des lavages d'estomac et d’intestin pour ne laisser s’accumuler dans le tube digestif aucun produit toxique.

Quant aux injections de sérum, nous en usons également dans ces cas, mais avec beaucoup plus de prudence et de parcimonie que, chez les enfants bien portants, car elles augmentent la tension artérielle chez ces petits êtres dont les parois vasculaires sont si faibles et qui ont une si grande tendance aux pro-

cessus hémorrhagiques lorsqu'ils sont infectés. Nous croyons même qu'il y a lieu, dans un certain nombre de cas où il existe de la cyanose, de faire précéder ces injections d’une petite saignée faite par une incision pratiquée au gros orteil et en aspirant le sang à l’aide d’une pipette ; outre les renseignements cliniques que peut nous donner l’ensemencement de ce sang, nous avons obtenu des résultats thérapeutiques excellents, que nous avons déjà eu l’occasion de signaler.

« Lorsqu’ayant eu recours à ces saignées nous n'avons pas obtenu la guérison de nos prématurés infectés, nous avons toujours eu une amélioration immédiate et souvent assez durable.

« Cette saignée chez des enfants de 1,800 à 2, 000 grammes peut être faite soit par petites soustractions de 2 à 3 centim. cubes, soit, dans les cas graves, en prélevant d’un seul coup 15 à 90 centim. cubes de sang, ce qui équivaut, chez ur adulte, à une saignée de 6 à 800 grammes. Nous avons vu par ce moyen, des enfants cyanosés, froids et absolument mourants, ressusciter positivement sous nos yeux. Ces saignées seront suivies immédiatement d’une injection de 20 à 30 centim. cubes de sérum artificiel. .

« Certes, il peut paraître extraordinaire de soustraire une quantité assez notable de sang à un enfant qui en a déjà si peu; . mais nous devons nous incliner devant les résultats obtenus, qui peuvent d’ailleurs s'expliquer de la façon suivante: cette saignée agit chez les prématurés en luttant contre la congestion organique et en stimulant l’activité des organes hémato et SRI pe que Or, d’après les faits que nous avons pu étudier jusqu’à présent, il nous semble que c’est à l'insuffisance de ces appareils, principaux moyens de défense de l organisme, que l’on peut attribuer la facilité avec laquelle les infections se généralisent chez ces petits êtres. Nous étudions précisément en ce moment la façon dont ces organes hémato et lymphopoiétiques, et le sang lui-même réagissent au cours de ces septicémies, et nous espérons, dans quelque temps, pouvoir publier à ce sujet des résultats intéressants (1). »

(1) DELESTRE. Infections sanguines chez les nourrissons, Zoe. cit,

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