Chapitre VI
Traitement
Dans les septico-pyémies à staphylocoques, le traitement doit répondre à {rois indications principales:
1e Désinfecter la lésion qui a servi de porte d'entrée quand la chose est réalisable et dans la mesure du possible.
3 Favoriser par tous les moyens l'élimination des toxines.
3° Soutenir les forces de l’organisme pour lui permettre de lutter victorieusement contre le microbe qui Pa envahi,
1° Désinfection de la porte d'entrée.
Lorsqu'on à pu préciser la lésion qui a livré passage aux germes infectants, ce qui n’est pas toujours facile, il est de toute évidence qu'il faut en pratiquer la désinfection. Malheureusement, cette lésion initiale n’est pas toujours accessible. Lorsque, par exemple, l'infection générale est consécutive à une affection du larynx, des bronches, du poumon, ce qui est possible
ee nous l'avons vu, ces points ne sont pas directement accessibles, et on en sera réduit aux quelques moyens indirects employés dans la thérapeutique des maladies de ces organes.
Dans beaucoup de cas au contraire, la lésion infectante est accessible. |
Les furoncles, les anthrax, les phelzmons, devront être largement ouverts et drainés : on s’assurera dans l’ostéom yélite que l'écoulement du pus se fait facilement sans rétention, etc. Enfin, dans le cas d’infection utérine, comme chez notre malade, on dilatera le col, on lavera la cavité utériné et on y établira un drainage avec des mêches de gaze.
À l’origine du reste, le traitement minutieux et la désinfection de ces lésions à staphylocoques constituent un véritable traitement prophylactique de la seplico-pyémie et ces précautions doivent être d’autant plus minutieusement prises, que le sujet estplus affaibli et plus débilité.
Cependant, cette première indication du traitement est loin d’être suffisante , elle ne peut viser qu'à ne pas laisser s’augmenter l'invasion microbienne; il à y a rien là de curatif.
2 Favoriser l'élimination des toxines.
lei, ce sont surlout les émonctoires naturels qu'il faut mettre en jeu.
Le régime lacté absolu, sera institué de bonne heure: on sait sa valeur au point de vue de la diu-
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rèse : il constitue done un important moyen d'élimination. On peut y joindre la lactose qui favorise encore l'expulsion des produits toxiques par les reins.
À côté de l'émonctoire rénal, on doit placer l'élimination par la sueur.
À ce point de vue, comme à celui de l’'augmentation des urines, la balnéation froide est un puissant moyen thérapeutique. Nous avons pu constater ses bons effets dans notre observation. Le docteur Rendu lui à dû aussi un beau succès dans un cas grave.
Les injections de sérum artificiel, soit sous la peau, soit directement dans le système veineux, sont aussi employées avec succès, car on sait bien aujourd’hui à quel point elles remontent la tension vasculaire et favorisent la diurèse.
Enfin, comme l’élimination des toxines par la voie intestinale est possible, on ne cherchera pas à arrêter la diarrhée, tant au moins que son abondance et sa fréquence n’en feront pas un symptôme alarmant.
3 Soutenir l'organisme dans sa lutte, — Pour répoudre à cette indication, nous aurons à employer la plupart des moyens précédemment cités. L'injection de sérum artificiel est, à ce point de vue, d’une utilité incontestable. Mais les bains froids ont surtout une merveilleuse action : ils stimulent le système nerveux tout en calmant les phénomènes d'excitalion produits par la fièvre et l'infection. On les donnera suivant la méthode employée dans la fièvre typhoïde
eton verra en même temps que la diurèse augmern= ter, l’hyperthermie céder plus où moinsrapidement. Ce mode de traitement de l'hyperthermie nous semble préférable à l'emploi des médicaments comme la quinine et l’antipyrine, dont l'action sur les reins peut gêner l'élimination des poisons.
Enfin, on usera largement de la potion de Todd, des boissons alcoolisées et de l'extrait mou de quinquina.
Quant aux autres indications, elles sont türées de chaque symptôme en particulier et leur importance est secondaire.
Reste la question de la sérothéra pie. Plusieurs auteurs, Viquerat, Kose, en Allemagne, Veillon, etc., ont fait d’intéressantes recherches en ce sens.
Vicquerat tenta d’ütiliser le liquide qui s’écoulait d’un abcès, après injection de trichlorure d’iode autour de cet abeès ; il recueillait ainsi une sérosité qu'il injectait aux malades. Après cette première tentative, Viquerat chercha à immuniser des animaux, avec des cultures affaiblies par le trichlorure d'iode. Îl obtint un sérum ayant des propriétés anti-toxiques etanti-microbiennes; mais ce sérum n'’atteint son maximum d'action qu'entre le 4° et le 6° mois d’injection et il perd ses propriétés trois mois après que les injections ont été cessées.
Kose qui aimmunisé des animaux avec des cultures atténuées par la chaleur a obtenu un sérum
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antitoxique mais nou bactéricide. D'autres essais d'immunisation des animaux ont été faits par Capman, de Montpellier. Cet auteur a utilisé les cultures filtrées, ne contenankpar conséquent que les toxines. Mais, il faut empioyer des doses considérables de toxines avant d’avoir une immunisation.
Le sérum des animaux traités devient antitoxique et bactéricide au bout d’une quinzaine de jours.
Ce serum n'a pas été employé chez l'homme. <
En résumé, la sérothérapie n’a pas encore donné contre l'infection à staphylocoque de résultats pratiques définitifs. Mais on peut espérer, d’après les résultats acquis, que la sérothérapie antlistaphylococcique deviendra pratique et constituera un puissant moyen d’action contre ces infections généralisées.
Mathieu 6
Conclusions
lo Les staphylocoques peuvent donner des infections généralisées, des septico-pyémies.
2 Ces infections peuvent être primitives, c'est-à< dire constituer la première manifestation de la septico-pyémie staphylococcique : plus souvent elles sont secondaires et l'on trouve la porte d'entrée du côté de la peau ou des muqueuses, marquée par un furoncle, un anthrax, une angine, une grippe, une urétrite, ete...
3° [infection débute par une phase toxique, avec des symptômes généraux très graves et une température très élevée. — Ensuite, peuvent survenir des localisations viscérales (endocardite, broncho-pneumonie, ele...) Quand le malade ne succombe pas, la tempéralure s’abaisse vers la normale et l’on voit survenir des abcès multiples, bien circonserils,à évos lution froide et rapide.
4e Il semble qu'il y ait un commencement d’immunisation passagère ou une atténuation de la virus
lence du microbe ; c’est ce qui donne à la maladie sa marche clinique, avec ses abcès terminaux qui paraissent être une voie d'élimination des microbes.
9° Le diagnostic est très difficile à faire avec les autres septicémies. — Il n'existe qu'un signe de certitude : l'examen et la culture du sang, prélevé aseptiquement dans une veine.
6° Le traitement devra surtout avoir pour but de soutenir et de stimuler organisme. On désinfectera les portes d'entrée et les lésions locales. |
Mais la question principale est d'aider l'organisme à soutenir la lutte. Les injections de serum artificiel et surtout la balnéation froide, qui sont de si puissants toniques, nous paraissent d'autant plus recommandables qu'ils augmentent {ous deux la sécrétion urinaire, et par conséquent, l'élimination des poisons,
Vu : Le Président de la Thèse, A. CHANTEMESSE.
Vu : Le Doyen, P. BROUARDEL.
+ Vu et permis d'imprimer :
Le Vice- Recteur de l’Académie de Paris, GRÉARD.
Ouvrages à consulter
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Denys ET Vax DE VELDE. — La cellule t. XI.