‹ Étude sur les invaginations intestinales chroniquesChapitre 22 sur 26 · C. Invaginations ilco •coliques · texte numérisé non relu

C. Invaginations ilco •coliques

Obs XLII Obs. XLII. Invagination de la fin de l'intestin grêle dans le cœcum^ Fisciier. avec polype de la muqueuse invaginée. (Résumée. Fischer ; Bull. Soc.

Anat. 1859, p. 205).— S.., âgé de 39 ans, entre le 18 avril 185P (service

de Chassaignac). Bonne santé habituelle, jamais de maladies intestinales. Il y a trois mois, coliques vives et presque continuelles, siégeant surtout dans le flanc droit. Selles normales, mais constipation fréquente. Peu à peu l'appétit diminua, l'amaigrissement fit des progrès : le malade était obligé quelquefois de s'arrêter pendant des journées entières et de cesser tout travail. La violence des douleurs était telle qu'elle provoquait des transpirations très-abondantes qui épuisaient le malade.

Amélioration momentanée pendant le mois de mars, mais les accidents reprennent leur cours avec plus d'intensité à partir des premiers jours d'avril.

A l'entrée, on constate une faiblesse générale assez marquée; face amaigrie, grippée, yeux excavés. regards brillants. Abdomen tendu, sonore ; tympanite considérable remontant jusqu'au rebord des fausses côtes. Pas de sensibilité à la pression, sauf dans le flanc droit. Pouls très-petit, non accéléré. Pas de garde-robes solides depuis 8 ou 10 jours au moins. Soif vive.

Le 19, la nuit a été très-agitée ; des contractions intestinales ont provoqué des douleurs terribles, incessantes. Insomnie; vomissements. Pas de déjection alvines.

Du 20 au 22, aggravation de l'état général, pas d'amendement dans les symptômes.

Le 23, à 9 heures et demie, opération de l'anus artificiel par la méthode de Littre. Le doigt introduit par la plaie dans la fosse iliaque droite touche une tumeur dure et résistante. Les matières s'écoulent abondamment ; mais le malade souffre toujours, s'affaiblit de plus en plus et meurt à 3 heures de l'après-midi.

Autopsie. — Epanchement purulent dans le péritoine. Agglutination de quelques anses intestinales. L'anus artificiel a été établi à 3 mètres environ de l'estomac.

L'intestin grêle s'est invaginé dans le cœcum et remonte dans une longueur de 20 centimètres dans le côlon ascendant. L'étranglement s'est produit au niveau de la valvule iléo-caecale. Le double cylindre invaginé porte à son sommet un pédicule long de 10 centimètres, terminé par un corps olivaire de 2 centimètres et demi de longueur. La constriction de la valvule iléo-caecale est irès-forte, son diamètre est de 15 millimètres, un stylet passe cependant par le canal central. Le premier cylindre est très-injecté, noirâtre, gangréné en plusieurs points.

Obs. XLIIl. Jntussusception de huit à neuf mois de durée. (Résumé. Obs.XLIIL Samuel Jackson, 1833. Americ. Journ. of med. science, vol. XII, Jackson. , p. 372). — M. F..., 55 ans, robuste et sanguin, a eu au mois de juin 1832 une attaque de colique hépatique. C'est du moins ainsi qu'un médecin appela sa maladie. Il put bientôt reprendre son emploi, bien

qu'il continuât à souffrir. Un mois plus tard il eut une seconde attaque ; puis les accès se répétèrent depuis lors à deux ou trois semaines d'intervalles. Il éprouvait de violentes douleurs abdominales jointes à de la constipation. Ses digestions étaient compromises et des éructations gazeuses avaient lieu d'une façon presque constante. Il était généralement constipé, mais les selles étaient entretenues par l'usage journalier de pilules purgatives. Il avait constamment éprouvé dans la partie droite et inférieure de l'abdomen une sensation de malaise et souvent de douleur, avec un sentiment de plénitude et de poids qui était soulagé par la pression et par l'action de soulever cette partie avec les mains. Il y eut une attaque de douleur en février; une autre débuta le 3 mars 1833.

4 mars. Violentes douleurs pendant la nuit, surtout dans les régions lombaire, iliaque et de l'hypochondre droites. Douleur à la pression. Une selle journalière jusqu'ici. Vomissements fréquents, bilieux, pouls presque naturel, pas de chaleur de la peau ; hoquet le soir.

Le 5. Nuit sans repos ; une évacuation alvine copieuse procurée par uni avement.

Le 6 et le 7. Amélioration.

Le 8. Les douleurs ont reparu la veille au soir. Pas de vomissements, mais des régurgitations liquides.

Le 9. Douleur pendant la nuit ; fièvre légère. Selle copieuse à la suite d'un lavement.

Le 11. Douleur, fièvre, soif extrême; pas de selle malgré de nombreux purgatifs, parmi lesquels l'huile de crotou.

Le 12. Nuit tranquille, absence complète de douleur, abdomen flasque et souple; pas de selles. Le malade était calme et rien ne faisait prévoir un danger immédiat, quand à 11 heures du soir se produisirent par l'anus des évacuations profuses de sang noir extrêmement fétide. Un grand épuisement en résulta, les évacuations devinrent involontaires, et le malade succomba dans la nàit.

Autopsie. — Inflammation du péritoine pariétal et intestinal, variant de degré selon les régions. Invagination de l'iléon dans le caecum, dans une longueur de 7 ou 8 pouces. L'anse invaginée a 1 pouce et demi de circonférence et porte à son sommet une petite excroissance du volume d'une muscade. Une grosse masse de lymphe coagulée unit les deux séreuses de l'anse intestinale invaginée.

Obs XLIV.

Sydney Jrmes.

Obs. XLIV. Cas d'intussusception terminé par la mort au bout de neuf semaines. (Sydney Jones, Pathol.Transact., VIII, p. 179, et the Lancet, 1857, I, 66.) — Arthur B .., âgé de 4 mois, d'une belle santé, nourri exclusivement au sein, fut pris soudainement d'obstruction intestinale et de vomissements.

9 octobre. Excrétion par l'anus, avec beaucoup d'ettoi-ts, d'une petite

quantité de mucus mélangé de sang. Anxiété profonde et faiblesse extrême.

Le 11. Les fonctions intestinales reprirent leur cours, et les nausées diminuèrent beaucoup.

Le 28. Près de trois semaines après le début de la première attaque, la constipation, le vomissement et les autres symptômes reparurent, pour cesser de nouveau le 31. Cependant les évacuations étaient toujours accompagnées de beaucoup d'efforts.

24 novembre. Une portion de l'intestin fit saillie pour la première fois par l'anus et progressa jusqu'à atteindre 6 pouces de long. La réduction en était difficile et la mortification se produisait rapidement. L'enfant cependant prenait bien le sein et ne vomissait pas.

Cet état dura jusqu'au 11 décembre (neuf semaines depuis le début de l'attaque), jour de la mort de l'enfant.

A l'autopsie, on constata que la portion invaginée était formée par l'intestin grêle qui avait été entraîné dans les côlons, ascendant transverse et descendant, et enfin hors de l'anus (1), Une sonde passée dans la portion invaginée montra qu'elle était perméable; son calibre était cependant fort rétréci, et son canal était occupé par une petite quantité de matière jaune féculente mêlée à du mucus. Les surfaces péritonéales opposées, dans la partie invaginée, étaient réunies sur toute leur étendue par de fortes adhérences fibreuses. L'anse qui faisait hernie par l'anus était en grande partie atteinte de gangrène. L'épaisseur des parois du cylindre moyen variait de un tiers de pouce à un demi-poure. Le tissu sous-muqueux était infiltré de sérosité et d'exsudat inflammatoire.

Les trois obseruations suivantes ont trait à des invaginations multiples, iléo-côlique et coliques dans un cas, iléo-côlique et iléo-cœcale dans les autres. Je les ai placées ici à cause du rôle sans doute prédominant du déplacement iléo-côlique dans le viécanisme et la symptomatologie.

Obs. XLV. Invagination de toute la partie droite du gros intestin et Obs. XLV. du cœcum dans le côlon transverse. (Résumé. Sainet ; Bull, de la Soc. Sainet. anat., 1850, p. 314). — Beuvry (Pierre-Auguste), âgé de 9 ans, entre le 9 mai 1850 à l'Hôpital des Enfants-Malades ; n'a jamais fait d» maladie longue, mais s'est plaint fréquemment de douleurs de ventre.

Début brusque vers la fin de février par des coliques violentes, répétées à intervalles plus ou moins rapprochés s'accompagnant de vomissements de matières verdàtres, jaunâtres, paifois mêlées d'un peu de

(1) En s'en tenant aux termes mêmes de la description, c'est bien une invagination iléo-colique; diverses considérations cependant, et notamment la rareté de cette variété dans l'enfance, tendraient peut-être à la faire ranger parmi les iléo-cœcales.

sang; ea même temps diarrhée, douleurs abdominales dont le maximum occupa successivement presque toutes les parties du ventre. L'affection fut regardée d'abord comme vermineuse, puis comme inflammatoire.

A son entrée, sa face est un peu amaigrie ; pas de malaise, appétit conservé, pas de diarrhée. Ventre souple dans toute son étendue; mais au niveau de la fosse iliaque gauche, il existe une tumeur assez superficielle, médiocrement dure, du volume et de la forme d'un œuf, mobile, presque indolente •, cependant la pression de la région iliaque droite et de l'épigastre détermine un peu de douleur. Pouls calme ; peau fraîche.

10 mai. Même état ; on ne trouve plus la tumeur. Du 10 au 21, coliques de temps en temps ; les douleurs augmentent du 21 au 26. Le 27. Mouvement fébrile (144 puis.).

Le 28. 136 pulsations. Douleur abdominale plus vive à droite qu'à gauche, diminuant pour reprendre un instant après avec plus d'intensité, surtout à la région épigastrique. Ventre assez souple et plat. Au niveau de la fosse iliaque gauche, on sent de nouveau la tumeur avec les caractères déjà indiqués. Vomisssements v^rdàtres abondants, surtout pendant les exacerbations de la douleur.

Du 29 au 31 mai. Pouls petit, de 126 à 166. Peau médiocrement chaude ; ventre souple, moins douloureux; soif vive; puis faciès altéré, douleur très-vive à l'épigastre, vomissements verdâtres répétés, ballonnement du ventre, selles liquides, et enfin constipation.

Le 1" juin, l'aggravation a continué, l'amaigrissement est extrême et le malade présente l'aspect d'un cholérique parvenu à la période algide. 11 meurt le 2 juin à 8 heure du soir.

Autopsie. — Intestin grêle distendu par des gaz ; sa surface péritonéale est légèrement poisseuse.

L'extrémité inférieure de l'iléon est invaginée dans le csecum. La partie invaginée, peu considérable, présente une coloration noirâtre.

Le caecum a abandonné la fosse iliaque et est remonté vers le foie ; il a été entraîné dans ce mouvement par le colon ascendant qui se trouve invaginé dans le colon transverse. Cetteseconde invagination, longue de 1 centimètres, est située au niveau de la vésicule biliaire. A ce même niveau, le colon transverse à son tour a subi en sens inverse, c'est-àdire en remontant, une invagination qu'on peut appeler rétrograde ou ascendante. Ces deux invaginations opposées chevauchent l'une sur l'autre, l'invagination ascendante se plaçant en dehors de l'invagination descendante, et forment cinq cylindres emboîtés. Les surfaces séreuses qui sont en contact ne sont pas adhérentes et ne présentent aucune trace d'inflammation. Muqueuses saines partout, sauf au niveau du cœcum dont la surface ressemble un peu à celle de l'utérus après l'accouchement ; la valvule iléo-caecale présente la même lésion. Bien

que fortement rétréci dans dans le point où il est invaginé, l'intestin grêle permet encore le passage des liquides. Quelques plaques de Peyer gonflées, noirâtres, sont en certains points le siège de petites ulcérations superficielles.

Obs. XLVI. Cas d'intussusception iléo-colique. (Résumé. Heaton. Obs. XL VI. British med. Journ., 1873, II. 215. — John Mac-Neil, maçon, âgé de Heaton. 40 ans, entre à LeecVs infirmary le 8 janvier; il est un peu émacié et sa physionomie a quelque chose de hagard. Il a joui d'une bonne santé jusqu'en novembre, six semaines avant son admission. 11 éprouva alors une attaque de fortes douleurs dans l'abdomen, qu'il attribua à un refroidissement. Il eut des alternatives en bien ou en mal jusqu'au 21 décembre, jour où il fut saisi de violentes douleurs et de vomissements coïncidant avec de la constipation. Son estomac ne tolérait rien sauf le vin de Porto. Pas d'écoulement de sang par l'anus. Il continua à souffrir de douleurs et de vomissements fréquents et la diarrhée succéda à la constipation primitive. On soupçonna une fièvre (?) et on l'envoya à Leeds.

Au moment de son admission, douleurs de degré variable dans l'abdomen ; vomissements de temps en temps, anorexie, tendance à la diarrhée, langue chargée et un peu rouge sur les bords, abdomen tendu, un peu dur, sensible surtout du côté droit. Dans la région iliaque droite et sur le trajet du colon ascendant, on pouvait sentir et limiter assez bien une induration, donnant de la matité. 11 y avait un intervalle sonore de deux ou trois pouces de large entre cette induration et le foie.

Pendant son séjour à l'infirmerie, les principaux symptômes furent de la douleur, assez continue, mais de degré variable; des vomissements fréquents, alimentaires et bilieux, mais jamais fécaloïdes ; une diarrhée alternant de temps en temps avec la constipation ; langue rouge et chargée, mais humide. La tuméfaction et la tension de la partie droite de l'abdomen persistaient, bien que variables dans leur degré ; formant quelquefois une élévation visible à travers la paroi abdominale.

Le malade s'émacia graduellement et son faciès « hagard 35 augmenta. La diarrhée était habituelle; les vomissements devinrent plus constants. Les derniers jours furent marqués par des souffrances cruelles. La mort arriva le 8 mars, trois mois et demi après le commencement de la maladie. On avait diagnostiqué un épaississement probablement de nature maligne du côlon ascendant, avec ulcération de la muqueuse.

AutoTpaie. — Epanchement séro-purulent abondant dans la cavité abdominale.

Il y avait une invagination de l'iléon et du caecum dans le côlon ascendant, avec perméabilité du canal ; des adhérences considérables existaient entre les séreuses accolées. L'invagination avait selon toute pro-

Obs.

XLVIbis.

Chevalier et

Chambard.

habilité commencé par la pénétration de l'iléon dans le caecum. En effet, la valvule iléo-caecale occupait le milieu de l'invagination, constituée plus loin par l'iléon seul et en arrière par le caecum retourné, renfermant une portion d'iléon et l'appendice vermiculaire.

Obs XLVl bis. Invagination intestinale terminée par un polype muqueux de l'intestin grêle. — (MM. Chevalier, (de Segré) et Chambard.JSuii. de la Soc. anat. 1878). Résumé. — Mesnard, 12 ans -, bonne santé antérieure ; diarrhée dans la première enfance ; un coup reçu à l'école deux mois avant le début du mal. Sept frères et sœurs, tous bien portants.

Il y a sept mois, il fut pris subitement d'accidents d'étranglement interne ; arrêt des matières fécales, vomissements alimentaires et bilieux, douleur dans l'hypochondre droit; sensation obscure d'une tumeur vers le côlon ascendant. Au bout de trois jours retour de quelques matières fécales, ovinées puis selles sanglantes et glaireuses. Douleurs atroces sous forme de coliques, répétées de 20 à 30 fois par jour et ne cessant que par l'emploi des injections hypodermiques de morphine (jusqu'à 0,nO centigr. par jour). L'enfant accusait parfois des douleurs qui remontaient en boule. La tumeur se déplaçait peu à peu, venant se placer sous le muscle droit du côté droit d'abord, puis plus tard sous le même muscle à gauche •, très sensible à certains moments, beaucoup moins à d'autres. Amaigrissement et affaiblissement graduels : cependant l'appétit persistait. L'enfant sentait a comme deux bosses dans le ventre. » Il y a trois mois, la tumeur ayant atteint l'hypochondre gauche fut pendant un laps de temps difficile à sentir; elle échappa même quelque temps aux recherches. Il y a six semaines, on retrouvait dans la fosse iliaque gauche un empâtement volumineux très-caractérisé. A ce moment l'enfant eut des vomissements mélanémiques, — noir de café, — abondants, durant une nuit, et à partir de ce jour, le mal étant tombé dans la fosse iliaque droite et très-rapproché du pubis, les grandes douleurs diminuèrent beaucoup. Alors survinrent des difficultés de la miction, et des selles dysentériques, sanglantes et glaireuses, qni durèrent pendant quinze jours à trois semaines ; puis les douleurs K à pousser » reprirent.

Le 31 mars. Apparition dans le rectum, puis bientôt à l'anus, d'une tumeur volumineuse, dure, bosselée, mamelonnée et pédiculée, ayant l'apparence d'un polype fibro-musculaire.

Au toucher rectal, on sentait au-dessus de cette portion herniée une autre partie malade, dure et bosselée; puis le doigt entrait dans un anneau qui se contractait. En tirant légèrement sur la tumeur herniée, on amena une seconde tnmeu'-: le tout avait la forme d'une courge bilobée au centre. Au-dessus, existait un orifice par lequel le doigt reconnaissait le calibre intestinal diminué ; on pouvait en même temps toucher par l'anus tout autour de la tumeur; en un mot, on pouvait à la

fois pratiquer le toucher dans le rectum et dans l'intestin invaginé,

M. Chevalier songeait à enlever cette tumeur au moyen de l'écraseur quand l'enfant présenta de nouveau des symptômes d'étranglement interne, vomissements bilieux incoercibles, etc. La mort eut lieu trois jours après, le 2 avril 1878.

L'enfani n'eut jamais le teint cachectique jaune paille. On songea au début à un volvulus ou à une invagination. Puis la marche de la maladie dérouta le diagnostic, si bien que l'on ne pouvait s'expliquer le tableau morbide qui se développait. On n'en eut l'explication qu'en sentant le polype, par le toucher, sous le doigt.

Autopsie. — L'invagination mesure bien 30 à 35 centimètres. Une portion du petit intestin, le cœcum, l'appendice caecal, une portion du côlon ascendant y sont compris, ainsi qu'une notable partie du mésentère qui a suivi l'intestin et s'est invaginé avec lui. Puis au niveau du duodénum, existe une bride formée par l'épiploon et obturant le calibre de l'intestin en l'aplatissant entièrement. C'est à ceci que doivent être attribués les derniers phénomènes d'étranglement. Pas de trace de péritonite.

Il sortait par l'anus 12 centimètres environ et la tumeur ovoïde, bosselée, mesurait 8 centimètres de long. Elle était constituée par un myxôme pur; ses vaisseaux participaient à la congestion dont la partie invaginée était le siège.

D. Invaginations du côlon et du rectum (ou coliques et rectales).

Obs.XLVII

Obs. XLVIL — Intussusception rétrograde. (Résumé. Harrison, Dublin Harrison. quart. Journ , 1848, vol. VI, p. 183.) — James Cavenagh, entra à l'hôpital de Gervià-street, le 16 juin 1848. Bonne santé antérieure. Six semaines auparavant, il est resté pendant plusieurs heures exposé au froid et à l'humidité, en lavant des moutons à la rivière. Il fut pris le lendemain de violentes douleurs spasmodiques dans l'abdomen et spécialement sur le trajet du côlon. Ses souffrances furent très-intenses, quoique avec des rémissions suffisantes pour lui permettre de temps à autre de reprendre ses travaux pendant un court laps de tomps. Trois semaines plus tard, il eut une attaque semblable avec des vomissements bilieux fréquents, des douleurs atroces dans la région lombaire et une suppression d'urine. Il resta plusieurs jours dans cet état de cruelles douleurs spasmodiques abdominales et de violents vomissements, mais de temps en temps il y avait des intermissions complètes de plusieurs heures de durée. Quelques jours avant son entrée une nouvelle attaque eut lieu, avec urines rares et très-colorées. Il y avait en général de la constipation, mais interrompue de temps en temps

par de la diarrhée, avec matières aqueuses brunâtres, Irès-fétides. L'état général avait décliné rapidement pendant les derniers jours.

Lorsque le malade entra à l'hôpital, Harrison découvrit une tumeur située entre l'estomac et l'ombilic, mobile et douloureuse à la pression. Emaciation très--grande et habitus d'un individus atteint d'une affection viscérale maligne. Il y avait quelquefois absence complète de douleur; soulagement par les évacuations d'air ou de liquide par en bas, le besoin s'en faisant quelquefoissentir d'une façon extrêmement impérieuse avec douleur insupportable tant qu'il n'était pas accompli. L'appétit était quelquefois naturel ou même pressant (ur'gent), mais le malade craignait en dernier lieu de lui obéir.parce que sa satisfaction était, en général, suivie d'une attaque de vomissements et de douleurs. On réussissait chaque jour ou de deux jours l'un à obtenir des évacuations intestinales ; mais celles-ci étaient rares, aqueuses et ne contenaient jamais de matières fécales solides.

Après un séjour d'un mois à l'hôpital, le malade sentant ses forces diminuer d'une manière continue, désira retourner mourir dans sa famille. Il vécut encore là, une quinzaine de jours, ses forces et son état général déclinant très-rapidement. Peu de jûurs avant sa mort il eut de la diarrhée. Son urine qui avait été abondante, devint rare et cessa d'être sécrétée. Il n'y eut pas de fièvre, le pouls n'ayant jamais dépassé 72 pulsations.

Autopsie. — Aucune trace de péritonite, sauf vers le niveau de l'invagination. Celle-ci, longue de 4 pouces environ, était formée par l'intussusception du côlon descendant dans le côlon transverse; rétrograde par conséquent. Une bougie flexible pouvait traverser sa cavité. Il n'y avait pas trace de gangrène, mais plutôt une tendance à l'élimi- ■ nation de la tumeur par un processus d'ulcération.

Obs Obs. XLVIII. — Invagination d'une portion de VS iliaque dans le côlon

XLVIII. descendant. Occlusion intestinale. Mort. (Résumée; l'"«obs.de la thèse de Besnier. m. Besnier, 1857, p. 62.) — D..., âgée de 23 ans, couturière. Service de M. Barth. Santé habituellement bonne. Symptômes fort légers pendant les premières semaines de séjour. Peu à peu la constipation devint le symptôme dominant; le ballonnement augmenta brusquement: des coliques vives, an état fébrile intense et des vomissements bilieux se déclarèrent.

Il y a deux mois, la malade étant assise, ressentit dans l'abdomen, sans aucune cause appréciable, des douleurs vives, qui ne furent pas suivies de diarrhée. Ces douleurs ne reparurent plus avec assez d'intensité pour qu'elle s'en inquiétât. Mais la constipation s'établit dôs ce moment: les selles étaient rares, les matières rendues, dures, non effilées et contenant parfoisune petite quantité de sang. Dans les jours

qui précédèrent l'entrée à l'hôpital les douleurs abdominales reparurent et se manifestèrent par accès ; la constipation devint absolue.

Du au 6 juillet. Les symptômes s'aggravèrent lentement. Résultats négatifs par le toucher rectal et vaginal. Douleurs abdominales trèsvives, par accès. Tension de l'abdomen croissant graduellement et atteignant le volume d'une grossesse à terme. Siège principal de la douleur à l'ombilic; la pression ne l'augmente que fort peu, sonorité générale. On voit pendant les crises douloureuses les anses intestinales faire un relief considérable.

Le 7. Fièvre ; douleur presque incessante, arrachant des cris ; vomissements fécaloïdes.

Le 8. Aggravation continue de l'état général. Robert pratique, le 9, l'opération de l'anus artificiel dans la région iliaque droite. Peu de soulagement; mort dans la nuit du 10 au 11.

Autopsie, — Péritoine fortement injecté et couvert de fausses membranes; à peine quelques cuillerées de sérosité trouble. Au niveau de l'union de l'S iliaque avec le côlon, est une invagination rétrograde de 1 centimètre 1/2 ;\ 2 centimètres de longueur formant une sorte de valvule maintenue par des adhérences solides établies entre les points de contact. Trois ulcérations profondes au-dessus de l'invagination.

Obs. XLIX. — Observation sur un volvulus. (Reydellet, Journal de Obs. XLIX. médecine de Sédillot, t. L, p. 446, et Bibliothèque médicale, février, 1814.) Reydellet. — Un porte-faix, âgé de 41 ans, ressentait depuis deux mois des coliques, dont il ignorait absolument la cause. Ces coliques furent remplacées par une douleur fixe, occupant les régions hypogastrique et iliaque gauches ; il survint aussi une diarrhée qui persista avec la douleur. La face du malade était décharnée et annonçait une lésion de quelque viscère abdominal. Après un traitement peu actif, dirigé dans la seule vue de combattre les symptômes, le malade succomba environ trois mois après l'invasion de la maladie, sans que les douleurs fussent devenues plus vives.

Autopsie. — Péritonite exsudative très-intense , surtout dans la région hypogastrique et du côté gauche. Après avoir rompu les fausses membranes qui unissaient les anses intestinales, on découvrit en ce point un foyer rempli de matières purulentes et stercorales. Au milieu de ce foyer, on voyait les deux bouts de la partie inférieure du côlon, divisés par la suppuration, au-dessus du détroit du bassin, vis à vis la symphyse sacro-iliaque gauche. L'extrémité inférieure était béante et paraissait avoir été dilatée. De l'extrémité supérieure sortait un corps violet, inégal, presque de la grosseur du poing et que l'on reconnut être la membrane interne, extrêmement boursoufflée, d'une partie du gros inlestiiî. M. Reydellet considéra dès lors celte maladie comme

une invagination et put avec quelques efforts, la réduire complètement.

Obs. L. Obs. L. Invagination de la courbure sigmoide du côlon et de la partie

Holmes. supérieure du rectum. (Résumé. Holmes ; Path. Trans.VlU, p. 177 et the Lancet 1856, II, 652). — Homme de 40 ans, tailleur, souffrant depuis quelque temps d'alternatives de constipation et de diarrhée. Depuis plus d'une semaine, constipation complète qui avait succédé à une attaque de diarrhée. Il semblait très-malade. Le sphincter anal, trèsrelâché, permettait l'introduction de plusieurs doigts. A un pouce et demi au-dessus de l'anus, tumeur cylindrique, molle et de consistance uniforme, lisse et revêtue par la muqueuse. Le doigt atteignait la réflexion de la muqueuse de la tumeur sur la paroi intestinale, en arrière seulement. Ecoulement d'un mélange de sanie et de matières fécales. Le ventre, peu volumineux, était tendu, sonore, un peu sensible à la pression. Pas de vomissements. Pouls rapide et faible. Dans l'après-midi, douleur aiguë dans le ventre et quelque nausées. La douleur s'accrut et devint, le soir, excessivement cruelle. Affaiblissement rapide. Pouls imperceptible, refroidissement des extrémités. Mort dans la matinée.

Autopsie. — Epanchement de matières fécales demi-solides dans le péritoine. Large perforation à bords déchirés vers le milieu du côlon ascendant. L'invagination mesurait plus de trois pouces de long.

Obs. LI. Obs. LI. Intussusception du rectum. Extirpation. Mort par infection

Holmes puritZenie. (Résumé. Holmes et Sims. Pathol. Trans. XIX, p. 207, 1868). et bims. „ , , . . ' r ' /

— Homme de 37 ans, admis à l'hôpital Samt-Georges, le 9 octobre 1867.

Depuis deux ans, fréquents accès de rétention d'urine et de difficulté de la miction, dont le premier est survenu à la suite d'un coup de pied au périnée. Le 2 octobre, il se grisa, et dans la nuit, pendant ses efforts pour uriner, un prolapsus de trois pouces d'intestin se produisit. Il put réduire la masse avec le doigt, mais eut une hémorrhagie abondante. Il éprouva depuis de fortes douleurs dans l'abdomen, surtout à l'hypogastre, et vomit fréquemment ; les selles ont été liquides et sanglantes et accompagnées de ténesme.

A son entrée, il paraît souffrir cruellement et se plaint de rétention d'urine.. Il est pâle et harassé; il n'a ni dormi, ni mangé depuis plusieurs jours. A l'examen de l'abdomen, on trouva plus ou moins de dureté et de matité dans la région iliaque gauche. Presque pas de sécrétion urinaire. Le doigt introduit dans l'anus sent à environ trois pouces une grosse masse du volume d'un œuf de dinde environ. Le doigt pouvait passer librement autour, mais ne pouvait sentir de pédicule. Dépression centrale dans la tumeur, donnant un peu au toucher la sensation du col de l'utérus, On fit le diagnostic d'intussusception

Le 10 octobre. Nuit sans repos, vomissements par intervalles. Plusieurs selles de matières fécales liquides avec sang et mucus. Déjeuner pris avec plaisir. Tentative de réducfion et examen au spéculum pendant le sommeil chloroformique.

Les il et 12. Pas de vomissements. Plusieurs selles muqueuses, puis une matière muco-purulente sourd par l'anus. Soif vive.

Le 15. Mauvaise nuit, plusieurs vomissements brunâtres, évacuations trop fréquentes. L'état reste à peu près le même les jours suivants.

L-e 19. Rejet d'un morceau de muqueuse gangrénée. Pas de douleurs usqu'au 29. Appétit. Le 26, diarrhée, selles muqueuses et sanglantes.

Le 29. Une évacuation chaque demi-heure environ, douleurs dans le ventre.

Le 30. Quatre frissons dans la nuit, suivis par des sueurs profuses. Ecoulement semi-purulent constant par le rectum.

Le 31. Après de cruels efforts, il se produisit un prolapsus de la tumeur. On le fixa à l'extérieur.

novembre. Pendant Tanesthésie, on tira la masse aussi bas que possible et on sectionna au-dessous d'une ligature le pédicule qui fut trouvé presque entièrement ulcéré.

Il y eut du mieux pendant deux jours, puis le 4 au soir le malade tomba dans le collapsus. Il se releva un peu le 6, mais des frissons se reproduisirent le 7 et le 10, et la mort arriva le 13.

Autopsie. — Poumons et foie farcis d'abcès métastatiques. Pleurésie purulente double. Il y avait destruction ou absence congénitale du Ccecum et de son appendice. — Le côlon adhérait en deux points aux parois abdominales, dans la fosse iliaque droite et au niveau de l'S iliaque.

La masse qui avait été enlevée pendant la vie était longue de quatre pouces et évidemment constituée par une invagination. Un bougie passait par le canal central, mais les tuniques de l'intestin ne pouvaient être séparées. Dans l'S iliaque, une cicatrice circulaire marquait le point de son attache.

Obs.LIL Intussusception du rectum. {Résumé. Cock, obs.Vdu Mémoire Q|^g j^l de Hilton Fagge.Gmy's hosp. Reports 1868, 3« série, vol. XIV, p. 272). — Cock. C. F..., 35 ans, admise le 18 juin 1857, morte le 28. Elle raconta que l'intestin avait commencé à sortir pour la première fois en octobre 1856, mais qu'il était ensuite rentré. Retour du même accident à plusieurs reprises. Trois semaines avant son admission, la procidence ce reproduisit, sans qu'elle pût la réduire. Constipation depuis lors. Au moment de son entrée, elle était en proie à des symptômes d'étranglement; le prolapsus taisait une saillie de plusifîurs pouces hors de

l'anus et sa réduction dans le rectum ne supprimait pas l'étranglement. Elle se refusa à toute opération.

Autopsie. — Corps amaigri. Péritonite aiguë récente. Invagination de quatre pouces et demi de longueur dont le collet était situé à neuf pouces de l'anus, et renfermant neuf pouces d'intestin invaginé; formée par conséquent surtout par la courbure sigmoïde. La masse invaginée était en train de se mortifier,

Obs. LUI. Obs. LIIL Intussusception du rectum avec excroissance adénomnteuse. Durham. (Résumé. Arthur Durham ; PathoJ., Trans. 1872, XXIII, p. 116). — Homme de 44 ans. Il avait commencé à souffrir de constipation trois mois avant d'être mis en observation et avait remarqué l'expulsion d'un peu de mucus sanglant de temps en temps avec les selles. Des purgatifs furent administrés à diverses reprises avec peu ou point de bénéfice. Selles graduellement plus rares, moins abondantes et plus petites.

M. Habershon constata l'existence d'une tumeur le 4 mars, et M. Birkett reçut le malade au Guy's hospital le 13 mars.

Il se plaignait alors d'une cruelle douleur dans les reins et l'abdomen, Pas de selles depuis plus d'une quinzaine de jours, mais pas de vomissements. Etat général fort bas. Abdomen tendu, mais peu volumineux et peu sensible à la pression. Dans le rectum était une tumeur volumineuse et allongée, distante de 3 pouces de l'anus, autour de laquelle on pouvait passer le doigt, et offrant un orifice, etc. On diagnostiqua une intussusception de la partie supérieure du rectum dans l'inférieure, probablement associée à un néoplasme.

La colotomie fut faite le 22 mars, dans la région lombaire gauche. Erysipèle à la suite. Mort quatre jours après l'opération.

Autopaie. — Invagination de 4 pouces de la partie supérieure du rectum dans la partie moyenne. Toute la partie inférieure de l'anse invaginée était occupée par une tumeur irrégulièrement annulaire de nature adénomateuse. Un mucus blanchâtre, épais, semblable à de la gelée remplissait la cavité centrale étranglée et presque oblitérée de la partie supérieure de l'invagination. La tunique musculaire de l'intestin paraissait être un peu épaiss-e.

Obs. LIV, Fistule vésico-intestinale, consécutive à une invagination (Par P. Bruchet, interne des hôpitaux, Bull. Soc. Anatomique et Progrès médical, l878, et avec plus de détails dans la Revue 7nensueUc de méd. et de chir., 1878, t II, p. 255). — L'observation a trait à un malade entré le 6 août et mort le 25 octobre, dans le service de M. Nicaise. Cet homme, âgé de 67 ans, rendit pendant plus de trois mois des ma-| tières fécales mélangées à l'urine. On ne trouvait dans ses antécédents que les accidents ordinaires dus aux calculs biliaires dont il rendit

Obs. LIV.

Bruchet.

uoe assez grande quantité six ou sept ans avant sa mort. L'état général du malade, à son entrée était assez bon ; toutes les apparences de la santé étaient conservées ; les fonctions digestives s'exécutaient normalement.

L'autopsie montra qu'au niveau de l'étranglement, siégeant sur rs iliaque, il s'était formé une sorte de canal de dérivation qui, recevant les fèces du bout supérieur, les transmettait d'une part à la vessie, et d'autre part au bout inférieur. Une dissection minutieuse démontra que l'étranglement était formé par l'invagination d'une courte portion d'intestin dans l'S iliaque, invagination dont les divers cylindres avaient formé par leur suture et leur union intime une masse presque inextricable.

Dans l'observation suivante, donnée en quelques mots, la variété de l'invagination n'est pas indiquée.

Obs. LV, Intussusception chronique. (John Gay, Transact. ofthe medic. Qbs. LV. Soc. of London, 1862 ) — Malade âgé de 53 ans, dont le sexe n'est pas J. Gay. indiqué. La maladie dura dix semaines. A l'autopsie on trouva, pour toute lésion, la muqueuse de la partie invaginée congestionnée.

E. Observations sans autopsie.

Obs. LVL Invagination intestinale probable. Guérison. (Observation Obs. LVI

,, ,., ,> „ ,. 4'i personnelle,

personnelle, très-resumee.) — C... (Auguste), âge de 4 ans, entre le ^

7 novembre 1877, dans le service de M. Archambault, à l'hôpital des

Enfants malades, et couché dans le lit n° 10, salle Saint-Louis.

C'est un bel enfant, robuste et d'une bonne santé habituelle. On ne trouve dans ses antécédents qu'une rougeole et une maladie dont la nature est restée obsure et dont les symptômes ont beaucoup ressemblé à ceux qu'il présente actuellement: il y a un an environ, il a été pris brusquement de coliques violentes avec des vomissements et une constipation bientôt remplacée par de la diarrhée. La maladie a duré quatre mois, toujours sans fièvre, et présentant des alternatives d'aggravation et d'amélioration, parfois de plusieurs jours de durée. Sa mère croit se rappeler avoir vu à deux fois quelques stries de sang dans les selles •, elle a aussi constaté à plusieurs reprises une chute du rectum, facile à réduire.

L'enfant s'était parfaitement rétabli et revenait de la campagne, quand il fut pris de quelques coliques. Sa mère, àc son autorité privée, lui donna, le 1" novembre, un purgatif qui fut suivi d'un effet déplorable: coliques atroces, vonii'semenls et constipation.

C'est dans cet état qu'il fut amené à l'hôpital. On ne put constater d'autres symptômes, à part un peu de tension, de sensibilité à la près-

sion et de ballonnement du ventre. Un purgatif fut administré, qui amena deux selles et un peu de soulagement après des coliques accrues.

Le lendemain, à la visite, le petit malade ne présentait plus aucun symptôme morbide, était gai et demandait à manger. Cependant quelques coliques et un vomissement se produisirent dans la journée.

Le 10 et le 11, la palpation révéla l'existence d'une tumeur volumimineuse, ayant le siège, la forme et le volume de l'arc du côlon dilaté et résistant, mais ne présentant pas de matité ; il y eut des coliques violentes par moments 5 des vomissements répétés, alimentaires d'abord, puis muqueux, puis porracés; des selles normales^ puis diarrhéiques. L'apyrexie était complète.

Le 12. Tous les symptômes avaient disparu de nouveau, sauf la tuméfaction qu'on trouvait dans l'abdomen ; et sans cela on aurait pu croire l'enfant guéri.

Ces alternatives en bien et en mal ont continué pendant .un mois environ ; le 19, il s'y est joint un signe capital, la présence d'une petite quantité de sang dans les selles ; mais cela ne s'est plus reproduit. On constatait à ce moment la présence d'une tumeur allongée, renflée à droite et terminée en pointe veis la gauche: des crises douloureuses fort cruelles eurent lieu à plusieurs reprises, accompagnées de vomissements.

Les jours suivants, les mêmes accidents persistaient et l'enfant qui avait jusqu'alors conservé son embonpoint, refusa de prendre ses aliments et maigrit avec une grande rapidité.

Le 24, Il est pris de bronchite généralisée, qui cède au bout de quelques jours ; mais alors se développe une pleurésie du côté droit.

Pendant la durée de ces accidents thoraciques, l'examen de l'abdomen a été négligé; il n'y avait du reste plus de vomissements et peu de coliques ; cependant quelques jours de constipation étaient suivis de quelques jours de diarrhée.

Le 27. On ne sentait plus que de l'empâtement dans la région précédemment occupée par la tumeur.

6 décembre. La tumeur avait reparu avec tous ses caractères et présentait en outre une longueur plus grande : elle était coudée au niveau de Thypochondre gauche et occupait exactement le trajet des côlons transverse et descendant. Mais le lendemain, il était impossible de la retrouver et l'on constatait seulement la développement anormal de l'abdomen.

L'enfant paraissait en voie de guérison quand il fut pris le 17 décembre de tous les symptômes d'une angine diphthériquc assez grave. La guérison de cette nouvelle complication eut cependant lieu vers la

fin de l'année, et l'enfant put quitter l'hôpital dans les premiers j de 1878, guéri, au moins en apparence, de tous les accidents.

Obs. LVII. Invagination probable. (Résumée, Rillet, Gaz. des hôp. Obs. LVII. 1852, et Traité des maladies des enfants, par Rilliet et Barthez, 2^ édit.) RiUiet.

Petit Éçarçon de 10 ans, sujet aux indigestions et à la constipation.

Début le 31 juillet par des douleurs accompagnées de fièvre. Vomissement des médicaments le quatrième jour. Fièvre (100 puis.).

5 août. Coliques intermittentes, très-douloureuses ; plusieurs petites selles de matières très-noires, excessivement fétides.

Le 6. Persistance des coliques dans le flanc droit, près de la ligne médiane. On commence à sentir une tumeur douloureuse à la pression.

Le 7. Trois selles noires fétides et trois verdâtres. Dysurie très-intense. Les coliques redoublent de vivacité et arrachent des cris aigus; mais dans leur intervalle, l'enfant a bonne apparence, peut rire et même plaisanter.

Le 8. L'empâtement s'est étendu de la ligne médiane vers la fosse iliaque; constipation.

Le 9. L'abdomen est en relief à droite, affaissé à gauche ; une petite selle ; tumeur droite plus molle, moins circonscrite.

Le 10. Diarrhée fréquente ; le 11, elle continue et renferme du mucus strié de sang avec des matières verdâtres ; pas de pus. Cette diarrhée avec quelques filets sanguins s'arrête le 14. A partir du 12, diminution graduelle de la tumeur, guérison vers la fin d'août.

Obs. LVin. Intussusception chronique. Guérison. (Résumé, Wilks, Obs. LVIll The Lancet, 1870, vol. I, p. 731.) — Emma K..., âgée de 13 ans, fut ad- Wilks. mise à Guy's hospital, le le*" février 1870. Sa santé paraissait trèscompromise. Elle éprouvait divers symptômes mal définis, mais se plaignait surtout d'une douleur dont elle souffrait dans le côté droit depuis une semaine ou deux. Il n'y avait eu ni nausées, ni constipation. On découvrit du côté droit, au-dessous des côtes, une tumeur globuleuse du volume d'un œuf environ, se déplaçant un peu avec les mouvements respiratoires, mais non adhérente au foie. Elle ne paraissait pas non plus en connexion avec le rein et le diagnostic se posa entre une tumeur du mésentère, une accumulation de scybales ou une intussusception. C'est à cette dernière hypothèse qu'on s'arrêta après 1 administration de plusieurs purgatifs qui agirent bien, mais sans modifier la tumeur.

Le 16, il y eut des douleurs fortes dans le côté et des nauséès. On trouva une sensibilité vive dans la région de l'hypochondre et l'on ne put délimiter si facilement la tuméfaction, devenue plus diffuse et plus superficielle.

Rafinesque. 18

Le 23, la douleur et la sensibilité étaient moindres, et la tumeur moins volumineuse.

Le 28, elle était revenue au même volume qu'à l'enlrée de la malade, qui put quitter son lit.

Le 11 mars, toute trace de la tumeur avait disparu. M. Wilks appuie son diagnostic sur la comparaison de l'histoire de sa malade avec l'observation de M. Fagge, résumée précédemment.

F. — Observations d'invaginations dont la chronicité est

douteuse.

Obs. LIX. Obs. LIX. Végétations de la valvule de Bauhin; invagination intesti-^ Dance. nale. (Très-résumée. Dance, Arch. gén. de médecine, 1832, l''^ série, XX VIII, p. 177.) — Il s'agit d'un malade âgé de 42 ans, que Dance en prenant possession de son service, le 21 avril 1831, y trouva couché depuis près de quatre mois. Cet homme avait paru atteint d'une affection du foie. Il avait de l'ictère ; douleur, sensibilité à la pression et résistance dans l'hypochondre droit. Alternatives de diarrhée et de constipation avec borborygmes et coliques revenant par invervalles irréguliers, mais surtout la nuit. Vomissements bilieux à la suite des, coliques. Gonflement et météorisme léger du ventre habituels. Au bout d'un mois les symptômes étaient au même point, mais depuis quelques jours les efforts de défécation provoquaient le rejet d'dn peu de sang» Un purgatif agit bien ; un autre détermina une aggravation considérable des symptômes. Les jours suivants, symptômes de péritonite. Mort le 7 mai. Dans les derniers jours on constate la présence d'une tumeur allongée, dure, cylindrique et mate, dans la fosse iliaque et le flanc gauches.

A l'autopsie, violente péritonite généralisée. Invagination iléo-caecale occupant la fin du côlon descendant et l'S iliaque. Adhérences récentes entre les séreuses en contact. Sur la valvule ceecale existaient plusieurs végétation, d'un rouge livide formées par des tumeurs arrondies, dures et comme fibreuses : le doigt indicateur avait peine à s'insinuer dans l'orifice. C'est à ce rétrécissement que Dance attribue tous les symptômes de la maladie, à part les phénomènes ultimes.

Obs. LX. Invagination de la partie supérieure du jéjunum dans Vinfé- ^Lafont^ rieure. (Très-résumée. Lafont, Bull, de la Soc. anat. 1835, p. 78). — Emmanuel (Mélanie), 29 ans, ouvrière en linge, entre le 28 février 1835 à l'hôpital Necker. Coliques et vomissements ayant débuté brusquement dans la matinée et ayant continué avec de courtes rémissions. Des accidents exactement semblables,bien que moins intenses, ont eu lieu à quatre reprises pendant l'année 4834 et ont cédé complètement en sept ou huit jours. Anxiété, pâleur; ventre non ballonné, ni sensible à la

pression, muscles abdominaux contractés. Coliques violentes. Sécrétion des urines abondante. Apyrexie. Ces coliques furent prises pour des « coliques nerveuses. »

Le i"'^ mars. Les accidents continuant, on découvrit une tumeur abdominale ; constipation complète. On diagnostique une invagination (?). Mort le 10 au soir avec tous les symptômes d'une occlusion complète.

Autopsie. — Invagination du jéjunum, longue de 12 pouces environ... L'incision de l'invagination montre que la cavité tapissée par la séreuse renferme un peu de sérosité citrine et est remplie de fausses membranes nombreuses et très-fortes, interceptant entre elles « des parties fibrineuses du sang... »

Obs. LXL Abercrombie, cité par John Gay. (loc. cit.) rapporte le cas Obs. LXL d'un homme chez lequel une tentative de réduction d'une hernie irré- Aberductible fut faite. Il sentit aussitôt après une sensation spéciale crombie. (a loorking), dans l'abdomen, suivie bientôt de vomissements. Il fut affecté des mêmes accidents à de nombreuses reprises, jusqu'au jour où il eut enfin une attaque plus violente que d'habitude, et â la suite de laquelle il fut en proie à de l'émaciation et à une consomption graduelle. Il y avait de la constipation, mais une purgation produisait toujours de l'effet. Après la mort, on trouva deux invaginations â la partie inférieure de l'iléon ; mais comme ni l'une ni l'autre ne déterterminait d'occlusion complète, le malade avait pu traîner pendant plusieurs semaines.

L'observation et l'indication suivantes, recueillies pendant Vimpression de ce travail, ne figurent pas dans mes statistiques.

Obs. LXII. Invagination du gros intestin, de quatre mois de durée. Obs. LXII. M. Jacquier. (Résumé, Journal demédecine de VOuest. 2° série, 1" an- Jacquier, née, tome XI, 1877, p. 278).— Auguste B..., 65 ans, entré à l'hôpital de Nantes, le 21 octobre 187G. Bonne santé habituelle. Il avait été pris deux mois auparavant, sans cause appréciable, d'une diarrhée assez abondante. Au moment de son entrée, la diarrhée persiste ; maigreur, anorexie. On sent dans la fosse iliaque gauche uue tumeur de 5 à 6 centimètres de long donnant la sensation du gros intestin rempli de matières. Un purgatif et un lavement laxatif amènent un peu de soulagement, mais la tumeur ne diminue pas. Les commémoratifs ne permettaient pas d'admettre une dysenterie chronique, le malade n'ayant jamais eu d'affection intestinale avant cette diarrhée, qui ne remontait qu'à deux mois et ne s'était jamais accompagnée de fièvre. MM. Bonamy et Bertin, qui firent successivement le service, s'arrêtèrent à

l'idée d'un cancer da gros intestin. La diarrhée, les vomissements qui commencèrent à cette époque, l'état cachectique du sujet s'accordaient bien avec ce diagnostic. Amélioration de 15 jours de durée après l'emploi d'un vésicatoire et de badigeonnages à la teinture d'iode; mais bientôt les accidents reparurent plus intenses. Au commencement de décembre, des douleurs s'irradiant dans tout le ventre empêchèrent le sommeil. La tumeur devenait parfois plus volumineuse; tout le côlon transverse se dessinait sous la peau du ventre; celui-ci, aplati, ayant la forme dite en bateau. Ces symptômes disparaisraient le lendemain. Le 6 décembre, les vomissements reparurent.

Le 8. Faiblesse extrême; potion au cognac. Chute du rectum pendant une garde-robe; l'intestin qui faisait saillie dans une longueur de 10 centimètres fut réduit facilement. Le malade succomba le 14 décembre.

-Autopsie. — On ne sent plus la tumeur dans la fosse iliaque gauche. A l'ouverture de l'abdomen, péritonite généralisée. Intestin grêle diminué de calibre, vide de matières. Estomac très-augmenté de volume. Le gros intestin est injecté et offre en plusieurs endroits un commencement de sphacèle. Il ne mesure pas plus de 50 centimètres. De la colonne vertébrale au fond de la fosse iliaque gauche s'étend une masse dure, rougeâtre, épaisse, cylindrique, de 30 centimètres de long, commençant à droite par un bourrelet qui la rattache au gros intestin, et constituée par une invagination du côlon.

Le cylindre interne était entouré d'une matière blanchâtre, granuleuse, comme on en trouve dans la péritonite. Des adhérences l'unissaient au cylindre externe. A la partie supérieure on trouva un point sphacélé et ne tenant que fort peu au reste de l'intestin. Les membranes du gros intestin étaient très-épaisses.

Obs. LXIII. Obs. LXIIl. — Invaginamento del colon transversum ; colite cronica ; Concato. morte per febbre consecutiva. — (Concato. Rivista clinica 1868.

On ne sera pas surpris de ne pas trouver ici l'index bibliographique des invaginations intestinales chroniques. Les éléments suffisants n'en existent pas, et je ne pourrais que répéter ici les noms et les indications des quelques auteurs que j'ai eu soin de citer toutes les fois que j'ai dù leur faire des emprunts.

En ce qui concerne les invaginations en général, on trouvera tous les renseignements bibliographiques utiles dans les mémoires de MM. Besnier, Duchaussoy, Rilliet, Smith, etc., et surtout dans celui deM. Leichten stern.

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