‹ Étude sur les invaginations intestinales chroniquesChapitre 21 sur 26 · I. Observations · texte numérisé non relu

I. Observations

A. Invaginations iléo-cœcales.

- Obs. I. (Voir page 158).

Obs. II. Invagination intestinale ayant simulé une péritonite tuber eu- Obs. II. leuse. (personnelle, présentée à la Société clinique). - Paul H..., âgé personnelle de 13 ans, entre le 15 mai 1877 dans le service de M. Archambault à l'hôpital des Enfants-Malades, salle Saint-Louis no 10. Il se plaint de diarrhée et de vomissements dont le début remonte à six semaines environ.

L'enfant médiocrement développé pour son âge, pâle et d'apparence lympathique, n'a pas eu de maladie antérieure grave ; mais il n'a jamais été robuste et souffre fréquemment de maux de tête passagers. Il habite Paris depuis l'âge de 5 ans, dans un logis sec et aéré. Son alimentation habituelle est bonne.

Il est fils unique et son père ni sa mère n'ont jamais présenté d'accidents qui puissent être rapportés à la tuberculose. Il a eu la gourme dans son enfance, parait-il, mais ne présente pas actuellement de symptômes de scrofule.

La diarrhée dont il souffre depuis six semaines, parait s'être établie d'une façon graduelle ; les selles sont peu nombreuses, généralement très-liquides et d'une odeur infecte.

Les vomissements, qui ont commencé vers la même époque, se produisaient presque chaque jour. Ils avaient un peu diminué de fréquence pendant les dernières semaines, mais depuis trois jours, ils ont reparu de nouveau et déterminent, une heure environ après chaque repas, le rejet des aliments. L'appétit cependant est resté bon, et l'enfant ne prétend s'être aperçu d'un peu d'amaigrissement que depuis ces derniers jours.

Il ne tousse pas et n'est pas sujet aux bronchites.

Au moment de son entrée le ventre est modérément tendu, également sonore partout, mais sa sensibilité est tellement vive que l'exploration en est rendue extrêmement difficile. C'est surtout dans le flanc droit, où existe un certain degré d'empâtement, de tuméfac-

tion, que la doule ur spontanée et la douleur provoquée par la pression, sont fortes. Pendant la palpation, quelques gargouillements se produisent. La douleur spontanée affecte la forme de coliques.

L'examen des organes thoraciques est absolument négatif.

Pendant les premiers jours qui suivirent l'entrée du malade, on constata un certain degré de rémission dans les symptômes, sous l'influence du régime lacté, du repos et de l'application d'onguent belladoné et de cataplasmes sur le ventre. Les douleurs abdominales ne permettaient pas encore la palpation, mais diminuaient d'une façon graduelle ; les vomissements avaient cessé ; la diarrhée était remplacée par de la constipation. La température, enfin, oscillait du matin au soir, entre 37o6 et 38o2.

Cependant, le 21 mai, les vomissements recommençaient, le ballonnement du ventre augmentait et le malade se plaignait plus vivement de la persistance de la douleur au niveau de l'épigastre.

Du 25 au 28, la maladie offrait une période d'acuité •, la température montait jusqu'à 38 degrés 7 dixièmes le soir. Douleurs très-vives au niveau de l'épigastre ; nuits mauvaises, avec agitation et sueurs, soif vive ; plusieurs vomissements, diarrhée. Ventre très-ballonné et excessivement douloureux. Face paie, yeux excavés, faciès de péritonite.

Le 29. Pas de vomissements ni de selles, mais des éructations répétées qui gênent beaucoup le malade. Le ventre est toujours bal'onné, mais d'une façon irrégulière ; il est bosselé, surtout à droite, et toujours aussi douloureux.

Le 31 mai et le l^'" juin, accès violents de gastralgie ; un vésicatoire, appliqué sur l'endroit douloureux, amène un soulagement très-prononcé.

Les notes quotidiennes prises pendant le mois de juin peuvent se résumer en quelques mots. L'enfant allait mieux ; l'appétit, diminué d'abord, était redevenu impérieux et même parfois vorace ; les digestions se faisaient bien, en général, quoique de temps à autre elles fussent troublées par un vomissement ou suivies par plusieurs selles diarrhéiques. Le ventre était moins ballonné, mais la palpation y rêvélait toujours des masses dures, peu douloureuses alors, donnant en certains points un peu de submatité â la percussion et occupant la région sus-ombilicale de l'abdomen. Cette amélioration fut mise avec une grande apparence de raison sur le compte de Tiodure de potassium que l'enfant prenait alors à la dose quotidienne de 50 centigrammes.

En juillet, les atteintes de gastralgie devinrent très-fréquentes. On trouvait toujours un empâtement assez étendu, occupant, sous forme d'une masse dure et indistincte, l'hypochondre droit et les parties supérieures de l'abdomen : et, en outre, les anses intestinales irrég-u-

liêremeut distendues, soulevant par places la paroi abdominale. La diarrhée, qui se produisait tous les deux ou trois jours, devenait plus abondante.

Le 15. La température dépassait 39 degrés, exceptionnellement, il est vrai. La diarrhée était très-forte.

Le 18. L'enfant commençait à tousser pour la première fois ; l'examen de la poitrine ne révélait cependant aucun signe de lésion pulmonaire ou pleurale. On sentait toujours à la palpation du ventre, des bosselures déterminant de légères saillies de la paroi abdominale ; une grosse masse occupait le flanc gauche un peu en dehors et au-dessus de l'ombilic et paraissait très-superficielle.

La première quinzaine du mois d'août fut assez calme ; les selles étaient devenues régulières ; l'enfant accusait un appétit très-vif ; l'état général se soutenait à peu près. Mais à partir du 26, et pendant tout le mois de septembre, l'amaigrissement reprit sa marche continue et les accès de gastralgie se reproduisirent presque quotidiennement. Le seul remède efficace était un petit vésicatoire qui calmait la douleur rapidement, et dont le malade lui-même réclamait l'application avec instances.

Le 30 septembre, le malade recommençait à tousser un peu et accusait un léger point de côté à gauche ; cette fois, on put constater l'existence de quelques froissements pleuraux à la base et en arrière.

L'enfant considérablement amaigri et cachectique déclina de plus en plus rapidement pendant le mois d'octobre. Il offrait chaque jour davantage le faciès d'un tuberculeux, et le volume de son ventre contrastait avec l'émaciation du thorax et des membres. L'appétit persistait toujours, mais toujours aussi les vomissements se produisaient après l'ingestion d'aliments autres que le lait, les potages et les œufs, et même avaient lieu en dehors de toute tentative d'alimentation.

Le malade, s'affaiblissant et s'émaciant de plus en plus rapidement, est pris d'une phlegmatia alba dolens de la jambe et de la cuisse gauches, le 30 octobre. Il meurt le 6 novembre, à 1 heure du matin, parvenu au dernier degré du marasme.

Autopsie (résumé). Le péritoine était parfaitement sain et ne présentait pas trace de péritonite. Il ne renfermait ni liquide, ni adhérences : mais, à la partie supérieure de la cavité abdominale existait une énorme tumeur, allongée transversalement, régulièrement arrondie et offrant la même coloration que l'estomac dont elle embrassait la grande courbure. L'examen le plus superficiel montrait qu'on avait affaire au côlon transverse extrêmement dilaté jusqu'au côlon descendant par l'iatussusception du côlon ascendant, du caecum et d'une partie de l'intestin grêle. La tumeur était longue de 18 centimètres environ et sa circonférence était de 16 centimètres. (Voir à la fin du mémoire la Rafinesque. i

planche dessinée d'après nature par M. A. Lapierre, interne des hôpitaux.)

Il existait des traces d'inflammation chronique et des adhérences assez intimes entre les séreuses accolées. L'extrémité interne des cylindres était frappée de mortification dans une certaine étendue, et cette mortification avait détruit à peu près complètement la valvule iléo-cœcale ; dans le reste de la tumeur, la tunique musculaire et le tissu cellulaire sous-muqueux étaientnotablement épais;sis et la surface du cylindre moyeu présentait une coloration lie de vin foncée et uniforme. La cavité centrale était conservée et parfaitement perméable. Le mésentère entraîné par l'intestin invaginé n'était pas sensiblement altéré et se trouvait simplement tendu et plissé entre les séreuses rapprochées. Les ganglions qu'il renfermait ne présentaientpas d'altération appréciable.

Au-dessus de la tumeur, l'intestin grêle offrait des parois légèrement hypertrophiées et une distension peu prononcée ; l'estomac rempli de matières jaunes semi-liquides n'avait que sa capacité ordinaire. La muqueuse intestinale ne présentait dans toute sa longueur aucune autre lésion qu'un œdème très-considérable.

Il existait quelques légères adhérences pleurales à gauche. Tous les autres organes étaient parfaitement sains.

Obs. III. Obs. III. — Intussusception iléo-ccecale. (Résumée. Hughues, Guy's hos- Hughues. p-f^i Reports, 1856, 3«série, t. II p. 59.)— D. D.., tailleur, âgé de 14 ans, admis le 27 février. Très-bonne santé antérieure. Il a été pris, sept semaines auparavant, après avoir été exposé à un grand froid, par une douleur abdominale cruelle, qui cessa après plusieurs heures de durée, mais pour reparaître le lendemain. Elle continua à revenir à des périodes incertaines, quelquefois à deux reprises dans une journée, le plus long intervalle ayant été du 21 au 25 février, époque â laquelle il prit de l'huile de ricin. Depuis lors il souffrit de ténesme, d'anorexie et de vomissements après ses repas. Douleur donnant une sensation de torsion et d'arrachement, siégeant surtout vers le niveau de l'ombilic ; il pouvait constater lui-même la présence dans l'abdomen de grosseurs qui disparaissaient en même temps que la douleur. Pendant les paroxysmes il se couchait les jambes relevées et trouvait du soulagement en appuyant les mains sur l'abdomen. Accès de durée très-variable ; revenant à cette époque de deux jours l'un, cessant souvent après l'évacuatiou de vents ; laissant le malade tout à fait bien portant pendant leur intervalle; appétit capricieux ; deux selles naturelles par jour. A son entrée émaciation considérable 5 expression lamentable [dreary careworn) du regard ; langue blanche et chargée ; coliques cruelles ; abdomen dur [rigid), sensible en quelques points

seulement, et inégal pendant les paroxysmes, mais mou, flasque et non douloureux pendant leur intervalle. Pouls et peau naturels. Rejet d'un lombric avec du mucus par l'anus. (Régime lacté, opium et calomel).

Le 28. Insomnie et douleurs cruelles, bien que le purgatif eut agi.

Le 29. Sommeil et absence de douleurs ; abdomen plat et flasque, mais on peut sentir une induration dans l'hypochondre gauche. Selles copieuses, avec un lombric ; pas de vomissements ; appétit vorace (ravenous).

2 mars. Nouvelle purgation qui agit bien ; quelques coliques moins fortes.

Le 4. Dépression assez prononcée ; intestins paresseux. Le 10 et le 11. Retour de coliques très-cruelles.

Le 13 et le 14. Attaques de diarrhée ; selles muqueuses et visqueuses.

Le 15. Douleurs cruelles dont témoigne l'expression angoissée et hagarde de sa physionomie. Nuit sans repos. Langue blanche. Pouls petit, rapide et dépressible ; abdomen distendu et anses intestinales saillantes. Symptômes de dysenterie: évacuations répétées, avec beaucoup de ténesme, et formées de mucus sanglant sans trace de matières fécales. Anorexie et vomissements bilieux abondants.

Le 18. Peu de modifications dans les symptômes ; la souffrance a été excessive et le malade est grandement épuisé par l'extrême douleur. Vomissements incessants de liquides verts et cruelle douleur avec distension de l'abdomen. On soupçonne l'ingestion d'aliments renfermant des substances irritantes ou toxiques.

Le 19. Vomissements incessants, rejet d'un lombric par la bouche. Douleur au maximum; beaucoup de ténesme, avec expulsion de mucus sanglant, sans matières fécales.

Le 20. Un lavement passe librement dans l'intestin, est gardé un temps considérable, mais ne produit aucun résultat. Mal au cœur insignifiant, douleur moins cruelle; abdomen inégal, dur et bosselé en quelques points, mou et plat dans d'autres ; mais en tous temps gardant plus ou moins de dureté et de sensibilité à la pression au scrobicule du cœur et dans l'hypochondre gauche.

Le 22. Un lavement a ramené un peu de matière féculente. Le malade se sent assez bien {tolerably comfortable), mais se plaint d'ua grand épuisement et paraît très-déprimé et très-émacié.

Le lendemain, 23, on trouve son état brusquement aggravé. Sensibilité vive et tension de l'abdomen, douleur extrême, face tirée, anxiété, peau visqueuse, pouls à peine perceptible, enfin tous les signes de la péritonite par perforation. Mort quelques heures après la visite.

Quatre diagnostics différents étaient portés par les quatre médecins

qui avaient suivi le malade : maladie vermineuse, affection organique maligne, empoisonnement, intussusception.

L'autopsie donna raison à ce dernier. Il y avait une invagination du cœcum retourné, entraînant l'intestin grêle et le côlon ascendant dans les côlons transverse et descendant. Péritonite aiguë générale avec exsudats et un peu de liquide jaune dans les parties déclives de la cavité abdominale. Perforation récente de la courbure sigmoïde du côlon. Deux ou trois ulcérations au-dessus de l'invagination, dans la partie inférieure de l'iléon, qui était d'une couleur pourpre foncée et contenait plusieurs lombrics. L'intestin invaginé était un peu courbé sur lui-même par la traction exercée par le mésentère ; il offrait tout entier une coloration vert noirâtre et était considérablement ulcéré à son extrémité inférieure. Le canal central, quoique étroit, était parfaitement perméable et renfermait une petite quantité de matière fécale, comme l'intestin situé plus bas. Des adhérences récentes, difficilement séparables existaient à la partie supérieure.

Obs. IV. Obs. IV. — Intussusception. Douleur et tumeur abdominales, seuls Hilton symptômes pendant quatre mois. Tumeur fécale supposée ; diagnostic Fagge. correct porté sept jours avant l'apparition des syinptômes d'étranglement.

Mort. Autopsie (Résumée. Hilton Fagge, Giiy's hospital Reports, 3"' série, vol. XIV, 1868, p. 289). — W. B..,, âgé de 5 ans, est amené à la consultation au milieu de mai 1868. 11 se plaint de douleurs abdominales et présente dans la région de l'hypochondre gauche une tumeur courbée sur elle-même et offrant exactement la forme qu'auraient eues la courbure splénique et les parties adjacentes des côlons transverse et descendant si elles avaient été bondées de matières fécales.

Le malade n'entra que le l^"" juillet à l'hôpital, la tumeur semblant moins volumineuse et siégeant à l'épigastre. On obtint les renseignements suivants : Vers le milieu de mars, l'enfant fut en butte à des violences qui portèrent sur l'abdomen. Après trois ou quatre jours de douleurs abdominales, de constipation et de vomissements (dans l'un desquels il y eut un ascaride lombricoïde), il fut pris d'une douleur abdominale assez violente pour le faire rouler sur le sol. Il resta malade pendant une semaine, puis alla mieux, mais il continua à avoir de.s accès de douleur spasmodique dans l'abdomen avec beaucoup d'agitation. Anorexie, fonctions intestinales régulières. Jamais de sang dans les selles.

Tumeur cylindrique, ô surface irrégulière ou lobulée, insensible à Ja pression; changeant déposition de temps en temps et pouvant être mobilisée. Pas de matité nette.

Pendant les premières semâmes de juillet, accès de tranchées rapportées au niveau de l'ombilic, une ou deux fois par jour. Selles naturelles tous les jours. Vomissements le 8. La tumeur se porte à giiuche

de l'ombilic le 3, redevient centrale le 4. Le 7, elle est très-distincte; il y a sous les côtes du côté droit une masse de nature difficile à déterminer.

Le 9. La tumeur est évidente dans la région du côlon transverse; elle disparaît du côté droit par le pétrissage. Elle donne une sorte de crépitation gazeuse (■') et paraît nettement nodulée. Un purgatif agit bien ; mais le lendemain la tumeur était un peu plus volumineuse et occupait la position du côlon descendant aussi bien que celle du transverse; tranchées.

Le 11. Un lavement fut donné pour mesurer la capacité de l'intestin au-dessous de la tumeur. On ne put injecter qu'une demi-pinte d'eau de gruau, le ventre devenant tellement tendu qu'il parut imprudent d'en injecter davantage. Le tube fut introduit dans une longueur de 13 pouces. Aussitôt après une grande quantité de fèces noires furent évacuées; la tumeur ne put plus être distinctement sentie, bien qu'il restât de la plénitude dans la région lombaire droite. •

Jusqu'au 21, il y eut peu de changements dans les symptômes. La douleur revenait deux ou trois fois chaque jour. La tumeur était la plupart du temps facile à sentir, mais dans deux ou trois occasions elle ne put être découverte. On constata à plusieurs reprises qu'elle était rendue plus dure par les manipulations, de telle sorte que bien que peu distincte d'abord, elle devenait ronde et proéminente pendant l'examen.

Le 19 seulement, on songea à une intussusception.

Le 21. Beaucoup de douleurs et un peu de fièvre.

Le 22. La tumeur paraît composée de deux parties, l'une transversale, occupant le siège de l'arc du côlon ; l'autre verticale, semblant naître de derrière la partie supérieure et occupant le trajet du côlon descendant. La tumeur semblait toujours durcir sous la pression de la main. Pas de sensibilité à la pression. Vomissements.

Les selles continuent à être régulières, cependant elles renferment un peu de mucus le 24.

Le 26. L'enfant était debout et courait dans la salle.

Le 27. Vomissements abondants d'un liquide grisâtre ; beaucoup de diarrhée ; un peu de fièvre. La nuit suivante, agitation, vomissements, diarrhée, violente douleur abdominale qui le fait se rouler d'un côté à l'autre ou se coucher sur le ventre.

Le 28. Il rendit par les sel' es environ deux cuillerées de sang et de mucus mêlés. Depuis lors aggravation rapide, nombreuses évacuations sanglantes. Agitation excessivement pénible, l'enfant ne cessant de se jeter de son lit dans les bras de sa mère et de pousser des cris de douleur. Les injections de morphine seules lui donnèrent du calme. L'abdomen se distendit. La tumeur, mate, devint plus volumineuse qu'avant.

Grisolle

L'état de l'enfant ne cessa de s'aggraver jusqu'à la mort, qui eut lieu le 31 juillet, au milieu de douleurs relativement moins fortes.

Autopsie. — invagination de la fin de l'iléon et du caecum dans les colons et l'S iliaque. Intestin grêle peu distendu. Les séreuses contiguës de l'invagination étaient unies par des bandes de lymphe, dont la formation n'était pas très-récente. La paroi interne était très-gonflée et épaissie et d'une couleur foncée ; mais il n'y avait ni ulcération, ni gangrène. Pas de péritonite.

Obs, V. Obs. V. Invagination du gros intestin, suivi d'un êpanchement de matières stercorales dans Vabdomen (Résumée ; Grisolle, Bull, de la Soc. anat. 1835, p. 71 etAtlas d'Anat, pathol. de Cruveilhier, livraison 21"*, page 4). — Spino, ébéniste, âgé de 29 ans, hygiène alimentaire habituelle déplorable et ivrognerie.

Il y a trois mois environ, il fut pris d'un dévoiement copieux avec coliques, aggravé par chaque écart de régime et exaspéré par un drastique. Il entra à l'Hôtel-Dieu le 12 mars 1834. Sorti non guéri au bout de dix-sept jours, il dut rentrer à l'hôpital Beaujon le 10 août suivant. Il se plaignait alors d'avoir un dévoiement jaunâtre ; selles fréquentes, sans épreintes, précédées et accompagnées de coliques assez vives, sans siège spécial, mais revenant de temps en temps par crises pendant lesquelles se dessinaient des bosselures sur le trajet des côlons ascendant et transverse. Ces crises terminées, le ventre était souple ; la pression n'augmentait pas les coliques; pas de hoquets, ni de vomissements, langue normale; pouls à 60. Le 20 avril les coliques et le dévoiement avaient disparu. Des écarts de régime ramenèrent tous les accidents. La nuit qui succédait à ses repas copieux était ordinairement marquée par de violentes coliques, pendant lesquelles le malade se roulait dans son lit ; quelquefois il vomissait des matières verdàtres et amères. Pendant ces crises, tumeur du volume du poing à la partie inférieure de Thypochondre droit, disparaissant brusquement et avec un gargouillement considérable au bout de deux à cinq minutes.

Les nuits des 5, 6 et 7 mai furent terribles pour ce malheureux, ses coliques étaient atroces et le rendaient comme furieux. Le ventre se tuméfia et devint douloureux, Spino entra de nouveau à l'hôpital Beaujon le 11 du même mois, avec des sj^mptômes de péritonite; ventre très-tuméfié, excessivement douloureux, etc. On ne sent ni tumeur dans la fosse iliaque droite, ni dépression dans la fosse iliaque gauche. Dévoiement continu, urines rares.

Les 13 et 14. Les phénomènes s'aggravent continuellement. Dans la soirée du 14, la dyspnée augmente, le ventre grossit considérablement d'une façon brusque ; mort dans la nuit.

Autopsie. — Epanchement stercoral énorme. Péritonite exsudative généralisée. Cœcum et 4/5 inférieurs du côlon ascendant invaginés dans le côlon transverse où ils forment une tumeur dure, cylindrique, rouge livide, de 7 pouces 6 lignes de long sur 5 de circonférence; son extrémité libre, conoïde, porte deux ouvertures, l'une ovalaire par laquelle on aperçoit les deux lèvres de la valvule de Bauhin, l'autre, orifice de l'appendice iléo-caecal.

Les deux surfaces séreuses opposées sont adhérentes l'une à l'autre par des filaments qui offrent une certaine résistance ; entre elles existe une cuillerée à café de pus crémeux. La cavité de l'intestin grêle, au centre, est réduite au tiers de son arnpleur ordinaire. Au-dessus de la tumeur, large déchirure de l'intestin grêle; celui-ci est affaissé, non aminci, dilaté. A un demi-pouce du pylore existe une ulcération de 6 lignes de diamètre, dont le fond est formé par la tunique musculeuse.

Obs. VL Invagination de l'iléon, du cœcum, des côlons ascendant et Obs. VI transverse, dans le côlon descendant, VS iliaque et le rectum, à la suite Durante dune violence extérieure. Marche lente. Abondant écoulement de sang par Vanus. Péritonite. Mort. Autopsie. — (Résumé. Durante, Bull, de la Soc. anat. 1859, p. 28.) — Louis T..., âgé de 29 ans, entré le 3 novembre 1858 à l'Hôtel-Dieu, eut il y a neuf mois, le ventre violemment comprimé entre deux wagons. A la suite de cet accident, vomissements et diarrhée sanguinolente ; il put reprendre ses travaux au bout de quelque temps. A son entrée, douleurs de ventre très-vives, par accès, avec diarrhée assez abondante, durant depuis quelques semaines, mais sans que l'état général fût alarmant. Dès cette époque, M. Pelletan re^ marqua dans la fosse iliaque gauche une tuméfaction douloureuse, profonde, sans empâtement ni changement de couleur à la peau, faisant un léger relief sur la paroi abdominale et présentant cela de particulier qu'elle se déplaçait d'un jour à l'autre, par en haut ou par en bas. Amélioration par les ventouses scarifiées, les astringents, les émollients et les narcotiques.

Le 1" janvier 1859, le malade souffrait depuis deux ou trois jours d'épreintes fort douloureuses suivies de selles peu abondantes, mais renfermant du pus mêlé à du sang. Pâleur et amaigrissement ; face grippée exprimant la souffrance et une anxiété considérable. Pouls petit, concentré, fréquent; langue blanchâtre, sèche. Appétit nul, pas de vomi3sement8;'mais douleurs de ventre excessivement vives et partant de la région lombaire pour aboutir à l'anus, provoquant l'expulsion d'une selle liquide. Ventre rétracté et douloureux à la pression, surtout au niveau de la fosse iliaque gauche, où existe une tumeur très-légèrement saillante, mais dure au toucher, sans fluctuation, à base large et profonde, difficile à délimiter, mate à la percussion. M. Barth tend à

admettre la présence d'une collection sanguine ou purulente du petit bassin, ouverte dans le rectum.

Aggravation les jours suivants ; le ventre se rétracte de plus en plus et laisse apercevoir dans la fosse iliaque gauche une tuméfaction persistante, mais qui ne se déplace point. Selles de plus en plus fréquentes et douloureuses; le malade, constamment sur le bassin, prend les positions les plus diverses pour trouver un peu de soulagement et rend tantôt du sang pur, tantôt des coagulums noirâtres, fétides, ressemblant à des détritus gangréneux. Pas de vomissements.

5 janvier. S3'mptômes de péritonite généralisée qui s'aggravent continuellement pour aboutir à la mott, après six jours de souffrances continuelles, le 11 janvier au soir.

Autopsie. — Pus et fausses membranes dans le péritoine. L'S iliaque, ayant acquis le volume du bras d'un adulte, remonte dans le flanc gauche jusqu'auprès de la région ombilicale et renferme le caecum , la fin de l'iléon et les côlons ascendant et transverse. La longueur de la tumeur est de 48 centimètres ; le caecum retourné fait saillie dans le rectum à 5 ou 6 centimètres de l'anus ; sa muqueuse, noirâtre, ne présente pas d'ulcérations ; sa forme simule le col de l'utérus, il présente deux ouvertures. Les tuniques épaissies forment une épaisseur de 3 centimètres sur plusieurs points. Les séreuses en contact sont adhérentes par places. Une sonde pénètre très-facilement dans l'intérieur de l'invagination.

Obs VII Invagination intestinale. (Résumée. Lacaze-Duthiers,

Lacaze-' Bull, de la Soc. anat., 1848, p. 272.) — La malade était restée près Duthiers. d'un mois et demi dans le service de Hervez de Chégoin. Traitement purement palliatif, le diagnostic n'ayant été bien tranché que dans les derniers moments de la vie.

Pendant la plus grande partie du séjour, il n'y eut que des douleurs légères de ventre, et du dévoiement : pas de vomissements. Teinte subictérique légère. Diagnostic de tumeur cancéreuse du côlon descendant. Tumeur dans la fosse iliaque gauche, variant de volume et un peu de position. Toucher négatif par le vagin et le rectum. Deux jours avant la mort, symptômes de péritonite.

Autopsie. — Intestins grêles agglutinés par des productions membraneuses ; pus dans le péritoine. Tumeur siégeant vers l'orifice de l'S iliaque etrenfermant lecœcum, le côlon ascendantetle côlon transverse. L'anse invaginée descend jusque dans l'ampoule rectale, et fait hernie dans le péritoine par une ulcération de deux pouces environ. La jonction de l'intestin grêle et du caecum est le siège d'une tumeur noirâtre, fibreuse, dure au toucher, ayant l'aspect extérieur de la mélanose, mais ne présentant au microscope aucun des caractères des cancers. Cette

tumeur est ulcérée à son centre et verse directement les produits de l'intestin grêle dans le rectum.

Obs. VIII. Invagination intestinale. Péritonite. (Résumée. Lhonneur Qbs. VIII.

et Vulpian, BitZ/. de la Soc. a?iat,, 1855, p. 100.)— B..., terrassier, Lhonneur

31 ans, entre dans le service de M. Hérard, le 2 mars 1855, pour une ^\

j,- • -jj • Vulpian.

dysenterie datant de plusieurs mois, accompagnée de dysurie.

Constitution excellente et bonne santé habituelle, sauf quelques douleurs pendant la miction depuis quatre ou cinq ans.

Il y a quatre mois, il fut réveillé tout à coup, au milieu de la nuit, sans cause Connue, sans trouble préalable des fonctions digestives, par des douleurs violentes ; constriction dans l'abdomen, au niveau de l'ombilic et des flancs. Douleurs continues mais exacerbantes ; ténesme vésical pénible; impossibilité d'aller à la selle. Pas de nausées, ni de vomissements.

Le lendemain, quelques selles liquides très-douloureuses ; les coliques cessèrent d'être continues, mais le ventre resta sensible à la pression. Prostration, abattement ; douleurs reveillées par le moindre mouvement et surtout par les garde-robes.

Les selles restèrentliquides et toujours pénibles depuis cette époque. Un mois après, évacuations de matières sanguinolentes, glaireuses et fétides, peu abondantes, accompagnées de douleurs violentes et souvent d'une procidence de la muqueuse rectale.

Jamais de perte d'appétit, mais digestions difficiles et longues, avec éructations gazeuses fréquentes. Perte graduelle des forces et de l'embonpoint.

Il entre à l'hôpital en mars. Face altérée, pâle, amaigrie; émaciation considérable. Pouls petit, fréquent (90 P.). Diarrhée jaunâtre, excessivement fétide, quelquefois sanguinolente ; ' épreintes, ténesme, dysurie. Abdomen sensible à la pression, surtout ■ dans les flancs; aplati dans le flanc droit, développé sensiblement dans le flanc gauche. De ce côté existe une tumeur plongeant dans le petit i bassin et remontant à gauche sur le trajet de l'S iliaque et du côlon ; jusqu'au niveau du rein, puis se recourbant presque à angle droit audessous des fausses côtes pour se diriger à droite jusque vers la ligne : médiane. Elle est cylindrique, solide, mate, assez fixe. Le toucher rectal atteint l'extrémité inférieure de cette tumeur, à laquelle on peut im- I -■ primer des mouvements visibles dans sa partie la plus superficielle. : Elle est le siège de douleurs spontanées, exaspérées par les efforts de défécation, les mouvements, la pression et la percussion. Le malade « s'est aperçu de l'existence delà tumeur depuis deux mois. Autres fonctions assez régulières 5 appétit faible, mais conservé. Le 9. Après l'administration d'un purgatif, 5 selles liquides ont lieu, ' Abdomen tendu, sensible partout.

A partir du 10 il y a quelques nausées et vomissements, et les phénomènes de la péritonite généralisée se prononcent. Mort le 12 à cinq heures du soir.

Autopsie. — Adhérences et liquida séro-purulent dans la cavité abdominale.

^ Invagination iléo-cœcale. La tumeur, commençant à la moitié de l'arc du côlon et se terminant à la moitié de l'S iliaque, est longue de 48 centimètres; sa circonférence est de 24 centimètres ; elle est légèrement noirâtre et ramollie en un point de sa courbure. L'intestin grêle présente les caractères de l'entérite chronique; dans l'étendue de 15 centimètres au-dessus de l'invagination, ses parois, comme squirrheuses, ont 3 millimètres d'épaisseur.

Extrémité inférieure de l'anse invaginée comparable à un col utérin triplé au moins de volume. Les deux surfaces séreuses n'adhéraient pas entre elles, si ce n'est au niveau du collet. Une fente du boudin d'invagination permettait aux matières de passer entre la tunique moyenne et la tunique extérieure de l'invagination.

Obs. IX. Obs. TX. Intussusception intestinale anomale. (Très-résumée. Wil- Brinton. liam Brinton, The Lancet, 1863, vol. I, p. 409.) — Le malade, âgé de 38 ans, d'habitudes intempérantes, avait remarqué environ quatre mois avant son entréeune grande diminution de l'appétit. Un mois plus tard, il fut pris d'une douleur cruelle et aiguë 'pinching) correspondant à l'ombilic et qui le fit se plier en deux et provoqua un vomissement de matières verdàtres. Depuis lors, il fut sujet à une douleur cruelle, mais rémittente, de caractère déchirant, qui devint continue avant son admission. De temps à autre, en outre, il y avait des vomissements, généralement alimentaires. Fonctions intestinales irrégulières, tantôt diarrhée, tantôt état normal, rarement constipation ; celle-ci toujours justifiable des purgatifs. Teint blafard, émaciation rapide et perte des forces. Il fat reçu à l'hôpital le 15 septembre 1862.

On trouva l'abdomen tant soit peu distendu et très-sensible à la pression, surtout dans sa partie inférieure, paraissant de plus renfermer un peu de liquide. Une tuméfaction cylindrique incurvée en croissant, à concavité supérieure, traversait la région hypogastrique, La moitié droite de cette tumeur était évidemment le siège d'un mouvement péristaltique actif, pendant lequel l'anse intestinale se dressait contre la paroi abdominale dans un spasme excessivement douloureux et qui, après avoir duré trois ou quatre minutes, était remplacé par un calme relatif; état de rémission plutôt que d'intermission delà douleur et du mouvement péristaltique.

En outre, grande faiblesse, vomissements fréquents, surtout alimentaires. Pouls à 84. Rien à noter du côté des autres organes, sauf un peu d'exagération du murmure vésiculaire des poumons.

On diagnostiqua un cancer de l'intestin, avec cancer secondaire du poumon.

Le fractionnement des aliments, d'abord semi-liquides, puis solides et réparateurs; les stimulants, eau rougie, eau-de-vie, punch au lait 5 les narcotiques, opium et surtout belladone, produisirent une grande amélioration. Cependant l'état général continua à s'aggraver et le malade mourut «terriblement» émacié et épuisé, six semaines après son admission.

Autopsie. — Péritonite très-ancienne, exsudative, avec un peu de liquide verdàtre sale. Intussusception iléo-csecale dans une longueur de 6 pouces. A part un très- léger gonflement avec infiltration des diverses tuniques de Tintussusception, il n'y avait aucune des altérations auxquelles on pouvait s'attendre, inflammation, adhérences, ulcération ou gangrène. Le D' Mootgomery constata que l'épithélium delà muqueuse invaginée était le siège d'un dépôt de pigment, occupant l'intérieur des cellules sans affecter autrement leur structure. Les deux poumons , étaient farcis de petites masses cancéreuses.

Obs. X. Intussusception élimination spontanée. (D"" Hesilridge Buckby Obs. X. et Quain, Pathol., Transact. 1859, vol. X, p. 160). — Petit garçon de Buckby 5 ans, qui tomba malade quatre mois avant l'évacuation d'une masse d'intestin. Les sj'mptômes furent d'abord seulement ceux d'une fièvre (?); mais quand M, Buckby le vit, il souS'rait beaucoup, et continua à souffrir jusqu'au pioment de l'évacuation de l'intestin invaginé. Maximum de la douleur dans la région de la vessie, un peu soulagée par la pression; aucune sensibilité. Les urines étaient quelquefois supprimées pendant quarante-huit heures de suite ; d'autres fois, faciles et abondantes. Constipation fréquente, parfois pendant cinquante heures de suite. Vomissements de temps à autre, mais jamais fécaloïdes. Jamais de sang dans les selles. Pouls toujours entre 100 et 120. Appétit quelquefois vorace. Les vomissements furent arrêtés par l'usage interne du chloroforme.

8 pouces de l'iléon, le caecum avec son appendice et environ 4 pouces du colon furent rejetés par une selle, que la diarrhée précéda et suivit.

Six semaines après le petit malade paraissait parfaitement remis; les fonctions digestives étaient normales.

M. Quain parle de nouveau de ce petit malade dans un volume subséquent des Pathological transactions : sa santé était parfaite en septembre 186.3.

Obs. XL Invagination intestinale méconnue. (Résumée. D"- Gouzée, Qbs. XI, Arch. gén. de méd., 1835, 2« série, vol. IX, p. 443.) — Demany, âgé de Gouzée.

et Quain.

45 ans ; plusieursattaques de fièvre intermittente depuis deux ans ; entre pour une ascite à l'hôpital militaire d'Anvers, le 17 décembre 1834.

Aplusieurs reprises, depuis 7 ou 8 mois, fortes coliques avec anxiétés, vomissements séreux et quelquefois selles liquides. Ces coliques reparurent quatre jours après son entrée. Elles étaient rémittentes et d'une extrême violence; sensation de déchirement dans les entrailles, provoquant des cris et de vives anxiétés. Après plusieurs heures de durée, elles diminuaient peu à peu et devenaient supportables pendant un temps plus ou moins long pour revenir ensuite avec la même intensité.

Légère sensibilité de tout l'abdomen à la pression ; mais surtout dans la région iliaque gauche, où était rapporté le maximum des douleurs; on sentit en ce point un peu de tuméfaction et de résistance.

Les douleurs séparées d'abord par des rémissions plus longues et plus complètes disparurent entièrement à la fin du mois de janvier; mais elles revinrent au bout de trois ou quatre jours pour ne cesser qu'avec la vie, le 7 février.

Il y eut, outre la douleur, une soif vive, et des vomissements porracés, sans odeur. Pendant les paroxysmes, pouls presque insensible, sueur froide, cris, changement continuel de position, éructations gazeuses et hoquet. Les traits ne s'altérèrent que dans les derniers jours.

Autopsie. — Anasarque, plusieurs litres de sérosité dans le péritoine; aucune adhérence entre les anses intestinales. Invagination du caecum et des côlons dansl'S iliaque et le rectum. De fortes adhérences formées par une sorte de gelée très-dense unissaient de champ le caecum et une partie de l'intestin grêle à la muqueuse de la partie moyenne de rS iliaque; plus bas et dans le rectum le reste de l'intestin invaginé était libre et flottant.

Obs. XII. Obs. XII. Invagination intestinale prise pour une dysenterie. Péritonite Lailler. par perforations. Mort. Autopsie. (Résumée. M. Lailler, Bull, delà Soc.

anat., 1846, t. XXI, p. 115.)— Vercher, 43 ans, terrassier. Constitution détériorée, maigreur prononcée. Entre le 27 juin 1845, dans le service de Legroux.

Huit jours avant son entrée, ingestion considérable d'eau de puits, étant en sueur : à la suite, coliques qui deviennent de plus en plus intenses ; diarrhée; perte rapide des forces et prostration extrême. Ténesme. Selles comme de la bile.

Du 22 au 25. Vomissements ; selles sanguinolentes; vives coliques.

Le 28. Prostration des forces, amaigrissement assez prononcé, ventr tendu, peu douloureux à la pression. Dans la fosse iliaque gauche et jusqu'auprès de la ligne médiane, tuméfaction mal limitée qui en haut remonte jusqu'au flanc du même côté, pour se perdre dans l'hypochondre. Cette tumeur, non bosselée, est dure, résistante au toucher, sans

fluctuation, complètement mate. Douleur assez vive à l'hypogastre. Pas de soif vive, un peu de faim ; pas de nausées, ni de vomissements ; borborygmesdans tout le ventre ; selles excessivement fréquentes avec épreintes et ténesme. Matières ressemblant à du frai de grenouilles, striées de sang. 68 pulsations régulières.

Du 29 au l"' juillet. A peu près les mêmes symptômes.

Le 2. Amélioration ; selles moins fréquentes, toujours liquides. Tumeur moins considérable, moins dure et moins résistante. — Une portion d'aliments.

Le 3 et le 4. L'état général est meilleur. Tumeur stationnaire ; pas de douleur vive à la pression.

Le 6. Il est survenu dans la nuit, sans cause connue, une vive douleur dans tout le ventre, léger ballonnement, quelques nausées et vomissements. 84 pulsations. Vomissements plus fréquents le soir.

Le 7 et le 8. L'aggravation continue. Léger ictère. Mort à une heure de l'après-midi.

Autopsie. — 2 litres de liquide purulent dans la cavité abdominale ; pas d'adhérences. Dans la fosse iliaque et le flanc gauche existe une invagination iléo-ceecale. A la face antérieure de l'S iliaque, déchirure à bords inégaux, transversale, portant sur les deux tiers de la circonférence et parlaquelle fait hernie la masse noirâtre des parties in vaginées. Un peu plus haut, deux autres déchirures. Aucune adhérence au collet non plus qu'entre les séreuses des cylindres moyen et interne.

Obs. XIIL Intussusçeption du cœcum dans le côZon; quatre mois de Qjjg xill. durée. (Très- résumée. J. Hutchinson, Transact.of the pathol. Soc. ,1856, Hutchinson. VII, p. 193, et in Holmes, System of Surgery, IV, p. 917.) — T... T..., 25 ans, graveur, bonne santé habituelle, se présenta à la consultation, le 30 août 1855. Il était malade depuis trois mois et se croyait atteint de consomption. Il avait eu comme symptômes dominants de l'anorexie, des vomissements, des accès de coliques et de l'amaigrissement. La maladie avait commencé d'une façon tout à fait graduelle par de la constipation et une grande susceptibilité de l'estomac. Aggravation à la suite d'un purgatif et vomissements après chaque repas. Accès de douleurs abdominales dont la violence était telle qu'il se roulait par terre et perdait tout contrôle sur lui-même. A la constipation avait succédé une grande tendance à la diarrhée ; un faible purgatif salin produisait pendant une heure ou deux des évacuations répétées, dont les dernières cependant étaient très-peu abondantes et formées surtout de mucus. En maigrissant, il avait pr^s une expression hagarde et anxieuse. Depuis six semaines, il avait dû cesser de travailler, mais il pouvait cependant encore faire de longues promenades. Le diagnostic porté fut: dyspepsie stomacale.

Treize jours plus tard, le 12 septembre, il fut pris soudainement

d'une douleur abdominale si cruelle qu'il se roula sur le plancher en disant qu'il allait mourir. Aggravation dans la soirée; collapsus et délire pendant la nuit. Le matin suivant il demanda son déjeuner, mais le vomit immédiatement. Les accès de douleur continuèrent et la mort arriva à deuxheures de l'après-midi.

Autopsie. — Abdomen distendu, renfermant environ deux pintes d'un liquide brunâtre homogène sans odeur fécale. Roug;eurs par places sur le péritoine, mais pas d exsudât, ni d'adhérences. Invagination du caecum, etc., dans la moitié supérieure du côlon ascendant, l'extrémité libre de l'appendice iléo-cœcal restant encore visible. Aucune trace de l'approche de la gangrène. Le côlon contenait beaucoup de mucus et de sang coagulé 5 l'iléon, au point où il pénétrait dans l'intussusception, était juste assez serré pour être retenu solidement, mais n'était en aurune façon étranglé et admettait le petit doigt. Fortes adhérences par des fausses membranes d'ancienne formation entre les séreuses en contact.

Obs XIV. Obs. XIV. Iniussusception du gros intestin; saillie du cœcum par Vanus, Fairbank. Mort. Autopsie. (Résumée. Fairbank, Médical Times and Gazette, 1861, vol. II, p. 531). — William Henry S..., âgé de 3 ans et demi, est admis le 26 septembre 1861. Santé habituelle bonne. Décubitus sur le côté droit, les jambes relevées ; physionomie pâle et anxieuse. Pouls petit, à 100 P.; langue chargée; depuis son entrée, une selle muqueuse, striée de sang; anorexie ; vomit tous ses aliments, Soif vive; douleur abdominale ; prolapsus rectal.

L'enfant a commencé il y a huit mois environ à souffrir de douleurs et de gonflement dans le côté droit de l'abdomen. Il continuait néanmoins à se porter assez bien, malgré des attaques semblables se reproduisant de temps en temps, quand, il y a environ quatre mois, eut lieu un prolapsus de l'intestin. Réduction facile, mais reproduction à plusieurs reprises de la procidence qui ne put parfois être réduite qu'au bout de plusieurs jours. Amaigrissement depuis le même temps.

23 septembre, après une sortie en voiture, l'intestin est sorti et n'a pu être rentré. En outre, vomissements alimentaires et douleurs abdominales. Pendant ces huit mois, il y a eu des alternatives de diarrhée et de constipation.

27 septembre. Après une nuit agitée, l'enfant prit un peu de thé. Une heure plus tard, après quelques plaintes, il mourut presque subitement.

Autopsie. — Une anse d'intestin, conoïde, de 2 pouces et demi de long, dépasse l'anus, terminée par le caecum retourné. L'invagination occupe en outre le côlon descendant, la courbure sigmoïde et le rectum, formant une grosse masse qu'on sentait à travers les parois abdominales.

Obs. XV. Invagination intestinale. Péritonite. Mort après plus de cinq Obs.XV. semaines. (Résumée. Butaud, Gaz. des'hôp., 1863, p. 405).— Jacques L..., Butaud. âgé de 22 ans, cultivateur, entre à l'hôpital de Limoges, service de M. Lemaistre, le 14 juin 1863, dans un état de débilitation extrême. Traits grippés et amaigris, yeux excavés, habitus de souflrance. Teint terreux; soif vive. Ventre comme empâté, peu ballonné, dur, résistant au toucher, difficile à déprimer. A la partie supérieure de la fosse iliaque droite existe une tumeur mal limitée, qu'on ne retrouve plus le lendemain et qu'on pouvait prendre pour un amas de matières fécales. Son tympanique dans les régions ombilicale et sus-ombilicale. Matité au-dessous. Douleurs très-vives dans cette région, exagérées par la moindre pression. Amaigrissement extrême du tronc et des membres. Urines peu abondantes. Pouls misérable, à 102 ; respiration haletante. Diagnostic porté ; gastro-entérite ulcéreuse avec péritonite ^ celle-ci regardée à un moment donné comme tuberculeuse.

Début il y a cinq semaines, sans cause appréciable, au milieu d'une bonne santé, par de légères coliques, bientôt aggravées.

Le médecin qui avait vu le malade vers cette époque avait pensé, en présence des coliques atroces et de la constipation opiniâtre, à une colique saturnine. Un lavement laxatif et un purgatif furent suivis d'évacuations copieuses.

Cinq jours après, à la suite d'un repas abondant, le mal reparut avec une nouvelle intensité qui alla toujours croissant ; vomissements alimentaires.

Le 15 juin, insomnie, plaintes incessantes ; vomissements composés de liquide et de grumeaux jaune sale, d'odeur fétide, mais nullement caractéristiques. Pouls à peine sensible ; vomissements ; hoquet, affaiblissement extrême et mort le 18 juin dans la soirée.

Autopsie. — Adhérences entre les anses intestinales ; pas d'épanchement. Invagination iléo-cœcale de 20 centimètres de long dans la moitié supérieure du côlon ascendant et la première moitié du transverse. Canal central perméable. Une vaste ulcération taillée à pic a détruit toutes les tuniques du gros intestin et celles de l'intestin grêle sauf la muqueuse : les cavités intestinale et péritonéale communiquent. Les parois de l'anse invaginée ont 17 millimètres d'épaisseur et adhèrent intimement. Les intestins au-dessus et au-dessous de l'invagination ont leur» parois considérablement épaissies.

Obs. XVL Invagination du cœcum dans la courbure sigmoïde; périto- Obs. XVL nite par perforations. (Résumée. Dance, Répertoire gén. d'anat. et de I^^^^^e. phys. pathol. de Breschet, tome l, 1826, p. 441). — Claude Chaverial, 35 ans, entre à l'Hôtel-Dieu le 19 avril 1825. Il a eu à plusieurs reprises la fièvre intermittente ; il avait l'habitude de se purger assez fréquemment. Depuis quatre ans, vomissements bilieux fréquents.

Depuis quatre mois, les vomissements se répétaient d'un moment à l'autre ; de temps en temps, dévoiement avec selles plusieurs fois teintes de sang. Digestions troublées et marasme.

A son entrée, amaigrissement, teinte jaunâtre, vomissements fréquents, surtout après l'ingestion des boissons. Ventre réiracté, dur et tendu, ce qui empêche d'y faire des perquisitions exactes ; il offre une douleur vague et générale. On porte le diagnostic d'inflammation gastro-intestinale profonde.

Les 21 et 22. Vomissements fréquents, abondants et verdâtres ; ténesme. Ventre toujours rétracté et dur. Pouls petit et à peine fréquent. Insomnie.

Le 23. Une potion de Rivière arrête momentanément les vomissements, mais le ténesme augmente et n'amène que le rejet d'un peu de mucus sanguinolent. Dans l'après-midi, aggravation subite de tous les symptômes ; signes d'une péritonite secondaire. On remarque dans la fosse iliaque gauche une sorte de tumeur allongée avec apparence de dépression dans la fosse iliaque droite. Ténesme dysentériforme exagéré. Mort à 8 heures du soir.

Autopsie. — Grande émaciation et teinte ictérique très-prononcée. Lésions de la péritonite aiguë avec quelques fausses membranes molles et minces sans épanchement. Invagination iléo-csecale, occupant le côlon descendant ; tumeur longue de 18 à 20 pouces, aussi grosse que le bras d'un homme adulte. Deux larges perforations gangreneuses du cylindre externe, comprenant le second et même le troisième cj'lindre. Les deux séreuses adossées, recouvertes de fausses membranes, adhèrent entre elles. Plusieurs érosions de la muqueuse de l'iléon, audessus de l'invagination.

(Cette observation se trouve, sans indication de source et avec quelques variantes, dans le mémoire de Buet, in Arch. gén. de méd., 1'"° série, XIV, p, 230, 1827.)

Obs. XVII. Obs. XVII. InvCj ination du cœcum, etc., dans les côlons transverse, Horteloup, descendant et V S idaque. Péritonite par perforation, (Résumée. Horteloup ; deuxième obs. du mémoire de Dance, dans le Répertoire d'anat, et de phys. path. de Breschet, 1826, tome J, page 441). — Pradier (Jean), 22 ans, reçu à l'Hôtel-Dieu, le 8 août 1825, fait remonter à ' plusieurs mois l'origine de sa maladie; il a éprouvé pendant quelque

temps, et à des intervalles éloignés, des coliques légères, des envies de vomir et des vomissements suivis de constipation. Vers la fin de mai, augmentation des vomisse Tients, puis aggravation des symptômes à la suite de plusieurs purgatifs. Il put reprendre son travail, après un séjour à l'hôpital de Clermont, mais conserva un état de malaise qui le rendait chagrin et triste.

Au commencement du mois d'août, les nausées, les vomissements et les coliques reparurent.

Au moment de son entrée, maigreur considérable, pâleur générale, face exprimant la souffrance, coliques et constipation, vomissements verdàtres et inodores, douleur vive sur le trajet des côlons transverse et descendant, se prolongeant jusqu'à l'anus, avec ténesme. Sensibilité du ventre à la pression, surtout à gauche, contraction et rigidité des muscles abdominaux; soif vive, mais rejet immédiat des liquides ingérés; pouls peu fréquent : peau sèche et d'une température ordinaire.

Le 12. Aggravation des vomissements et des douleurs de ventre; tuméfaction dure sur le trajet de PS iliaque et ne se rencontrant point à droite. On rejette le diagnostic de tumeur fécale pour celui d'invagination intestinale.

Le 13. Aucun soulagement, vomissements, constipation, ténesme; lavement purgatif suivi de deux selles de matière dure et noire.

Le 14. Efforts violents, suivis de l'excrétion d'un peu de matière sanguinolente.

Le 15. Une péritonite se déclare.

Mort dans la nuit du 18 au 19.

Autopsie. — Péritonite généralisée, sans épanchement; adhérences nombreuses et épaisses. Tumeur de l'invagination du volume du bras, et longue de 10 pouces, dans la fosse iliaque gauche; son extrémité inférieure, d'une forme conoïde, d'une couleur brun foncé, était formée par la muqueuse du caecum invaginé dans l'S iliaque et faisant saillie dans le bassin à travers une large perforation de 4 pouces de hauteur qui occupait la moitié de la circonférence de la gaine de l'invagination. Toutes les membranes de l'intestin invaginé étaient épaissies et noirâtres, et il n'existait que de faibles adhérences entre les séreuses adjacentes.

(Cette observation est reproduite, comme la précédente^ dans le mé- . moire de Buet, sans indication de source, et sous le titre de colite terminée par invagination.)

Obs. XVin. Intussusception intestinale. (Résumée. Wilmer Wor- Obs. XVIIL tbington, American Journ. of med. science, XVJI, p. 97, et Gazette med. de Worthing- Paris, 1849, 3^ série, .t. IV, p. 926.)— Un petit garçon de 3 ans et 4 mois, ton. fut foulé et contusionné par un cheval, en 1847. Pendant deux ans, douleurs fréquentes dans l'abdomen, au voisinage de la partie confuse, puis, en novembre 1848, aggravation considérable de la douleur et vomissements. A la fin de décembre ou au commencement de janvier, un médecin, diagnostiquant la présence de vers intestinaux, institua un traitement dont le résultat fut nul. Six semaines avant la mort, diarrhée avec matières muqueuses et sanguinolentes. La douleur était alors très-vive dans la fosse iliaque gauche ; ténesme intense. Rafinesque.

Rejet de deux ascarides lombricoïdes. A cette époqae survint un prolapsus ani, toujours facilement réductible. Emaciation considérable ; douleurs de plus en plus intenses.

La mort eut lieu le 10 juillet.

Autopsie. — Traces de phlegmasie péritonéale. Le caecum entraînant l'iléon et tout le côlon, moins ses 10 ou 12 derniers pouces, était engagé dans la partie inférieure du côlon et dans le re:tum, formant' ainsi une longueur déplus de 2 pieds d'intestins inva^inés. Toutes ces parties étaient profondément altérées.

Obs. XIX. Obs. XIX. Un cas d'invagination très-étendue. Dix mois de durée.

(Résumée. John Davies ; London med. Repository. New séries, XXII, 1824, vol. II, p. 469.) — Petite fille de 6 ans, qui tomba malade dans les derniers jours de 1823, après avoir mangé des carottes crues. Début par de fortes douleurs abdominales, surtout aux environs de l'ombilic. Cette douleur continua plus ou moins jusqu'au 25 octobre 1824, jour de sa mort. Il y eut pendant tout ce temps régulièrement trois selles environ par jour, mais toujours claires et aqueuses, et pendant les trois derniers mois, mélangées de mucus et de sang. Le 21 octobre, après un repas copieux, la douleur augmenta et devint très-violente. A partir de ce moment les selles se supprimèrent. Davies ne la vit que le 23. Elle avait alors beaucoup de douleur aux environs de l'ombilic mais peu de sensibilité à la pression. La douleur venait par accès. Fièvre et langue chargée. Un purgatif lut administré sans résultats. Mort quatre jours après.

Autopsie. — Invagination iléo-cœcale occupant le côlon descendant et le rectum ; la valvule de Bauhin était presque contre l'anus. La paroi invaginante était saine ; mais la tunique mo^'enne était épaisse de plus d'un demi-pouce, dure et comme cartilagineuse; noire, mais sans apparence de mortification. L'iléon occupant le centre de l'invagination était sain, sauf dans l'étendue d'un pouce au-dessus de la valvule.

Obs. XK. Histoire et dissection d'une invagination extraordinaire. (Résumée. John Coakly Lettsom et Thos. Whately ; Philosophical Transactions, LXXVl, p. 305, ou dans la réimpression, vol, XVI, p. 119.) — A.... B..., fille de 4 ans, indisposée pour la première fois vers le milieu de septembre 1784.

Le 7 octobre, les symptômes ressemblaient à ceux du choléra. Cependant alors la diarrhée avait cessé, mais la patiente continuait à vomir souvent, surtout après les tentatives d'alimentation.

Le 20. Il se produisit de la dysentérie avec selles muqueuses et sanguines. Au bout de quelques jours cependant sa santé se rétablit presque complètement, et l'enfant fut emmenée à la campagne. On la

Obs, XX.

Lettsom et

Whately.

ramena à la ville en décembre, parce que la dysenterie avait reparu, accompagnée d'un ténesme très-pénible et de beaucoup de fièvre.

Ces souffrances disparaissaient quelquefois complètement pendant quelques jours; mais ces intervalles de soulagement diminuèrent graduellement de longueur ; les attaques devinrent aussi plus foites, commençant avec des frissons violents et suivies de fièvre. Pouls de plus en plus faible; émaciation extrême et mort vers la fin du mois de décembre, après des vomissements répétés d'un liquide foncé semblable à du marc de café.

Autopsie. — Péritonite par places ; une once et demie de pus dans l'abdomen. Invagination iléo-cœcale : tout l'arc du côlon, le caecum, etc., étaient dans l'S iliaque. Le toucher rectal rencontrait un corps arrondi avec ouverture centrale, tout semblable au museau de tanche. L'anse invaginée était très-malade, enflammée vers le collet, et commençait à se mortifier à son extrémité libre ; ses parois étaient três-êpaissies, et l'hypertrophie portait surtout sur les tuniques musculaires. Quelques adhérences seulement entre les séreuses. L'iléon au-dessus de l'invagination avait quatre fois sa largeur normale.

Obs. XXL Invagination intestinale. (Très-résumée. Spaeth, Wir- ^^^^ XXI choiv's Jahresb. d869, Bd. II, Abth. i, page 138, et in Warren Tay. Spaeth, ' Med. chir. Trans. LVII, p. 31, cas 119.) — Homme de 36 ans; maladie de six mois de durée. Au bout de deux mois et demi, il y eut des selles sanglantes, et une tumeur fut sentie à gauche dans l'abdomen ; puis il y eut des symptômes de péritonite. On ne put sentir la tumeur par le toucher. Il n'y eut pas de vomissements.

A l'autopsie, on trouva une invagination iléo-cœcale faisant hernie dans la cavité abdominale par une large perforation du côlon.

Obs. XXII. Invagination intestinale. (Boudou, dans le mémoire XXII d'Hévin : Recherches histor. sur la gastrot. Mémoires de VAcad. roy. Boudou. de chir., 1768, IV, p. 225.) — «Un garçon menuisier, âgé de 23 ans, se rendit à l'Hôtel-Dieu de Paris, le 25 juillet 1740, pour une douleur de colique qui le mettoit hors d'état de travailler depuis un mois ; il n'avoit rien perdu de son embonpoint. Il fut saigné trois fois, on lui prescrivit des potions adoucissantes et calmantes, et il fut purgé sans avoir reçu le moindre soulagement de ces remèdes. Il se plaignoit que peu de temps après avoir mangé, il se formoit une tumeur dans la région épigastrique, laquelle disparaissoit bientôt après ; mais pendant tout le temps qu'elle subsistoit, les douleurs étoient beaucoup plus violentes. Ce malade mourut dans le marasme à la suite d'un dévoiement opiniâtre, le 30 août suivant, A l'ouverture du cadavre on trouva le cœcum tout, à fait introduit dans le côlon. Voilà un exemple de Volvulus bien caractérisé, qui n'a pas eu les symptômes très-aigus qui ont été remarqués dans les autres observations du même genre. »

obs XXIII. Oas. XXIII. Tnvagination intestinale. (Robin, Mémoires de V Académie Robin. royale de chirurgie, IV, 223.) — «Un enfant de 3 ans 1/2, souffroit presque continuellement depuis trois mois des douleurs de ventre, souvent accompagnées de vomissements. Le 16 de juillet 1766, il fut attaqué d'un renversement assez considérable du rectum. M. Robin reconnut la chùte du fondement et fit quelques tentatives infructueuses pour la réduction : il attribua le défaut de succès au volume de la tumeur, aux cris et aux efforts de l'enfant... Le lendemain, on essaya encore inutilement la réduction. M. Robin sentoit, par l'introduction de son doigt, des corps étrangers extraordinaires, comme des excroissances charnues ou des matières fécales accumulées. Le vomissement continuel était un symptôme qui n'est pas l'effet ordinaire de la chùte de l'anus. On appela un autre chirurgien qui, maniant la tumeur extérieure avec moins de ménagement, parvint à la faire rentrer avec une violence que M, Robin n'auroit osé employer. Cette réduction ne le tranquillisoit pas sur le sort de l'enfant, parce que les accidents continuoient; et qu'il fut impossible de donner un lavement à cause de la résistance qu'il y avoit dans le rectum au-dessus de l'anus, La mort termina les maux du malade, le 20 du mois. A l'ouverture du corps, M. Robin aperçut que l'intestin rectum, à sa partie supérieure, recevoit dans sa cavité les intestins caecum et côlon; la pièce fut enlevée pour être présentée à l'Académie. MM. Bordenave, Sue et Sabatier, ayant été chargés d'examiner cette pièce conjointement avec M. Robin; ils ont vu très-distinctement l'invagination de l'intestin caecum et de la plus grande partie du côlon, dans l'extrémité inférieure de ce dernier et dans la partie supérieure du rectum. Elle commençoit à plus de 11 pouces de l'anus et finissoit à 5 ou 6 pouces au-dessus. Il n'a pas été possible de retirer la portion qui formoit l'intussusception ; elle avoit contracté de fortes adhérences, au dehors seulement, à l'endroit du repli ; elle étoit libre et flottante intérieurement. »

Obs. XXIV. Obs. XXIV. i}astrotomie pratiquée avec succès pour une invaginatioti Hucthinson. intestinale. (Résumée. J. IIutchinson.Medico-c/uVtn-g'. Trans., vol. LVII, p. 31, 1874, et Revue des sciences méd., V, p. 729.) ~ Petite fille de 2 ans, assez délicate, admise en 1871 au London hospital. On constate à son entrée la procidence hors de l'anus d'une anse intestinale longue de 2 pouces terminée par le caecum avec la valvule iléo-caecale \ le doigt n'atteint pas la limite supérieure de l'invagination. On trouve sur le trajet de la portion invaginée, s'enfonçant du côté gauche, une tumeur allongée, cylindrique et résistante.

Le début des accidents remontait à un mois; il y avait eu des vomissements et des selles sanglantes. Le prolapsus qui durait depuis quinze jours avait pu être réduit plusieurs fois et maintenu par une pelote de liège : mais depuis trois jours la réduction était devenue très-

difficile, Pas d'obstruction intestinale réelle, mais constipation temporaire. Etat général très-mauvais.

Le chloroforme fut administré et l'enfant étant tenue par les pieds, la tète en bas, le rectum fut distendu par une injection d'eau chaude. La réduction parut se produire d'abord, mais chaque fois que Le rectum se vidait le déplacement se reproduisait.

L'état général de l'enfant qui paraissait devoir succomber légitimait l'intervention chirurgicale ; elle fut chloroformée de nouveau et la gastrotomie fut faite. L'invagination, longue de 15 centimètres, était iléo-csecale ; il n'y avait ni adhérences, ni signes de péritonite ; la réduction fut facile. La guérison se fit rapidement. Les épingles furent enlevées au quatrième jour et l'enfant quitta l'hôpital, trois semaines après l'opération, en parfaite santé.

Obs. XXV. Intussusception sans symptômes d'étranglement, traitée Obs. XXV. arec succès par la gastrçtomie. (Résumée. Hilton Fagge, Medico-chir. ~ Hilton Trans., 1876, LIX, 85.) — Elizabeth M..., âgée de 33 ans. consulta le ^agge. D"^ Adcock, le 13 juin 1874, pour une douleur « spasmodique » de l'abdomen, siégeant juste au-dessus de l'ombilic. La douleur continua et l'obligea à prendre le lit le 20 juin.

Le 21. On constata dans la fosse iliaque droite une tuméfaction du volume d'un œuf de poule, mal limitée. II y eut une selle, mais sans diminution de la douleur. Depuis lors son état fut variable ; elle allait tantôt mieux, tantôt plus mal. La tumeur se déplaça graduellement jusqu!à venir occuper la fosse iliaque gauche.

Le 28. M. Fagge la trouva au lit, se plaignant d'une douleur qui revenait par intervalle, et qui avait son maximum vers l'ombilic; quelques vomissements ne présentèrent rien de remarquable à noter. La tumeur de la fosse iliaque gauche, mal définie, allongée sur le trajet du côlon descendant, offrait tous les caractères d'une intussusception, sauf les mouvements péristaltiques et le durcissement pendant la palpation. Injection d'air à l'aide d'un soufflet, sans résultat apparent.

Le 27. M. Howse appelé en consultation confirma le diagnostic. Nouvelle insufflation, avec un meilleur instrument. Il en résulta beaucoup de douleur et la tumeur devint excessivement dure à ce moment ; elle parut ensuite plus élevée et plus molle qu'avant. Dans la soirée, cependant, elle avait complètement disparu de la fosse iliaque gauche qui pouvait être explorée entièrement et était absolument vide; la tumeur s'étendait alors derrière l'ombilic et se dirigeait du côté droit.

Le 30. Troisième tentative d'insufflation, mais sans résultat. Etat gégéral meilleur; température normale. Pas de vomissements depuis la seconde insufflation, mais pas de selles.

Le !«■■ juillet. Peu de modifications. Comme l'insufflation n'avait donné qu'un succès partiel et avait causé une douleur violente, on

craignait qu'une troisième tentative n'amenât la rupture de l'intestin et on se décida à tenter la gastrotomie. L'opération fut pratiquée comme pour l'ovariotomie, et avec toutes les précautions de la méthode antiseptique, pendant l'ansthésie par le chloroforme. Il fallut extraire la tumeur de l'abdomen et même alors la désinvagination offrit quelques difficultés. On ne l'obtint pas en tirant sur les extrémités, et il fallut employer une sorte de pétrissage, combiné avec une compression circulaire sur la portion la plus avancée de l'intussusception. Dès que la réduction eut commencé à se faire, elle s'effectua facilement, à part une légère résistance, bientôt vaincue, tout à la fin. Plus de 18 pouces furent ainsi tirés, puis rentrés rapidement dans la ca-^'ité abdominale. L'intussusception parut être iléo-cœcale ; les séreuses en contact n'offraient aucun exsudât et étaient parfaitement lisses et polies.

11 y eut pendant deux jours quelques vomissements qu'on attribua au chloroforme. Puis la convalescence, s'établit rapidement. Toutes les sutures furent enlevées le dixième jour. La malade fut revue en novembre; elle était très-bien portante et approchait du terme d'une grossesse.

Obs.XXVI. Obs. XXVI. Invagination intestinale de onze mois de durée. (Três- Leichten- résumée. Leichtenstern. Deutsches Arehiv. f. Klin. Medicin von. Ziemsstern. sen iiud Zenker, 1874, vol. XII, p. 381.) — Gottlob Piank, 28 ans, entre à la Clinique le 8 août 1871.

Début le 14 ou le 15 juillet précédent, quelques heures après l'ingestion d'une poignée de cerises avec les noyaux et d'une demi-chope de vin doux, par des douleurs lancinantes dans le ventre. Ceiles-ci durèrent toute la nuit. Le lendero.ain, selles mélangées de sang, avec ténesme, et dans lesquelles on trouve plusieurs noyaux de censés. Les coliques augmentent; des purgatifs administrés trois jours après provoquent une diarrhée tellement douloureuse que l'on est obligé de recourir à la médication antidiarrhéique. Pas de vomissements.

A l'entrée du malade, le ventre est de volume moj'en, légèrement douloureux; pas de tumeur abdominale. Sonorité et météorisme vers le niveau ducœcum. Ténesme considérable. Douleur extraordinaire à l'exploration du rectum.

12 août. Légère atténuation des douleurs -, diarrhée et ténesme. Selles liquides claires, peu abondantes, d'une couleur rosée, et saiiguinolentes. Douleur violente à la pression et induration mal limitée dans la largeur de la paume de la main, à droite de l'ombilic.

Le 18. Un peu d'atténuation des douleurs; on voit se développer dans la région mésogastrique latérale droite une tumeur allongée, de consistance moyenne, ou assez dure, indolente à la palpation.

Le 25. Moins de diarrhée et de ténesme. Fèces de couleur à peu

près normale, non mélangées de sang. Mêmes coliques, reparaissant à une demi-heure ou une heure d'intervalle, et cessant subitement au bout de quinze à trente minutes de durée. Tumeur sans grand changement, son tympanique à son niveau. Une injection de 1200 c. c. d'eau tiède ne détermina pas de douleur et fut rendue avec de petits fragments de matières fécales mélangées de sang. La tumeur persista.

Le 26. Deux selles abondantes, normales de forme et de consistance.

Le 27. Selles diarrhéiques ; coliques moins fortes depuis le lavement.

Le 28. On lui injecte, à sa demande, 1,600 gr. d'eau tiède avee un peu de sel ; douleur, pas de soulagement; la tumeur persiste et parait plus dure qu'auparavant.

Le 29. Diarrhée profuse et coliques violentes durant depuis le dernier lavement. -Selles décolorées et mélangées de mucus. Injection de l,600gr. d'eau froide.

2 septembre. Depuis le dernier clystère, selles quotidiennes, moulées, de consistance normale. La tumeur semble mieux circonscrite et plus nette au palper. Douleurs diminuées d'intensité et de durée, séparées par des intervalles de calme plus longs.

8 novembre. Le malade qui a pu passer un mois dans son pays entre de nouveau à l'hôpital, dans le service de M. Liebermeister.

Depuis le 2 septembre, il a eu deux ou trois accès violents de coliques de une demi-heure à une heure de durée. Des selles, normales d'apparence et moulées, ont eu lieu chaque jour; cependant, il y a eu plusieurs fois des périodes de constipation de trois jours de durée au maximum, accompagnées d'une augmentation des douleurs abdominales. Le malade croit que pendant tout ce temps la tumeur ne s'est pas modifiée; il n'a presque pas maigri : néanmoins, sa peau a pris une pâleur blafarde et ses yeux se sont légèrement excavés.

A l'examen de l'abdomen, on constate qu'il est augmenté de volume ; il présente vers le niveau et un peu à droite de l'ombilic upe tuméfaction diffuse, mais qui devient plus dure, mieux limitée, plus facile à circonscrire pendant la palpation. Cette tumeur allongée transversalement, facile à délimiter à ses bords inférieur et supérieifr, se dérobe à la palpation à ses extrémités. Ces caractères ne sont donnés que par la palpation profonde et en dehors des accès douloureux.

M, Liebermeister fit une leçon sur ce malade et posa le diagnostic d'invagination intestinale. Celui-ci était assis sur l'explosion subite de la maladie, après l'ingestion de substances indigestes, les selles sanglantes, le ténesme, la tumeur répondant par sa forme à une portion de l'intestin, puis ce caractère de devenir plus appréciable à la suite des paroxysmes douloureux et du palper un peu prolongé, et de diminuer de volume et de netteté dans les périodes de calme. 1

Deux circonstances semblaient ontredire ce diagnostic : d'abord, la

durée extraordinairement longue de la maladie, puis l'existence presque constante de selles régulières, moulées et normales.

Le 11. On fit rinsuffla;ion avec une pompe à air comprimé. On vit alors successivement se soulever la région iliaque gauche, le côté gauche de l'arc du côlon, la moitié gauche de l'épigastre; mais ce soulèvement ne dépassa pas la moitié droite du côlon transverse et il n'y eut aucune modification dans les régions du côlon ascendant et du caecum. On put constater que, tandis que la région iliaque gauche était gonflée cem ne une vessie fortement distendue, la région du caecum, au contraire, restait malléable et cédait facilement à la palpation.

Le 16. On constate toujours pendant l'injection d'air la disparition de la tumeur de la moitié droite de l'épigastre ; mais comme elle reparait quand on retire la sonde et que l'air s'échappe, on en conclut que cela tient simplement à son refoulement dans l'hypochondre.

Les injections furent faites deux fois par jour pendant la première semaine et, plus tard, une fois par jour; chacune duraitde un quart d'heure à une demi-heure. On interrompait quand l'air refluait à côté de la sonde. Vers ce moment se produisait une douleur vive avec oppression et brièveté de la respiration. Plus tard, le patient était généralement soulagé. 25 insufflations, faites en 19 jours, ne purent vaincre l'invagination, on revint alors aux injections d'eau.

Du 2 au 19 décembre, on injecta chaque jour de 2,400 à 3,200 c. c. d'eau tiède d'abord ; plus tard, d'eau froide. Ces injections étaient beaucoup plus douloureuses que les insufflations, et leur résultat ne fut pas plus heureux. On renonça à tenter la désinvagination à partir du 19 décembre. On eut recours à des moyens palliatifs, opium, alimentation choisie, lavements simples, injections de morphine, espérant la guérison spontanée par gangrène, mais comptant beaucoup plus sur une terminaison fatale.

Au mois de mars, la tumeur qui répondait par sa forme et son siège à l'arc du côlon, se rapprocha de plus en plus du rebord costal gauche. On continua à constater alors et jusqu'à la fin de la maladie le durcissement de la tu7neur pendant la palpation et les paroxysmes de douleur et sa mollesse pendant les intervalles de calme. Les selles étaient quelquefois teintées de noir, mais, en général, de consistance et d'aspect normal. Une seule fois on constata la présence d'un peu de sang mélangé aux matières. L'intensitédes coliques futtellependantle dernier mois qu'il fallut avoir recours à des doses de morphine énormes.

15 mai. On présenta de nouveau le malade à une clinique et de nouveau on affirma malgré la durée, le diagnostic d'intussusception comme indubitable.

Le 21. Le patient retourna chez lui. Il avait gagné deux kilogrammes en poids pendant son séjour à l'hôpital 5 mais, à partir de ce moment, il renonça au régime et se nourrit surtout d'aliments amylacés.

6 juin. Il fut pris de douleurs abdominales continuelles et d'une constipation que rien ne put vaincre. Alors se manifesta un ballonnement énorme.

Le iJ. Se produisirent des vomissements abondants, verdâtres, sans odeur.

Le 12, dans l'après-midi, ceux-ci cessèrent, mais le développement de l'abdomen augmenta encore et la mort prit place dans la nuit du 12 au 13.

Autopsie. — Des gaz s'échappent à l'incision de l'abdomen. Toute la surface du péritoine est recouverte de pseudo-membranes verdâtres et rougeâtres. Péritonite généralisée et épanchement de matières fécales.

L'invagination appartient à la variété iléo-caecale. La tumeur qu'elle forme a 36 centimètres de long et s'étend d'un hypociiondre à l'autre. La séreuse du côlon invaginant est d'une coloration verdâtre sale, qui tranche avec la couleur rougeàtre de l'intestin grêle. Celui-ci est trèsdilaté au-dessus de Tintussusception et présente plusieurs points colorés en noir dans le diamètre d'un florin à peu près et se laissant déchirer avec une facilité extrême. C'est en ce point qu'a eu lieu la perforation. L'ouverture du cylindre interne admettait l'extrémité du petit doigt et se laissait traverser par une sonde. La moitié terminale, dans une longueur de 18 centimètres, présentait un épaississement considérable, une couleur foncée, une infiltration hémorrhagique et une très-grande friabilité. Il y avait adhérence des séreuses invaginées.

Circonférence externe de la tumeur, 26 centimètres. Epaisseur de la paroi à l'état frais, 5 millimètres ; circonférence de l'intussusception à son extrémité, 17 centimètres; et près de son orifice, 11 centimètres. Circonférence de l'intestin grêle avant son entrée dans l'invagination, 13 centimètres; épaisseur de sa paroi, 2 millimètres.

Obs.XXVIL

Obs.XXVII. Invagination intestinale. Gastrotojii/e. (Résumée. M. Hov^^se Howse. 1876. Med. chir. Trans. vol. LX, p. 94, en note). — Enfant de 5 mois, souffrant depuis un mois de symptômes abdominaux et offrant depuis quelques jours une hernie de la valvule iléo-cœcale par l'anus. Du mucus et du sang avaient été rejetés en quantité considérable. — Le médecin qui le soignait avait cru à un simpl'> prolapsus et s'était contenté de faire rentrer la masse procidente dans le rectum.

M. Fagge fut appelé. Il n'y avait pas à songer à l'insufflation et la gastrotomie fut faite d'emblée. Réduction facile d'une grande partie de l'invagination; mais adhérence et ramollissement des derniers quatre ou cinq pouces, au voisinage de la valvule iléo-csecale. La traction, quoique faite avec ménagement, détermina deux déchirures considérables par lesquelles les matières fécales s'échappèrent. La masse qui

restait invaginée fut séparée complètement et les portions saines d'intestin situées au-dessus et au-dessous furent cousues ensemble. L'enfanl ne survécut que quelques heures. — Une terminaison fatale était en fait absolument inévitable, que le malade fut abandonné à lui-même ou soigné par n'importe quel moyen.

Obs.

Marsh.

Obs. XXVIII, Succès de la gastrotomie chez un enfant de 7 mois. (Résumé. Howard Marsh, Med. chir. Trans, LIX, p. 79). — Garçon de 7 mois, malade depuis le 29 mars 1875, de diarrhée, vomissements et tranchées paroxystiques, sans qu'aucun de ces symptômes eut une très-grande gravité. Deux ou trois jours de mieux être, puis retour des accidents; ténesme et excrétion de mucus sanglant.

Après 14 jours du même état, sans grande altération de la santé générale, le 11 avril, la dovileur de ventre devint cruelle, les vomissements fréquents, le ténesme violent et presque continu ; pâleur et grande agitation. Douze heures plus tard, M. Marsh put constater le prolapsus hors de l'anus de deux pouces d'intestin à l'extrémité duquel on pouvait voir la valvule iléo-cœcale, et offrant une couleur violet foncé et une consistance œdémateuse. Dans l'abdomen était une tumeur cylindrique s'étendant de l'ombilic à la fosse iliaque gauche, en forme de saucisson. — La réduction ne put être obtenue par l'insufflation ni par l'injection d'eau chaude, même sous l'influence du chloroforme.

L'état général était très-grave et atteignait le degré du collapsus ; la gastrotomie fut faite, avec anesthésie. Réduction après une traction un peu forte au début.

La guérison de la plaie était complète le 15 avril, et l'enfant était tout-à-fait bien portant en décembre 1875,

L'auteur fait remarquer que ces deux périodes, l'une de quatorze jours de symptômes d'apparence tellement chronique qu'ils ne firent pas soupçonner la nature réelle de l'affection et l'autre de douze heures d'accidents très-aigus, ont dû correspondre aux deux phases : 1" d'invagination, 2° d'inflammation et d'étranglement.

(Le même fait est résumé plus brièvement dans les tomes VII, p. 762 et X, p. 291 de la Rev. des se. médic.)

Obs. XXIX Obs. XXIX. Invagination intestinale. [B.ésnmée. G. Perroti, Archiv, Perroti. génér. de med., 4^ sér., vol. V, p. 222, et Annal. U7nv. dimed., février et mats 1844). — Un laboureur, âgé de 60 ans, adonné à l'ivrognerie, entra à l'hôpital de Plaisance le 21 novembre 184,3. Depuis trois mois,douleurs de ventre ; depuis vingt jours, accroissement de ces douleurs, puis constipation opiniâtre ; en même temps, tumeur dans la fosse iliaque gauche. Ventre tendu, pouls fébrile; nausées, et de temps en temps vomissements. Constipation toujours persistante, mais rejet de

temps à autre par l'anus de quelques mucosités intestinales légèrement teintes de sang. Par le toucher rectal, Perroti put constater l'existence, à 3 travers de doigt au-dessus de l'anus, d'une tumeur plus grosse qu'un œuf de poule et occupant tout le calibre de Tintestin. A mesure qu'on injectait de l'eau dans le rectum, le liquide des lavements revenait. Les purgatifs n'agirent point. Douleurs de plus en plus vives, pouls plus fréquent, ventre de plus en plus ballonné. Le chirurgien de l'hôpital, Zangrandi, regardant la tumeur rectale comme un polype, se disposait à en pratiquer l'extirpation; mais l'aggravation de tous les symptômes, les vomissements fécaloïdes, le hoquet, l'affaissement général, l'eu empêchèrent. Mort le 27 novembre, six jours après son entrée.

Autopsie. — La description de l'invagination, bien qu'un peu obscure, se rapporta évidemment à la variété iléo-cœcale. Dans l'iléon, audessus de l'invagination, était une ulcération arrondie de plus d'un demi-pouce de diamètre, par laquelle les matières fécales s'étaient épanchées dans le ventre.

Obs. XXX. Intussusception. (Résumée. Alfred Markwick, The Lan- Obs. XXX cet, 1846, II, p. 63.) — Enfant âgé de 4 mois, présentant depuis huit Markwick jours un écoulement de sang par l'anus et par l'estomac. Le début avait eu lieu brusquement, sans aucun symptôme prémonitoire, et a^ ait continué avec fréquence et abondance depuis lors, surtout par l'intestin. Le sang des selles paraissait pur , celui des évacuations stomacales était mêlé en très-petite quantité à des matières jaune-verdàtre épaisses. Ces matières étaient rejetées par la bouche sans aucun effort, comme par régurgitation. L'enfant était pâle et exsangue 5 pupilles dilatées; pas d'anxiété; pouls faible et fréquent; abdomen un peu tendu et sensible. De temps en temps, cris soudains et violents.

L'enfant avait été continuellement souffrant pendant ses huit ou dix premières semaines ; le méconium n'avait pas été expulsé en temps convenable, et de l'huile de ricin avait dû être administrée pour le faire rejeter. A l'âge de 6 semaines, il avait eu une attaque semblable à celle-ci, mais dont il s'était graduellement guéri. Il était devenu tout à fait robuste depuis lors, et d'après l'expression de sa mère « venait bien », quand l'hémorrhagie se reproduisit soudainement. L'état de l'enfant s'aggrava d'une façon continue, la régurgitation augmenta, et l'abdomen devint de plus en plus douloureux. A la fin, les cris cessèrent : l'écoulement de sang par l'anus passa du rouge vif au brun foncé et prit une odeur gangréneuse très-fétide; il ne cessa qu'avec la mort.

Autopsie. — Invagination du caecum et de tout le côlon dans la courbure sigmoïde du côlon dont il était impossible de les retirer à cause des fortes adhérences qu'ils y avaient contracté. La portion invaginée

Obs.XXXI.

M'Kidd.

Obs. XXXII.

Phillips.

Obs.

Monro.

réduite à 3 pouces de long, était complètement gangreneuse, el son canal était presque entièrement oblitéré par des masses ressemblant à des caillots organisés. Ces masses, congestionnées; offrant une cavité centrale, étaient constituées, d'après l'auteur, par des glandes solitaires hypertrophiées et congestionnées.

11 n'est pas douteux pour Markwick, qu'un certain degré d'iptussusception existât à la naissance de l'enfant.

Obs. XXXI. Intussusception. (M. M'Kidd, cité par Holmes, Surgical treatment of children diseases; 2^ éd., 1869, p. 569. Observation tirée des Trans. of the med. chir. Soc. of Edinburgh.) — Un petit garçon de 7 ans souffrit de douleurs intolérables, siégeant à droite de l'ombilic, revenant par intervalles, pendant un temps considérable. Durant le dernier mois de sa vie, les douleurs furent continuelles. Les selles étaient régulières, et les purgatifs toujours suivis de résultat. Il y avait, vers le caecum, quelques phénomènes qui portaient à soupçonner une accumulation de matières fécales. Après la mort, on trouva le caecum et son appendice invaginés dans le côlon.

Obs. XXXII. (Phillips. Cité par J. Gay, loc. cit.) — Il s'agit d'un malade qui devint jaune et s'émacia graduellement. Il mourut au bout de plusieurs viois. On trouva une invagination très-étendue, comprenant l'iléon, le caecum et le côlon dans la courbure sigmoïde. Il n'y avait que fort peu d'altération de l'état normal de l'intestin,

Obs. XXXIII. (Monro, cité par Thompson, Edim. med. and surg. iourn., 1835, p. 817, et par Rilliet. Gaz, des Hôp., 1852 ). — Petit

garçon âgé de 12 ans. Il se plaignit pendant plus d'un an de coliques, souvent accompagnées de diarrhée et de selles sanguines. Lorsque l'auteur le vit, il était très-émacié et affaibli; le pouls était fréquent. Deux semaines plus tard, il rendit par les selles un lambeau d'intestin livide, de 13 pouces de long ; les symptômes généraux persistèrent, et la mort arriva au bout de six semaines.

A Vautopsie, on trouva : 1° une petite péritonite (probablement chronique); 2° l'union de l'iléon au côlon avec rétrécissement au niveau de la cicatrice.

Invag^inatiuns de l'intestin grèle seul ou entériques.

Obs. Obs. XXXIV. Invagination chronique de Vintestin grêle. (M. Léger,

XXXIV. interne des hôpitaux. Bull. Soc. anat., séance du 15 déc<îmbre 1876, et Léger. Progrès médical, 1877, p. 192. Résumé.) — X..., couturière, âgée de 65 ans, a perdu son père et un frère de la poitrine. Sa mère est morte à l'âge de 45 ans de la dysenterie. Elle-même a eu comme affections antérieures la fièvre typhoïde à 18 ans, et ensuite plusisurs pneumonies ; mais jamais elle n'a souffert de l'estomac.

L'affectioa pour laquelle elle entre à l'hôpital aurait débuté il y a un an par de grandes douleurs dans les côtés, en même temps qu'elle perdait l'appétit, mais sans qu'il y eut alors de vomissements. Cet état amena rapidement une grande faiblesse qui l'a forcée à garder le lit depuis six mois. En même temps ses jambes enflent et deviennent douloureuses. Depuis quatre mois, il est survenu des vomissernents après le peu de nourriture qu'elle pouvait prendre, mais jamais ils n'ont contenu de sang.

Les selles étaient assez rares, et n'avaient pas non plus présenté traces de sang. Maigreur, teint d'une pâleur mate, cachectique, qui en impose pour la teinte cancéreuse. Elle éprouve pour le pain et la viande un dégoût insurmontable et dit même qu'elle avale difficilement et rejette les liquides quand elle les prend trop vite. Recherche négative d'un rétrécissement de l'œsophage. Le vin est bien supporté, et malgré que la malade dise avoir des vomissements habituels, elle n'en présente aucun dans les dix premiers jours de son entrée. Les selles sont rares et difficiles. L'amaigrissement rend assez facile l'exploration de l'abdomen. On n'y trouve aucune trace de tumeur, mais la palpation est assez douloureuse du côté droit de l'épigastre. Il n'existe en même temps aucun trouble en dehors du tube digestif. La teinte de la malade, son affaiblissement et sa maigreur, jointe à l'œdème qui a existé aux membres inférieurs, font conclure à l'existence d'une affection organique de l'estomac.

Le 28 octobre a lieu le premier vomissement constaté depuis l'entrée. 24 novembre. On remarque de nouveau un vomissement. Faiblesse toujours croissante ; douleurs vagues, erratiques, pour lesquelles on a recours aux piqûres de morphine.

5 décembre. Outre la douleur qui existait à droite de l'épigastre sous la pression des doigts, on sent aujourd'hui une certaine résistance à ce niveau.

Le 7. A la constipation du début, succède une diarrhée assez abondante, et la malade laisse aller sous elle.

Le 10. La diarrhée bilieuse persiste, quoique diminuée, et ne présente comme coloration ou matières contenues, aucune particularité remarquable. Les vomissements continuent, bien que peu fréquents. La malade supporte toujours très-bien, et prend avec plaisir le vin de Bagnols.

Le 27. L'affaiblissement s'accroît de plus en plus et il survient un 1 délire calme. La diarrhée, plus ou moins abondante suivant les jours, ! ne change pas de caractères. L'abdomen est toujours aussi plat, sans 1 aucun symptôme de péritonite, et ne présente à la palpation rien autre I chose que cette résistance située à droite de l'épigastre.

Les vomissements ont du reste cessé complètement. Les jambes sont ' œdématiées. Les mains mômes s'infiltrent légôremenl et lo malade entre

dans une agonietranquille qu'avait précédé son délire calme d'inanition. Kn résumé, elle avait présenté comme uniques S3'mptômes une faiblesse croissante avec œdème des jambes, avant son entrée et à la fin de son séjour à l'hôpital, avec des vomissements peu abondants quelque temps après l'ingestion des aliments et des boissons, survenus seulement ça et là dans le cours de sa maladie. A une constipation habituelle avait succédé de la diarrhée, sans que jamais on ait constaté aucun symptôme péritonéal; et la mort est survenue par inanition.

Autopsie. — A l'ouverture de l'abdomen, adhérences généralisées, non vascularisées, paraissant anciennes et sans trace d'épanchement. 11 n'y a aucune lésion de l'estomac, ni du duodénum ; mais à 27 centimètres de la terminaison de cette portion du tube digestif, commence une invagination du jéjunum, longue de 18 centimètres. Une sonde passe assez facilement dans le canal central. Aucune adhérence n'unit les deux surfaces séreuses accolées, qui ne sont même pas vascularisées.

Obs. XXXV Obs. XXXV. Invagination triple de V intestin gr'ele (Résumée. M. Buc- Bucquoy. quoy. Pecueil des travaux de la Soc. viéd. d'observ. de Paris, in-8, t. I, 1857-58, p. 192). — Jean R.. , 21 ans, entre le 22 avril 1853, dans le service de M. Louis. Depuis trois ans, fréquents excès alcooliques ; il y a deux ans, plusieurs lombrics dans les selles. Bonne santé habituelle.

Au mois de juillet 1852, il fut pris subitement de coliques violentes et de vomissements répétés. Après un séjour de trois mois à l'hôpital Sainte-Marguerite, il sortit incomplètement guéri.

Bien qu'il ait pu reprendre son travail, ses digestions étaient ordinairement pénibles; coliques et vomissements de temps en temps, diminution des forces et amaigrissement progressif.

A la fin du mois, il apparaît entre la fosse iliaque et Thypochondre gauches, une tumeur assez volumineuse faisant saillie au-dessus du niveau de la paroi abdominale. Après une courte amélioration, une recrudescence décida le malade à entrer à l'Hôtel-Dieu. .

A son entrée, il se roule dans son lit, en proie à des coliques extrêmement violentes ; habitude extérieure exprimant la souffrance, amaigrissement, teinte terreuse de la peau; pas de fièvre, nausées continuelles; hoquet par intervalles: vomissements abondants de matières verdàtres. Ventre rétracté avec tension des muscles abdominaux. La palpation, très-douloureuse, faitr econnaitre entre l'hypochondre gauche et la fosse iliaque du même côté, sur le trajet du côlon descendant, une tumeur régulièrement arrondie, plus large dans son diamètre transversal que de haut en bas; son extrémité interne avance jusqu'à trois travers de doigts de la ligne blanche. Résistance et matité à la percussion. Les deux fosses iliaques sont également dépressibles. Constipation opiniâtre habituelle. Depuis près d'un an, il ne mange qu'avec

dégoût, préférant surtout les substances aigres ; soif vive, mais nausées et vomissements chaque fois qu'il cherche à la satisfaire. Langue nette et humide. Aucun symptôme du côté des poumons.

Les jours suivants, pas de modification notable. La constipation fut vaincue par des purgatifs répétés, donnés tant en lavements que par la bouche ; jamais de mucosités sanguinolentes dans les garde-robes. Tumeur plus saillante.

Dans les premiers jours de mai, il y eut de l'amélioration, les vomismissements et les nausées cessèrent; les coliques ne reparurent plus qu'à de rares intervalles; la tumeur elle-mênâe sembla disparaître; mais dans le point correspondant la résistance et la matité persistèrent. L'amaigrissement continua, le ventre resta toujours rétracté.

Dans la nuit du 13 au 14 mai, tous les accidents reparurent brusquement et persistèrent jusqu'au jour de la mort qui arriva le 3 juin. Tumeur saillante comme par le passé. L'amaigrissement ne cessa de faire du progrès, de sorte qu'il mourut dans le dernier degré du marasme. Apyrexie jusqu'à la fin ; refroidissement de toute la surface cutanée pendant les deux derniers jours.

Autopsie. — Invagination descendante et triplée de l'intestin grêle, à sa partie supérieure, — La tumeur commençait à 63 centimètres du pylore et mesurait 29 centimètres dan;, son plus grand diamètre ; sa circonférence était de 15 centimètres. Dans son épaisseur l'intestin se repliait sept fois sur lui-même, de sorte qu'elle était constituée par sept couches d'intestin grêle emboîtées et comprenant environ deux mètres de cet organe. Le bout supérieur de l'intestin invaginé formait un canal central qui permettait encore le passage des matières. A part un peu d'èpaississement des deux cylindres les plus internes, dans Ifi partie qui dépassait ceux qui étaient plus extérieurs, on ne trouvait aucune altération notable de l'intestin. Pas de traces d'inflammation ni de gangrène ; pas même d'adhérences entre les séreuses en contact. Le mésentère n'avait subi d'autre altération qu'un allongement et un plissement tout mécaniques. Au-dessus de la tumeur, le duodénum était distendu et ses tuniques étaient hypertrophiées.

Obs. XXXVL Invagination intestinale', élimination spontanée ; gué- Q^^g rison temporaire. (John Wood et Ward, in Path. Transact. 1857. VIIL XXXVL p. 199). — Femme de 23 ans, sujette depuis six mois à des douleurs Wood cruelles dans les reins et l'abdomen, puis à des symptômes de stran- Ward, gurie. La maladie avait été prise pour un cancer de l'utérus. Quand M. Ward la vil pour la première fois, elle était malade depuis trois mois et déjà très-émaciée. Le pouls était à 120, à peine perceptible et par moments intermittent. Langue sèche et chargée. Tendance à la constipation, mais jamais d'arrêt complet des matières ;

miclurition fréquente el douloureuse ; urines légèrement albumineuses et contenant beaucoup d'urates.

Il y avait fréquemment des vomissements alimentaires qui se produisaient ordinairement une heure après les repas. Beaucoup de tranchées. Règles supprimées. Un peu de douceur à la pression dans la région rénale droite. Le. toucher ne "décèle pas de lésion utérine. Enfin, en novembre 1856, la malade rejeta dans une selle une portion d'intestin grêle.

Celle ci, longue de 8 pouces, paraissait formée de la partie supérieure de l'iléon et de l'extrémité inférieure du jéjunum.

Un mois plus tard, la malade allait bien ; mais depuis, elle a eu un retour des symptômes d'étranglement interne; elle a des vomissements continuels et ne rejette par l'anus qu'une petite quantité de liquide.

Obs.

Peacock.

Obs. XXXVII. Invagination intestinale méconnue. (Peacock, Path. soc. of London. Febr. 10 th. 1873, Med. Times, 1873. I, p. 236, et The Lancet 1873. I, p. 376). — Jeune personne de 15 ans, soignés par M. Duke. Elle souffrait depuis quelque temps de débilité et d'anémie, et maigrissait beaucoup, bien que les selles fussent régulières. Vers le milieu de janvier, douleurs dans l'abdomen et vomissements, les attaques débutant tout à fait brusquement et cessant aussi soudainement ; il n'y avait rien de particulier dans les matières vomies et aucune connexion entre les heures des repas et les attaques de douleur et de vomissements. Les intestins fonctionnaient régulièrement. On soupçonnait quelque lésion pulmonaire latente. A l'examen de la poitrine, M. Peacock ne trouva rien d'anormal ; rien non plus dans l'abdomen, malgré un examen soigneux. On admit la probabilité de l'existence d'un ulcère de l'estomac et un traitement fut prescrit dans ce sens.

A une amélioration de quelques jours de durée succédèrent, le 31, une cruelle douleur dans l'abdomen et des vomissements répétés. Cela continua sans répit pendant devix jouis et deux nuits. Puis survint une période de calme de 36 heures, après laquelle les mêmes symptômes reparurent. La malade mourut, épuisée, le 7 février.

Autopsie. — On ne put examiner que l'abdomen. Il existait une invagination de la partie supérieure du jéjunum. L'anse intestinale invaginée était longue de plus de 6 pouces et très inflammée. La muqueuse présentait des plaques d'exsudat {lymphe) et à l'extrémité, toute l'épaisseur des tuniques était gangrénée et en partie détruite. Pas trace d'inflammation péritonéale.

Obs.

>' XXVI 11 Hacon.

Obs. XXXVIII. [ntussusception. Elimination spontanée d'nne longue portion d'intestin. Guérison. — (Résumé. Hacon; Path. Transac, t. XV. p. 113). — Mlle J.-H.., âgée de 32 ans, d'une bonne santé habituelle, éprouve à partir du mois d'octobre 1863, des accès de vomisse-

ments accompagnés d'une grande douleur dans tout l'abdomen, et revenant toutes les 3 ou 4 semaines sans cause apparente ; il n'y avait pas de constipation. Sa sanié générale n'avait pas été atteinte jusqu'au 28 décembre, jour où elle vit pour la première fois M. Hacon. Pendaut le mois de décembre, les accès revinrent tous les 3 ou 4 jours 5 ils duraient seulement pendant quelques heures, mais étaient accompagnés d'une douleur aiguë spasmodique ayant les caractères de la colique. Les vomissements étaient en même temps alimentaires et bilieux. On ne pouvait découvrir de tumeur ou de dureté à l'examen de l'abdomen ; les selles étaient naturelles en fréquence et én caractère. Vers le 9 janvier 1864, les accès prirent une violence plus grande et la douleur devint plus cruelle. Le 14 janvier, des lavements amenèrent le rejet d'une grande quantité de matières fécales, suivi de la disparition complète des symptômes pendant 3 ou 4 jours : la malade parut guérie. 11 y eut une selle le 18, mais le 20, la douleur revint plus cruelle qu'auparavant et s'accompagna de vomissements bilieux et plus tard fécaloïdes. La douleur était rapportée au côté droit de l'abdomen, un peu au-dessus de l'ombilic ; en ce point, une tumeur pouvait être sentie distinctement. Elle était un peu plus large que la main et était formée évidemment par une portion d'intestin soumis à une violente contraction spasmodique. Pas de sensibilité abdominale à la pression ; pouls non accéléré.

Le 21 janvier, les vomissements fécaloïdes' continuent ; sommeil pendant quelques minutes à la fois seulement ; tumeur en peu augmentée de volume.

Le 22, un peu de mieux 5 les vomissements avaient cessé et la douleur était moins forte. Injection rectale de plus de six pintes de gruau léger. Il y eut à la suite une selle copieuse, consistant surtout en sang coagulé, mélangé à du mucus sanglant et accompagné de gaz en abondance. Il y eut beaucoup de soulagement ; la tumeur cependant ne parut pas modifiée. Le 23 et le 24, pas de vomissements, peu de douleur. Deux selles normales provoquées par des lavements.

Le 25, continuation de la douleur, retour des vomissements, prostration accrue. M. Peacock, appelé en consultation, diagnostique une obstruction, probablement une invagination de l'intestin grêle au voisinage du caecum. On décida de continuer Topium et de nourrir la malade exclusivement par des lavements alimentaires, après emploi de copieuses injections d'eau chaude. Sous l'influence de ce traitement, les vomissements cessèrent et il y eut plusieurs selles normales.

Le 5 février, sensation de plénitude et de poids au travers de la partie supérieure de l'abdomen et le lendemain l'injection ramena avec des matières fécales une portion d'iléon longue de 35 à 40 pouces. A un pouce et demi d'une des extrémités de cette anse d'intestin était attaché un polype du volume d'une grosse aveline. A partir de ce mo- Rafinesque. 17

ment on ne put plus sentir la tumeur abdominale. La malade se-rétablit très-lentement, avec retour irrégulier de quelques accidents parfois, même un jour des vomissements fécaloïdes.

Le 25 mai, les selles avaient lieu sans l'usage des lavements ; mais divers symptômes semblaient montrer qu'il restait un rétrécissement de l'intestin produisant parfois des symptômes d'obstruction.

XXXl'x ^"^^^^ ^^y- 'J^ravsact. of the med. soc. of London,

J Gay ' ^^^^ 6t loc. cit.) — Sexe non donné; âge : 46 ans ; durée : quelques mois ;

l'invagination portait sur l'intestin grêle et présentait un polype ; les surfaces péritonéales opposées étaient solidement unies. Au-dessus de l'invagination l'intestin, fortement distendu, présentait une large ulcération,

Obs. XL. Obs. XL. (Velpeau ; Médecine opératoire, t. IV, p. 19). — Un homme Velpeau. qui était resté longtemps à l'hôpital de Tours pour des vomissements et une constipation que rien ne put vaincre, finit par succomber. L'intestin grêle, largement dilaté au-dessus, était fermé vers son milieu par une masse cylindrique, longue de plus d'un pied, en partie libre, en partie adhérente, qui résultait d'une ancienne invagination dégénérée.

Obs. XLI. Obs. XLI. (R. Carswell, in Cyclopedia of pract. medic., by Forbes.

Carswell. vol. lll. p. 134, 1834). — Ann Newland, de Emsworth, avait été tenue au lit par une affection chronique anomale (?) pendant plusieurs années avant l'intussusception. Il n'y eut pas moins de 8 portions d'intestin rejetées par les selles, variant de 11 à 32 pouces de longueur et dont le total s'élevait à douze pieds d'intestin. Chaque portion était complète, offrant l'apparence d'un bout d'intestin sain qui aurait séjourné quelque temps dans l'alcool. Elles étaient formées par le jéjunum et l'iléon, les unes aj'ant leur séreuse et les autres leur muqueuse en dehors. Le point le plus intéressant de l'observation fut la guérison complète de la malade, au moins en ce qui touche les conséquences immédiates de la maladie. La première portion d'intestin fut rejetée en 1826, la dernière en 1829. La malade mourut en mars 1831, âgée de 37 ans. A l'autopsie on ne trouva qu'une zone cicatricielle étroite, sur l'intestin grêle, avec léger rétrécissement du calibre. La solution de continuité avait pris place au milieu d'une plaque de Peyer, dont on trouvait une moitié se terminant à la cicatrice, et l'autre sur une des anses d'intestin éliminées.

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