LORS
développement d'un kyste hydatique su»pose toujours l'introduction préalable d’un œuf de tænia échinocoque dans l'organisme. D’après M. Dévé, cette condition n’est nécessaire en cas de kystes multiples que pour l’un d’entre eux, les autres pouvant être dus à la mise en liberté par la rupture de ce kyste des vésicules proligères, des têtes de tænia ou des vésicules-filles qu'il contenait. Un kyste hydatique pourrait donc dans certaines conditions donner naissance à de nouveaux kystes hydatiques : ce sont les faits bien connus aujourd'hui de l’échinococcose secondaire, étudiés par M. Dévé et vérifiés par de nombreuses expériences.
Or, pour M. Dévé, la part qui revient à l’échinococcose secondaire dans la localisation de la maladie hydatique que nous étudions, paraît très restreinte, si l’on considère que les kystes hydatiques du cerveau sont essentiellement primitifs.
Lorsqu'il y a coexistence de kystes hydatiques du cerveau avec des kystes du foie, du poumon, du mésentère, etc. (Guérineau, Becquerel, Guesnard), peut-on supposer que les uns et les autres relèvent d’une infection simultanée de l'organisme par plusieurs embryons hexacanthes ou que ceux-ci sont la conséquence de ceux-là ? Dans ce dernier cas, on admettrait,en vertu d’un processus embolique qu'un kyste hydatique du foie est entré par un point quelconque de sa surface en contact avec un conduit veineux, et à la faveur d’une fissure produite en ce point, quelques-uns des éléments qu’il contient ont
pu passer dans la lumière du vaisseau, suivre le cours du sang et gagner l’encéphale.
Cette dernière hypothèse est fortement combattue per M. Dévé. II ne semble pas que le processus de l’échinococcose secondaire embolique puisse être invoqué sans de sérieuses objections pour expliquer la coexistence des kystes hydatiques du cerveau et du foie. D'abord la rupture des kystes hépatiques dans les veines — et parmi elles, dans les veines du système cave — est exceptionnelle. Ensuite, la sur-: vie en pareille circonstance constitue une éventualité plutôt rare. Quant aux éléments échinococciques qui peuvent se trouver déversés dans le torrent sanguin, ils seraient destinés, non à suivre sans encombre le cours du sang, et à arriver ainsi dans l’'encéphale, mais à être probablement tous arrêtés par le barrage pulmonaire. Car ilne faut pas oublier que les plus petits d’entre ces éléments, les « microscopiques » scolex ont des dimensions relativement volumineuses (115 # de large sur 160 de long), et qu'ils sont autrement gros que les embryons hexacanthes (30 w), lesquels ont cependant déjà bien de la peine à franchir le réseau capillaire du poumon.
Il est donc rationnel d'admettre que la coexistence des kystes du foie et des kystes du cerveau s’explique beaucoup plus aisément par une ingestion de plusieurs œufs, suivie du développement, parallèle de plusieurs kystes primitifs, (si toutefois on peut s’exprimer ainsi), indépendants les uns des autres.
TD
Recherches sur la toxicité du liquide hydatique par
la méthode des injections intra-cérébrales (1).
Ainsi que nous le disions dans notre introduction, contrairement à ce qui passe dans nombre de kystes hydatiques des autres viscères, nous avons remarqué qu'aucune de nos observations ne signale la rupture des kystes hydatiques du cerveau, pour cette raison qu'ils sont parfaitement protégés par la boîte cranienne et mis ainsi à l'abri des traumatismes. Néanmoins, ces kystes ne seraient-ils pas susceptibles à la longue de se fissurer ? Les anatomopathologistes nous parlent de craquelures de la poche, d’exfoliation ! C’est alors que nous pouvions nous demander avec quelque raison, si, indépendamment des accidents d’origine mécanique, causés par la seule extension du kyste, et la compression consécutive, des transsudations du liquide par les craquelures de la poche ne pourraient pas dans certains cas déterminer des accidents toxiques sur les centres nerveux et permettraient ainsi d’interpréter quelques accidents convulsifs.
Linossier avait pu injecter dans la veine auriculaire d’un lapin jusqu’à 200 centimètres cubes par kilogramme d'animal, sans observer d'accidents, pas plus d’ailleurs, à la suite d’une injection de 20 grammes du même liquide dans le péritoine d’un cobaye.
K Travail du laboratoire de M. le professeur Brissaud.
bg
Il était donc intéressant de savoir les résultats que donneraient les injections de liquide hydatique directement au sein du tissu nerveux.
C’est dans ce but que nous avons procédé avec notre maître, M. Sicard, à deux séries d'expériences sur des cobayes et sur des lapins.
Dans un premier groupe d'animaux (cobayes et lapins), nous avons pratiqué des injections d’un liquide hydatique pauvre en sable échinococcique, en scolex. Dans un second groupe d’animaux, (cobayes et lapins), la technique a été la même avec cette différence que le liquide injecté était très riche en sable échinococcique, en scolex.
Un léger prélèvement des divers liquides employés pour les expériences permettait au préalable de s’assurer au microscope de la valeur, du nombre plus ou moins grand des éléments contenus dans les kystes.
Roux et Borrel,dans leurs recherches sur la sérôthérapie antitétanique, avaient montré combien il était facile et peu dangereux d’injecter un liquide en pleine substance cérébrale du cobayé et du lapin.
Widal, Sicard et Lesné ont utilisé cette méthode pour la recherche de la toxicité de certaines humeurs organiques, par exemple, les sérums normaux ou pathologiques, les urines. On sait la grande toxicité du sérum humain normal qui, à des doses de un dixième à un quart de centimètre cube, occasionne des convulsions intenses, quelquefois suivies de mort
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rapide chez les cobayes. De même les urines déterminent de graves désordres chez le lapin.
Signalons en passant que le sérum artificiel ne provoque aucun accident.
La technique employée pour les injections intracérébrales de liquide hydatique chez le lapin et le cobaye est la suivante : l’animal est fixé horizontalement sur une table, une petite incision pratiquée au niveau du sillon de Rolando met à nu le crâne, à l’aide d’une petite vrille, on perfore la voûte crâänienne au point d'élection indiqué, avec précaution pour ne pas traumatiser les méninges, il est dès lors facile en enfonçant l'aiguille, d’injecter une quantité déterminée de liquide hydatique.
Une simple piqûre d’aiguille dans le tissu nerveux ne provoque en général que quelques accidents passagers, l'animal a de petites secousses convulsives, de courte durée, mais en général se remet vite. Nous allons voir, dans quelques instants, ce qui se passe avec les injections de liquide hydatique.
Pour toutes nos expériences, le liquide provenait de kystes du foie ou du poumon, recueillis le matin même aux abattoirs de la Villette, chez des moutons fraîchement tués.
Peu importe d’ailleurs, que l’on emploie le liquide dekystes développés chez le mouton ou chez l’homme, puisque dans un cas comme dans l’autre le parasite est le même ; on peut donc utiliser le liquide des kystes du mouton, dans les meilleures conditions possibles pour l'expérience. Inutile d'ajouter qu’on
Vs AY