‹ Étude Sur Les Kystes Hydatiques Du Cerveau Chez Les EnfantsChapitre 15 sur 105 · PREMIER GROUPE · texte numérisé non relu

PREMIER GROUPE

Injection intracérébrale de liquide hydatique

pauvre en scolex

EXPÉRIENCE 1. — Cobaye de 300 grammes. Injection —à la température du laboratoire — de trois quarts de centimètre cube de liquide hydatique du poumon. Convulsions généralisées avec périodes intermittentes de repos, quelques secousses épileptiformes dans les membres inférieurs, qui disparaissent au bout de deux ou trois heures.

Exp. Il. — Avec le même liquide que précédemment on injecte à un autre cobaye un demi-centimètre cube. Convulsions généralisées tantôt à droite, tantôt à gauche, environ deux ou trois heures.

Exp. III. — Cobaye de 300 grammes. On injecte trois gouttes d'un autre kyste hydatique du poumon. Aussitôt, quelques convulsions généralisées assez légères, sorte de coma, qui disparaît peu à peu. Mort sept jours après. Autopsie : cerveau congestionné.

Beauduin 4

me, 7

Exp.1V.— Cobaye de 250 grammes. On injecte un demi centimètre cube de liquide d’un autre kyste hydatique du poumon. Rien de particulier.

ExP. V.— Lapin de 1.500 grammes. On injecte 1 centimètre cube de liquide d’un kyste hydatique du poumon, il en sort un peu pendant l'injection qui n’est en réalité que de trois quarts de centimètre cube. Rien de particulier.

Exp. VI. — Cobaye de 300 grammes. Injection de un demicentimètre cube de liquide d’un kyste du foie ; au bout de deux à trois minutes, quelques mouvements convulsifs, au bout de cinq à six minutes, période de résolution et de coma ; mâchonnement, secousses dans les membres inférieurs. Cet état dure quelques heures, puis l'animal se remet.

Exp. VIT. — Lapin. Avec le même liquide que dans l'expérience précédente on injecte un peu plus de r centimètre cube. Quelques mouvements convulsifs, puis état comateux

qui disparaît progressivement.

DEuxiÈèME GROUPE

Injection intracérébrale de liquide hydatique

riche en scolex

Exe. VIII. — Lapin de 1.500 grammes. Injection de 1 centimètre cube de liquide hydatique du foie (liquide contenant de très nombreux scolex). Quelques convulsions. Mort dans la nuit qui suivit. Autopsie : cerveau très congestionné.

Exp. IX. — Cobaye de 300 grammes. Injection de quatre gouttes de liquide d’un autre kyste hydatique du foie. Scolex nombreux. Mort deux jours après. Autopsie : cerveau très

congestionné au niveau des deux hémisphères.

Lea

Exp. X.— Lapin. Injection de r centimètre cube de liquide hydatique du poumon. Quelques convulsions. Mort quatorze jours après. Autopsie : cerveau un peu congestionné.

Exe. XI. — Cobaye. Injection de un quart de centimètre cube de liquide hydatique d’un kyste du foie. Convulsions généralisées. Etat comateux. Mort le soir. Autopsie : cerveau congestionné.

Exp. XII. — Cobaye. Injection de un quart de centimètre cube de liquide d’un kyste hydatique du foie, différent du précédent. Convulsions. Mort deux jours après.

Exp. XIII. — Cobaye. Injection de un demi-centimètre cube de liquide d’un kyste hydatique du foie. Convulsions intermittentes. Coma. Mort le troisième jour.

Exp. XIV. — Lapin. Injection de trois quarts de centimètre cube d’un liquide hydatique provenant d’un kyste du foie différent des précédents. Quelques convulsions générali-

sées. Mort le sixième jour.

Que peut-on conclure de ces deux séries d’expériences ?

Dans le premier groupe d'animaux, nous observons quelques accidents convulsifs passagers, et une mort seulement. Il semble donc que le liquide hydatique pauvre en scolex n’exerce qu’une action toxique relativement faible sur les centres nerveux. Toutefois, il est délicat de se prononcer plus nettement sur ce point, puisque la plupart des auteurs reconnaissent qu'il y a une grande variation dans la toxicité des liquides hydatiques.

Dans le deuxième groupe d’expériences, 7 ani-

maux sur 7 injectés avec un liquide riche en scolex, succombent à des échéances variées mais assez rapprochées. Faut-il voir là la preuve de la toxicité des scolex ; la mort est-elle le fait d’un processus embolique des scolex, ou résulte-t-elle d'une action mécanique de ces éléments ? Il est bien difficile de le dire actuellement.

Quoi qu'il en soit, nous pensons que ces expériences nous montrent dans une certaine mesure qu'en cas de fissures du kyste, il peut y avoir des accidents toxiques produits par la pénétration ou l’inoculation des scolex au sein du parenchyme cérébral.

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