‹ Étude Sur Les Kystes Hydatiques Du Cerveau Chez Les EnfantsChapitre 16 sur 105 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Symptomatologie

Les différents auteurs qui entreprirent l’étude des kystes hydatiques du cerveau ont bien fait ressortir la grande variété des symptômes qui accusent la présence de cette localisation de l’échinocoque.

Nous allons essayer d’en tracer le tableau clinique chez l'enfant, nous montrerons la valeur de chacun d'eux, et l’importance qu'il faut leur attribuer pour arriver au diagnostic.

D'une manière générale, les kystes hydatiques du cerveau se manifestent par trois ordres de symptômes. Les premiers sont communs à tous les néoplasmes cérébraux, non pas que leur présence soit absolument constante dans les kystes hydatiques : ils sont plus ou moins au complet, plusou moins modifiés, plus ou moins atténués. Quoi qu'il en soit, lorsqu'ils existent, ils fournissent déjà des données très nettes sur l'existence d’une tumeur cérébrale : ce sont des symnplômes de compression générale.

Un second groupe de signes nous renseigne sur le

TE a siège de la lésion, mais il faut déjà bien le reconnaître, ils ne donnent point de renseignements précis sur la nature de la tumeur.

Enfin, existe-t-il quelques symptômes propres aux kystes hydatiques du cerveau, nous essaierons de discuter celte question dans un troisième chapitre.

1. — Etude du syndrome des Tumeurs cérébrales appliqué au Kyste hydatique

Dès ses débuts, et dans la majorité des cas, le

kyste hydatique évolue comme une tumeur cérébrale

quelconque. Par son accroissement progressif il engendre une série de symptômes qui varient avec chacun des faits observés.

Au premier plan, il faut placer la céphalée. Elle fait rarement défaut et marque presque toujours le début des accidents. A l'exception peut-être, de Foucault, tous les observateurs la signalent. Elle est intense, tenace et profonde ; tantôt permanente, tantôt rémittente (Kolbe), elle procède habituellement par crises, par accès plus ou moins réguliers, plus ou moins espacés. Rarement modérée (Faton), elle est le plus souvent violente (Becquerel, Llobet, Parrot), atroce, intolérable (H. Vegas), paroxystique (A. Castro), elle empêche le petit malade de dormir. Quelquefois l'accès survient la nuit, brusquement l'enfant est réveillé, il porte les mains à la tête et pousse des cris déchirants : « Oh ! ma tête ».

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Au bout d'un temps variable, les douleurs deviennent moins vives, le calme se fait, tout rentre dans l’ordre, et dans les jours qui suivent, il ne subsiste rien de cette crise dramatique. Dans certains cas, la céphalée est généralisée, diffuse (Mudd, Guesnard) ; dans d’autres, elle se localise en un point précis du ‘crâne, alors, elle acquiert une réelle valeur, déterminant ainsi le siège exact du kyste (Estévès, Faton, Bazzani, Giampietro, Cade, Berncastle, Flammarion, Hara, Guérineau, Verco, Chisholm) ; ce sera alors un symptôme de localisation d'autant plus net, que la percussion et la pression du doigt détermineront une vive douleur, peut-être aurons-nous là un des rares signes précis qui permettront de faire une trépanation ; encore faut-il faire quelque réserve dans certains cas : le malade de Fitz Patrick accusait des douleurs frontales alors que la tumeur siégeait au niveau de la suture pariéto occipitale ; l'enfant dont nous rapportons l’observation éprouvait également de vives douleurs frontales et l’autopsie montra que le kyste occupait le lobe occipital droit.

Enfin, la céphalée va en augmentant depuis le début des accidents jusqu’à la fin, parfois elle s’atténue dans les derniers temps de la maladie.

De même que la céphalte, les vomissements constituent un symptôme des plus constants. [ls ont tous les caractères des vomissements cérébraux : ils surviennent spontanément, en fusée, sans aucun effort, à l'occasion du moindre mouvement, soit le matin

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au réveil, soit en dehors des repas; ils ne sont pas précédés de nausées, le plus souvent aqueux. glaireux ou alimentaires, ils n’accompagnent pas un état saburral des voies digestives. Chez le malade de Rabot, la céphalée disparaissait à la suite d’une crise de vomissements.

De nombreux observateurs signalent les convulsions (Estévès, Giampietro, Alison Hawkes, Cade, A. Castro, M. Castro, Damaschino, Janet, Morquio, Posadas, Widal, Steffen, H. Vegas, Whittell), les crises d'épilepsie généralisée (Becquerel, Bordier, Bristowe, Bulnheim, Escher, Headington, Llobet, Guérineau, Rabot, Réer, Parrot, Rendtortff). Dans un cas rapporté par Estévès elles marquèrent à elles seules le début des accidents. Chez la petite malade de Parrot, deux crises épileptiformes généralisées furent les seules manifestations de la maladie. au cours d’une santé excellente. Dans les faits de Rabot et de Bristowe, la mort survint au cours de l’accès, mais ces cas sont assurément exceptionnels.

Les vertiges sont signalés par Bazzani, Bristowe, M. Castro, H. Vegas, Guérineau, Zeder. Ils sont caractérisés par des troubles de la vue, avec confusion des objets, le petit malade distingue mal, «il a du brouillard devant les yeux », les objets perdent leur contour, deviennent nuageux. L'enfant dont nous rapportons l'observation, comme celui de Bristowe, se plaignait de « voir les objets en double». Il faut aussi noter quelquefois des bourdonnements dans les oreilles (A.Castro, M. Castro, Rendtorff), des

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étourdissements, des éblouissements, l’enfant garde mal son équilibre, il a une sensation de défaillance, le sol se dérobe sous ses pieds. Dans le cas de Morrah, les vertiges apparurent avant tout autre symptôme..

Les troubles oculaires occupent une place prépondérante. Ils sont fréquents et variés, depuis l’œdème papillaire, la névrite optique consécutive, jusqu'à la cécité, l’amaurose. Presque toutes les observations les mentionnent ; au début, c’est une simple diminution de l’acuité visuelle (Fitz Patrick, Estévès, Llobet, Rabot, Réer, J.-C. Verco, H. Vegas, Morquio, Rendtorff, Whittell),puis une abolition plus ou moins complète de la vue (Morgan, Headington), pouvant aller jusqu’à la cécité (Estévès, Becquerel, Fitz Patrick, Faton, Graham, Rabot, Réer, H. Vegas, Guesnard, Whittell). A l’examen ophtalmoscopique, on trouve de l'œdème papillaire (Estévès, Cade. M. Castro, Morquio, Verco, Steffen, Kolbe), de la névrite optique (H. Vegas, Morrah, Giampietro, A. Castro, Chisholm, Estévès, Headington, Réer, J.-C. Verco, Morquio, Mudd), aux phases ultimes de la maladie, de l’atrophie optique (Graham).

Presque toujours bilatéral, l’æœdème papillaire prédomine souvent légèrement sur l’un des yeux ; la “plupart des auteurs admettent que la tumeur siège ordinairement du côté de l’œil atteint ou le plus atteint, mais on peut rencontrer des exceptions. Cet œdème peut rester latent plusieurs mois sans occasionner d’autres troubles que des phénomènes d’obnu-

bilation de la vision, plus tard le champ visuel se rétrécit régulièrement etconcentriquement,l’amblyopie est lentement progressive.

Dans certains cas, les kystes hydatiques du cerveau s’accompagnent de troubles intellectuels.

On a observé des hallucinations (Becquerel, Rabot), de la diminution de la mémoire, du jugement, des modificalions du caractère, bref un affaiblissement de toutes les facultés (Bazzani, Bordier, M. Castro, Estévès, H. Vegas, Morquio, Zeder, Steffen, Llobet, Rendtorff) ; c’est un véritable état de torpeur intellectuelle, «le malade, dit le professeur Brissaud, se tient la tête dans les mains, immobile, indifférent à tout, absorbé dans la douleur profonde qu'il endure, ne parle plus, ne répond plus, il ne pense plus à se nourrir, il se laisse aller sous lui; en l’interpellant violemment par son nom, on le tire de son hébétude, mais il y revient aussitôt ».

Il faut encore noter chez quelques malades une somnolence qui peu à peu devient progressive (H. Vegas, Foucault, Janet, Rabot, Moulinié, Morquio, Guesnard). Chez d’autres, ce sont des troubles de la parole que l’on observe, mais il n’est pas tou- Jours facile de dire s’il s’agit d’aphasie ou d’anarthrie (H. Vegas, Estévès, Giampietro, Becquerel, Faton, Mya et Codivilla, Vasallo, Morquio, Steffen, Liobet, Wurffbain).

Quoi qu’il en soit, cet état d’asthénie, de torpeur, est loin d’être constant, et dans bon nombre de cas,

on à vu le kyste évoluer avec toutes les apparences

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