II. — Symptômes en rapport avec le siège du Kyste hydatique
Le syndrome, tel que nous venons de l’étudier en ce qui concerne le kyste hydatique du cerveau, nous a donné des renseignements intéressants sur l’existence d’une tumeur cérébrale.
‘Nous devons maintenant considérer les symptômes en rapport avec le siège du kyste, mais il importe de bien faire observer que, s'ils permettent quelquefois de localiser la tumeur en un point quelconque de l’encéphale, ils ne nous renseignent pas sur sa nature, car ils ne présentent aucune particularité propre aux kystes hydatiques. Nous nous proposons
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d’ailleurs de revenir plus longuement sur ces signes de localisation à propos du diagnostic.
Rappelons seulement dès maintenant, que pour les kystes hydatiques du cerveau, comme pour les autres tumeurs, nous observons des troubles moteurs, des troubles sensitifs et des troubles sensoriels.
1° Les troubles moteurs sont variés. Dans un grand nombre de cas, il s’agit de contractures, de convulsions, de crises d’épilepsie généralisée, dont nous avons déjà parlé au chapitre précédent. Assez fréquentes aussi les crises d’épilepsie bravais-jacksonnienne, du type hémiplégique (Estévès, Chisholm, Llobet, Rabot, Posadas, Vasallo, J.-C. Verco, Morquio, Rendtorff) ; le type monoplégique a été signalé par Verco.
Elles frappent le côté du corps opposé à la lésion cérébrale ; dans ces cas, c’est la région rolandique qui est intéressée, le plus souvent, sinon toujours, car on sait très bien qu’une tumeur peutsiéger à distance de cette zone et provoquer des attaques d’épilepsie jacksonnienne par compression à distance.
La parésie des membres marque souvent le début des troubles moteurs (H. Vegas, Estévès, Bazzani, A. Castro, M. Castro, Chisholm, Faton, Flammarion, Becquerel, Cade, Llobet, Morquio, Steffen, J.-B. Verco, J.-C. Verco, Mudd, Rendtorff, Whittell, Wurffbain).
Les paralysies, flasques d'abord, puis spasmodiques, s’observent principalement sous la forme hémiplégique (Estévès, Morrah, Giampietro, Mor-
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gan, Bordier, Alison Hawkes, A. Castro, M. Castro, : Hara, Headington, Graham, H. Vegas, Morquio, Mya et Codivilla, Vasallo, Widal, Réer, Llobet, Verco, Rendtorff, Whittell, Wurffbain).
Quelquefois la marche est incertaine et titubante (H. Vegas, Fitz Patrick, Steffen).
Il faut signaler aussi la paralysie faciale (Bristowe, Faton, Morquio, H. Vegas, Estévès, Alison Hawkes, A. Castro, Posadas, J.-B. Verco, Steffen, Llobet, Guesnard) ; les tics de la face (A. Castro, Janet).
Les troubles sphinctériens (Faton, Steffen), que l’on voit dans les périodes terminales de la maladie semblent en rapport avec les phénomènes de déchéance intellectuelle.
2° Parmi les troubles de sensibilité, citons l’hyperesthésie cutanée (Guérineau, Faton), l'hypoesthésie tactile, thermique et douloureuse (Mya et Codivilla, Estévès), des douleurs rhumatoïdes des membres (Rendtorff) ; l’exagération des réflexes (H. Vegas, Estévès, Morquio, Llobet), leur abolition (Guérineau).
3° Quant aux troubles sensoriels, les plus importants, les plus variés sont les troubles oculaires ; signalons avec Bristowe, Estévès, Faton, Moulinié, la paralysie du releveur de la paupière, le ptosis (Guesnard), le nystagmus (l'itz Patrick), la mydriase (H. Vegas, Morgan, Bazzani, Estévès, Foucault, Réer, Verco, Morquio, Steffen, Llobet, Guesnard, Rendtorff), le strabisme (Estévès, Faton, H. Vegas, Liobet, Rabot, Moulinié), le myosis (Verco), l’iné-
, galité pupillaire (Estévès), la lenteur des réactions pupillaires (Morquio), la photophobie (Zeder), l'hémianopsie (Cade, Mudd), l’exophtalmie (Llobet, Morquio, Guesnard).
Enfin, Morrah, A. Castro, M. Castro, Rendiorff ont signalé des altérations du goût, de l’odorat et de l’audition. |
HIT. — Symptômes propres au kyste hydatique du cerveau
Existe-t-il des signes propres au kyste hydatique du cerveau chez les enfants ? Question intéressante, mais combien difficile à résoudre.
En réalité, il n’y a, dans le cas particulier, aucun symptôme pathognomonique. Nous allons toutefois essayer de dégager de l’ensemble des faits que donne la clinique quelques signes, qui, réunis, consütuent, dans la majorité des cas, un ensemble sufisant, sinon pour affirmer tout au moins pour soupçonner fortement l'existence d’un kyste hydatique cérébral.
Deux ordres de faits peuvent se présenter : ou bien la tumeur ne se traduit que par des signes fonctionnels ; ou bien, aux signes fonctionnels viennent se surajouter des signes physiques qui rendront beaucoup plus aisé le diagnostic.
Parmi les signes fonctionnels, un des plus constants, pour certains auteurs, est la chorée. Tout en reconnaissant que la chorée se rencontre dans diver-
ses affections cérébrales, elle semble avoir une prédilection pour l’échinococcose encéphalique (Réer, Gerhardt, Bordier, Headinglon).
Il en est de même des paralysies directes, c’est-àdire des paralysies localisées au même côté du corps que la lésion : hémiplégie droite, si le kyste siège dans l'hémisphère droil, hémiplégie gauche s'il occupe le côté gauche du cerveau. Davaine en rapporta plusieurs cas chez des adultes dans son Traité des Entozoaires (observations de Yates, Morrah, Barth, Charcot-Davaine) ; celui de Rabot est tout à fait typique. Il est difficile d'interpréter ces faits, peut-être s’agit-il là d’une anomalie de décussation des voies pyramidales, ou d’un retentissement inexplicable de la lésion sur l'hémisphère sain. « L’ensemble des phénomènes paralytiques, dit Davaine, diffère ordinairement de celui qui accompagne une lésion aiguë de l’un des hémisphères ; en effet, par sa situation, son développement, ou sa grande multiplicité, le kyste hydatique exerce une compression sur l’un et l’autre hémisphère, ou bien sur quelque nerf ; de là un ensemble de symptômes variables, et qui sont rarement associés, comme ils le sont dans les maladies du cerveau que l’on observe journellement. »
Les éruplions cutanées sont assez rarement observées ; elles indiqueraient une fissure ou une rupture de la poche. Signalées chez l'adulte par Szezypiorski, nous les retrouvons chez les enfants dans quelques cas, éruption scarlatiniforme (Guesnard), urticaire