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(H. Vegas, Llobet, Morquio), éruption indéterminée (Rabot).
L'examen du sang a donné lieu à de nombreuses recherches en ce qui concerne le kyste hydalique.
Sabrazès, au Congrès de Lille (1899), exprimait qu’il y aurait intérêt à rechercher l’éosinophilie dans les cas de kyste hydatique.
Dans le sang normal les éosinophiles sont au nombre de 1 à 2 o/o. Or, Memmi (de Sienne), au Congrès de Médecine interne de Pise, en octobre 1901, publia les examens de sang relatifs à douze malades atteint de kyste hydatique : les éosinophiles allaient de 7 à 20 o/o. Sabrazès a rapporté sept observations de kystes hydatiques de divers organes, dans lesquelles l'examen du sang montra que les éosinophiles variaient de 4 à 17 0/0.
Peut-être faut-il voir dans cette augmentation des éosinophiles une réaction de défense de l’organisme vis-à-vis du parasite. Après la guérison la formule hématologique redevient normale.
Bien que l’éosinophilie soit parfois considérable, puisque Achard et Clerc ont noté un cas où elle atteignait 40 0/0, Seligman et Dudgeon 57 0/0, elle est cependant loin d’avoir une valeur réelle comme élément de diagnostic, elle n’est pas constante, elle manquait dans un cas de Bezançon et Weil, dans un cas de Gouraud, et dans deux cas d’Estévès.
L’expérimentation a donné des résultats variables : Achard et Laubry, Memmi, ont pu reproduire l’éosinophilie en injectant du liquide hydatique à des
animaux. Bezançon et Weil ont inoculé du liquide à quatre cobayes sans obtenir de réaction éosinophilique.
Ajoutons que pour Sabrazès, outre l’éosinophilie sanguine, On observerait une éosinophilie locale, les éosinophiles envahissant la couche conjonctive qui circonscrit la membrane parasitaire.
Dans un second groupe de faits, nous voyons que les signes physiques, lorsqu'ils existent, présentent un intérêt capital.
Les kystes hydatiques, principalement chez les jeunes enfants, entraînent des déformations craniennes (H. Vegas, Estévés, Bordier, M. Castro, Chisholm, Fitz Patrick, O. Hara, Headington, Moulinié, Llobet, Morquio, Posadas, Réer, J.-B. Verco, J.-C. Verco, Mudd).
Tantôt le crâne acquiert un volume énorme, un des petits malades de Morquio, âgé de huit ans, n’avait-il pas une circonférence cranienne de 60 centimètres. Souvent les sutures sont écartées et les os deviennent mobiles.
Dans un certain nombre de cas, la tumeur fait une saillie plus ou moins marquée en un point limité du crâne, qui devient asymétrique, une des moitiés étant plus grande que l’autre et décrivant une courbure anormale. C’est ainsi qu’un des malades d’'Estévès accuse « une éminence frontale fluctuante située à 3 centimètres à gauche de la suture sagittale ». Fitz Patrick constate l'existence d’une saillie molle, pulsatile, située sur le tiers supérieur de la suture
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pariéto-occipitale. Le petit malade de Morquio avait la région antéro-latérale du crâne tuméfiée, fluctuante et pulsatile. L'enfant de Mudd présentait une tuméfaction du crâne au niveau de la pariétale ascendante droite. Chez un des petits malades de Verco on constatait « une saillie manifeste du crâne à gauche commençant tout près de la suture sagittale et s'étendant jusqu’à un point situé au-dessus de l'oreille » ; chez un autre, le kyste déterminait une tuméfaction de la région temporale droite. Dans un cas rapporté par Chisholm, il existe un léger écartement de la suture coronale droite ; dans un autre - du même auteur, on note une saillie considérable de toute la moitié gauche du crâne. Dans une observation de Posadas, on constate « une tumeur pulsatile, réductible, de la grosseur d’une mandarine dans la région pariéto-occipitale droite ». Dans une autre de Réer, il s’agit « d’une proéminence, du volume d’un œuf de poule, qui apparaît vers le sommet de la tête ». Chez le malade de Bordier, le crâne est comme « atrophié en avant, volumineux et asymctrique en arrière ».
Ainsi donc, dans bon nombre de cas, la palpation nous renseigne sur la présence d’une tumeur molle, pulsatile, dépressible, quelquefois animée de battements visibles ; la pression en est souvent douloureuse, et même chez un malade d'Estévès elle provoquait des convulsions épileptiformes.
Non moins curieux sont les résultats que donnela percussion. Certains auteurs ont remarqué, en effet, que lorsqu'on percutait soigneusement la saillie for-
mée par la tumeur kystique on obtenait un son clair particulier. C’est ainsi que Castro parle « d’un son clair, demi-tympanique » ; Chisholm obtient « une sonorité spéciale », Estévès «un son tympanique ». Rabot appliquant la main sur le crâne de son malade constate « une augmentation des vibrations céphaliques ». Enfin, H. Vegas et Giampietro combinant la percussion et l’auscultation, entendaient un bruit comparable à celui que font entre eux « des pots brisés. »
Tous ces faits, on le voit, sont fort intéressants à étudier, mais difficilement explicables. Ce que Bouchut écrivait naguère reste toujours vrai : « Les kystes hydatiques du cerveau donnent lieu à des phénomènes insidieux et bizarres, qui rendent leur évolution curieuse à étudier. »
En résumé, nous pouvons nettement conclure avec Escalier (Bolivie), qu’il n’existe pas de symptômes propres du kyste hydatique cérébral. Le diagnostic sera donc des plus difficiles, hormis dans le cas — presque indiscutable — d'un enfant, qui opéré quelques mois auparavant d’un kyste hydatique du foie, se présente avec le syndrome encéphalique que nous avons décrit ; l’évolution et l’enchainement des signes morbides permettront alors d'éviter toute cause d'erreur.