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sants. Quelle est donc la cause d’une pareille infestation de ces contrées ?
Cranwell et Vegas nous donnent sur ce point des renseignements des plus instructifs.
Le kyste hydatique sévit particulièrement dans la campagne de Buenos-Ayres. Alors que de 1857 à 1884, il était une véritable rareté, une trouvaille d’autopsie, on en notait 2 cas en 1884 ! la staüstique de 1898 en compte 173 ; la progression s’accentue, et de 1877 à 1901 : 914 cas sur 952 furent opérés, et dans ces chiffres on comptait 25 enfants.
Sur ces 952 cas, il y avait 641 kystes du foie et 15 du cerveau.
La progression de la maladie est donc alarmante, à quoi l’attribuer ?
Cranwell et Vegas invoquent deux facteurs principaux : d’abord, le nombreux bétail qui peuple la campagne de Buenos-Ayres, 8.724.683 bêtes à cornes et 52.965.292 moutons! Puis, le nombre considérable de chiens qui gardent les fermes, le peu de soins que l’on apporte à leur alimentation. Dans nombre de métairies, on nourrit des meutes entières avec le foie et les poumons crus des moutons, or ces viscères, principalement chez les vieux animaux, sont presque toujours infectés, farcis d’hydatides. Nous relevons que dans un rapport vétérinaire sur les abattoirs de Buenos-Ayres présenté à l’Assistance publique, la fréquence des kystes hydatiques chez les animaux est telle que pour les bêtes à cornes, elle atteint 40 0/0, et 6o oo pour les porcs sacrifiés.
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Le D' Moreau, chef du service vétérinaire à la Villette, avec qui nous nous entretenions de ces faits, nous disait que dans le grand nombre des moutons chaque jour sacrifiés à Paris, ceux qui provenaient du nord de la France étaient davantage infectés par la maladie hydatique.
Pour en revenir aux recherches de Cranwell et Vegas sur la progression de cette grave affection, ne conçoit-on pas aisément que tout est bien réuni pour la propager : du chien aux moutons (en passant incidemment par l’homme), et réciproquement, le parasite qui la produit se meut dans un cycle incessamment renouvelé, tout concourt à en favoriser la dissémination.
L'Australie et l'Islande sont également infectées. En Islande, on compte en moyenne un chien par quatre habitants, et d’après Krabbe on trouve le tænia chez 28 o/o des chiens.
En Australie, 43 chiens pour 100 sont atteints du tænia.
En France, le professeur Blanchard, qui a autopsié de nombreux chiens, ne l’a pas rencontré.
De tous ces faits, il résulte que la seule cause déterminante de la maladie hydatique c’est l’infection parasitaire produite par l'introduction dans l'organisme d’un œuf de tænia échinocoque : nous allons prochainement revenir en détail sur celte question.
La maladie évolue particulièrement, disions-nous, dans les grands pays d'élevage. Il est donc permis d'admettre que parmi les causes prédisposantes, les
plus favorables pour la contracter, les conditions habituelles d'existence vont tenir une place importante : l'influence du milieu, la fréquence du parasite chez les chiens de bergers, la cohabitation intime avec leurs troupeaux et leurs chiens des individus qui vivent d’une manière peu hygiénique, les aliments mal préparés, les légumes insuffisamment lavés, voilà les principaux facteurs sur lesquels insistent Cranwell et Vegas.
Dans le cas qui nous intéresse, les enfants sont particulièrement frappés ; si l’on considère la statistique de 1903 des auteurs argentins, nous voyons que sur 1.586 cas, 419 enfants de trois à quinze ans sont atteints ; sur ce nombre on compte 291 kystes du foie et 29 du cerveau.
Que nous apprennent les autres statistiques ?
Sur 2.000 cas de kystes hydatiques diversement situés, Thomas trouve 80 cas d’échinococcose cérébrale, soit une moyenne de 4 0/0.
Sur 300 tumeurs cérébrales observées chez des enfants (de un à dix-neuf ans), Allen Starr trouve 30 kystes. Bernhardt note à peu près les mêmes chiffres : 30 kystés sur 280 tumeurs cérébrales.
. Davaine, sur 29 kystes hydatiques du cerveau en trouve 9 chez les enfants.
Cranwell et Vegas sur 31 cas comptent 257 enfants !
Les kystes hydatiques du cerveau sont donc beaucoup plus fréquents, qu’on ne le suppose, chez les enfants. Il est d’ailleurs difficile d'interpréter le pourquoi de cette localisation de l’échinococcose,
Les cas sont particulièrement nombreux entre sept et seize ans. Nous n'avons pas enregistré de faits au-dessous de trois et quatre ans, mais d’après Bobrie l'embryon pourrait passer à travers le filtre placentaire, nous n’en connaissons pas d’observation.
Le sexe le plus fréquemment atteint est le sexe masculin, la statistique de Cranwell et Vegas indique 18 garçons sur 27 cas; celle de Babonneix : 27 garçons sur 44 cas. Sur 80 observations où lesexe était bien spécifié, nous avons compté 49 garçons et 31 filles.
La fréquence des traumatismes du crâne chez les enfants, l'intensité de la circulation encéphalique sont-elles des facteurs suflisants pour expliquer l’origine des kystes hydatiques du cerveau ?
Danlos et Kirmisson pensent qu’une hyperémie et un épanchement traumatique contribuent dans une certaine mesure à la fixation de l’embryon hexacanthe dans les centres nerveux, et créent ainsi un milieu propice à son développement. Pour Cachereau, toute congestion locale quelle qu'en soit la cause aboutit au même résultat. Des observations signalent que les accidents apparurent à la suite de chute ou de coup sur la tête (H. Vegas, Foucault, Kerckring, J.-C. Verco, Rendtorff, Estévès).
Pour M. Auvray, le liquide céphalo-rachidien constituerait un milieu propice au développemen des kystes hydatiques du cerveau.
En résumé tous ces faits sont intéressants, mais,
Beauduin 2
quoi qu'il en soit 4 leur valeur, il serait peut- être exagéré de leur attribuer un rôle prépondérant FR l’étiologie du kyste hydatique du cerveau.