ÉVOLUTION ET COMPLICATIONS
Souvent un choc violent aura occasionné des phénomènes douloureux passagers, mais ne laissant aucune lésion. C’est presque la variété ordinaire, car, le choc douloureux sur les testicules est fréquent alors que les conséquences graves sont rares.
Parfois la douleur a pu être si intense que le blessé est mort de syncope.
Dans les cas où les lésions ont engendré un des aspects cliniques décrits, l’évolution est d’ordinaire rapide. Peu à peu la tuméfaction diminue. Les douleurs qui ont pu être très vives, irradiées le long du cordon jusqu’au rein et à la racine des cuisses, disparaissent et ne se réveillent qu'à propos d’un mouvement ou de pression sur les bourses. ;
A ce moment la guérison avec restitution complète peut s’observer. Il s'agirait en ce cas de formes légères, décrites dans le premier degré par Mono» et TErRiILLON ; ou bien les lésions ont intéressé l’épididyme.
Mais trop souvent la cicatrisation dépasse le but, la sclérose fait son œuvre et rapidement le procèssus de régression aboutit à l’atrophie du testicule.
AE RE Atrophie du testicule
C’est en effet par induration et sclérose que se terminent d’une manière à peu près constante, les phénomènes inflammatoires déterminés par la contusion testiculaire. Cette évolution est rapide, en une dizaine de jours, en général, la tuméfaction du scrotum va diminuer considérablement. Et le testicule tend à reprendre un volume normal.
Déjà, il présente une consistance particulière : rarement dur et fibreux, mais presque toujours mou et flasque. Puis, sans qu’on y prenne garde, le testicule iond. On le trouve petit et comme perdu dans les bourses trop larges. Il est flasque et quasi enveloppé par l’épididyme. La rapidité de cette évolution est remarquable, car en un mois à six semaines, la glande ne mesure plus que le diamètre d’un haricot. GossELIN avait proposé d’appeler « Orchite atrophiante » ces contusions du testicule.
L'âge du sujet semble avoir une influence. Pendant l’adolescence, il ne fait aucun doute que la glande soit plus fragile. Dans la thèse de Coureau, on trouve cette atrophie chez une majorité de sujets de moins de vingt ans.
L’intégrité évolutive de l’épididyme, au contraire, fait une opposition très nette ; d'autant plus nette que pendant la phase aiguë, cet épididyme non bridé, présentait une tuméfaction qui pouvait le faire croire principalement atteint. Nous avons déjà vu
de
que cette opposition évolutive avait frappé les auteurs : REecLUS pose presque en principe cette intégrité évolutive de l’épididyme. Ceci semble exagéré.
Expérimentalement nous avons vu les lésions possibles de l’épididyme. D'autre part, on retrouve plusieurs observations, témoins une observation de STANLEY : Où la castration fut pratiquée pour névraloie, l’épididyme était transfiomé en substance blanche et fibreuse. Ces faits restent exceptionnels et 1l faut bien reconnaître cette quasi constance du seul testicule atrophié.
Anatomiquement pour RecLzus et MaLassez cette ‘atrophie atteimdrait uniquement les tubes : « Sur une coupe on n'aperçoit plus les lobules séparés par les trävées fibreuses, la substance glandulaire est anémiée, opaline, d’un blane laiteux ; la surface de section en est uniforme et les tubes séminifères ne s’y dessinent que vaguement : lorsqu'on les pince on les déroule encore mais 1ls sont si grêles qu’on ne tarde pas à les rompre ». Cette orchite atrophiante serait donc surtout tubulaire.
Moxop et TERRILLON montrent qu’au bout de quelques jours, les cellules nouvelles des cloisons se transforment en tissu fibreux, en même temps les tubes irrités s’épaississent au point qu’au bout d’un certain temps leur calibre est manifestement diminué. Ce double processus aboutit à la transformation fibreuse du testicule, et toute trace de tissu glandulaire disparaît. Pour ces auteurs lPatrophie est donc tubulaire et interstitrelle.
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Il existe encore un sujet de divergence, pour Rgccus cette atrophie est uniforme. Pour Moxop et Terrizcox, si elle paraît le plus souvent générale, parfois elle n’est que partielle.
Ils rapportent dans leur mémoire deux observations auxquelles nous renvoyons le lecteur. Dans l’une le testicule semble s’être atrophié en son centre, laissant subsister une coque ; dans l’autre un noyau périphérique déforme le reste de la glande qui prend l’aspect d’un cotylédon.
Le meilleur exemple d’atrophie localisée est représenté dans l’observation de ScHwARTz.
OBSERVATION E 7 ù
(obs. de Scnwarrz et Cornrr dans la thèse de MonrTienx)
Deux jockevs ont subi le même accident sur le troussequin de leur selle. Une castration unilatérale fut faite à cause des douleurs ressenties.
À la coupe du testicule, macroscopiquement :
organe ferme à la section, 1l est possible de dévider les tubes séminifères. Il existe un nodule fait de trois zones.
Au grossissement :
— dans la zone centrale : section de tubes séminifères avec quelques polynueléaires et leucocytes. Leur paroi propre est très mince et ces débris de tubes atrophiés sont très espacés. Le tissu intermé-
diaire est nécrosé ; quelques vaisseaux sont encore visibles.
— dans la zone moyenne existent des éléments encore vivants ; l’endothélium des vaisseaux est encore intact, les tubes ont une paroi plus nette, les cellules du tissu conjonctif sont multiples.
.— dans la zone périphérique enfin : il y a moins encore d’altérations, mais pas de spermatogénèse.
Chose curieuse, dans un des deux cas de cette observation les tubes épididymaires étaient sectionnés par place.
L’examen anatomo-pathologique de ces deux testicules pratiqué par Corniz permet de différencier les désordres causés par un traumatisme d’avec une lésion de syphilis ou de tuberculose ; on ne retrouve n1 lésion d’endartérite n1 cellules géantes.
Les lésions d’atrophie à la suite de contusion du testicule sont relativement banales et admises par tous. Nous avons déjà cité les nombreuses observations recueillies par Courau (thèse) et par Moxon et Terrirron. En voici deux autres qui nous ont semblé caractéristiques :