OBSERVATION V
(rapportée par M. le professeur Leaueu)
Un ouvrier glisse du toit d’une barraque et tombe à califourchon. Douleur testiculaire droite immédiate qui, se calmant, permet de travailler et dîner normalement. Dans la nuit, 1l est réveillé par une douleur intense du testicule droit et irradiant dans laine. Insomnie. Le testicule croit de volume jusqu’à atteindre le volume d’un œuf de poule. Le malade
Cr
reste couché sept jours à cause de la douleur. Celleci disparaît vers le douzième jour.
Vingt Jours après, on trouve :
Le testicule droit du volume d’un petit œuf, de consistance dure, douloureux à la palpation, rétracté à l’anneau inguinal externe, adhérence profonde fixant son pôle inférieur. Dans cette masse il est impossible de distinguer le testicule de l’épididyme. La vaginale ne peut être pincée. Le cordon est dur et augmenté de volume, de la grosseur d’un index.
La prostate est normale ainsi que les vésicules séminales et l’autre testicule.
Pas d’ecchymose visible, localement n1 dans la région périnéale. Pas d'écoulement, urines claires.
Après le choc le malade n’a présenté aucun signe de lésion urètrale, pas d’urétrorragies, ni de rétention d’urines.
Dans les antécédents, n1 orchite droite, n1 blennorragie, m1 oreillons.
Intervention au 22€ jour. j
— Incision du scrotum : le testicule est extrèmement adhérent au serotum ; la vaginale est collée à la surface du testicule ; ouverte, le testicule apparaît recouvert d’un épididyme noir. Le cordon présente une torsion d’un tour suivant la marche des aiguilles d’une montre. Castration suivie de guérison sans incident.
L'examen de la pièce relate l'aspect d’un testicule et de l’épidyme. Sur une coupe verticale on constate une abdondante hémorragie funiculaire et inter-
épididÿymo-testiculaire. Sur les coupes histologiques on trouve dans le testicule et l’épididyme, des hémorragies, des lésions de nécrose, mais pas d’infection.
FRANSCESCHI a essayé expérimentalement de reproduire ces torsions par traumatismes. Après rupture du testicule, 1l a obtenu une seule fois un hématome de la vaginale qui, soulevant la partie inférieure du testicule tendait à le faire changer d’orientation.
Cherchant à expliquer les deux observations précédentes, FRANCESsCHI y voit d’une part la congestion de l’organe due au traumatisme, et, d’autre part la réplétion vasculaire en avant.
Ces deux facteurs formeraient la base fondamentale de la mobilisation ; tous les vaisseaux ne sont pas simultanément n1 au même degré le siège de phénomènes d’engorgement. La torsion sera évidemment facilitée par une anomalie des ligaments d’attache.
Parmi les observations de torsion rapportées par OMBRÉDANNE on peut remarquer un traumatisme précédant de peu le début des symptômes dans deux
cas.
Séquelles de Patrophie
Lorsque le traumatisme a lésé les deux testicules chez un sujet jeune, l’atrophie des deux glandes y est déjà plus facile, nous l’avons vu. Cette atrophie
Charles Griveaud 3
one
peut avoir des conséquences plus graves. Non seulement la spermatogénèse est supprimée, mais 1l peut se produire des troubles considérables par absence de sécrétion interne. Les caractères sexuels secondaires seront plus ou moins modifiés ; l’appétit sexuel disparaît. En outre, des répercussions endocriniennes se feront, et, en particulier on peut observer des signes d’insuflisance thyroïdienne. É
I se produirait ainsi un syndrome inverse à celui réalisé par les lésions thyroïdiennes courantes. Si l’atrophie testiculaire survient quand l’ossification est achevée, il ne peut y avoir de modification du squelette ; mais on peut voir apparaître un véritable état d’infantilisme tardif.
Cet infantilisme d’origine génitale a été étudié par Rumrezz, Pierre Marie, DuPré.