DES LÉSIONS QUE PEUT ENGENDRER L’EFFORT
Vezpeau les avait admises et pour lui tout effort violent pouvait engendrer une orchite. Mais DuPpray les a soumises à une critique fort vive et les a miées. C’était une réaction contre une étiologie trop facile à trouver au cours de toute inflammation épididymotesticulaire.
Différentes pathogénies furent proposées : pincement du cordon par les fibres ansiformes venant du grand droit. Contraction violente du crémaster qui heurte le testicule contre le pubis, ou le fait s’étrangler dans le pédicule des bourses.
La rareté de tels cas a laissé Les opinions vagues et hésitantes sur la réalité et l'existence de tels faits.
Il est bien facile de se représenter une contusion directe du testicule. Nous imaginons facilement cette glande fortuitement fixée, écrasée comme le bronze entre le marteau et l’encelume. Mais le mécanisme hypothétique vague de ces contusions indirectes par un effort ne peut entraîner la conviction de ceux qui n’en ont pas observé. Ils sont 'naturellement la grande majorité.
SÉBILEAU et Descomps l’ont miée. Ils ont donné différentes explications des observations rapportées. Se basant très judicieusement sur la facilité avec
laquelle toutes inflammations cependant nettement établies, telles que tuberculose et gonococcie avaient été attribuées à l'effort, ces auteurs ont conseillé de dépister minutieusement tous les cas où une lésion urètrale même légère peut être retrouvée. Loin de nier ces faits, nous insisterons au contraire sur la fragilité d’urètre ayant suppuré et qui restent des sources latentes d'infection.
Dans les épididymites aiguës à gonocoque, l'ournier invoquait comme cause occasionnelle fréquente les chutes, heurts, efforts. Mais tous ces cas sont en dehors de la question ; ils permettent d’envisager l’influence locahsatrice au cours d’une épididy mite aiguë par un effort. Il s’agit de savoir par contre si un tel effort peut engendrer une atrophie du testicule succédant à une phase inflammatoire.
IL en va de même des cas où l'effort agit en provoquant la rupture d’un varicocèle ; ce coup de fouet aurait pour conséquence un épanchement qui, accumulé autour de l’épididyme, simulerait au plus une épididymite.
SÉBiLEAU et Descomps pensent que les cas où un effort peut engendrer l’atrophie correspondent à une torsion du cordon. On retrouve alors les conditions anatomiques favorisant ces torsions, c’est-àdire suspension trop libre du testicule dans la vaginale, et au cours d’un effort violent, une brusque contraction du crémaster peut surprendre ce testicule flottant en position oblique : la torsion amsi
amorcée se complètera.
pps
Dans les observations de torsion où le diagnostic a été fait et l'intervention pratiquée, on retrouve d’autre part très souvent un effort violent ou brusque à l’origine.
L'observation qu’a rapportée Mory et qu'il donne comme exemple d’orchite par effort, ne semble rien autre qu’une torsion testiculaire. Il s’agit d’un sujet très musclé qui, à plusieurs reprises après un effort, avait constaté une tuméfaction épididymo-testiculaire peu douloureuse. Chaque fois ces symptômes rétrocédaient, sans séquelles, en quelques jours. Mais lors d’une quatrième poussée, le tableau fut plus important et a persisté plus longtemps ; cette fois la conséquence fut une atrophie. On peut expliquer les trois premières attaques par une détorsion spontanée, alors que la dernière torsion s’est complétée.
Cependant le professeur LEGuEu a publié une observation assez caractéristique.