OBSERVATION XII
(Prof. Lecuru)
Le 3 mai 1912, un homme de 30 ans avait à soulever un poids de 500 kilogs. Pour ce faire, il écarte les cuisses, fléchit les Jambes et peut ainsi soulever ce poids énorme.
Il n’y eut aucun choc, aucun contact même sur le testicule. Mais immédiatement après cet effort, cet
ouvrier a éprouvé une violente douleur dans le testicule gauche. Il est obligé de s’arrêter et reste au repos dans le chantier. Le testicule est tout de suite gros et sensible. Pendant trois jours l’ouvrier peut encore marcher, mais souffre à gauche, et tout le jour il reste assis les jambes écartées. Dès lors 1l garde le lit avec des douleurs violentes au testicule gauche qu'il soutient sur une planchette.
Le médecin de la compagnie le vit à ce moment, et constate : testicule gros et sensible, tête de l’épididyme développée et volumineuse. Il n’existe pas de. lésions tuberculeuses et localement ni blennorragie, ni ecchymose.
Leaueu le vit dix mois après, en expertise. À son examen : la tête de l’épididyme ne présente rien, la queue tout au plus un peu d’induration ; mais le testicule gauche est sensiblement atrophié, diminué de moitié, 1l est mou et sans consistance. Il n’y a ni trace de blennorragie dans l’urètre, n1 trace de tuberculose dans la prostate.
Se basant sur ce que ni la blennorragie, ni la syphilis, ni la tuberculose ne pouvait expliquer une pareille atrophie chez ce blessé, on a pu admettre la succession nette entre l'effort et la tuméfaction du testicule développée immédiatement et qui fut constatée dans les heures qui suivirent ; le retour à un aspect normal du testicule deux mois après ; et l’atrophie constatée actuellement ; et conclure à l’influence traumatique de cet effort à l’origine d’une telle évolution vers l’atrophie.
Lecueu n’a pas cherché à expliquer le mécanisme d’une telle lésion. Il n’a pas cependant aoté d’inversion pouvant orienter vers l’idée d’une torsion. Il est incontestable qu'il y eut lésion testiculaire produite par l'effort et qui mérite de rentrer dans le cadre de ce que l’on peut et doit appeler :
«€ Lésions du testicule par effort ».
En concluant ce chapitre, nous émettrons une seule hypothèse. Il est incontestable que tout testicule en ectopie qui ne peut s'éloigner de l’orifice -inguimal est voué à l’atrophie. Peut-être est-ce dù aux traumatismes répétés que peut subir cette glande par pincement entre les piliers de l’orifice inguinal. Deux faits pladent en faveur : la possibilité de poussées douloureuses et même inflammatoires dites coliques testiculaires ; et aussi, l’atrophie ne se produra qu'à partir de la puberté, lorsque les éléments du testicule se développent. Tout testicule abaissé avant l’âge de la puberté se développera au fond des bourses.