À MES CHERS AMIS LES DOCTEURS
JOURDAN, E. LORTAT JACOB BRAND Y, CUVILLIER, ILLAIRE, VILLECHAIZE
Ne L Dr
INTROD UCTION
S1 l’on prend la définition de la contusion dans un précis de Pathologie Générale, on voit que cette contusion est produite par un agent vulnérant à surface mousse qui broie les tissus en refoulant les téguments sans les perforer. Suivant la force et la nature
de l’agent contondant, tous les degrés de la contu-
sion peuvent s’observer. La lésion par excellence qui en résulte est l’hématome.
Mais suivant la région où portera le traumatisme, les organes atteints, 1l est évident que la contusion entraînera des troubles résultants des organes lésés eux-mêmes. Ainsi, la constitution anatomique du testicule et sa physiologie nous paraissent jouer un rôle capital dans les symptômes et l’évolution des traumatismes qui les intéressent.
Là aussi, l’intensité du traumatisme entraînera des désordres de gravité bien différente. La glande pourra subir des désordres variés dans sa constitution intime, ou bien son albuginée rompue il y aura issue des éléments glandulaires dans la cavité vaginale. L’épididyme, le cordon, la vaginale peuvent aussi être intéressés.
Il se produira, plus ou moins intense, et suivant
les différents types, une infiltration sanguine, une réaction œdémateuse. Ce sont les lésions anatomiques ; mais cliniquement celles-ci se traduisent par un tableau à caractères plus ou moins inflammatoires et depuis longtemps, 1l est accoutumé de désigner cet aspect clinique sous le nom d’orchite traumatique.
De ce fait, longtemps la contusion du testicule, mal connue, fut diversement appréciée par les auteurs : les uns lui accordent une importance exagérée et lui attribuent une série d’altérations pathologiques de la glande dans lesquelles, elle ne joue certaimement qu’un rôle très secondaire. Les autres allant jusqu’à nier son existence.
Toutes les discussions ont existé eu égard à ce terme d’orchite traumatique.
On ne doit pas, à notre sens, y rechercher un problème de pathologie générale, à savoir la possibilité ou non pour le traumatisme d’engendrer des réactions inflammatoires des tissus analogues à celles causées par les agents microbiens.
En elle-même, cette orchite traumatique est une réaction inflammatoire du testicule. On pourrait la comparer aux lésions inflammatoires dues à des agents physiques ou chimiques. Mais il est préférable de laisser la désignation d’orchite aux lésions vraiment infectieuses — en regard, les inflammations épididymo-testiculaires dues à des contusions ont une anatomie et des caractères anatomo-cliniques bien tranchés. Comment, dans une discus-
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-sion de terme, et pour nier cette Corchite traumatique », pourrait-on considérer comme sans importance une réaction susceptible d'amener, ainsi que nous le verrons, l’atrophie complète d’un tésticule ?
Quel que soit le nom qu’on leur donne, ces lésions traumatiques existent, et, la confusion de termes ne peut faire innocenter le traumatisme.
P. Recrus posait déjà la question ainsi : (Actuellement, depuis la Loi sur les accidents du travail, il ne s’agit plus de controverses académiques, car, pour nombre de nos collègues la responsabilité patronale est ou non engagée suivant la réponse donnée à la question. »
Il semble du reste nécessaire de bien trancher dans cette discussion nosologique les orchites infectieuses des lésions traumatiques ; puisque, dans certains cas, à la contusion testiculaire peut se grefter une orchite infectieuse. Nous reviendrons sur cette éventualité, un peu discutable, dans un chapitre de cet ouvrage.
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