LIPOME RACHIDIEN
SCHARTZ et CHevrier, 1906
P..., homme de 45 ans, solidement musclé, ne présen-
tant aucun antécédent personnel ou héréditaire à retenir. | Il a exercé dans sa jeunesse le métier de tonnelier ; mais
depuis trés longtemps, il a une situation de bureau. A l’âge de 30 ans environ, il s’est aperçu du développement d’une petite grosseur, située au milieu du dos.
Cette tumeur avait à ce moment le volume d’une noix. Elle a grossi très lentement pendant les premières années, un peu plus rapidement ensuite ; le développement a été surtout rapide depuis un an. La tumeur qui était d’abord U absolument indolente, est devenue légèrement sensible; le malade redoute les chocs et prend garde à ce que les portes en se fermant ne viennent pas lui heurter le dos. Il a eu l’occasion de voir M. Léon Lapré, qui l’a envoyé à Cochin, où il entre le 9 avril 1902.
La tumeur, située au milieu du dos, à la hauteur de la
Are
8° ou 9° vertèbre dorsale, a le volume d’un œuf. Elle est très légèrement aplatie, un peu discoïdale. Elle s'étend un peu plus du côté droit de la ligne médiane que du côté gauche. La consistance est molle, presque fluctuante ; la
tumeur est fixée dans la profondeur, tandis que la peau glisse facilement sur ele. La pa pation révèle aucun point douloureux ; les mouvements de la colonne sont très libres. Le diagnostic d’abcès froid est écarté et celui de lipôme fixé.
A l'opération, on constate, après incision parallèle au grand axe de la tumeur, que la tumeur n’est pas partout bien isolable du pannicule adipeux environnant. De plus elle s’infiltre, s’enfonce profondément entre les muscles des gouttières. En poursuivant ce prolongement profond, on arrive jusqu'au contact des apophyses épineuses. La tumeur est fortement fixée à l’une d'elles.
Le malade ne reste que deux jours dans le service. Il sort et revient à la consultation. Les fils sont enlevés trop tôt, avant cicatrisation complète et la plaie se désunit en partie. Malgré cet incident, la plaie se guérit bien et sans
suppuration.