XX VII
LIPOME RACHIDIEN Homes, 1867
Le petit malade, âgé de trois ans, avait été admis dans mon service à Saint-Georges Hospital, le 3 novembre
1864, à l’occasion d'une vaste tumeur qui occupait le cou
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depuis un temps indéterminé. La mère paraissait pourtant être certaine que cette tumeur n'existait pas à l’époque de la naissance. Quoi qu’il en fut, elle faisait une forte saillie à la face postérieure du cou et au-dessus de la clavicule, mais elle ne paraissait pas s'étendre jusqu’au voisinage des vaisseaux carotidiens en avant, non plus que jusqu'aux vaisseaux sous-claviers inférieurement. En arrière, la tension des tissus ne nous permettait pas de préciser exactement dans quelles limites elle s’étendait. Elle offrait à la palpation une consistance inégale, à ce point que sur certaines parties, on pouvait penser qu'elle renfermait du liquide ; et pourtant, on nous disait qu’une ponction déjà pratiquée antérieurement au niveau d’un de ces points n’avait donné issue à aucun liquide, et moi-même, en renouvelant ce mode d'exploration, je ne trouvai trace de liquide en aucun point de la tumeur.
Je pratiquai l'opération de la manière suivante. Je fis une incision en T, dont je disséquai largement les fibres à la surface de la tumeur. Cette dernière était enveloppée d’une capsule bien limitée et facile à détacher des parties qui l’entouraient dans toute la portion antérieure du cou; mais en arrière, elle offrait un prolongement volumineux en forme de langue, qui s’enfonçait profondément jusqu’à la rencontre des apophyses transverses des vertèbres cervicales, avec le périoste desquelles la capsule fibreuse de la tumeur paraissait être si intimement liée que les deux tissus ne faisaient plus qu’un. Je dus apporter une certaine force pour procéder à l’extraction de cette masse ; et à mesure que des nouvelles brides, formant adhérences,
se trouvaient ainsi attirées, je les coupais avec le btstouri,
le tranchant toujours tourné vers la tumeur, et, de cette façon, je finis par enlever la masse entière.
En l’examinant ensuite, il fut facile de reconnaître qu’elle était formée de tissu adipeux et que ses parties les plus résistantes étaient du tissu fibreux.
Après l'opération, l'enfant guérit et la dernière fois que je le vis, aucune rétraction de tissu cicatriciel ne paraissait
devoir se produire.
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