Vm
Mais né adj. cadet. Cet adjectif, qui n'est plus usité, est composé de mains ^ ancienne forme de moins ^ et de né, — Ex. Lequel fut fils du roy Jehan, et frère maisné du roy Charles le quint VIU, 11.
Maisonnement s. m. amas de maisons. Nous n'avons trouvé ce mot que dans le Compl., où l'exemple suivant est cité: "Et fus
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bien esmerveilié de voir Tassiete de cette cité, et de voir tant de clochers et de monastères, et si grand maisonnement, et tout en l'eau. VU, 18.
Maisonner v. a. garnir de maisons. Ce verbe ne s*est pas conservé dans la langue moderne. — Ex. Et est la plus belle raê qae je croy qui soit en tout le monde, et la mieoz maisonnée, et va le long de ladite ville. VU, 18.
Maistrise s. fém. domination. Le Die. de TAc. ne donne pas cette signification, qui cependant se trouve dans le Die. de M. Littré sans qu'elle y soit indiquée comme ayant vieilli. — Ex. Combien que ja il eust commis des gens de sa maison pour garder ladite église, si n'en pouvoit-il avoir la maistrise. II, 13. — V, 17. V, 19.
Mal adj. mauvais. Selon l'Ac. ce mot ne s'emploie plus adjectivement que dans les locutions: Ban gré^ mal gré; Bon an^ mal an.
— Ex. Voicy la première maie adventure et fortune que ce duc avoit jamais eue en toute sa vie. V, 1. — VII. 17.
Maie fortune s. fém. mauvaise fortune. Ce mot n'est plus d'usage.
— Ex. Mais ils ne sceurent fuyr à leur malefortune: comme il advient à plusieurs autres. V, 17. — V, 19. VI. 6.
Malement ad. mal. Ce mot a vieilli. — Toutesfois durant le débat du long de ce fauxbourg, gaignerent ceux qui estoient saillis, aucuns chariots, et s'en taudirent là, où reposèrent assez malement. U, 11.
Marchand adj. Il nous a été impossible de fixer le sens de ce mot dans l'exemple suivant, qui est aussi cité dans le Die. de M. Littré: "Et conciud la trêve pour neuf ans marchande, revenant chacun au sien." IV, 11.
Marchandise s. fém. convention, négociation secrète. Le Die. de l'Ac. ne donne pas ce sens. — Ex. Toute cette année que dura cette trêve, s'entrenoit cette marchandise. lU, II. — I, 8. I, 13. I, 16.
Mat adj. las, abattu. Aujourd'hui, cette acception primordiale du mot mat n'est plus usitée. — Ex. Ja estoient paravant l'assaut ces Liégeois fort las et mats. U, 13.
Maugré prép. Cette ancienne forme du mot maZ^r^ est encore usitée dans les patois. — Ex. Depuis son trespas, vingt mois, maugré moy, tenu prisonnier en son palais. I, 8.
Mauvaistié s. fém. méchanceté. Ce mot appartient à l'ancienne langue. — Ex. Je ne sçay si Dieu l'avoit ainsi permis pour leur grande mauvaistié. II. 1. — U, 3. III, 4. III, 8.
Mécaniquement adv. d'une manière misérable. Cette ancienne
Étude sur les Mémoires de Philippe de Gomines. 73
sigoificaton ne s'est pas conservée dans la langue moderne. — Ex. Mais bien nous oyons dire qa*ils ont guerres et divisions comme nous, et encores plus mécaniquement. Y, 18.
Mécontenter (se) v. réfl. être mécontent. L'Ac. ne donne pas la forme réfléchie de ce verbe, laquelle cependant se retrouve encore dans Corneille. — Ex. Toutesfois il ne luy estoit point agréable, et se mescontentoit d*eux, parce que dés lors ils ne demeuroient en son service. Y, 15.
Meilleur (du), le dessus. Il nous semble qu'il faut ainsi traduire cette expression dans les deux passages suivants : **Aucuns d'eux eurent envie de nous assaillir: et mon advis est qu'ils en eussent eu du meilleur." n, 1. (M. Littré, qui cite ce passage donne la traduction: qu'ils nous auraient battus). — Toutesfois il faisoit semer en son ost, tout le contraire, et que les siens avoient en du meilleur. III, 3.
Mescheoir v. imp. arriver malheur. L'Ac. ne donne pas ce mot; cependant, M. Littré dit que les formes: U méchoit^ il méeherra sont encore usitées quelquefois. — Ex. Quand il meschet à une grande cité, on ne dit pas ainsi. Y, 19. — II, 2. III, 12.
Mesmement adv. (Yoyez p. 16.).
Mesprendre v. n. commettre une faute, un délit. Aujourd'hui, ce verbe ne s'emploie plus que pronominalement dans le sens de ae tromper. — Ex. Celuy, qui s'estimeroit jusques là, mesprendroit envers Dieu, s'il estoit homme qui eust raison naturelle. I, 3. — Y, 15. Y, 19.
Mettre sus, lever. (Yoyez Burg. II, 178.) Cette locution est de l'ancienne langue. — Ex. Toutesfois l'occasion de la venue dudit duc de Bourbon , estoit pour gaigner et conduire ledit duc de Bourgogne de consentir mettre sus une armée en son pais I, 2. — III, 1. — Observez l'emploi de mettre à dans les deux passages suivants, où il parait synonyme de tarder: '*Gependaut que ledit duc mit à venir, quelqu'un de ceux de dedans s'avisa et apporta des fagots allumez etc.*' III, 10. — Après cette grande honte qu'il se fit, il ne mit gueres à recevoir du dbmmage. lY, 13.
Mieux adv. plus, plutôt. — Ex. Le reste estoit si maigre qu'ils sembloient mieux morts que vifs. YIII, 17. — I, 4. YIII, 21.
M in s s. m. pi. Le sens de ce mot nous est inconnu. — Ex. Par de hors y avoit bien trois lieues, tant y a de barricaves et de mauvais mins, aussi c'estoit au fin coeur d'hyver. II, 11.
Mot (dire le). Locution qui paraît signifier céder^ se rendre. — Ex. Il feit de grandes diligences pour achever cette entreprise d'Al-
74 P. A. Geyer.
lemagne : qui estoit, s*il eust pris Nuz, la garnir bien, et une autra place oa deux, au dessus de Cologne: parquoy ladite cité de Cologne diroit le mot. IV, 1. — II, 4.
Moulin à fer s. comp. m. forge. — Ex. Et fit brasier toutes maisons, et rompre tous les moulins à fer qui estoient au païs, qui est la plus grande façon de vivre qu'ils ayent. Il, 14.
Moult adv. beaucoup. Ce mot n*est plus usité. — Ex. Car la haine avoit esté moult grande et longue être ledit seigneur et elle. Y, 4. — Vm, 14.
Mou vêtez s. fém. pi. motifs. De ce mot, nous n'avons trouvé qu*un exemple, encore tous les manuscrits ne le donnent pas. (Voyez éd Petitot I. p. 361.) — Ex. C*est un des accomplissements des oeuvres que Dieu a commencées aucunes fois par petites mouvetez et occasions. I, 3.
Mouvoir V. n. venir, prendre naissance. (Voyez Burg. BEI, 257.) Aujourd'hui , ce verbe ne s'emploie plus neutralement. — Ex. Vous devez avoir entendu au long, dont mouvoit cette guerre. III, S.
Moyen (par) loc. adv. avec modération. — Ex. Toutesfois les suspicions se doivent prendre par moyen; car l'estre trop, n'est pas bon. III, 5.
Moyennant que loc. conj. à condition que. Cette locution se retrouve encore dans La Fontaine. — Ex. Moyennant qu'il eust la grâce de son père, il se pourroit bien passer de tous autres bienfaicts. I, I.
Moyenne ur s. m. médiateur. Ce mot n'est plus d'usage. — Ex. Et vouloit tousjours le comte de Sainct-Paul, connestable de France, estre moyen neur de ce mariage. III, 8.
Muer V. a. changer. Chez Comines encore, ce verbe s'emploie bien souvent pour changer, — Ex. Â tons les autres poincts respondit le Roy ne vouloir rien y muer, mais confirmer tout ce qui avoit esté juré à Peronne. II, 14. — I, 3. II, 2. IV, 13.
M us aie q. Ancienne forme du mot moaaique. — Ex. La chapelle Sainct-Marc, qui est la plus belle et riche chapelle du monde,..., toute faite de musaicq. VII, 18.
Nave s. fém. nef, navire. Â côté de la forme nef, les écrivains des quinzième et seizième siècles ont aussi employé cette forme, qui ne s'est pas conservée dans la langue moderne. — Ex. Le lendemain, y arriva le duc Louis d'Orléans, avec quelques naves et bon nombre de galées. VII, 6. — VII, 18.
Navire s. Chez Comines» ce substantif est des deox genres; ce D*est qu'après le dix-septième siècle qu*ii est toujours masculin. — Ex. Ledit Roy n*avoit ny croix ny pille: et donna une robbe fourrée de belles martres, au maistre de la navire. III, 5. — Leurs navires estoient sans cesse avec ceux de la ligue. YIII, 23.
Negrin s. m. nègre (?) Les dictionnaires ne donnent pas ce mot, lequel, du reste, ne se trouve pas dans tous les manuscrits, — Ex. Et toute sa garde, qui estoient quelques trois cens chevaux de Maures de Grenade, dont il y en avoit plusieurs negrins, U,8.
Nommer v. a. dicter. En ce sens, il ne s'emploie plus dans la langue moderne. — Ex. Le Roy nomma une lettre audit connestable. IV, IL
Nourriture s. fém. éducation. En ce sens, il s'emploie encore dans le proverbe: Nourriture passe nature, — Ex. Et s*il n*eust eu la nourriture autre que les seigneurs que j*ay veu nourrir en ce royaume, je ne croy pas que jamais se fust ressours. I, 10.
Nouveau (de) loc. adv. nouvellement. Ce sens n*est pas donné des dictionnaires. — Ex. Je vis une femme morte, et son enfant, dont elle estoit accouchée de nouveau. U, 14.
Nouvelle (il est) loc. il est question. Cette locution ne s*est pas conservée dans la langue moderne. — Ex. Ainsi il ne fut plus nouvelle que de trouver cet homme. VI, 3. — IV, 9.
Obseque s. m. Chez Comines, ce substantif est encore masculin; dans la langue moderne, il est du genre féminin et ne s'emploie qu*au pluriel. — Ex. En cette saison mourut son père, auquel il fit très-grand et solennel obseque à Bruges. II, 1.
Occasion s. fém. prétexte. En ce sens, il est employé dans la langue d*oïl. — Ex. Et prit le duc son occasion sur cela des feux qu*il mettoit, et qu*il avoit mis en cette saison. III, 11.
Oeuvre s. Chez Comines, ce substantif s^emploie indiflférement comme masculin et comme féminin. — Ex. Et par cette conclusion se peut voir que ceux qui avoient conduit ce grand oeuvre ne Tavoient point fait d*eux, mais fut vraye oeuvre de Dieu comme chacun le vit VII, 17. — V, 7. V, 9.
Offenser v. n. pécher. Dans Texemple suivant, ce verbe s'emploie neutralement; usage duquel nous n'avons trouvé aucun exemple chez les écrivains postérieurs à Comines: "Aussi bien il y a des peuples
76 P. A. Gevjer.
qui offeDseDt contre leur seigneur, et ne loy obeysaent pas, ny ne le secourent en ses nécessitez.** Y, 19.
Oncques adv. (Voyez p. 16.).
Opposite adj. opposé. Ce mot qui, selon M. Littré, est un latinisme fait au quatorzième siècle, ne s*emploie plus que substantivement. — £x. C*est misérable vie que la nostre, de tant prendre de peine et de travail pour s*abreger la vie, en disant et escrivant tant de choses, presque opposites à leurs pensées. IV, 6, — V, 18. VI, 3.
Ord adj. sale, déshonnête. Aujourd'hui, ce mot, qui dérive du mot latin horridus, n*est plus d^usage. — £x. Les gens dudit duc disoient que ces Allemands estoient ords, et qu'ils jettoient leurs housseaux sur ses licts si richement parez. II, 8. — £t commença exploit de guerre ord et mauvais, et dont il n*avoit jamais usé. ni, 9. — V, 19-
Ordonner v. a. commander. Contrairement à Tusage de la langue moderne, il s'emploie en ce sens comme verbe personnel dans la voix passive. — £x. Plusieurs bons chevaliers et escuyers furent ordonnez à demeurer à pied. I, 3. — I, 9. VIII, 17.
Or favorisé part, passé du vieux vieux verbe orfaveriser. Travaillé en or, ciselé (?). — £x. £t estoient tous archiers d'ordonnance, orfaverisez (=: Tarmure ciselée?), et bien en point I, 3.
Ost s. m. armée. Ce mot, qui dérive du substantif latin hastU^ s'est conservé jusqu'à nos jours dans le proverbe suivant: *'Si l'ost savait ce que fait l'ost, l'ost battrait l'ost." Comines, qui l'emploie bien souvent^ écrit aussi hoat. — £x. Incontinent donc fit sçavoir à mondit seigneur de Gharolois, qui estoit à son ost, qu'il vouloit parler à luy, et luy nomma l'heure qu'il se rendroit aux champs, auprès dudit host, estant prés Gonflans. I, 13. — I, 2. I, 13.
Ostager adj. donné en otage. Ce mot, qui appartient à l'andenne langue, s'est aussi employé substantivement — £x. Mais il dura peu après cette cruelle opinion, qu'il avoit donnée contre les Liégeois ostagers, dont avez ouy parler cy-dessus. II, 2.
Où adv. (Voyez p. 36).
Pane s. fém. peau. Ce noot signifie aujourd'hui une sorte d'étoffe veloutée. — £x. Ledit seigneur du Lude m'a dit que par ce temps il y avoit gagné vingt mille escus et deux panes de martres. V, 15.
Paour. Ancienne forme du mot peur. Il est à remarquer que» dans
Étudtt sur les Mémoires de Philippe 'de Comines. 77
rédition Petitot, la forme moderne est la plus usitée. — Ex. Gecy sera l'information, et leurs grands cris, paour plaintes et piteuses ^larmes les présenteront devant nostre Seigneur. V, 19.
Par prép. Déjà plus haut, (Voyez p. 19), nous avons indiqué que, dans quelques locutions, les deux prépositions par et pour se sont succédé Tune à l'autre. Il est de plus à remarquer que, chez Comines, on retrouve encore les locutions suivantes, qui sont formées à l'aide de la préposition par:
par ainsi ^ ainsi. — Ex. Et par ainsi n'estoit point sans peine ^n cette maison de Bourgogne. YI, 13. — VI, 6.
par aprésy dans la suite. — Ex. Aussi lesdits princes s'en mettent aucunesfois en si grande gloire et en si grand orgueil, qu'il leur en meschet par après. U, 2.
parce y ainsi. — Ex. Et parce n'ont-ils nulles questions civiles en la cité, qui est la plus grande prudence que je leur voye. VII, 18.
Par (de) loc. prép. du côté de. Aujourd'hui, cette locution ne s'emploie guère que dans la formule De par le roi. — Ex. Et y estoit le comte de Ligny, consin germain du Roy de par mère. VU, 12.
Par avant prép. et adv. (Voyez pp. 16 et 18).
Par dessus loc. prép. contre, malgré. Dans le Gompl. cette signification est indiquée comme appartenant au vieux langage. — Ex. Car tout ainsi que par dessus le sauf-conduit et feableté, qu'avoit en luy ledit connestable, il le livra pour estre mis à mort; tout ainsi par le plus feable de son armée fut-il trahy. V, 6.
Pareil adj. Chez Comines, cet adjectif prend la préposition de. — U avoit accoustumé de long- temps, d'en avoir quelqu'un qui s'habilloit pareil de luy souvent IV, 10. — VllI, 13.
Parlement s. m. pourparler. Ce sens propre et primitif est aujourd'hui inusité. — Ex. Il prit un parlement avec le duc de Bretagne, qui tenoit une partie des places de la basse Normandie, espérant de luy faire abandonner son frère de tous poincts. I, 15. — n, 10. IV, 9.
Parmi prép. au milieu de, à travers, dans. Cette préposition, aujourd'hui usitée dans un sens fort restreint, prend encore chez Comines plusieurs significations et s'emploie bien souvent — Ex. II ne se retourna qu'un homme à pied, qui luy donna d'un vouge parmi l'estomach. I, 4. — Et si prenoit un escu pour chacune pipe de vin qui passoit parmi ses limites. III, 11. — I, 7. VI, 8. VI, 12.
Parquoy conj. (Voyez p. 19).
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Part 8. fém. parti. Les dictionnaires de la langae moderne ne donnent pas cette signification dans laquelle ce mot a été employé encore par Montaigne. Il est aussi à remarquer que (Domines parait le regarder comme exactement synonyme de côté. — Ex. Ladite dame eut mieux fait beaucoup de faire office de juge, ou de médiateur entre les parties, que de dire: Je soustiendray cette part, comme il apparut. YI, 13. — Le pont fust dressé jusques à Tautre part de la rivière. I, 6. — VIII, 13.
Partement s. m. départ. Ce mot n'est plus usité. — Ex. Un peu avant son partement avoit mis en délibération s'il feroit mourir ses ostages, ou ce qu'il en feroit II, 2. — I, 2. II, 5. UI, 8.
Partir (se) v. réfl. Dans le sens de partir^ ce verbe s'employait, dans le principe, pronominalement; usage que l'on retrouve encore dans Gomines, mais qui s'est aboli dans la suite. — Ex. Et demeuray en la ville environ un mois depuis, aussi bien traité que devant; et puis m'en partis. VU, 20. I, 3. I, 6.
Partisane. Féminin de partisan. L'Âc. ne donne pas ce mot, qui, dans le Die. de Trév. est regardé comme un terme nouveau dont l'usage n'est pas encore établi. — Ex. Cette sage et belle dame qui estoit morte en l'âge de vingt et neuf ans, grande partisane des Français. VIII, 16.
Patroniser v. a. conduire en qualité de patron. Les dictionnaires de la langue moderne ne donnent pas ce mot. — Ex. Une grosse galeace qui estoit mienne, que patronisoit un appelle messire Albert Mely. VII, 6.
Pendeau s. m. pente (?) bandeau (?). Ce mot ne se trouve pas dans les dictionnaires. — Ex. Et pouvoient estre quarante barques, qui toutes avoient pendeaux aux armes de leurs maistres. VU, 20.
Pendre v. n. pencher. Ce sens, qui est primitif, comme on peut le voir du substantif dérivé pente ^ n'est plus usité. — Ex. Et se logea en un costeau pendant devers ladite rivière. I, 6.
Pensement s. m. pensée. Ce mot a vieilli. — Ex. Et trouvèrent encore ces batailles au lieu où ils les avoient laissées: qui leur donna nouveau pensement. 1, 11.
Penser v. a. A l'époque de Comines, on ne faisait pas encore distinction entre penser et panser. — Ex. Et estoit un archier du corps dudit seigneur, fort renommé, appelle Savarot, qui fust pensé et guery. I, 4. — V, 19. VI, 7.
Personne s. fém. corps. Aujourd'hui, ce mot n'est plus employé en ce sens que lorsqu'il est précédé d'un adjectif possessif. — Sx. Je croy que jamais nul homme peust porter plus de travail qus luy, en tous endroits où il faut exerciter la personne. I, 4.
Petit adv. (Voyez p. 38.).
Pie ça adv. (Voyez p. 16.).
Pièce 8. fém. espace de temps. Dans rancienne langue, ce sens était souvent usité; aujourd*hui, il a vieilli. — £x. £t depuis que ledit comte de Gharolois eut esté une pièce duc de Bourgogne etc. 1, 12.
Pleurs s. fém. pi. larmes. M. Littré fait observer que c'est à tort que Régnier a fait ce mot du féminin ; cependant, l'exemple suivant prouve que Comines l'a aussi regardé comme féminin. — Ex. Et venoient lesdits Pisans à grandes pleurs devers le Roy. VIU, 4.
Plus (les) loc. pron. la plupart. Cet emploi de plus appartient à l'ancienne langue. — Ex. Aucuns en eschaperent, et les plus se perdirent. I, 4.
Pour autant que, pourtant que loc. conj. (Voyez p. 42.).
Pourchas s. m. soin, travail. Ce mot, qui est formé du verbe pourchasser, n'est plus d'usage aujourd'hui. — Ex. Et se fit ladite alliance par la conduite du Roy, et à son pourchas, et à ses dépens. V, 1.
Pourmener v. a. et réfl. Ancienne forme du verbe promener. — Ex. En efifet longtemps se pourmena le Roy au milieu de ces deux comtes. I, 12. — I, 5. Il, 10.
Pourparler v. a. délibérer, comploter. De ce verbe, il ne reste dans la langue moderne que l'infinitif qui s'emploie substantivement. — Ex. Des deux costez fust accordé et délibéré . . . qu'aprés qu'ils se servoient veus, et juré les traitez pourparlez, que le roy d'Angleterre s'en retourneroit en son pays* IV, 8.
Pourpoint (en), dépouillé. Cette locution n'est pas d'usage dans la langue moderne. — Ex. Lechasteau tint deux ou trois jours, et puis s'en allèrent tous en pourpoint. III, 3.
Pré s. m. "Cependant sourdit grand différend entre ledit seigneur Ludovic et Robert de Sainct-Severin, . . ., et demeura le pré au seigneur Ludovic." Dans ce passage le pré est synonyme de le dessus f l'avantage.
Précéder v. a. l'emporter. Le Die. de TAc. ne donne pas ce sens. — Ex. Encore fait Dieu grand'grace à un prince quand il sçait le bien et le mal, et par especial quand le bien précède, comme au Roy nostre maistre dessusdits. I, 10.
Premier n. de nombre (Voyez p. 23.).
Presse s. fém. instances. Le Die. de l'Ac. ne donne pas cette signification. — Ex. L'une que tout son royaume le desiroit, comme ils ont aocoustumé le temps passé, et la presse que leur en &isoit le duc de Bourgogne. IV, IL
80 P. A. Geijer.
Prier ▼. a. Le plas souvent, le complément de ce verbe prend, chez Gomines, la préposition à, mais on y retrouve aussi la construction moderne. — Ex. Il vouloit prier audit duc son maistre, de par luy, qu*il se voulast déclarer en sa faveur contre le Roy. III> 3. — Il, 6. VI, 11. — On le priât de ne mener nulle pratique sur Calais. VI, 12. — V, 13. V, 2.
Prime- face (de) loc. adv. de prime abord. Cette locution a vieilli; Comines l'emploie souvent — Ex. De prime-face luy fut dit que tout estoit déconfit. U, 11. — III, 5.
Privé ment adv. familièrement. Ce mot a vieilli. — Ex. Parla à moy privément. IV, 10.
Prochain adj. proche. Selon M. Littré, prochain s'emploie encore aujourd'hui, dans le bas langage, pour proche. — Ex. Jamais en luy n*y avoit grâce ne miséricorde, comme m'ont conté ses prochains parens et amis. VU, 13. — VIU, 12.
Propre adj. Burguy (I, 180.) fait observer que, dans la langue d'oïl, on employait quelquefois propre au lieu de même. Dans l'exemple suivant, tous les deux mots sont employés pour marquer fortement la personne dont il est question: "Il estoit bien logé en un village fortifié, . • ., (comme luy mesme propre m'a conté) dont bien luy prit." m, 5.
Puis prép. (Voyez p. 18).
Quand et quand loc. adv. en même temps. Cette locution n'est plus du beau langage. — Ex. Comme il se trouva grand et roi couronné, d'entrée ne pensa qu'aux vengeances, mais tost luy en vint le dommage, et quand et quand la repentance. I, 10. —