VII
Quantes adj. fém. pi. combien. Cette forme de l'ancien adjectif quant n*est plus usitée que dans quelques locutions familières. — Ex. Et luy demanday quantes batailles le roy d'Angleterre avoit gaignées. IV, 1. — II, 7. V, 1.
Quelques fois adv. De même que l'on dit encore à plusieurs fais^ de même Comines, dans l'exemple suivant, a fait précéder quelque foie par la préposition à: "Et tous à quelquesfois la sont venus requérir, comme l'avez veu par expérience du Boy noatre maiatre.** VI, 9.
Quefelei* v. a. réclamer. Dans ce sens, il s^employait isttrtoat dans Tandienne coutume. — Ex. Le Roy loy restitua toutes ses terres, et toutes celles qu'il quereloît. V, 15.
Question s. fém. procès. Ce sens n*est pas usité dans la langue moderne. — Ex. La succession du prince d*Orange, son grand père, et dont il avoit question contre messeigneiirs de Chàéteauguion. VI, 1.
Queue s. fém. Dans les deux exemples suivants, ce mot est employé d'une manière qui n'est pas de la langue moderne: "Bien souvent falloit qu'ils revinssent sur queue (s=t à la file?) jasques à notre charroy, en se retirant le pas, et aucunesfois le trot.'* I, 8. — En toutes façons, une bataille perdue a tousjours grande queue (= bien des suites), et mauvaise pour le perdant. II, 2.
Quoy adj. Ancienne forme du root coi. — Ex. Ce que ledit peuple ne voulut faire, mais se tint quoy. VI, 6.
Radouber (se) v. réfl. se raccommoder. Ce verbe, qui, dans l'origine, est un terme de marine, fut plus tard employé dans plusieurs acceptions; cependant, Comines l'a employé, dans l'exemple suivant, dans un sens qui n'est pas indiqué dans les dictionnaires : "Ledit comte de Charolois se radouba, et rapaisa avec son père, le mieux qu'il put." I, 2.
Raison s. fém. droit. Au pluriel, il s'emploie encore en ce sens dans le style de pratique. — Ex. Un prince de la maison de France qui pretendroit raison au royaume de Naples, ou un autre qui prétendit droict à la duché de Milan. VIII, 22.
Ramentevoir v. a. faire souvenir. Ce verbe, qui se conjugue sur devoiTy n'est pas usité dans la langue actuelle. Selon M. Scbeler, c'est un composé avec re de l'ancien verbe amenievoir^ qui représente la phrase latine ad mentem habere. — Ex. Le comte de Charolois disoit, que de son vivant le Roy ne les devoit racheter: luy ramentevoit combien il estoit tenu à sa maison. I, 12.
Rang (de) loc. adv. de suite. Cette locution ne s'est pas conservée dans la langue moderne. — Ex. La nostre a eu trois fils de rang, et en quatre années. VII, 4. — I, 4.
Rapaiser (se) v. réfl. se réconcilier. Ce verbe, qui s'est aussi employé activement, n'est plus usité. — Ex. Ledit comte de Charolois se radouba, et rapaisa avec son père, le mieux qu'il put 1, 2.
Rasibus de loc. prép. tout contre, tout prés. Selon l'Âc. cette
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locution est aujoard'hai basse et populaire; Gomines l'emploie bien souvent. M. Littré dérive le mot roBxbus de Tadjectif ras avec une désinence latine. — £x. Gomme il passoit rasibus du chastel, veismes les archiers de la garde du Roy. I, 4. — II, 7. VIII, 13.
Re bouter v. a. repousser. Dans la langue moderne, ce verbe n'est employé que comme un terme technologique. — £x. Â la vérité ils saillirent trois fois: mais tousjours furent reboutez. II, 2. — II, 10. II, 12.
Rechef (de) loc. adv. de nouveau. Dans Gomines, les deux mots de et rechef s'écrivent encore séparément. — Ex. Et envoya avec luy de rechef le cardinal Ballue. II, 5.
Recueil s. m. accueil. Ge sens, qui était usité dans l'ancienne langue, se retrouve encore dans Gomines, à côté de celui de col- Uetion. — Ex. Gar les uns n'ont point d*esperance d'avoir recueil et seureté es pays voisins. IV, 11. — V, 3.
Regard s. m. raison, égard. Ge sens n'est pas indiqué dans les dictionnaires. — Ex. Le comte de Sainct-Paul . . ., et aucuns autres, desiroient plustost la guerre entre ces deux grands princes, que paix, pour deux regards. III, 1. — Sans avoir regard aux louanges. V, 13.
Religion s. fém. maison religieuse. En ce sens, il n'est plus usité.
— Ex. Et délibéra s'en aller à Rome, et se mettre en une religion auprès. V, 7.
Remède s. m. moyen. Les dictionnaires ne donnent pas ce sens.
— Ex. Nul ne vit ledit duc, mais bien l'enfant: j'y passay trois jours avant le Roy, mais il n'y eut remède de le voir. VII» 7. — VIII, 9.
Remparer v. a. élever des remparts. Ge verbe s'emploie encore aujourd'hui pronominalement. — Ex. Ge qu'ils avoient remparé aux portes estoit ja abattu. II, 13.
Rengier s. m. renne (?). — Ex. Les autres s'appellent rengiers, qui sont de corsage et de couleur de daim , sauf qu'elles ont les cornes beaucoup plus grandes. VI, 8.
Reprenable adj. qui peut être repris. Ge mot ne se trouve pas dans les dictionnaires. — Ex. Beaune, qui n'eut point esté repr^ nable sur eux, si une fois ils y eussent entré. VI, 4.
Repue s. fém. étape(?). Ge substantif est formé du part passé du verbe repcMre. Le Gompl. qui est le seul dictionnaire où noua Br vons trouvé ce mot, donne la signification repae^ qui n'est pas bien éloignée de celle diétape, — Ex. Ils avoient en haine plusieurs chanoines, qu'ils avoient pris ce jour: et à la première repue, en tuèrent cinq ou six. II, 7.
Reputer v. a. imputer. Ce sens n*eât pas indiqué dans les dictionnaires. — Ex. Ce que je luy repate à louange, de n*avoir usé d*autre vengeance. I, 8,
Requérir v. a. prier. Ce verbe, de même que prier^ s*emploie chez Comines de deux manières: ou bien il prend la préposition à devant son complément; ou bien il a pour complément un régime direct, ainsi que dans la langue actuelle. — £x. Outre requit au Roy consentir qu*audit traité se mit un article en faveur de monseigneur du Lau. Il, 14. — III, 6. IV, 5. — Toutes les fois qu'il les en requereroit. V, 1. Rem. La forme requereroit.
Ressourdre v. a. relever (Voyez p. 14).
Revenir (se) v. réfl. retourner. Selon TAc. ien revenir s'emploie encore familièrement. — Ex. Ils tenoient le duc de Bretagne pour prince manié par autre sens que par le sien: mais qu'il se revenoit toujours à la fin à ce qui luy estoit plus nécessaire. III, 11. — VII, 11. VIII, 22.
Roole s. fém. Ancienne forme du mot rôle. — Ex. Si furent faites les bendes et les rooles de ceux qui dévoient passer. I, 9.
Saillie s. fém. sortie. De même que saillir s'emploie chez Comines pour sortir^ de même saillie s'emploie pour aœ^tie. — Ex, Or se voyans désespérez de secours, se délibérèrent de faire une grosse saillie. Il, 12. — VIII, 13.
Saillir v. n. sortir. Il est à remarquer que, chez Comines, saillir se rencontre bien souvent, tandis que sortir est très-peu usité. Aujourd'hui, ces deux verbes ne sont plus synonymes. — Ex. Incontinent veismes saillir du bois le comte de Sainct-Paul. I, 4. — I, 8. I, 11.
Saisir v. a. Dans l'exemple suivant, ce verbe s'emploie passivement dans le sens de être en possession de qqch; sens qui est indiqué dans Burg. (III, 333). — Ex. Et luy devoit dire aussi comme ledit duc son maistre envoyeroit de notables ambassadeurs devers le Roy dés qu'il seroit saisi de ce qu'il demandoit. III, 9.
Sauveté s. fém. salut. Selon l'Ac. ce mot est vieux et ne s'em- ^ ploie que dans deux phrases, où il est synonyme de sûreté. — Ex. Qui fut totalement la sauveté de ces deux grands princes: car ce delay donna espace à plusieurs gens de soy armer, et de saillir en la rue. H, 12. — VIII, 13.
Se eu part, passé du verbe sf avoir. Connaissance. Aujourd'hui»
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ne s'emploie sobstaotivement que dans la locution adverbiale, Au vu et au 8u de tout le monde. — Ex. Et délibéra d*7 donner ordre, en façon qa*on n*entreprendroit plus telles choses sans son sceu. VI, 6. — VI, 3. VU, 2.
Seigneurier v. a. dominer, gouverner. Ce verbe n*est plus usité.
— Ex. Â la vérité il sembloit mieux pour secourir et seigneurier un monde, qu^un royaume. VI, 13.
Séjourner v. a. laisser eu jachère, reposer. Les dictionnaires ne donnent pas ce sens. — Ex. Et ne séjournent jamais leurs terres.
vn, 8.
Sellé, séellé, scellé s. m. acte signé et scellé. Part, passé du verbe aeeller, — Ex. Monseigneur du Bouchage, et autres ambassadeurs, pressoient fort ledit duc de tenir son séellé. IV, 12. —
m, 11. IV, 6.
Semblant (par) anc. loc. adv. selon Tapparence, évidemment — Ex. Et sçais bien que moy, et autres, prismes garde comme ils disneroient, et de quel appétit, ceux qui estoient en cette table: mais à la vérité un seul par semblant ne mangea la moitié de son saoul. V, 10.
Semondre v. a. inviter, avertir. (Voyez p. 13).
Senestre adj. gauche. Selon TAc. ce mot ne s'emploie plus que comme terme de blason. — Ex. Â la main senestre estoit le seigneur de Ravastein. I, 3.
Sens s. m. L'emploi de ce mot dans l'exemple suivant est digne d'attention : "Et me semble que l'un des plus grands sens que puisse montrer un seigneur, c'est de s'accointer et approcher de luy gens vertueux et honnestes." II, 3.
Sentine s. fém. espèce de bateau, chaland. Cette signification n'est plus usitée. — Ex. En la rivière y avoit seulement une petite sentine, où il y avoit deux hommes. IV, 9.
Sentir v. a. apprendre, entendre. Les dictionnaires ne donnent pas ce sens. — Ex. Et desiroient bien sentir de moi que le Roy en disoit. VII, 10. — IV, a VI, 6. VII, 17. — Dans l'exemple suivant, ce verbe est employé d'une façon toute particulière: "Et Teust volontiers gagné qu'il se fust contenté qu'on eust fait la guerre en Bretagne: et luy en fit encore sentir par monseigneur du Bouchage." IV, 10.
Seoir (se) v, réfl. (Voyez p. 11).
Si conj. (Voyez p. 41).
Sinon (ne) loc. adv. ne... que. Cette locution n'est plus d'usage.
— Ex. Il ne veut sinon vivre en ses dissimulations, et en entretenir chacun, et faire son profit IV, 5. — IV, 7. VIII, 2.
Sol adj. comptant. Dans l'ancienne langue déjà» ce mot dérivé de l'adjectif latin solidua^ s'emploie le plus souvent substantivement. Aujourd'hui, il a pris la forme aou. — Ex. Il luy présenta ces deux mille escus en or sol. VI, 2.
Souloir V. n. avoir coutume. Ce verbe, qui dérive du verbe latin Bolerey n'est plus usité; Comines l'emploie souvent, mais toujours à l'imparfait. — Ëx. Joint aussi que nous gommes diminuez d'aage, et que la vie des hommes n'est si longue comme elle souloit, ny les corps si puissants. II, 6. — III, 4. lU, 6.
Soupçonner (se) v. réfl. se méfier. Nulle part, il n'est indiqué que ce verbe s'est employé pronominalement. — £x. Il se soupçonnoit de ce grand seneschal de Normandie. I, 3.
Souventesfois adv. souvent. Dans la langue moderne, ce mot n'est pas usité. — Ex. Souventesfois ont bien assiégé tels chasteaux et abbatu. V, 18. — VI, 3.
Supplier v. a. De même que nous l'avons vu pour les verbes prier et requérir^ le complément de ce verbe est précédé de la préposition à. — Ex. Ledit comte supplia par plusieurs fois à son père qu'il peust respondre, I, 1. — VII, 9.
Sur luy loc. sur son territoire. — Ex. Car luy tenant ainsi cette petite duché, il venoit de Hollande jusques auprès de Lion, tousjours sur luy. IV, 12.
Sus adv. et prép, (Voyez pp. 16 et 18).
Suspection, suspicion. Anciennes formes du mot soupçon. — Ex. Toutesfois je croy qu'il ne s'en trouva jamais rien : mais estoient les suspections grandes. I, 1. — Si eurent suspicion que cela n'eust esté fait expressément pour leur mal faire. I, 5. — V, 20. VI, 12. — De même on trouve les formes mspicionneux et suspirdonné. — Ex. Quant à estre suspieionnenx , tous grands princes le sont. VI, 7. — Et que l'un des deux ne fut suspicionné d'avoir dit au connestable quelque chose qu'il devoit taire. IV, 4.
Tabourin. Ancienne forme du mot tambourin, — Ex. Mais qui conteroit bien ce qu'il faut donner aux tabourins et aux trompettes, il n'y a gueres de gain à ce deffray. VII, 18.
Tailler v. a. mettre à la taille, taxer. Ce sens a vieilli. -^ Ex. Lequel peu tailloit ses subjets. I, 2.
Tant adv. Chez Comines, on retrouve encore les deux anciennes locutions suivantes: TanJt pour tant^ égal; à tant^ alors, aussitôt. —
ib'