‹ Étude sur les méthodes de dosage de quelques éléments importants de l'urineChapitre 48 sur 59 · D RD · texte numérisé non relu

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diminuée et, de plus, son pouvoir absorbant vis-à-vis de CO?

qui prend naissance est également affaibli.

Calcul des résultats. — De même que pour l'azote total,

deux moyens se présentent à nous pour évaluer la quantité d'urée ou d’azote uréique :

4° Détermination directe en réduisant à 0° et 760 millim.

ne dans 24 air sec, le volume obtenu après addition de Ro au liquide uréique.

29 Détermination par comparaison en opérant d'un côté sur une solution titrée d'urée, et de l’autre sur le liquide uréique provenant du traitement de l'urine. ll n’est pas néces-

- saire dans ce cas de faire usage de glucose.

Remarque. — Chaque fois que la chose sera possible, et

il suffit pour qu’elle soit possible d’avoir à sa disposition une -solution d’urée pure, il y aura intérêt à Sie le deuxième moyen. Î ss

. On fera disparaître de la sorte toutes les causes d’ erreurs

U sigusléss: plus haut et provenant, soit d’une décomposition

incomplète de l’urée, soit d’une absorption d’une certaine quantité d'azote par le milieu où se passe la réaction. En

outre, les influences de pression atmosphérique, d'état

hygrométrique et de température sur le volume gazeux seront annihilées par le fait même de la comparaison. Mais il est de toute nécessité de se placer dans les mêmes

conditions expérimentales pour les deux dosages suCCes-

sifs qui doivent être comparés. — Il ne faudrait, par exemple, qu'il y eût des variations de température et de

D pression d’une opération à une autre : La pression ne change

pas en général en un temps aussi court ; quant à la tempé-

rature, il : -y a bien des chances Saionent pour qu’elle ne varie pas. si l’on a soin de laisser l’eau de la cuve, avant tout

dosage, se mettre à la température du laboratoire

— Pour que les quantités d'azote absorbées ou retenues soient

NB ee CO es

les mêmes dans les deux cas, il importe d'opérer sur les

mêmes volumes de liqueurs uréiques et avec les mêmes.

volumes de solution hypobromique ; en d'autres termes, il faut former un milieu réagissant de même volume et de même concentration.

Enfin, ces diverses influences s’effaceront d'autant plus complètement que l’on s'efforcera d'obtenir, avec la quantité connue et la quantité inconnue durée, des volumes d'azote, à peu près égaux ou différant le moins possible.

S'il y avait impossibilité de se renfermer dans ces conditions, l'évaluation directe de l’azoté par réduction du volume à 0° et 760 millim. serait préférable au moyen précédent, à condition, bien entendu, que la réaction se fit en présence

‘ de la glucose. Nous montrerons bientôt, d’ailleurs, par des.

exemples, que l’on peut arriver à un degré de peer qui ne laisse absolument rien à désirer.

Il est bien certain que, même en faisant Babe d'une solu- - tion titrée d’urée, les résultats obtenus ne seront d'une exactitude absolue qu'autant que la liqueur provenant du traitement de l'urine ne contiendra pas de substances autres que l'urée capables de donner de l'azote sous l'influence du réactif. Aussi, les auteurs qui se contentent de déféquer l'urine par

le sous-acétate de plomb ne peuvent obtenir des résultats absolus, attendu que la créatinine, la For et les sels ammo-

-niaux ne sont pas précipités par ce sel. is a) Détermination directe. 1° Azote. de l'urée. — Dia gnons par P le poids en grammes de l'azote de l’urée conte-

nue dans l'urine de vingt-quatre heures, par V, le volume en -

centimètres cubes d'azote obtenu à la température t et à la prsesion H—-f avec un volume de liqueur urinaire correspon-

dant à 2 centim. cubes d'urine, par K le volume en centimètres

cubes d’urine émise en vingt-quatre heures, par x le coefficient ‘de dilatation des gaz, nous aurons, sachant que 0 gr. 001256

est le poids de 1 centim. cube d'azote à 0° et à la pression normale dans l'air sec :

P=——— x x 0,001256 X — RU MD NA @

2° Urée. — Nous savons que 1 gr. d’urée à 0° et 760 millim. doit donner théoriquement 371 centim. cubes 2 d’azote. Le poids P” d’urée en grammes et pour vingt-quatre heures sera : donc:

V; H—f 1 K ; p’= rc TS en 2

Let 760 * 371,2 * 2 @ Nota. — Le poids d'azote de l’urée pourrait être déduit

de cette dernière formule ; on sait, en effet, que l’urée con-

- tient les de son poids d'azote. Par conséquent, il vient :

PAR VE RUE ie (3)

lat: 760 371,2 3° 15

Si l’on avait opéré sur 1 centim. cube d’urine seulement, on multiplirait par K.

b) Détermination au moyen d'une liqueur titrée durée. — Les urines ordinaires contenant environ 20 gr. d'urée par litre, soit 4 centigr. pour 2 centim. cubes d'urine, nous ferons une solution titrée en faisant dissoudre 2 gr. d’uréé pure dans 500 centim. cubes d’eau distillée ; 10 centim. cubes de cette solution correspondront également à 4 centigr. d'urée, ou 0 gr. 01865 d'azote, où encore à 15 ou 16 centim. cubes d’azote dans les conditions ordinaires de température et de pression.

1° Urée. — Les calculs sont analogues à ceux de l’azote - total :

Soit p le poids d’urée en grammes contenue dans la prise de solution titrée. |

» v le volume d’azote en centimètres cubes correspon-

dant à cette prise.

ob

DA OUR a

Soit v le volume d’azote en centimètres cubes correspondant à la prise faite sur la liqueur urinaire. » x le poids d’urée en prune correspondant à v.

On a:

0) Gt LEA es

. Désignons par K le volume en centimètres cubes d'urine de vingt-quatre heures, par U le poids d’urée en grammes qui lui correspond, il vient :

| VU ss LS: Se à SANTE | LED ee (4) 2° Azote de l'urée. — Appelons P, le poids en grammes

d'azote COÉSDORRRE à Ju U, on a:

K À Nota. — Avec des urines très concentrées et très riches en urée, contenant par exemple 34 à 35 gr. durée pour 800 à 1,000. centim. cubes, comme on en rencontre chez les gros mangeurs mis au régime sec, il y a plutôt intérêt à opérer seulement sur 1 centim. cube d'urine; le réactif hypobromique agit, en effet, moins énergiquement sur les solutions d’urée concentrées, bien que la dose, dans ce cas; ne soit pas excessive. Quoi qu'il en soit, si l'on opère sur 2 centim. cubes d’une telle urine, on fera une solution titrée d'urée deux fois plus concentrée que celle que nous avons indiquée. Avant de montrer, par des exemples, le degré de précision auquel on peut arriver avec l’uréomètre à mercure, nous allons faire une critique d'ensemble des différents uréomètres

à eau et nous décrirons ensuite un nouvel appareil qui cons-

titue, nous espérons le démontrer, un progrès dans cet ordre de choses.

eN

IL. — Uréomètres à eau, — On a dit que « l'obligation de se servir de mercure a effrayé les opérateurs peu habitués aux manipulations chimiques » et que le nombre considérable d'instruments qui a surgi tant en France qu’à l’étranger, et disposés de manière à supprimer ce métal, n’a pas

d'autre raison, Nous ne croyons pas, quant à nous, que ce :

soit là le véritable motif de l'emploi restreint de l'uréomètre à mercure; car, en réalité, cet instrument est manœuvré: avec la même facilité que la plupart des uréomêtres à eau.

Nous admettrions, de préférence, que c'est « la bourse de

l'opérateur qui est effrayée ». Ce métal, en effet, est d’un prix assez élevé, et l'uréomètre que nous employons en exige ‘environ 5 à 6 kilogr.; de plus, la cuve à mercure, ainsi que son support ne sont pas non plus d’un prix négligeable.

En toute vérité, s’il était possible d'obtenir avec un uréomèêtre à eau la même précision dans les résultats, il y aurait incontestablement un avantage considérable à faire usage d’un tel appareil. Malheureusement, parmi les uréomètres à eau connus jusqu ici, il n’en existe pas remplissant les con- ‘ditions requises d’une façon absolue; — leur seul avantage c’est d'être peu dispendieux. FE .. Examinons, d'une façon générale, quelles sont les conditions que doit remplir un bon uréomètre; il nous sera facile, ensuite, d'en déduire les inconvénients attribuables à chacun d'eux. |

Critique d'ensemble des divers uréomètres. — (Conpi- TIONS QUE DOIT REMPLIR UN BON urÉOMÈTRE — Posons d’abord en principe qu’un bon uréomètre doit être d'un maniement facile et simple; la lecture du volume de gaz doit pouvoir se faire au moins à un dixième de centim. cube près et commodément et enfin, il ne doit pas être trop volumineux.

En dehors de ces qualités, il doit satisfaire aux deux propositions principales suivantes auxquelles se rattachent presque toutes.les causes d'erreurs :

— 132 — Fear

: — Pas de fuite ou de perte de gaz.

D'où l’utilité : 1° de supprimer les tubes de raccordement | en caoutchouc ainsi que les bouchons qui servent d’ intermédiaires ; 2 de réduire le nombre de robinets le plus possible ; a. d'établir la fermeture hydraulique de celui ou ceux qui sont indispensables; 4° en un mot, l'instrument devrait être entièrement en verre et n'avoir qu'un seul robinet.

IT. — Pas de variation entre la température et la pression initiales et finales de l'expérience, et par suite aussi,

pas de différence de température entre le gazogène et le.

gazomètre. «

Cette seconde propositionne s ‘applique cd qu'aux ‘uréomètres qui ont une chambre à air.

Or, tous les uréomètres à eau en général et la plupart des uréomètres à mercure ont une chambre à air; de plus, le gazogène et le gazomètre sont des pièces séparées, réunies entre elles par des {ubes en caoutchouc, et placés dans des milieux différents; le tube mesureur est généralement dans l’eau ou le mercure et le générateur de gaz dans l'air.

Ces instruments supportentdonc les DRE des deux propositions précédentes.

L'obligation d'avoir la même températuré du le gazo-

gène et le gazomètre est presque impossible à réaliser quand

les deux pièces sont séparées et ne plongent pas dans le même milieu.

Les parties de l appareil qui sont dan l'air sont soumises à toutes sortes de variations brusques provenant des influences

- environnantes ; celles qui sont dans l’eau passent beaucoup .

plus lentement d'une température à une autre, surtout quand la masse d’eau est un peu considérable. D'autre part,

la réaction de la solution alcaline d’hypobromite de soude

sur la solution uréique développe toujours une certaine quan-

tité de chaleur dans le gazogène qui vient détruiré l égalité de température qui aurait pe. exister auparavant. Faisons

RE EE es

remarquer, à ce sujet, qu’à la suite d’une variation de température dans le gazogène, il faut un temps généralement - beaucoup plus long qu'on ne pense pour ramener l'équilibre, alors même que toutes les parties de l'appareil plongent dans le même milieu; d'où la nécessité de ne pas faire la lecture du volume de gaz trop tôt.

Quant à l'influence de la pression, il est rare qu'il se produise une différence entre sa valeur initiale et sa valeur finale; une erreur n’est à craindre de ce côté qu'avec les uréomètres, tels que celui de Regnard, où l’on éprouve une

certaine difficulté à établir l'égalité de Disssion intérieure et extérieure avant la réaction. <

Nous n'avons considéré jusqu'ici que l'influence exercée sur le volume d’azote dégagé par une variation de température entre le commencement et la fin de l'expérience. Mais en dehors de cette action, il faut tenir compte de la capacité de la chambre à air, c'est-à-dire du volume d'air mélangé à l'azote.

Nous pouvons déterminer par le calcul quelle est la part d'influence de ces deux facteurs :

Relation entre la capacité de la chambre à air et la différence entre les températures initiale et finale. —

Soit V, le volume d’air (chambre à air de l'uréomètre} à la . température t avant l'expérience; soit V, son volume à 0° et

760 mill., et soit « le coefficient de dilation des gaz. Nous admettrons que la pression H ne change pas dans le cours de l'opération, ce qui est vrai d’une facon générale. Nous avons :

= V, (1 + at) H

Soit t l'augmentation de température après la réaction et au moment de la lecture du gaz; le volume V, aura varié et sera devenu V,,».

EN ir = Ve [1+

L'augmentation du volume de l'air, qui Pr s'ajouter au volume d’azote pour en fausser le résultat, sera donc : Visa VEN 0 F ” Le I! en résulte que l'augmentation de volume sera non seulement proportionnelle à la variation de PoperRtEe l, mais encore au volume de la chambre à air V.. ; de Supposons, pour fixer les idées, qu'il se produise une variation de température de un degré seulement et que la chambre à air ait une capazité de 100 centim. cubes, ce qui. est bien au-dessous de la vérité dans la Pise des cas, on aurait : un V'iir — V, — 100 X 0,00367 X 1 == 0367 soit une augmentation de plus de un tiers de centim. cube. Si nous avions recueilli 20 centim. cubes d'azote, par : exemple, l'erreur par excès serait environ de un cinquantième du volume réel. |

Avec une chambre à air de 200 centim. cube, et une variation de température égale à 3°, ce qui est le cas le plus fréquent, on aurait une nr de volume de gaz égale à :

V',;4 — V, = 200 X 0,00367 X 3 = 22 c’est-à-dire environ un dixième du volume total, chiffre considérable qu’il n’est pas possible de négliger.

Cette équation nous permet de déduire qu'il y a intérêt dans de semblables circonstances, à recueillir le plus grand volume d'azote possible, ou à diminuer le volume de la chambre à air.

Or, nous sommes limités, dans le premier cas, par la capacité du tube mesureur et aussi par la concentration des solutions d'urée (le volume sur lequel on opère devant rester à peu près le même) ; dans le second cas, il est à peu

La

près impossible, avec les instruments actuels, de diminuer la capacité de la chambre à air dans des proportions utiles sans nuire à leur fonctionnement.

Maintenant que nous connaissons les conditions auxquelles doit satisfaire un bon uréomètre, si nous examinions chaque appareil en particulier, nous verrions que tous ou presque tous présentent, dans des limites plus ou moins étendues, les inconvénients que nous avons énumérés précédemment, Il nous suflira de dire quelques mots sur les plus employés et les plus connus.

Parmi les uréomètres à eau, celui de Regnard, que tout le monde connaît, présente au maximum les inconvénients

“signalés. Il n’est-même pas possible, avec cet appareil,

d'établir exactement l'égalité de pression à l’intérieur et à l'extérieur avant l'expérience, car pour manœuvrer la tige de verre, on est obligé de maintenir le gazomètre avec la main. Il en résulte une certaine élévation de température qui dilate l'air intérieur et apporte, de la sorte, une erreur dans la fixation vraie du niveau de l’eau dans la cloche qui ne correspond plus ensuite au 0 de la graduation. La forme du réservoir à réaction ne permet pas non plus de le plonger dans l’eau pour diminuer l'influence des variations de température.

L'uréomètre de Noël n’est guère préférable ; il présente à peu près les mêmes inconvénients que le précédent. Le godet destiné à recevoir l'urine est très fragile. L'appareil de M. de Thierry est certainement, parmi les uréomètres cliniques, l’un des meilleurs. Il présente un avantage sur celui de Regnard, en ce que le gazomètre peut être piongé dans l’eau avant et après l'expérience. Mais il a, d'autre

part, l'inconvénient d'être composé de plusieurs pièces reliées entre elles par un tube de caoutchouc et par un bouchon. De plus, il est difficile de mesurer avec précision les

10 centim. cubes de réactif au moyen du réservoir Jaugé à deux traits qui surmonte le gazomètre, car il y a à peu près impossibilité de fermer le robinet au moment exact où le liquide arrive au trait inférieur. Enfin, le tube mesureur ‘n’est pas gradué en dixièmes de centim. cubes. Nous voyons que cet uréomètre, préférable à beaucoup d’autres, ne réalise pas non plus l'idéal et ne peut être employé pour des recherches exigeant quelque précision. Nous pourrions

encore signaler d’autres uréomètres d'un usage moins cou- - ns . . A

rant, tels que celui que M. Denigès vient de faire connaître :

cet appareil n'offre rien de particulier tant sous le rapport .

de la forme qu'au point de vue du fonctionnement ; il est

fort encombrant ; le gazomètre est fixé sur une planchette

verticale et, à la fin de l'expérience, l'égalité de pression est obtenue grâce à la manœuvre d’une poulie. En outre; comme dans la plupart des autres appareils, le gazomètre et le gazogène sont séparés et reliés entre eux par l'intermédiaire de tube et de bouchon de caoutchouc, et le gazomètre porte un robiuet dont la fermeture n'est pas hydraulique. es

L'uréomètre à eau de M. Yvon est le seul entièrement en verre et par conséquent ne pouvant donner lieu à des fuites de gaz. Mais il présente d'autres inconvénients qui font qu'il n'est pas usité : Il est d’une graduation très difficile : la chambre à air ne plonge pas dans l’eau : s’il reste de l’eau dans la boule superieure de 1instrument,— et ilest presque impossible qu'il n’en reste pas, —le volume d'air qu'elle contient est diminuée et par suite le zéro de la graduation n'est plus exact.

Quant aux uréomètres où la réaction s'effectue sous pression (uréomètre Binet et Thompson, tube d’Esbach, tube simple), il y aurait plusieurs objections à faire. Ainsi, en supposant même que la réactionne soit pas contrariée par la pression qui se développe et qui varie suivant le volume

de la chambre à air et suivant le volume d'azote dégagé, il faut tenir compte de la perte de gaz produite par l'expulsion brusque, rapide du liquide contenu dans l'uréomètre lorsqu'on débouche l'instrument sur l’eau ; ce liquide est, en effet, saturé de gaz à une pression de beaucoup supérieure à la pression atmosphérique.

Il y a done là encore une perte que des conditions générales nous font entrevoir.

La plupart des uréomètres à mercure ayant une chambre à air et étant formés de deux ou plusieurs pièces, doivent présenter inévitablement un certain nombre d’inconvénients attribués aux uréomètres à eau. [ls sont-beaucoup moins nombreux et aussi beaucoup moins employés que ces derniers ; il faut en attribuer la cause, ainsi que nous le savons, au prix élevé du mercure et des accessoires.

Nous ne ferons pas l’'énumération de ces instruments qui serait d’ailleurs sans profit. Nous ajouterons simplement que, seuls, les uréomètres à mercure construits sur le type du tube de M. Yvon, comme celui dont nous avons fait usage, n’ont pas dechambre à air et sont en général d'une grande précision. :

Ainsi, si nous considérons celui que nous avons décrit dans le premier chapitre, nous voyons qu'il répond entièrement aux exigences théoriques et pratiques que nous venons d'exposer : « Une seule pièce, simple, peu volumineuse, un seul robinet avec fermeture hydrauique, pas de tube de caoutchouc ni de bouchon, pas‘de chambre à air. »

La critique générale que nous venons de faire des uréomètres à eau, en particulier, nous ayaat montré leurs nombreuses imperfections, sachant, d'autre part, combien serait avantageux d’être en possession dun appareil de ce genre capable de donner des résultats précis, nous avons cherché s’il n’était pas possible de trouver une modification

permettant d'éliminer la totalité, ou tout au moins la plus

grande partie des erreurs.

Dans ce but, nous avons d'abord fait construire l’uréomètre

représenté par la fig. 3. Il se compose d'un générateur de

unnqunt

F1&. 3, — Uréomètre à eau.

gaz V, à large goulot, d'une contenance d'environ 125 à 130 centim. cubes, plongeant entièrement dans un cristallisoir C plein d’eau de même température que celle qui remplit la cuve A.

Le gazogène V et le tube mesureur U sont reliés par un tube de caoutchouc T épais, d’une seule pièce et à lumière étroite. Ce tube ainsi constitué ne subit aucune influence de compression, de dilatation ou d’allongement, Il est raccordé au tube mesureur par l'intermédiaire de l'ajutage a qui communique avec un robinet à trois voies R.

Par son autre extrémité, il vient se fixer sur un tube de verre traversant un bouchon de caoutchouc destiné à fermer le vase V.

Le tube mesureur U a un diamètre de 10 à 14 millim. ; il est gradué en dixième de centimètres cubes et le zéro se trouve à 3 ou 4 centim. seulement du robinet, de façon à diminuer le plus possible le volume de la portion de la chambre à air qui ne plonge pas dans l'éau. Ce volume est, en effet, très faible, puisqu'il ne comprend que la partie qui s’étend du bouchon de caoutchouc au zéro du tube mesureur et que la lumière du tube T est très petite. On met la solution hypobromique dans le vase V et la solution uréique (ou ammoniacale) dans le godet & qué l'on introduit ensuite au moyen d'une petite pince métallique dans V. La capacité de ce godet en verre est d'environ 18 à 20 centim. cubes et ses dimensions sont telles qu'il puisse se renverser facilement par la simple inclinaison du, gazomètre. Pour faciliter ce renversement, on fait buter le godet v contre àn mince agitateur en verre placé au fond du vase V, et de longueur égale au diamètre de V.

Le cristallisoir C et le gazogène reposent sur un support S dans le but de diminuer la longueur du tube T.

Il est inutile de décrire le mode de fonctionnement de cet instrument ; on le comprend aisément à l'inspection de la figure.

Les coupes horizontales { et 2 du robinet indiquent la position de ce dernier dans les deux phases de l'opération : La

coupe { représente le robinet faisant communiquer à la fois le gazomètre et le gazogène avec l'atmosphère avant la réaction, c’est-à-dire avant le renversement du godet. La pression étant la même à l’intérieur et à l'extérieur de l’uréomètre, on tourne le robinet dans la position 2; la communication avec l’atmosphère est alors supprimée, mais ele persiste entre le gazomètre et le gazogène.

Ceci fait, on ajoute un peu d’eau dans P,de façon à établir une fermeture hydraulique ; on retire V du cristallisoir; on

renverse le godet et on agite pour faciliter la réaction et le

dégagement gazeux. On remet V dans le cristallisoir pour

qu'il reprenne la température de l’eau et on fait ensuite la lecture du volume de gaz.

A cet effet, on soulève le tube mesureur U en le saisissant en P au moyen d’une pince en bois, de façon à éviter tout échauffement, et on établit l'égalité de niveau du liquide à l'intérieur et à l'extérieur.

Au lieu de souder l’ajutage à sur le robinet R, on pourrait le placer un peu au-dessous, comme l'indique le schéma placé à la droite du support S; il n'y aurait d’autre inconvénient que d'augmenter de 3 ou 4centim. cubes la portion de la chambre à air qui ne plonge pas dans l’eau. Le robinet R deviendrait alors un robinet ordinaire à une voie et offrirait sans doute un peu plus de sécurité.

Cet appareil pourrait être considéré comme une modifi-

cation des appareils’de Regnard et de Noël, mais une modi-

fication tellement profonde qu'il est difficile d'y reconnaître le type primitif.

Le perfectionnement consiste, comme nous lé voyons,

dans l'emploi d’un tube de caoutchouc spécial, dans la

réduction à quelques centimètres cubes du volume de gaz qui se trouvedans l’air, dans la facilité et la rapidité d’établir l'égalité de pression à l'intérieur et à l'extérieur sans

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