I. — Azote total
1° a) Il n'existe, pour le dosage de l'azote total de tous les corps (et de l’urine en particulier), qu’une seule méthode générale, irréprochable et absolument sûre, c'est la méthode de Dumas.
2° Pour l'appliquer aux urines, on emploiera très avantageusement la modification proposée par M. À. Gautier.
3° Il n’y a qu’un reproche à adresser à cette méthode (nous nous plaçons surtout ici au point de vue du physiologiste); elle est longue, minutieuse et exige de véritables qualités de chimiste. Il n’est guère possible d’en faire usage que dans quelques dosages isolés ; toutefois, son application deviendra obligatoire, chaque fois que d’autres méthodes plus simples ne fourniront pas de résultats exacts.
4° b) Doivent êtres rejetées les méthodes par la chaux sodée, d'une façon générale, et particulièrement la méthode
de Seegen, comme donnant des résultats trop faibles. (Observations de MM. A. Gautier, Cazeneuve et Hugounencq, Garnier et Schlagdenhauffen.)
5° c) Les méthodes de Kjeldahl et Kjeldahl-Henninger ne différant entre elles que par le moyen employé pour doser l'azote du sulfate d'’ammoniaque formé, et non par la combustion de la matière par l'acide sulfurique, les erreurs
(sil y en a) ayant pour origine cette dernière opération se manifesteront dans l’une et l’autre méthode.
6° La combustion par l'acide sulfurique se fait facilement, ne réclame aucune surveillance spéciale, une fois la température réglée, et permet de conduire plusieurs opérations.en même temps. | #.
7° Pour certaines substances appartenant aux dérivés azoïques, aux hydrazines, etc., l'acide sulfurique ne parvient pas à dégager de leur molécule tout l'azote à l’état de sulfate d'ammoniaque. Dans ces circonstances, la méthode de Dumas est indiquée É à
8° Le dosage de l'azote par distillation de l'ammoniaque au moyen de l'appareil de Schlæsing est une opération qui donne de bons résultats quand elle est bien conduite, mais qui. en raison du temps et de la grande attention qu'elle exige, n'est pas d’un usage pratique quand il s’agit de faire une série d'analyses, comme il arrive fréquemment dans les expériences de chimie physiologique.
9 e) Dans ces conditions, la détermination volumétrique de l'azote au moyen des hypobromites alcalins {méthode de Kjeldahl-Henninger) rend de véritables services. Cette méthode est, en effet, beaucoup plus simple; elle est plus rapide, elle exige une moins grande surveillance;
elle est à la portée d'opérateurs moins initiés aux choses de
la chimie; et enfin, elle peut fournir, avec un peu d’expérience, de bons instruments, et en se renfermant dans les