‹ Étude sur les modifications du testicule consécutives à l'interruption du canal déférent: Rôle pathogénique des kystes à spermatozoïdesChapitre 10 sur 30 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Exposé de nos expériences.

SOMMAIRE : Résumé de la structure du testicule. — Expériences personnelles; technique générale ; exposé des résultats.

Avant d'entrer dans le détail des recherches que nous avons entreprises après tant d’autres, pour élucider cette obscure question de l’état du testicule privé de ses voies d’excrétion, il est nécessaire, pour la clarté de nos protocoles d'expériences de rappeler brièvement les points essentiels de la structure normale de la glande génitale.

Nous résumerons sommairement les deux seules questions suivantes : 1° constitution de l’épithélium séminal; 2° cellules interstitielles, renvoyant pour plus amples détails au mémoire de notre maitre CI. ReGaup (1901).

1° Constitution de l’épithélium séminal.

L'épithélium séminal d’un mammifère adulte et en pleine spermatogénèse est composé par deux ordres d’éléments, d'origine probablement commune, mais d’évolution parfaitement distincte. Ce sont : à) le syncytium nourricier ; b) les cellules de la lignée spermatique.

ENROGEE

a) Syncytium nourricier. (CL. ReGAuD). Il est formé d'une masse indivise de protoplasma, parsemée de nombreux noyaux (noyaux de Sertoli). Les auteurs qui n’admettent ‘pas la constitution syncytiale de ces éléments les appellent cellules de Sertoli. À l'état normal les noyaux de Sertoli sont disposés tout contre la membrane du tube, dans la couche génératrice. Le protoplasma syncytial occupe toute la hauteur de l’épithélium séminal, s’insinuant sous forme de travées plus ou moins épaisses, parfois d’une excessive minceur entre les cellules de la lignée spermatique. Ces dernières y sont donc véritablement incluses. Le protoplasma syncytial est creusé d’'alvéoles qui contiennent divers produits de sécrétion lipoides (graisses colorables par l'acide osmique, vésicules de sécrétion décelables par la méthode de Weigert). En outre, il est parcouru ,par des fibrilles qui, chez le Rat, sont très grêles.

Les principales fonctions du syncytium sont : 1° de nourrir les éléments de la lignée spermatique en servant d'intermédiaire entre eux et le milieu conjonctivo-vasculaire ; 2° d'élaborer un produit de sécrétion liquide qui, après avoir servi à la nutrition des cellules spermatiques,

est excrété dans la lumière du tube; 3° de mobiliser les :

éléments de la lignée spermatique et notamment les spermies en donnant naissance à des images aujourd'hui bien connues (fasciculation et rétraction des spermies). Dans certaines circonstances anormales le syncytium est capable de phagosyter et faire disparaitre les cellules séminales dégénératives (Maximow, 1899, REGaup, 1901).

b} Lignée spermatique. — On donne le nom de lignée spermatique à l’ensemble des générations successives qui commencent à une spermatogonie souche et dont le dernier terme est le spermatozoïde. Les deux ou trois premières générations qui évoluent sans sortir de la couche génératrice S’appellent des spermatogonies. Les dernières spermatogonies, remarquables par leurs eroutelles chro-

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matiques, se divisent par karyokinèse en spermatocytes de premier ordre; ceux-ci évoluent lentement en s'élévant au-dessus de la couche génératrice et deviennent d’énormes cellules à noyau spirémateux caractéristique. IIS se divisent par karyokinèse en donnant des spermatocytes de deuxième ordre où cellules d'Ebner, dont l'existence est très éphémère. De la division des cellules d'Ebner proviennent les spermies, qui constituent le dernier terme de la lignée : leur métamorphose compliquée aboutit au spermatozoide.

« La formation de nouvelles lignées spermaliques se poursuit dans la couche génératrice de l’épithélium sans attendre que les précédentes aient achevé leur évolution et disparu sous forme de spermatozoïdes. Il en résulte qu'en un point quelconque d’un tube, l’épithélium séminal renferme plusieurs lignées spermatiques successivement représentées chacune par une génération différente, et ces générations sont d’une manière générale superposées par ordre d'ancienneté. De la profondeur vers la surface on trouve successivement des spermatogonies, des spermatocytes et des spermies. » (REGAUD.)

Il résulte de la coexistence de plusieurs lignées spermatiques un certain nombre de combinaisons pcssibles de générations et de formes cellulaires. Ces combinaisons constituent autant de phases et de stades qui n’évoluent pas simultanément dans toute la longueur du tube, mais au contraire se succèdent à la manière d’une onde (onde spermatogénétique) d’un bout à l’autre du tube. Ce phénomène explique la multiplicité d'aspect des tubes séminifères dans les coupes de testicule.

2° Cellules interstitielles.

Les cellules interstitielles du testicule de Rat sont bien moins caractéristiques au point de vue morphologiques que celles de beaucoup d’autres mammifères. Ce sont des éléments assez volumineux dont le protoplasma montre des signes d'activité sécrétoire intense.Ces cellules

Re siègent autour des vaisseaux. Leur produit de sécrétion se déverse dans les espaces conjonctifs.

Nous exposerons sans plus tarder nos expériences.

Technique générale.

L'animal sur lequel nous avons poursuivi nos recherches est le Rat blanc adulte. Sa Sspermatogénèse est aujourd'hui fort bien connu; elle offre, en outre, le double avantage de durer toute l’année et de présenter une fixité et une régularité remarquables d’un animal à l’autre.

Nos sujets provenaient pour chaque série d’une même portée. Ils ont tous subi l'interruption de leur canal à la même époque de l’année (mars et avril). Puis, ils ont vécu ensemble, séparés des femelles et soumis aux mêmes conditions extérieures d'habitat, de nourriture, etc...

Le mode opératoireemployé pour déterminer l’oblitération du conduit spermatique à varié avec chaque série. Nous avons employé: la section ou la résection du canal entre deuæ ligatures, — la section simple par le thermocautère, — Vécrasement avec la pince à forcipressure. Dans chaque cas nous avons évité de blesser le petit vaisseau satellite du déférent. C’est de chaque côté que nous avons interrompu le canal, sauf sur trois Rats où nous n'avons opéré qu'un des deux conduits spermatiques, afin d'observer dans ces conditions l’état de la glande du côté respecté. Disons tout de suite que nous l'avons trouvée parfaitement saine, mais sans hypertrophie compensatrice appréciable,

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Les testicules ont été prélevés à des dates variables et de plus en plus éloignées de l'intervention. Nous avons pu suivre ainsi la marche des lésions. Les pièces recueillies ont été fixées par le liquide de Tellyesniczky — suivant la technique préconisée par notre maitre CI. ReGauD (1901). — L'inclusion à été faite à la parafine. Quant aux colorations, nous avons usé de trois principales : l'hématéine éosine, — l'hématéine safranine, — l'hématoxyline cuprique (méth. de Weigert).

Exposé des E æpériences.

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