‹ Étude sur les mucorinéesChapitre 12 sur 24 · Le protoplasma de chaque ampoule fusionne et au · texte numérisé non relu

Le protoplasma de chaque ampoule fusionne et au

point de jonction il se produit parfois une protubérance. d ■ • '

10. Le plus souvent au contraire on, voit une dépression qui ne tarde pas à disparaître.

SPORODINIA GRANDIS.

Corda, i. f. 284. Link. Ehr. etc.

On trouve sur un grand nombre d’agarics et de bolets, principalement sur les Amanites et les Lépiotes le Sporodinia grandis. Link le découvrit en 1824 et donna une figure de la forme sporangiale. Ehrenberg sous le nom de Syzygites megalocarpus décrivit la forme zygosporée mais sans apercevoir le lien qui unissait les deux formes de cette même plante. Le Sporodinia est un des Mucors les plus gros et les plus intéressants à cause de la facilité avec laquelle on peut obtenir ses deux formes de reproduction. Il se cultive aisément sur du pain, sur le Champignon de couche et sur toute espèce d’Hymenomycètes charnus qui a été soumise à une température élevée. De plus il est extrêmement facile de s’en procurer. Les spores mises sur une substance convenable ne tardent pas â germer. Un mycélium vigoureux se développe, au bout de deux ou trois jours on voit se dresser des filaments non cloisonnés destinés à supporter les sporanges. Ces filaments sont cylindriques, longs de deux à trois centimètres et incolores lorsqu’ils sont jeunes, mais avec le temps leur membrane se cuticularise et se colore en brun ou en noir bleuâtre. Puis il se forme un grand nombre de cloisons. Le proto-

plasma se trouve ainsi séparé en petites masses isolées les unes des autres. Tels sont les divers phénomènes qui se succèdent dans le support, mais ils n’ont lieu qu’après la maturité des spores et après leur dissémination. Généralement ces filaments retombent sous leur propre poids.

Leur extrémité est toujours surmontée de ramifications dichotomes nées en faisant un angle dont la pointe est arrondie, qui se cuticularisent et se cloisonnent en même temps.

Ces rameaux sont loin d’avoir un diamètre égal dans toute leur longueur. Généralement ils présentent un renflement vers leur milieu et au niveau de l’insertion des deux ramification qui les surmontent. A leur extrémité se trouve toujours un sporange.

Les sporanges dont le nombre peut être de vingt sur la même tige principale sont d’abord constitués par une sphère remplie de protoplasma granuleux. Bientôt la columelle se dessine, prend naissance un peu au-dessus de l’insertion du pédicelle et pénétre dans l’intérieur de la sphère soüs forme d’une calotte hémisphérique. Elle est alors constituée par le protoplasma qui se divise puis secrète une membrane. Dans l’intérieur du protoplasma isolé au-dessus de cette membrane des noyaux se forment et sont séparés les uns des autres par un liquide. Bientôt une membrane les recouvre. Çette dernière d’abord incolore ne tarde

pas à prendre une teinte bleu ardoisé et la spore est définitivement constituée. Dans le même sporange les spores sont de grosseur différente. Ce sont de petites sphères mesurant en moyenne 0 mm ,020 à 0 mm ,035.

Bientôt la membrane du sporange qui les emprisonne se désagrégé et les spores se dispersent ou restent groupées autour de la columelle jusqu’à ce que le vent ou la pluie les entraîne au loin pour germer à leur tour.

Les zygospores se produisent simultanément ou quelques jours après. Pour les obtenir il suffit de placer les agarics ou le pain sur lequel on fait la culture à l’abri de l’action des ferments putrides. Ces ferments se produisent lorsqu’il y a excès d’eau. On peut employer une brique bien sèche ou du sable pour absorber l’excès d’humidité. Dans ces conditions on obtient toujours les zygospores même sous une cloche à douille fermée par un peu de coton. Souvent même il n’y a aucune précaution à prendre lorsque l’eau n’est pas en excès. Ces zygospores prennent naissance sur de petits buissons composés de filaments dichotomes non cloisonnés et remplis de protoplasma. La surlace tout entière des agarics sur lesquels se fait la culture ne tarde pas à se couvrir d’un feutrage des ces filaments qui peuvent dépasser un centimètre de hauteur. A une certaine distance au-dessus du sol et sur ces ramifications naissent

simultanément deux ampoules semblables en regard l’une de l’autre. Ces ampoules se produisent indifféremment sur les deux premiers rameaux d’une même branche ou bien sur des branches de valeur différente et même sur des pieds distincts. Elles sont remplies de protoplasma, prennent bientôt la forme de larmes de verre recourbées, se rapprochent l’une de l’autre tout en augmentant de volume, arrivent au contact et se soudent. Le protoplasma s’épaissit dans le voisinage du point de contact. Les deux membranes se résorbent à cet endroit puis la portion plus épaisse du protoplasma se détache du reste de l’ampoule. La séparation s’opère en commençant par les bords et se voit très nettement dans les préparations faites depuis quelque temps à l’aide de la glycérine qui contracte les substances intérieures. Bientôt elle est complète dans chaque ampoule et une cloison se forme. Les deux masses de protoplasme, isolées se réunissent et se mélangent en produisant quelquefois une bosselure mais le plus souvent le phénomène se passe sans rien manifester au dehors. La masse sporigène d’abord plus longue que large s'arrondit et dessine définitivement la forme de la zygospore. En même temps des gouttelettes huileuses se forment dans l’intérieur. L’enveloppe s’épaissit, brunit et se garnit de petits tubercules dont on voit les empreintes arrondies, tandis qu’à l’intérieur se forme une nouvelle

membrane épaisse et cornée, membrane propre de la zygospore. Ainsi parvenue à l’état parfait, elle peut résister à l’intempérie des saisons et attendre que les jours meilleurs soient revenus pour germer et passer par les phases successives que je viens d’indiquer.

Mais les choses ne se passent pas toujours ainsi, quelquefois les deux ampoules ne peuvent se souder. Le protoplasma n’en continue pas moins son travail et à la place d’une grosse zygospore il se produit deux azygospores hémisphériques généralement plus petites et munies des deux enveloppes précédentes.

Ce n’est que vers 1864 que les expériences précises de Schacht ont démontré d’une manière évidente que ces modes divers de reproduction que je viens de signaler, la forme sporangiale Sporadinia grandis et les formes zygosporée et azygosporée Syzgyites megalocarpus ne forment qu’une seule et même plante. M. de Bary reprit ces expériences et arriva au même résultat. M. Yan Tieghem obtint ces zygospores en grande quantité par la suppression de l’oxigène.

Telle est en quelques lignes la description de ce genre de Mucor, l’un de ceux qui intéressent le plus vivement les personnes qui commencent l’étude de la cryptogamie et l’un des plus faciles à cultiver dans un laboratoire. 11 suffit de déposer quelques spores sur un morceau de pain conve-

nablement mouillé. Si le pain était trop sec on n’obtiendrait que quelques ramificationssporangifères colorées en brun et dégénérées. Une fois le pain ensemencé on le met entre deux assiettes, par exemple, et on attend deux ou trois jours. Au bout de ce. temps on remarque, au milieu des filaments de Rhizopus nigricans qui se développent trop souvent malgré tout, les branches dichotomes chargées de gros sporanges roses, puis bleus du Sporodinia grandis. Au bout de quelques jours encore on trouve au mlieu de filaments enchevê» très, la forme zygosporée Syzygites. Si on veut avoir une culture plus pure au lieu de pain on se sert du champignon de couche si facile à se procurer à Paris.

RHIZOPUS.

RHIZOPUS NIGRICANS (Ehrenberg).

Ehr. de Myeeto genesi (Nova acta, X, p. 198). Tode, Ascopolira muoedo, etc,

Tout le monde connaît la curieuse Mucorinée qui se développe spontanément sur le pain lorsqu’après l’avoir humecté d’eau on l’abandonne à lui-même. Les descriptions qui ont été faites sont très nombreuses et tout ce que je pourrais dire n’apprendrait rien de nouveau. Cependant puisque je me trouve obligé de dire quelques mots, je tâcherai de ne rappeler que des choses intéressantes.

Il n’est pas peut-être, dans toutes les plantes que j’ai passé en revue jusqu’ici, d’espèce qui ait davantage excité ma curiosité. Je me suis étonné plus d’une fois en voyant, autour d’un morceau de pain placé entre deux assiettes, s’étaler ces guirlandes enchevêtrées de filaments blancs et soyeux au milieu desquelles tranchaient par leur couleur d’un beau noir des groupes de tiges surmontées de leurs sporanges. Ces groupes reliés les uns aux autres comme par de longs bras exécutent en l’espace d’une nuit des voyages considérables, et je suis sûr que si par exemple on leur jetait en proie un pain tout entier, il ne leur faudrait pas huit jours pour le recouvrir entièrement

de leurs innombrables petites têtes noires. Lorsque dans leur route ils rencontrent une nappe d’eau ils ne sont pas arrêtés pour cela, mais se tenant les uns les autres ils se glissent à la surface du liquide et ne tardent pas à atteindre l’autre bord. Puis quand l’espace vient à leur manquer et qu’une trop nombreuse famille pourrait être privée d’air respirable, avec leurs longs filaments ils collent au plafond de leur prison leur nouvelle progéniture, celle-ci s’y cramponne, finit par s’y maintenir et vit la tête en bas sans se douter le moins du monde que cette position est contraire aux lois de l’équilibre, et que les plantes ont pour habitude de diriger leurs racines vers le centre de la terre. Puis, arrivés à maturité, ces premiers Rhizopus en produisent d’autres et les filaments n’obéissent plus aux lois de la pesanteur mais se dirigent verticalement ou suivent une ligne horizontale, et le couvercle qui les recouvre ne tarde pas a se garnir complètement de Rhizopus nigricans.

Chaque groupe de Rhizopus se compose de plusieurs filaments fructifères réunis, à leur origine, par une sorte de palette formée de crampons radiciformes qui rayonnent en se ramifiant. Chaque filament fructifère est surmonté d’un sporange sphérique dont la membrane est hérissée de cristaux d’oxalate de chaux. Dans ce sporange, un peu au-dessus du point où la sphère est fixée au

filament, la columelle prend naissance et s’élève en forme de calotte hémisphérique. Au-dessus de cette columelle, les spores nombreuses sont emprisonnées dans la membrane. Ces spores sont anguleuses, finement striées et bleuâtres lorsqu’elles sont isolées. Leur dimension varie entre 0 mm ,0063 et 0 mm ,0105. Puis, de la base des filaments, natt une sorte de stolon très allongé qui vient toucher une paroi quelconque du vase dans lequel se fait la culture. L’extrémité bourgeonne, forme des crampons et de nouveaux filaments fructifères.

C’est ainsi que le Rhizopus déploie ces générations successives qui rayonnent autour de la substance nutritive.

La formation des spores dans le sporange a été étudiée par M. Roze, et je ne saurais mieux faire que de citer la description quia été donnée :

« Le sommet du tube se gonflant peu à peu « prend bientôt l’aspect d’un sphéroïde assez ré- « gulier rempli d’un plasma uniforme, très dense, « à peine grisâtre, constituant une masse gluti- « neuse creusée de vacuoles de même dimension « et équidistantes. Alors une membrane circule laire apparaît presque subitement à la base du <c sphéroïde et ferme le tube par une cloison hémiic sphérique. Aussitôt chacune des vacuoles se rea vêt d’une membrane, s’isole et se colore d’une « teinte qui, d’abord grise, devient de plus en plus « n'oirâtre. Puis la paroi du sporange se détache à

« la base du tube pédiculaire pour former une sorte a de calyptre assez fugace et laisse échapper les « spores. »

Le Rhizopus nigricans possède un second mode de reproduction, étudié pour la première fois par M. de Bary; ce sont des zygospores. Les indications de M. de Bary sont très précises. Pour les obtenir, il suffit de mettre de la mie de pain frais dans un flacon à large ouverture, lavé à l’eau bouillante.On ensemence avec un sporange d eRhizopus délayé dans de l’eau bouillie et on ferme le flacon. Au bout de quinze jours ou trois semaines, on obtient ces zygospores très facilement. C’est ainsi que Yan Tieghem les a obtenues à son tour, Les zygospores ont été décrites un si grand nombre de fois que je n’ai pas cherché à les obtenir. Du reste, je n’aurais pu le faire qu’aux dépens de plantes plus intéressantes qu’il m’aurait été impossible de cultiver faute d’espace.

RHIZOPUS REFLEXUS.

Espèce ^nouvelle.

J’ai trouvé à plusieurs reprises sur des feuilles d 'Arum maculatum que j’avais mises moisir, un Mucor possédant les caractères spécifiques des Rhizopus. Je l’ai appelé Rhizopus reflexus parce que les filaments sporangifères, au lieu d’être droits comme dans le Rhizopus nigricans, se recourbent en crosse

EXPLICATION DE LA PLANCHE

Rliizopus rcflcxns,

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