‹ Étude sur les mucorinéesChapitre 15 sur 24 · CIRCINELLA SPINOSA · texte numérisé non relu

CIRCINELLA SPINOSA

Les Circinella sont les intermédiaires entre les Mucors et les Helycostylum, aussi ne faut-il pas être surpris que M. Sorokine en 1870, trouvant la plante qui nous occupe sur des mouches, l’ait appelée Helycostylum muscœ.

M. Van Tieghem en 1872 trouva cette même plante, la décrivit, en fit un genre à part qu’il nomma Circinella, et, pour la distinguer des autres espèces de ce même genre qu’il décrivit en même temps, ajouta le nom de spinosa, nom tiré des caractères particuliers qu’elle possède.

Aujourd’hui je viens rendre compte de l’étude de cette plante, que j’ai pu trouver sur les milieux les plus différents et que j’ai pu cultiver. La question est de savoir si réellement elle possède deux sortes de sporanges dictincts.

Sur un mycélium très rameux et non cloisonné se développe un tube fructifère. Celui-ci, dans des cas exceptionnels il est vrai, se termine par un gros sporange mesurant 0 mm ,147 analogue aux sporanges du Mucor mucedo. L’extrémité de ce tube fructifère la plus voisine de l’insertion du sporange est légèrement courbée. La columelle haute de 0 mra ,0735 a la forme d’une poire renversée, ou plus exactement de la tête d’un pilon ; sa couleur devient légèrement brune. Les spores sont rondes et mesurent environ 0 mra ,005.Un peu au-dessous de ce sporange naît le support d’un second sporange identique au précédent, sans qu’il se soit formé d’épines. Puis de même, le support de ce second sporange donne un tube vertical. Mais ce tube à un moment donné se bifurque, une des branches de la bifurcation s’arrête brusquement et forme ainsi une épine, l’autre branche continue à s’accroître puis se bifurque de même et ainsi de suite. L’épine déterminée porte en sa partie moyenne un support circiné surmonté d’un petit sporange. Ce support décrit plus de la moitié d’une circonférence puis se contourne pour ramener le sporange au centre du circuit. Souvent, lorsqu’on

fait une préparation avec l’acide acétique et la glycérine, la courbe décrite n’est pas aussi caractéristique. Pour l’amener à l’état que je viens de décrire il suffit de déplacer l’acide acétique par une ou deux gouttes d’eau. Toutefois chez les jeunes sporanges la courbure est beaucoup moins prononcée elle augmente à mesure que le sporange approche de sa maturité. La forme et la composition de ces petits sporanges sont exactement les mêmes que celles des premiers, mais toutes les parties sont un peu réduites. Les spores sont exactement les mêmes. La columelle est un peu étranglée en sa partie moyenne. La membrane des sporanges est hérissée de cristaux d’oxalate de chaux, elle n’est pas diffluente. Lors de la déhiscence il se produit une fente circulaire plus ou moins irrégulière qui laisse attachée au support plus de la moitié de cette membrane.

Tels sont les deux genres de sporanges que l’on peut trouver sur les mêmes tiges de cette plante. Les uns plus vigoureux ne présentent pas d’épines à leur support, les autres plus petits, à support complètement circinés et épineux, mais composés sur le même type. Il y a donc une différence considérable avec les Helycostylum dont les petits sporanges manquent de columelle.

On peut obtenir le Circinélla spinosa exclusivent sous l’un de ces deux espects différents. Il y a des individus avec des sporanges portés sur

des supports légèrement contournés en crosse, se superposant les uns au dessus des autres et prenant naissance un peu au-dessous ou au sommet de la courbure et sans épines. Ou bien dans d’autres cas par suite d’avortements de sporanges ou de rameaux il se produit des épines. On obtient alors des guirlandes indéfinies dans lesquelles les épines peuvent se transformer en sporanges ou en rameaux et témoigner par là quelle était leur origine. D’habitude il n’y a qu’un sporange sur une épine, cependant on peut en trouver deux sur la même, l’un au dessous de l’autre; de même au-dessous d’une épine peuvent naître une ou deux ramifications nouvelles; quand l’une de ces ramifications ou l’un de ces deux sporanges vient à avorter on trouve deux épines l’une près de l’autre. Les filaments fructifères ne présentent de cloison qu’à la maturité. Ces cloisons n’occupent pas toujours la même place ; elles sont irrégulières. On en trouve principalement dans les épines dont elles séparent le quart inférieur.

Cette plante se trouve sur les excréments de rats, sur le crottin de cheval, sur l’enveloppe ligneuse de certains fruits. On peut la cultiver sur du pain et des oranges. Je n’ai trouvé ni chlamydospores ni zygospores.

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