‹ Étude sur les mucorinéesChapitre 16 sur 24 · CIRCINELLA UMBELLATA · texte numérisé non relu

CIRCINELLA UMBELLATA

Le Circinella umbellata est une des Mucorinées les plus communes et les plus élégantes qu’on puisse trouver à Paris. Elle se développe en grande abondance sur les excréments du rat et du chien. Pour la cultiver on peut employer du pain mais il faut très peu l’humecter d’eau sans quoi le Rhizopus nigricans ne tarde pas à l’étouffer. La germination s’observe très aisément dans une goutte de jus d’orange.

Sur un mycélium de Mucor se dresse le filament sporangifère. Arrivé à une hauteur variable ce filament donne naissance à deux bourgeons allongés, faisant l’un et l’autre un angle obtus avec la tige dont ils proviennent. L’espace qui les sépare forme à peu près un angle droit. L’un de ces bourgeons décrit immédiatement une courbe d’un cinquième ou d’un quart de cercle puis continue de s’accroître verticalement, c’est la tige qui se bifurquera de distance en distance pour subir indéfiniment les transformations semblables à la première. Le second bourgeon s’allonge un peu et se termine brusquement en une pointe globuleuse. Puis la partie moyenne se renfle légèrement. Bientôt l’extrémité et la surface supérieure donnent naissance à de petites proéminences de nombre variable, souvent huit ou dix et quelquefois

— 81 -si-

davantage. Ces proéminences forment des tiges qui prennent une direction rectiligne, puis brusquement décrivent un peu plus d’un quart de cercle. Chaque extrémité s’allonge encore eh se courbant. Mais le diamètre augmente peu à peu pour former des sortes de petites cornues. Le protoplasma s’accumule, la panse de la cornue se renfle, s’arrondit, et on a de petites sphères suspendues par leur sommet. Bientôt il se produit un travail intérieur, la columelle commence à se dessiner de forme ovale munie d’un étranglement dans la partie moyenne. Plus tard la membrane qui délimite cette columelle prendra une légère teinte jaunâtre. La masse sporigène qu’elle sépare du support se remplit d’un grand nombre de noyaux qui s’entourent d’une membrane et deviennent autant de spores. Ces spores sont arrondies, de teinte légèrement bleuâtre et mesurent 0 mm ,0084.

La première ombelle si on peut l’appeler ainsi est constituée définitivement. Mais pendant ce temps la tige principale a continué de s’accroître et de développer de distance en distance des ombelles plus ou moins garnies de sporanges jusqu’à ce qu’épuisée par cette fructification indéfinie elle se termine par une pointe recourbée. Telle est la disposition habituelle de cette plante, mais on peut trouver quelques modifications. Par exemple, au lieu d’avoir un rameau

opposé à l’appareil sporangifère, il peut y en avoir deux, dans ce cas l’ombelle se développe à leur intersection. Il peut se produire aussi une réduction du nombre des sporanges. Un groupe formé comme il vient d’être indiqué peut être remplacé par un seul sporange et ces sporanges isolés sont disposés autour de la tige de distance en distance suivant une ligne courbe.

PIRELLA CIRCIMNS.

Genre nouveau.

C’est en hésitant que j’entreprends la description de la plante dont il me reste à vous entretenir, car je ne connais pas son histoire tout entière, et ce qu’il m’a été permis d’observer m’empêche de la placer dans un des genres étudiés jusqu’ici. Je me vois toutefois dans la nécessité de vous la présenter, car je considère que, dans un examen, c’est-à-dire dans une thèse, on doit indiquer les études même que l’on continue, si déjà on a pu relever des faits intéressants.

Le Pirella diffère des A bsidia par la membrane de son sporange non diffluente ; il s’éloigne des Circinella par la forme de sa columelle, extrêmement allongée, et par ses sporanges piriformes qui mesurent en moyenne 0 mm ,126 sur 0 mm ,0481.

La membrane du sporange est hérissée de petites aiguilles d’oxalatede chaux. Cette membrane est très résistante. Je n’ai pu que très rarement observer sa déhiscence. Ce caractère distingue encore le Pirella des Circinella. Après la maturité des spores, les filaments fructifères sont flétris, et, lorsqu’on observe les sporanges intacts et déformé allongée, on pourrait les prendre pour des excréments d’insectes. C’est, du reste, ce qui m’est arrivé jusqu’à ce qu’un jour, remplaçant l’acide

acétique par une goutte d’eau, je vis se dérouler les filaments circinés qui les supportent. La columelle présente une forme particulière très allongée dont le plus grand diamètre se trouve vers sa partie supérieure. Elle s’insère au-dessus du point où le renflement du sporange fait suite au filament, puis diminue de diamètre et, après avoir formé une sorte de tube, ce tube s’élargit et se termine par un ovale de plus grand diamètre. Per suite de la sécheresse, cette columelle se resserre; on ne remarque plus qu’au sommet une sorte de petite sphère et au bas la partie plus dilatée sur laquelle reposent les spores. Les spores ont une forme ovale et mesurent 0 ram ,0063 sur 0 mm ,0021, mais les dimensions sont un peu variables. Les filaments qui supportent ces sporanges sont circinés. C’est toujours à l’extrémité de la tige principale que se développe le premier sporange. La courbe décrite est quelquefois exagérée et peut former une circonférence complète ; habituellement elle s’arrête à moitié. Puis, sur le sommet de la courbure, naît un filament très allongé qui, à son tour, peut produire un second sporange ou se terminer par une pointe en se courbant de nouveau.

HELICOSTYLUM.

HELICOSTYLUM PIRIFORME.

Espèce nouvelle.

J’ai étudié une plante qui possède le même genre de courbure dans ses filaments fructifères que le Rhizopus reflexus, c’est un Mucor, qui appartient au genre Helicostylum de Corda, possédant par conséquent deux espèces de sporanges portés sur les mêmes filaments ou sur des filaments différents, sans que jusqu’à présent il soit possible de préciser les conditions qui déterminent l’un ou l’autre cas.

Les grands sporanges, à membrane diffluente et incrustée d’oxalate de chaux, ont une dimension d’environ 0 mm ,168. La columelle centrale est remplie de protoplasma qui, dans les jeunes sujets, paraît moins dense sur les côtés. Les spores sont très nombreuses,à paroi lisse,et bien que séparées,elles paraissent incolores; leur réunion forme une petite masse noire. Leur forme est légèrement ovale; ils mesurent 0 ram ,0084 sur 0 rain ,0042. Le filament qui porte ces sporanges est le plus souvent ramifié. Les branches viennent latéralement sans prendre une disposition caractéristique ; le diamètre est égal, excepté vers le point où s’insère le sporange. A cet endroit, le filament s’élargit et se

colore légèrement en noir. Mais cette coloration ne s’étend pas beaucoup; elle forme une sorte d’anneau. Inférieurement, le filament est porté sur des sortes de crampons. Je n’ai pas trouvé que cette plante fût parasite.

Les sporanges du second genre, dont on compte jusqu’à cent réunis ensemble, sont beaucoup plus petits; leur dimension est de 0 ram ,0210. Ils ne naissent pas directement sur le filament renflé à un point quelconque, mais sur des rameaux courts et épais qui portent leurs pédicelles. Ces gros rameaux peuvent naître isolément ; dans ce cas ils sont quelquefois plus allongés, mais ordinairement ils se groupent à la même hauteur pour former un verticille dont le centre est traversé par le filament sans qu’il ait subi de variation dans son diamètre. Ce caractère distingue cette espèce de l’ Helicostylum nigricans et de VHelicostylum glomeratum.

Une autre différence se trouve dans la forme du sporange, qui ressemble à une poire, d’où je lui ai donné le nom à'Helicostylum piriforme. De plus la columelle centrale, d’abord légèrement bombée en verre de montre et sensiblement saillante, se résorbe à la maturité, de sorte qu’on ne trouve plus qu’une cavité là où se trouvait une proéminence. Ces petits sporanges sont portés sur de longs pédicelles dont l’extrémité est élargie pour recevoir la columelle. Ils se détachent de leur sup-

port avant leur déhiscence et tombent, entraînant avec eux leur pédicelle. Ce n’est que sous l’influence des agents atmosphériques qu’ils se déchirent pour laisser échapper les spores qui ne tardent pas à germer. Ces spores ont les mêmes dimensions que celles des gros sporanges.

Cette espèce se plaît sur les mêmes substances que les autres Mucorinées. Je l’ai cultivée sur du pain bouilli et sur du crottin de cheval.

EXPLICATION DE LA PLANCHE

Chœtostyluni Frnsenii.

Page 1