CONSIDERATIONS GÉNÉRALES
D’après l’étude qui précède il est facile de voir que les Mucorinées sont formées de deux cellules superposées. L’une est destinée à éloigner du substratum, dans lequel se développent des ferments de toute nature, les organes de reproduction et l’autre à donner naissance à des spores endogènes en devenant le sporange. Seul le Pilobolus fait exception et se compose de trois cellules. Ces plantes occupent, on le voit, dans la série des êtres organisés un rang inférieur. Malgré cette infériorité, les formes variées qu’elles présentent invitent à penser que la nature a épuisé toutes les combinaisons possibles pour passer d’un degré à l’autre dans l’échelle des êtres vivants.
Pour l’hommes les Mucorinées ne sont pas d’une utilité directe. Cependant elles jouent un rôle important en détruisant les débris des aliments qui tombent de nos tables; dans leur lutte pour l’existence elles empêchent souvent les ferments morbides de se développer en leur disputant leur nourriture.
J’ai déjà dit au commencement de ce travail que les Mucorinées se développaient avec une extrême rapidité sur la viande. Si maintenant on remar-
que que sur les excréments de certains animaux se développent toujours certaines espèces spéciales, une réflexion toute naturelle se présente à l’esprit et on est fatalement conduit à se demander quelle est leur action vis-à-vis de ces mêmes animaux. Leurs spores mélangées aux divers fruits qui servent de nourriture traversent-elles simplement le tube digestif? ou bien subissent-elles dans l’intérieur du corps une transformation spéciale produisant un état pathologique? Ces questions sont d’un grand intérêt mais il m’est impossible de les résoudre pour le moment.
Telles sont les observations que j’ai pu faire jusqu’au mois de décembre 1881.
vu :
La Directeur de VÉcole supérieure de pharmacie,
CIIATIN.
VU ET PERMIS D’iMPRIMER !
Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris, GRÉARD.