Voir Piolin, Les Mystères dans le Maine, p
3. Chevalier, Les Archives communales d^Amboise^ p. 201 — Comptes de la ville d' Amboise, CC. 112, année 1497, f<» 33.
en 1493, on signala « une bête énorme qui vomissait du feu par les yeux et les naseaux » *.
Costumes^ diables^ sots, fous, jeux de mise en scène.
La recherche de Texactitude du costume n'existant pas, les acteurs portaient celui de Tépoque où ils vivaient. Ce n'est pas nous qui les blâmerons de ce que certains auteurs ont appelé un « anachronisme ». Les Mystères, comme la plupart des pièces de théâtre historique, représentent moins des scènes et des personnages de l'histoire à laquelle leur sujet est emprunté qu'un drame et des scènes de mœurs du moment où ils sont faits. Le costume contemporain nous parait donc, dans bien des cas, convenir mieux qiie celui que l'archéologie se déclare souvent impuissante h réaliser. Dans les Mystères, ce ne sont pas les mœurs du temps de Jésus-Christ ou celles du Vieux Testament qui sont représentées; ce sont les idées, les mœurs, la manière de voir et les costumes d'alors que l'on y trouve décrits : ce sont donc les personnages, les habitudes et les milieux du XV® siècle qui y étaient représentés.
Les empereurs romains ou Hérode, celui des rois qui apparaît le plus souvent dans les Mystères, étaient vêtus comme les rois de France du xv® siècle, avec le grand manteau et la couronne sur la tête; pour toute distinction ils portent la barbe* ; quelquefois, comme ce sont des princes païens, on leur donne des costumes d'infidèles du xv« siècle, c'est-à-dire de Turcs ou de Polonais, habillés à la façon dont Gentile Bellini peignait les
1. L'abbé Anis, Les mystères représentés à Lavalj 1887, in-8, p. 9.
2. Lors de l'entrée de Charles le Téméraire à Dijon en 1474, le peintre Mounot Grindet reçut un franc, pour le louage dexxui barbes pour les prophètes et en 1494 aux Mystères joués à Dijon lors de Tentrée de Charles VIII, le peintre Perronet Rousseau avait fourni u deux barbes pour prophètes » et la perruque de « Tomme pendu » {Mémoire de la Commission des antiquités de laCote-d'Or, t. XI, années 1885 à 1888, p. 243 ou 245, article de M. Gouvenain, archiviste du département).
32 REVUE ARCHÉO LOGIQUE
Orientaux *. Le Christel les Apôlres allaient nu-pieds et portaient également la barbe. Le Christ devait figurer avec les habits que la tradition lui a donnés, tels, du reste, que nous le représentent les toiles peintes de l'hôpital de Reims'ou toutes les figurations sont du xv** siècle. On lui peignait sur les mains et sur les pieds les stigmates. La Vierge et sainte Anne sont vêtues à la façon des religieuses du moyen âge, telles que le sont encore aujourd'hui les Carmélites. Les prêtres ou religieux, qui figuraient le Christ et les apôtres, obtenaient la permission de laisser pousser leur barbe, afin de mieux rentrer dans leur rôle * ; car on eût trouvé trop profane pour eux de s'affubler de postiches. Dans la scène de la Passion^ le Christ était complètement nu ; du reste, Adam et Eve, dans le Mystère dit Vieil Testament, étaient également nus dans les premières scènes. La pudique Angleterre montrait aussi, sur ses échafauds du xv® siècle, nos premiers parents dans leur costume naturel. Le texte de Tun des manuscrits des mystères anglais de Coventry^ indique dans le dialogue leur nudité complète ; ils doivent même prendre des feuilles d'arbre pour dissimuler certaines parties de leur corps *.
La suite des rois était celle des seigneurs du temps; on les voyait souvent tenant le faucon sur le poing ou accompagnés de lévriers. Au Mystère de Jules César, joué à Amboise en 1500, on fit venir du château « des cuirasses, harnois, jambières, gardebras et salades » pour représenter les légionnaires et les lieutenants de César %