‹ Étude sur les mystères au moyen âgeChapitre 17 sur 35 · Mystère du Vieil Testament, passim · texte numérisé non relu

Mystère du Vieil Testament, passim

moyen d'une ficelle après deux mais, « adonc se doit monlrer un ciel peinct tout semé d'étoiles. » Du reste, une quittance du xv^sièclenous indique, mieux que toutes les descriptions, les pro- -cédés de travail des décorations : « Item y ot fait la forme et figure de la grosse thour que m. d. s. fait faire à Gorincheu, toutte de charpenterie qui csloit de xlvi piez de hault et de grosseur à Tavenant, couverte de toille pain te de machonnerie, d'argent et escalle d'azur et les feneslres, les créteaulx et les pomeaulx tout doré d'or, la cappe richement estoffée d'or et d'azur, ayant bannières sur chacune feneslre armorées des armes de m. d. s. »*.

De nos jours on aurait sablé les tréteaux pour empêcher les acteurs ou les animaux qui s'y mouvaient d'y glisser et de tomber; il est vraisemblable qu'alors on le couvrait d'herbe fraîchement coupée, c'est du moins ce que rapportent plusieurs érudits'.

Dieu le Père, placé sur son trône ou dans le Paradis comme à Valencicnnos en 1547, avait derrière lui un soleil et des rayons en bois recouverts de papier doré. Ces rayons élaient mus par , une manivelle et tournaient sans cesse. Parfois, pour mieux simuler le séjour des. bienheureux, des anges maintenus dans les combles par des ficelles voltigeaient sur des fonds de toile bleue parsemés d'étoiles d'or'.

1. Voir Louiindref Histoire d^Abbeville et du comté de Ponthieu^ t. I, p. 316.

2. De Laborde, Les Bues de Bourgogne, t. If, p. 326. Voir aussi à ce sujet la mention suivante de « l'Eschevinage d'Amiens tenu le xvi«jour de novembre 1501. Sire Richier de Saint-Fuscien, maieur :

u Messires sur ce en conseil et advis ensemble ont ordonné que pour le bien et prodOt de la ville Pon vendra les matères de bos estant au lieu que on dit le Four des Camps, est assavoir le Paradis, TEnfer, les hourts du Roy et de la

ville, le déluge, le pénacle et autres matères de bos, le cordail, roues de ?

et autres appartenant à la ditte ville qui sont demourez du Mystère de la Passion dernièrement joué en la ditte ville et qu'on les vendra à la chandeille, au plus offrant à la chandeille au dit li^^u du Four des Camps le jour Saint Nicolas prochain venant et que ce sera publié par les paroisses d'icelte ville et à ce seront commis aucuns de mesdits sieurs tel qu'il leur plaira. » (Reg. aux dél. l. XIX, fol. 62 vo.) Archives municipales d'Amiens.

Communiqué par M. Viguet, archiviste de la ville d'Amiens, que nous remercions bien vivement de son amabilité.

3. Voir le manuscrit du Mystère de Valemiennes en 15'i7 de la collection de M. le marquis de la Costa, reproduit dans le Catalogue de iExposition théâtrale de 1878, par M. Nuitter.

Lorsque le théâtre est au centre de l'auditoire, s'il y a lieu de construire des mansions, on les construit à jour, c'est-à-dire figurées par quatre poteaux surmontés d'un toit ; ce qui permet de voir de tous les côtés les personnages qui y jouent. Mais il est probable que les échafauds entourés de monde de toutes parts n'avaient aucune construction à élévation, et que des indications suffisaient*.

La façon de simuler la nuit ou les ténèbres est restée un des problèmes de la mise en scène du moyen âge. Au moment où Jésus-Christ expire, dans la Passion^ le livret porte : « Ici faict ténèbres » : plusieurs auteurs ont supposé que Ton tendait alors un grand voile noir ; cette façon d'opérer ne paraît avoir été qu'un signal convenu signifiant au spectateur qu'on aurait dû simuler la nuit. Il eut été impossible, étant donnée la disposition de la scène que nous connaissons, de la couvrir entièrement d'un voile.

Pour nous, nous croyons plutôt à des effets de fumée, qu'utilisaient souvent les entrepreneurs de Mystères* ; lorsque Jésus était transporté du haut du temple sur la montagne, on le cachait ainsi que le diable dans un nuage de fumée, pendant tout le temps que durait l'enlèvement.

Le tonnerre et les éclairs se voient souvent dans Le Vieil Testament; le tonnerre se fait au moyen de pierres que l'on secouait fortement dans un tonneau. Quant aux éclairs, au xv® siècle, la pyrotechnie fournissait des moyens qui permettaient facilement de les produire; on en trouve un exemple dans le compte de la représentation du Mystère de la Nativité, qui eut lieu à Amboise en 1497 : « Achat de treize fuzées pleines de poudre à canon et d'une livre de poudre pour servir à jouer ledict Mystère, douze desquelles fuzées furent mises en ung idoUe et l'autre fuzée en paradis, laquell^^fut gectée dudit lieu à lad. ydoUe pour icelle brusler*. » Au Mystère de Sainte- Barbe , joué à Laval

i, Mone, passim, p. 157-158.

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