‹ Étude sur les œuvres d'Agrippa d'AubignéChapitre 4 sur 14 · II, II, 9; III, III · texte numérisé non relu

II, II, 9; III, III

* Voy. I, II, 2; II, IV, 5; III, m, 15; id.. iv, 18. Parlant, dans ce dernier chapitre d'un échec de son parti : « Ceux qui ont écrit, dit-il, ont ignoré ou voulu taire de tels coups, et moi je les recherche, pour rendre l'équité promise.»

Dans son amour d'instruire, d'Aubigné a même pour but, nous ditil*, « de donner des leçons de guerres civiles» ; ce qui consiste, empressons-nous de l'ajouter , à montrer comment on peut s'y assurer l'avantage par la supériorité de la conduite et de la bravoure. 11 entre, par ce motif, dans les plus petites particularités de nos guerres de religion, et la sagesse des conseils que lui suggère son expérience ne sera contestée par personne\ S'il n'a garde d'omettre les affaires « où les liommes ne se sont pas comptés par milliers », c'est « qu'à la confusion des grandes batailles il y a le moins à profitera). Salades, chevau-légers, arquebusiers, gendarmes, argoulets ou carabins, corselets, archers, cornettes blanches et noires se pressent dans ses pages, et les termes de stratégie y abondent^ Sur les moyens d'attaque et de défense, alors usités pour les villes, il peut également satisfaire le lecteur le plus curieux : telles sont ses nombreuses descriptions de sièges, entre lesquels se remarquent ceux de La Rochelle % du Brouage, de Montaigu, de Sancerre et de Lusignan^

Malgré sa prédilection pour ces détails spéciaux (il se fâche quelque part "^ à la pensée qu'on pourrait trouver qu'il les prodigue un peu trop), d'Aubigné ne laisse pas de donner la preuve , en traitant des choses de la paix, d'un esprit « aiguisé et afflné par la pratique des affaires » . Aussi compte-t-il, non sans raison , que « les négociateurs trouveront dans son ouvrage quelque pièce de leur métier ^) . Il s'attache en effet à les mettre principalement au fait de nos relations avec l'étranger, en portant, comme nous l'avons dit , ses regards dans toutes les contrées de l'Europe et même du monde alors connu. Bien que cette carrière soit trop vaste pour être entièrement parcourue , il sera curieux néanmoins de suivre l'historien dans ses excursions souvent lointaines.

De la France, les yeux de d'Aubigné se tournent naturellement vers l'Angleterre, ce foyer du protestantisme, et, pour le laisser parler, « cette terre des anges »; il y admire , sur le trône , « l'excellence des têtes couronnées ^)), la princesse qu'il appelle ailleurs «la grande reine de la mer ^%. Une sympathie aussi vive, où se montre assez l'es-

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