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ne sentait rien de lascif et qui a pu vivre plutôt en reine qu'en concubine tant d'années et avec si peu d'ennemis*». Ailleurs, il traite d'administration cl de finances, en signalant les vices qui le frappent dans la marche du gouvernement. Un des principaux , à ses yeux , est l'intrusion, dans nos charges et dans nos affaires, de ces favoris italiens, fameux par leur avidité et qui remplissaient la France d'exactions*. Au sujet de l'accroissement continu des taxes publiques, d'Aubigné répète un vœu touchant qui sortait de la bouche des sujets obérés , demandant, par un témoignage rendu à la bonté de Louis XII, « que les tailles fussent réduites au taux où elles étaient sous ce prince »■; mais c'était oublier que le progrès des impôts doit suivre naturellement celui de la richesse des peuples ^ D'autres renseignements, relatifs à l'organisation du pays, nous permettent d'étudier le jeu des pouvoirs publics. On sait que, par la convocation des Etats-Généraux, nos rois pouvaient réunir, comme dans un faisceau, toutes les forces de la nation; par malheur, dès cette époque, ils n'usaient que dans les cas extrêmes d'une ressource que la constitution leur ménageait. Pour les besoins ordinaires, l'assemblée des petits Etats leur semblait bien suffire , et ib la préféraient, « craignant la trop grande liberté que les peuples prétendent par les autres EtatsS). De là le conseil qu'un partisan de l'autorité absolue donnait à Charles IX, « d'éloigner soigneusement ceux qui parlaient d'Etats-généraux et de se servir des petits Etats, composés de ses confidents^», conseil qui devait trouver faveur près de ce jeune prince à qui l'on osait dire qu'il n'y avait qu'un Roi véritable, c'était le Grand Seigneur, « parce que seul il avait en sa main l'honneur, la vie et le bien de tous ses sujets S .
Dans cette cour, moitié itahenne, qui^, par faiblesse, inclinait vers le despotisme, un plus noble goût à mentionner , c'est celui des plaisirs de l'esprit, qu'attestent différents passages de l'histoire d'Agrippa. Lorsqu'en 1665, Charles IX, accompagné de sa mère , fit un voyage à Bayonne, il eut avec la reine d'Espagne EUsabeth, sa sœur, une entrevue célèbre où s'agitèrent d'importants projets politiques, déguisés sous l'apparence des fêtes. « Tout ce que la France, pleine de bons esprits, put marier d'inventions à la dépense y fut employé : si bien que les plus subtils et défiants ne pouvaient estimer que les grands eussent alors autre intention qu'à telles voluptés. On n'avait pas oublié Ron-