‹ Étude sur les œuvres d'Agrippa d'AubignéChapitre 9 sur 14 · I, IV · texte numérisé non relu

I, IV

« Ibidem,

Siii'd pour faire les vers qui furent ])roiioiicés en diverses occasions^». Ces détails littéraires sont assez fréquents eliez d'Aubigné , ([ui nous montre, comme nous l'avons indiqué plus haut, « les plumes déployées en tout gem*e d'écrire , soit pour la religion, soit pour l'État ^ » . Dans cette période militante , où les libelles ne cessaient d'agiter les esprits et d'aiguiser les armes, la meilleure satire qui ait paru, au jugement de rauteur% fut le Catholicon d'Espagne, «que composa un aumônier du cardinal de Bourbon, homme de peu de nom, tandis que Nicolas Rapin, à qui on avait attribué ce livre, n'y inséra que quelques vers seulement». Un peu plus loin il est question d'un factum, également très remarquable, du parti opposé, le Catholique anglais'* . D'Aubigné cite encore, parmi les pamphlets, le Libre Discours de Michel Hurault du Fay, petit-fils de l'Hôpital , œuvre qui fut lue avec délices même par les ennemis de ses opinions''. Tel a été de tout temps, on l'a déjà constaté, le pouvoir de l'esprit en France. Qui ne sait en effet que la Satire Ménippée, si largement assaisonnée de sel gaulois, contribua beaucoup au triomphe de Henri IV? C'est que , par de semblables écrits, « les Parisiens, apprenant à rire dans leurs calamités, apprirent à mépriser ce qu'ils voyaient de ridicule et puis à contester ce qui était dangereux S). Mais le refus d'une juste liberté, par une de ses conséquences ordinaires, ayant engendré la licence, à côté de ces morceaux où la mahce servait la cause de la raison et de la modération, un déluge de libelles téméraires répandait partout le désir de changements irréfléchis : « On faisait imprimer ce qu'en autre saison on n'eût pas voulu dire à l'oreille " » .

Outre ces symptômes de l'opinion profondément remuée, d'Aubigné nous a conservé plus d'un de ces propos, saisis au passage, qui n'expriment pas moins la physionomie d'une époque ; et son ton n'est pas tellement soutenu qu'il ne rapporte les mots plaisants de plusieurs ho7is compagnons"^. 11 lui arrive même, lorsqu'il a ainsi égayé le fond sombre dt ses récits, d'être pris de scrupule, et « de demander pardon à ses lecteurs d'avoir offensé par quelques petits contes la gravité de l'histoire^). Mais nous l'excuserons sans peine : car c'est ce qui donne à son ouvrage l'attrait piquant des Mémoires. De là, dans la foule des matériaux qu'il amasse un peu au hasard, tant de faits particuliers, que

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