‹ Étude sur les oiseauxChapitre 3 sur 43 · EXTRAIT DU RAPPORT DE M. MILNE EDWARDS · texte numérisé non relu

EXTRAIT DU RAPPORT DE M. MILNE EDWARDS

« M. Lescuyer passe la plus grande partie de sa vie k la campagne; le spectacle de la nature lui inspire un vif intérêt, et il a compris de bonne heure que la connaissance des harmonies naturelles est utile au cultivateur, non moins qu’au philosophe. Il a compris également que, pour acquérir k ce sujet des idées justes, il fallait, tout d’abord, noter avec soin les faits particuliers, les comparer entre eux, en peser la valeur et en chercher la signification; fournir ainsi aux raisonnements des bases solides et approfondir certaines investigations bien circonscrites, plutôt que de s’occuper de généralisations. M. Lescuyer a été conduit, de la sorte, k étudier avec persévérance les mœurs des oiseaux qui habitent le pays où il demeure, et, comme il ne perdait jamais de vue les intérêts du cultivateur, il a dirigé principalement son attention sur les circonstances qui favorisent ou qui restreignent la multiplication de la population ornithologique dont le concours nous est utile contre l’envahissement des insectes nuisibles k l’agriculture. Il s’est appliqué à bien connaître les caractères du nid de chacun des oiseaux qui habitent la région où il se trouve, et, dans cette vue, il a formé une collection très-nombreuse de ces constructions légères, variées et parfois élégantes. Au moyen de la photographie, il en a reproduit les principales formes, et il a cherché k les classer méthodiquement non d’après les espèces ornithologiques auxquelles ils appartiennent, mais d’après leur mode de constitution.

« M. Lescuyer s’est appliqué aussi à déterminer avec précision les époques de ponte des oiseaux qui habitent la vallée de la Marne. Pour chaque espèce, il a noté les dates de la première et de la deuxième ponte, ainsi que la date de la ponte intermédiaire, lorsqu’il y en a trois, et il a disposé ces indicateurs en tableau par ordre chronologique.

« Nous ajouterons que M. Lescuyer a observé un grand nombre d’autres faits intéressants, relatifs aux mœurs de plusieurs espèces et aux relations qui existent entre les variations que l’on y remarque et les conditions biologiques dans lesquelles les individus se trouvent. Enfin l’auteur s’occupe de l’utilité agricole de ces animaux et des mesures législatives ou autres qui lui paraissent nécessaires pour favoriser la multiplication des oiseaux insectivores. Nous ne croyons pas devoir entrer ici dans l’examen détaillé de ces questions, qui ne sont guère susceptibles d’analyse, et nous nous bornerons à dire que, sur un grand nombre de points, nous partageons les opinions de M. Lescuyer ».

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