‹ Étude sur les oiseauxChapitre 4 sur 43 · LETTRE DE M. GODRON · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. GODRON

DOYEN HONORAIRE DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE NANCY, MEMBRE CORRESPONDANT DE i/lNSTITUT , ETC.

Nancy, le 30 juin 1875.

Mon cher Monsieur,

C’est avec une satisfaction bien vive que j'ai lu les travaux que vous avez publiés jusqu’ici sur les oiseaux. Les observations personnelles, si nombreuses et si variées, que vous avez faites, avec autant de patience que de sagacité sur ces intéressants volatiles, sur leurs mœurs, leurs habitudes, et spécialement sur le rôle providentiel. qu’ils remplissent, vous ont conduit à établir la théorie de Y élimination judicieusement déduite des faits que

vous avez constatés.

Votre nouvelle étude sur les nids des oiseaux, dont vous avez bien voulu me communiquer le manuscrit, n’est pas moins digne d’attention. Vous avez décrit avec un soin minutieux les diverses espèces des nids de la région que vous habitez et dont vous possédez la collection complète ; en observant les oiseaux R l’œuvre vous avez pu surprendre leurs procédés de construction. Aucun nid n’a échappé à vos investigations, pas plus celui de la pie, perché jusqu’au sommet des arbres les plus élevés et protégé, comme une véritable citadelle, par des rameaux épineux contre

les rapaces, que le nid plus humble du troglodyte, caché dans la mousse et dissimulé avec un art admirable.

Aussi vous nous avez initiés îi beaucoup de faits intéressants, les uns complètement nouveaux, d’autres jusqu’ici imparfaitement observés ; vous avez exposé clairement des doctrines vraies et, j’aime à le croire, vous venez d’élever à la science un monument aussi durable qu’original.

Veuillez, cher Monsieur, agréer l’assurance de mes sentiments les plus dévoués.

Godron.

Page 1