LÉGISLATION
Dans la loi des 3 et 4 mai 1844, sur la police de la chasse, nous trouvons les dispositions suivantes :
« Art. 4. Il est interdit de prendre ou de détruire sur le terrain d’autrui, des œufs ou des couvées de faisans, de perdrix et de cailles.
« Art. 9. Les préfets pourront prendre des arrêtés pour prévenir la destruction des oiseaux ».
En vertu de ce dernier article, les préfets ont généralement défendu de dénicher les oiseaux et leurs œufs. Et, en cela, ils ont agi sagement; car le dénichage est le plus répréhensible de tous les actes de chasse.
Ils n’ont admis d’exception que relativement aux espèces déclarées nuisibles par leurs arrêtés.
En cet état de choses, on ne peut donc, à aucune époque, même sur sa propriété close, détruire les pontes et les jeunes qui se trouvent dans les nids, quand les oiseaux de ces nids appartiennent aux espèces non déclarées nuisibles, et le droit accordé en ce qui concerne les oiseaux nuisibles ne peut être exercé que sur le terrain dont on a la propriété.
A défaut de droit, pourrait-on néanmoins obtenir un peu de tolérance, soit pour faciliter des recherches vraiment scientifiques , soit pour avoir des oiseaux de cage ? Dans une certaine mesure, cela serait à désirer.
Une nation voisine de la France permet de prendre quelques jeunes oiseaux au nid, moyennant indemnue, qui est versée à son trésor.
ARCHITECTURE DES NIDS
Notre législation serait facilement améliorée. Il faut espérer aussi que bientôt des mesures internationales seront prises pour la protection des oiseaux utiles et que la surveillance des gardes et la sévérité des tribunaux augmenteront.
Cependant, la répression ne sera efficace que si dans les écoles primaires et les collèges on donne des notions d’ornithologie.
L’Etat, lui-même, serait impuissant, s’il n’était secondé par les autorités des départements et des communes, et surtout par les familles.
Enfin, il ne faut pas oublier surtout que, par la démonstration et par l’exemple, chacun peut facilement prendre part à cette bonne œuvre.
Etymologies .
En finissant cette étude, le lecteur se demandera peut-être, comme moi, quelle est l’étymologie du mot nid ?
Dès les premiers temps les hommes ont dû, pour rendre possibles et faciles leurs rapports, donner à tout ce qu’ils voyaient et croyaient comprendre des noms caractéristiques ; cette préoccupation, qui se retrouve dans les étymologies de toutes les langues, est particulièrement remarquable en ce qui concerne le nid.
Si nous ouvrons un dictionnaire français, nous y voyons la définition suivante :
« Nid, petit logement que se font les oiseaux pour y pondre, y faire éclore leurs petits et les élever ».
Si ensuite nous faisons une excursion dans les
langues étrangères et anciennes , nous trouvons beaucoup de mots qui ont avec le nôtre la plus grande affinité :
En vallon
En provençal.. .
En espagnol
En portugais . . .
En italien
En latin
En allemand.. . :
En anglais
ni
niu, nieu, nis, ni
nido
ninho
nido, nidio
nidus
nest
nest
Maintenant, quelle est l’origine de ces mots ? Ne trouvant pas satisfaisantes les étymologies déjà connues, je me suis adressé à un savant de mes amis, qui m’a répondu : « Nid et nidus semblent venir du sanscrit nida et nad, affaisser, asseoir, se balancer, mouvoir, aller.
« Nad serait lui-mème un abrégé de nisada, ferme, solide, ou de nisadia, petit lit.
« Enfin, tous ces mots dériveraient de sad, sid. racine qui exprime l’idée de s’asseoir, couver.
« Notre mot français se traduit :
.“ En 8 ' rec ’ P ar : 10 neossia, de neossos, petit des oiseaux, de neos, jeune, ou peut-être de naiô, habiter, naos habitation ; - 2» kalia, c’est-à-dire habitation de bois sec, de kalon, bois ;
« En hcbreu, par : ken, de kanan, créer, fabriquer, arranger, ou de kâna, élever, fonder, créer».
n le voit, deux idées principales ont à bon droit ° te considérées et choisies par les peuples les plus connus pour caractériser le nid.
La première indique pour la mère le fait d’être
ARCHITECTURE DES NIDS
couchée sur ses œufs et ses petits, de manière à leur assurer la vie ; la seconde, l’action de créer, d’édifier.
De plus, ces idées ont été exprimées par des signes et des sons qui s’harmonisent bien avec elles.
Le choix, le nombre et l’assemblage des signes, sont d’une simplicité qui plaît ; les émissions de sons ont, pour exprimer la première, de la douceur et de la grâce, et en plus, pour caractériser la seconde, une note plus accentuée, celle de la force de la création.
Ne semble-t-il pas que, de tout temps, on ait voulu, rien qu’en prononçant le nom de nid, le rendre aimable et le faire aimer ?