‹ Étude sur les phénomènes observés du côté sain chez les hémiplégiquesChapitre 9 sur 28 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

De la température du côté sain

par rapport à celle du côté paralysé

Etude de la pression artérielle

Depuis 1882 on sait qu'au moment de l’ictus, la température locale du membre paralysé présente les trois stades décrits par Charcot pour la courbe centrale : Abaissement initial, état stationnaire et ascension finale si la terminaison doit être funeste. Blaise, sous la direction de Grasset, est du moins arrivé à ces conclusions fermes. Mais ce que lon sait depuis plus longtemps, c’est que « généralement les parties paralysées se refroidissent » (auteurs du Compendium). Monneret avait constaté ce refroidissement des membres paralysés à l’air et un réchauffement dans le lit « à la manière des corps inorganisés ». C’est d’ailleurs ce phénomène observé chez un

malade paralysé qui présentait une élévation de température au lieu de l’abaissement prévu, qui détermina les Lelles recherches de Claude Bernard sur le grand sympathique.

Cependant, tous les auteurs qui ont étudié comparati vement l’état de la température du côté hemiplégié et du côté sain ne sont pas arrivés à des résultats bien concordants : ainsi Colin constate une hyperthermie d’un bras paralysé, Peter trouve aussi de l’hyperthermie d’un côté hémi-anesthésié et veut même de cette hyperthermie faire un signe diagnostique entre les anesthésies d’origine cérébrale et l’anesthésie hystérique. Bouchard arrive à des résultats analogues ; Uspensky trouve le contraire. Folet, en 1867, constate bien cette hyperthermie du côté paralysé au début, mais 1l établit très nettement qu’elle ne dure pas et que bientôt c’est le côté sain qui a une élévation de température relative. L'hyperthermie du côté paralysé présente d’après lui une durée extrêmement variable : ici le côté sain mettra deux mois avant de dépasser la tempé rature du côté paralysé, ici 1l pourra mettre jusqu’à deux ans. Pour lui, ce moment coïnciderait le plus souvent avec le début de l’atrophie consécutive. En somme, depuis ces recherches, il est admis que dans une hémiplégie ancienne la température du côté paralysé est inférieure à celle du côté sain.

En 1868, M. le professeur Lépine étudie l’action relative du froid et du chaud sur les membres sains et sur les membres paralysés. Il arrive aux conclusions suivantes : Dans l’hémiplégie récente les membres paralysés sont plus chauds que ceux du côté sain ; l’exces de chaleur est beaucoup plus accusé au membre supérieur qu’au

En OR—

membre inférieur. Souvent après une longue exposition à air, la température du membre inférieur paralysé est plus basse que celle du membre sain; le membre supérieur ne perd pas sa température. Si on refroidit les membres supérieurs avec de l’eau peu froide et maintenue peu de temps, le refroidissement est plus considérable du côté paralysé qui de plus chaud devient plus froid. Sion renouvelle l'expérience avec de l’eau plus froide (au-dessous de 10 degrés) et laissée au contact des parties pendant un certain temps (deux minutes et plus) on obtient le résultat inverse ; le côté sain se refroidit davantage.

Dans les hémiplégies anciennes (plusieurs mois à trois ans) le résultat est le même ; mais si ce sont des hémiplégies très anciennes, le côté paralysé est habituellement moins chaud que le côté sain. Ce dernier devient relativement plus chaud que le membre sain lorsque tous deux sont soumis à un certain degré de refroidissement. Il reste en général moins chaud que le sain si tous deux sont alors réchauffés.

La température d’un membre dont les vaso-moteurs ne fonctionnent pas d’une manière normale ne semble pas susceptible de présenter des écarts soit en haut, soit en bas, aussi considérables qu’un membre sain.

D'une manière générale, il semble possible de se rendre compte des variations thermiques relatives des deux membres en admettant que les actions vaso-motrices nécessaires pour l’adaptation au milieu ambiant se produisent du côté paralysé plus lentement et moins complètement.

Ces recherches et ces conclusions auraient dû depuis longtemps provoquer une étude comparative du côté du

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