Fr. FœRSTER, Art et vte, p
3. « Sage deuUicher, wie und wenn ; Du bist uns nicht immer klar. * Gute Leute, wisst ihr denn '
Ob ich mir's selber war?
Il avait fait, aux eaux de Marienbad, la connaissance d'un jeune fille distinguée, Ulrique de Levezow, et conçu pour elle une vive passion. « En l'entendant dans l'allée de la Source, il saisissait son chapeau et courait vers elle. Il ne perdit pas une des heures pendant lesquelles il pouvait être près d'elle ; il vécut des jours heureux, et la séparation lui fut très pénible*. » C'est à ce moment qu'il composa VElégie. « J'ai écrit, dit-il à Eckermann, cette poésie immédiatement après mon départ deMarienbad ; les souvenirs de mon aventure étaient encore dans toute leur fraîcheur. Le matin, à huit heures, au premier temps d'arrêt, j'écrivis la première strophe, je continuai à composer en voiture, et à chaque station j'écrivais ce que je venais de composer ; le soir elle était tout entière sur le papier. »
Gœthe avait une prédilection toute particulière pour cette poésie. Il Ta écrite en lettres latines sur du vélin et l'avait attachée avec un ruban de soie dans un carton couvert de maroquin rouge.
Cette élégie ne ressejfnble à aucune autre de ses poésies. Nous avons vu que l'expression de ses sentiments amoureux était toujours sobre, discrète, plutôt concise que prolixe. Ici c'est tout le contraire. Ces stances nombreuses sont autant de flots d'amour et de regret qui s'épanchent de son âme blessée. Comme Eckermann l'a observé finement, t le poète tourne sans cesse autour d'une même idée et semble toujours comme revenir à son point de départ. » La cause de cette confusion est la hâte trop grande que Gœthe a mise à noter ses sentiments. L'art n'a pas eu le temps de les élaborer. Aussi ne sommes-