‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 223 sur 224 · Dans son étude sur le groupe de Laocoon · texte numérisé non relu

Dans son étude sur le groupe de Laocoon

3. Ich erkunnte unsern Wolfgaog An aem heitern Glaoz der Augen.

Heine, Atta Troll.

ne Tabandonne jamais, même quand il chante ses afflictions et ses douleurs. Comme le Tasse, c il endort, à l'aide de sons mélodieux, la souffrance, les aspirations et tous les désirs. La peine se change en jouissance, et le sentiment de la tristesse se résout en harmonie >.

Rien ne montre mieux les périls de la critique litté. raireet les précautions dentelle doit user pour atteindre Je vrai, que les jugements contradictoires que l'on a portés sur Gœthe en France et en Allemagne. La critique allemande, qui a l'habitude de comparer le poète de Faust à son rival contemporain, Schiller, insiste sur le côté réel de sa poésie. La critique française, qui le rapproche plus volontiers des grands poètes qui l'ont suivi, de Heine, de Byron, de Musset, relève sa mesure et sa retenue, ce qu'on a même appelé sa froideur dans l'expression de ses sen. timcnts. En effet, comparé à Schiller, Gœthe est un poète réaliste ; il emprunte à la réalité la matière de ses chants ; il en reçoit l'inspiration ; l'occasion est sa muse, et il n'a fait que payer une dette en la célébrant dans ses vers*. Comparé à Heine, Gœthe est un poète idéaliste; il choisit parmi les traits que la réalité lui fournit; il ne les accepte pas tous; il les combine et les ordonne pour en faire une œuvre d'art.

Les plus grands artistes sont ceux qui savent concilier ainsi l'idéal et la réalité. C'est cette fusion harmonieuse des deux éléments indispensables à l'art qui nous enchante dans les statues de la Grèce, dans les peintures de Raphaël, dans les mélodies de Mozart et dans les poésies de Gœthe.

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